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Les 5 films d’Épouvante-Horreur de 2017 à découvrir absolument

2017 fut une année de qualité pour l’Épouvante-Horreur. Notre Top 20 des meilleurs films de cette année ayant passé sous silence les bons titres du genre, nous vous proposons de découvrir ici 5 films d’Épouvante-Horreur sortis en 2017 qui méritent votre attention.

Comme tous les ans à la même période, les critiques s’amusent à choisir et à recommander les meilleurs films de l’année achevée. Tradition ennuyante par sa répétition, bien que nécessaire pour les personnes qui n’auraient pas vu le meilleur du cru de l’année en question. Cela dit, on y retrouve souvent les mêmes titres des films qui ont fait l’unanimité critique ou qui ont simplement le plus rapporté au box-office. L’Épouvante-Horreur est ainsi souvent lésé par ces articles en raison de sa faible présence dans les salles de cinéma et par son caractère relativement dénigré par les critiques. Pourtant, ce genre connaît un véritable nouveau souffle depuis 2015, et l’année 2017 semble en être une confirmation. C’est pourquoi nous vous proposons ici une liste de 5 films d’Épouvante-Horreur sortis en 2017 qui se sont distingués par leur qualité et dont vous n’aviez pas forcément connaissance. Vous n’y trouverez donc pas la nouvelle adaptation cinématographique de It  par Andrés Muschietti ou Annabelle : Création de David F. Sandberg. Non pas parce qu’ils ne sont pas bons, mais parce qu’ils ont été deux gros succès au box-office de cette année avec respectivement 700 millions et 307 millions de dollars de recette. Nous avons également privilégié pour cette liste les films dont la date de sortie initiale fut en 2017. The Greasy Strangler, un de nos coups de cœur de 2016, n’y apparaît donc pas, malgré sa sortie française en direct-to-video le 24 janvier 2017.

[toggler title= »Ils auraient pu y être: »]

The Bye Bye Man : un concept horrifique original, mais servi par des mécaniques parfois grossières.

Clown : Eli Roth revisite le clown dans l’Horreur avec ce film qui a mis 3 ans à nous parvenir (après une date de sortie italienne le 13 novembre 2014). [/toggler]

5 – The Babysitter

Le home-invasion a un nouveau visage, et ce visage est sorti sur la plateforme Netflix le 13 octobre 2017 : The Babysitter. Réalisé par Joseph McGinty Nichol (McG pour les intimes), le film est d’autant plus surprenant qu’il n’a jamais eu d’égal dans sa filmographie au niveau qualité et soin de la production (comme quoi Netflix, ça paye!). Choisissant la comédie horrifique comme crédo, on y retrouvera notamment les influences de Sam Raimi dans sa réalisation ou encore de Quentin Tarantino dans ses dialogues et ses artifices de mise en scène. Les nombreuses références au cinéma de genre dans le scénario de The Babysitter renforce davantage l’accointance avec la réalisation de Tarantino. Le film sait faire passer un excellent moment à ses regardeurs avec beaucoup de générosité, et pour cela, il mérite que vous y jetiez un œil.

https://youtu.be/6qCqrODw1nM

4 – Transfiguration

Imaginez Morse (2008) dans un ghetto américain et vous aurez Transfiguration. Réalisé par Michael O’Shea et filmé dans le quartier de Queensbridge à New York, ce film pourrait se résumer en une seule démarche (que le personnage principal évoque d’ailleurs à plusieurs reprises dans les dialogues) : faire un film de vampire réaliste. Transfiguration tombe ainsi inévitablement dans le Drame et l’Horreur à la fois, deux genres qui se sont finalement assez rarement rencontrés. S’incluant dans une démarche des plus réalistes, en privilégiant la caméra à l’épaule et en ne tombant jamais dans le Fantastique, tout en se drapant de l’héritage des classiques : Transfiguration est une œuvre que tout cinéphile appréciera.

3 – The Void

The Void est le film le plus lovecraftien de ces dernières années, reprenant les grands thèmes du maître de l’Épouvante, H.P. Lovecraft, tout en s’ancrant dans une démarche esthétique que l’on pourrait qualifier de « neo-eighties » : entre stylisme contemporain et hommage aux années 80. Impossible donc de ne pas faire un parallèle entre ce film et la filmographie de John Carpenter. The Void est sans conteste l’une des meilleures surprises de cette année, et a tout pour devenir un futur grand classique. Les amateurs apprécieront particulièrement les effets-spéciaux garantis sans CGI, rappelant la bonne époque des The Thing (1982) et autres The Fly (1986).

2 – It comes at night

Quand certains font le choix de copier (souvent très mal) les mécaniques qui ont fait le succès de James Wan, d’autres proposent une expérience à l’opposé de cette démarche : c’est le cas de  It comes at night. Typiquement le genre de film que l’on aime ou que l’on déteste, Trey Edward Shults nous propose d’y suivre le quotidien d’une famille dans un monde apocalyptique rongé par une mystérieuse maladie. Faisant le choix d’en dévoiler le moins possible sur son univers, le déroulement du film se concentre plutôt sur la psychologie et le développement de ses personnages. Son principal point fort repose sur sa mise en scène, qui nous plonge dans une langueur extrême que l’on finit par partager avec cette famille, le tout, servi par de magnifiques séquences qui font preuve d’une grande maîtrise du cadrage et de la lumière.

1 – Get Out

Contrairement aux autres films de cette liste, Get Out de Jordan Peele a joui d’une certaine notoriété (il est en fait celui qui a le plus rapporté au box-office avec un peu plus de 254 millions de dollars). Et pour cause, il y a très peu de choses que l’on peut lui reprocher : acting réussi ? Check. Musique parfaitement adaptée à l’intrigue ? Check. Décors et photographie travaillés ? Check. Mention spéciale aux séquences d’hypnose particulièrement admirables, qui n’ont -de mémoire- jamais eu d’équivalent dans d’autres films. Si de premier abord Get Out ne semble être qu’un énième film traitant de racisme, le scénario se révèle plus subtil en évoquant le malaise des relations entre classes sociales et le racisme positif : une approche relativement peu abordée au cinéma. Pour toutes ces raisons, il nous a semblé judicieux de le citer dans cette liste, malgré son grand succès à sa sortie.

Mention spéciale – Oats Studio Volume 1

Le Volume 1 de Oats Studio n’est pas un long-métrage, mais une anthologie de court-métrage. Toutefois, il est indispensable pour tout fan d’Épouvante-Horreur ou même de Science-Fiction de la découvrir. Principalement pour les trois courts métrages de Neill Blomkamp qui en font partie : Firebase, Rakka et Zygote (classés dans l’ordre chronologique de leurs intrigues). Situés dans un même univers très travaillé, on retrouvera dans ces trois courts métrages (particulièrement dans Zygote) ce qu’aurait pu être le Alien 5 de Blomkamp (qui malheureusement, après la sortie cette année du piètre Alien : Covenant, a vu ses chances de sortir un jour diminuer). La légendaire interprète d’Ellen Ripley, Sigouney Weaver, joue d’ailleurs le rôle de Jasper dans Rakka. Chacun de ces courts métrages sont disponibles sur la chaîne Youtube de Oats Studio. Alors, pourquoi se priver?

 

Auteur : Jeap Horckman

Concours Last Flag Flying : Gagnez des places de cinéma du film de Richard Linklater

Concours : À l’occasion de la sortie en salles le 17 janvier de Last Flag Flying (La Dernière Tournée) réalisé par Richard Linklater avec Steve Carell, Bryan Cranston et Laurence Fishburne, remportez des places de cinéma.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

En 2003, Larry « Doc » Sheperd, un ancien médecin de la Navy, retrouve Sal Nealon, un gérant de bar et le révérend Richard Mueller. Tous les trois ont combattu ensemble au Vietnam mais ils ne s’étaient pas revus depuis trente ans. Larry est venu leur demander de l’accompagner aux funérailles de son fils, mort au combat en Irak et dont le corps vient d’être rapatrié aux États-Unis. Sur la route, l’émotion se mêle aux fous-rires car les trois hommes voient leurs souvenirs remonter et ils retrouvent leur camaraderie…

Basé sur le roman de Poniscan, qui est la suite d’une œuvre antérieure, The Last Detail. Ce livre a été adapté dans un film en 1973 par Hal Ashby (avec Jack Nicholson, Randy Quaid, et Otis Young).

Réalisateur :  Richard Linklater (Boyhood, Everybody Wants Some!)
Scénario : Richard Linklater et Darryl Ponicsan, d’après le roman de Darryl Ponicsan
Interprétation : Steve Carell, Bryan Cranston, Laurence Fishburne, Yul Vasquez, Cicely Tyson, J. Quinton Johnson, Deanna Reed-Foster, Graham Wolfe, Jeff Monahan
Producteurs : Ginger Sledge, Richard Linklater, John Sloss
Producteurs exécutifs : Harry Gittes, Thomas Lee Wright, Karen Ruth Getchell
Directeur de la photographie : Shane F Kelly
Chef décorateur : Bruce Curtis
Créateur de costumes : Kari Perkins
Musique : Graham Reynolds notons la chanson de « Not Dark Yet » de Bob Dylan au générique
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Date de sortie : 17 janvier 2018
Durée : 2h 04min

États-Unis 2018

https://twitter.com/cineseriesmag/status/948548131549057025

Page Facebook : www.facebook.com/MetropolitanFilms et pour Twitter @Metropolitan_Fr
Réagissez avec #LastFlagFlying Plus d’infos sur la page officielle du film https://www.facebook.com/LastFlagFlying.LaDerniereTournee/

Concours  Last Flag Flying (La Dernière Tournée) : remportez 5×1 places de cinéma

Modalités du jeu concours : Pour participer à notre concours, réservé à la France Métropolitaine, il vous suffit de compléter le formulaire avant le 21 Janvier 2018. Pour augmenter vos chances, abonnez-vous à notre page Facebook ou notre compte Twitter. Renseignez vos réponses, vos coordonnées et cliquez à chaque étape sur les boutons « Suivant », puis « Envoyer » situés en bas du formulaire. Attention, aucune réponse mise en commentaire ne sera validée. En cas de problème, contactez-nous en utilisant le formulaire de contact.
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Star Trek Discovery : bilan de mid-season avant de nouveaux voyages

Alors que Star Trek Discovery va venir ranimer nos vies de spationautes ce samedi 7 janvier 2018, retour sur la série qui nous emmène dans les étoiles dix ans avant l’Enterprise et son capitaine Kirk.

Synopsis : Après un siècle de silence, les Klingons refont surface. Déterminés à réunifier leur empire, ils déclarent la guerre à la Fédération des planètes unies. Officier en disgrâce de la Starfleet, Michael Burnham se retrouve au centre du conflit.

L’image en guerre

Star Trek Discovery démarre sur un événement important de l’univers : le début d’une guerre. Une nouvelle, encore, entre les Klingons, extraterrestres communautaristes prêts à tout pour retrouver une « gloire » perdue, et la Fédération des Planètes Unies, composée par l’humanité et pléthore d’autres peuplades galactiques. Des Klingons préparent ainsi un piège pour fédérer tous leurs pairs (gérés en famille/tribu) à l’aube de l’inauguration d’une nouvelle grande ère pour ces aliens guerriers. L’USS Shenzhou est au centre du piège. Les deux premiers épisodes forment le pilote du show. Disons-le de suite : l’ensemble est empli de bonnes intentions mais se révèlera être chaotique.

Le générique de la série

https://www.youtube.com/watch?v=un1v0i_WEhY

Avec ses effets spéciaux et sa direction artistique soignés, la septième série Star Trek (la série animée comprise) se veut visuellement grandiose. Superbe et spectaculaire, Discovery, premier show complètement feuilletonnesque de l’univers, est marquée par l’ère Abrams, à tel point que les réalisateurs/monteurs n’y sont pas allés de main morte avec le bouton Lens Flare qu’on remarque et que l’on subit rapidement. Une forme de continuité visuelle, se sont peut-être-t-ils dit, qui ne poursuit cependant pas le fétichisme filmique de J.J. Abrams. Dans ces deux premiers épisodes, le show tend à imiter les prises du vue du cinéaste, certains cadres sont directement repris de ses deux films. Le montage est souvent effréné, le rythme est beaucoup moins humain que dans les œuvres du réalisateur.

Le copycat s’arrête dès l’épisode 3. Ce dernier est réalisé par Akiva Goldsman, scénariste de Batman & Robin, co-auteur des récents La 5ème Vague et Divergente 2, mais aussi d’Un homme d’exception. Aussi expérimenté dans le monde des séries télévisées, Goldsman expose en un épisode le problème de Discovery. Il faut le savoir, Bryan Fuller, le créateur original du show, a été détaché du projet après mésententes artistiques avec les productions CBS. Alex Kurtzman, coscénariste des films d’Abrams, a repris le projet en main. Et l’épisode 3 semble caractériser ce début de saison : une réalisation qui se cherche (trop inspirée dans le pilote ; plate et terne dans le troisième épisode) ; un montage foutraque ; et un scénario pas assez réfléchi et prétexte à tout pour accoucher d’une guerre : pourquoi le personnage de Michael Burnham agit comme-ci puis comme ça ? Mais d’où sortent ces deus ex machina à la noix qui mettent en scène Sarek et Burnham ? D’où le lien vulcain est-il assez puissant pour avoir une conversation de secours lorsque le moment le nécessite ? Bêtement spectaculaire, narrativement facile, la spiritualité vulcaine n’a jamais connu pareille utilisation, même la Force de Star Wars, à l’utilisation parfois incohérente dans certaines œuvres de l’univers, n’a jamais connu un tel traitement.

Trekkies en colère

Si deux proches de Fuller ont continué de travailler sur la série, ne nous mentons pas, la patte Fuller n’est pas toujours claire à l’écran. Mais, même si l’on met de côté les problèmes de production ayant régi le show (loin d’être tous connus), on remarque que la direction artistique est loin d’être unie. D’abord, sommes-nous dans la timeline d’Abrams (la chronologie Star Trek est bouleversée par un voyage temporel) ? Sur le plan visuel, la réponse est oui. Nous sommes loin de l’ambiance colorée de la série originale de Gene Roddenberry. Ou alors sommes-nous bien face une œuvre qui se passe dix avant la toute première série et bien des années après Enterprise, qui suivait les aventures des premiers explorateurs humains à bord du vaisseau expérimental humain homonyme. Après tout, on peut percevoir une certaine continuité entre les combinaisons du Capitaine Archer et les costumes de Starfleet dans Discovery. L’intérieur de ce dernier est d’ailleurs plus agréable à vivre que le premier Enterprise à l’espace davantage fonctionnel. Plus tard, les Enterprise sont ainsi plus confortables, celui de Jean-Luc Picard ayant ainsi un pont digne d’un grand salon télévisé. En cela, même si elle poursuit la modernisation de Star Trek jusqu’à la télévision, Discovery est subtilement cohérente… La direction artistique a pris certaines libertés avec l’univers. Par exemple, les Klingons ont été redésigné. Ce qui a provoqué la colère de grand nombre de fans de la franchise. Bien sûr, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas gardé celui – magnifique – mis en place dans les premiers films et iconisé en la personne du Lieutenant Worf dans The Next Generation ? Et on peut aussi retourner la question : pourquoi l’ont-ils fait ?

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Le Klingon a un nouveau design.

Ce choix serait imputable à Bryan Fuller. Le créateur a toujours eu un rapport important à la chair. De Pushing Daisies à American Gods en passant par Hannibal, l’obsession de Fuller s’étend ici jusque dans la galaxie de Star Trek. Notons rapidement que le créateur n’est pas un néophyte de l’univers puisqu’il a fait ses armes en tant que scénariste sur le show Deep Space Nine, puis en tant qu’auteur et coproducteur sur la série Voyager.

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L’armure de combat des Klingons.

Les Klingons semblent ainsi avoir des armures intimement liées à leur corps. Mieux que ça, les morts sont réemployés par l’un des chefs de guerre : ce dernier pose lie leur sarcophage à la coque du vaisseau. À la défense comme à l’attaque, le Klingon de Discovery semble ainsi être un pur corps guerrier. Et parmi ces guerriers, un racisme existe. L’un d’entre eux a la peau blanche et est considéré comme étant un impur. Impur qui avait pourtant été choisi par son ancien chef pour mener l’attaque sur la fédération. Et ce corps moqué  se révélera être plus combatif que ne le penseront ses adversaires… Le travail du corps de Discovery trouvera une autre importante illustration dans le voyage spatial en deux temps : d’abord avec l’utilisation d’une créature et de spores ; ensuite, avec l’action de Stamets dont le corps est alors lié au système mis en place suite aux premières expériences avec l’incroyable créature extraterrestre et les mêmes spores.

Star Trek Discovery modernise visuellement l’univers dans nos salons, comme ceux d’Abrams l’ont fait dans les salles obscures. Toutefois, qu’importe la modernisation ou l’inscription du show dans telle ou telle timeline, d’importantes incohérences trekkiennes sont là. Et qu’on ne dise pas que le Discovery est un vaisseau expérimental (ce qui est vrai), les discontinuités qui suivent sont présentes sur d’autres starships. En effet, que penser du holodeck qui n’est pas censé exister avant quelques centaines d’années (Star Trek The Next Generation) même si l’on peut noter des premières tentatives de mise en place dans Star Trek La Série Animée (suite de la série originale) ? Et quid des conversations holographiques à longue distance ? Cette réécriture technologique de l’univers dépasse la modernisation abramsienne. Fan service ? Citations claires pour exposer que les précédentes séries n’ont pas été oubliées ? Ou gadgets technologiques présents pour capter l’attention d’un public jeune ou au contraire averti s’étant déjà habitué à ces exploits futuristes ?

Une bataille où la chair (de Stamets) va avoir un rôle important.

De la créativité mécanique à l’humanité créative

Les premiers épisodes balbutient sur l’identité de la série. Mais à partir de l’épisode 4, l’identité visuelle du show semble peu à peu se poser. Même si des facilités scénaristiques subsistent, les récits gagnent en humanité. Tel accident provoque la rencontre de personnages avec le Discovery. Et ces événements ne sont pas vains, Ash Tyler, prisonnier des Klingons, deviendra le chef de la sécurité du vaisseau. Mais est-il vraiment remis de son expérience ? Le voyou Harry Mud, célèbre bad guy de l’univers Star Trek, ne sera pas libéré par le Capitaine Lorca sur le vaisseau klingon. Mais ce dernier n’aurait-il pas sous-estimé le bandit ?

Michael Burnham, personnage principal, servait davantage de prétexte au show. Comme il a été dit plus haut, plusieurs de ces décisions sont incongrues, incohérentes… Mais Burnham est avant tout le moteur de la série, elle lance le contexte de la guerre… Spécialiste des Klingons, elle est intégrée au Discovery qu’on découvre alors. Peu à peu, le personnage se dessine, notamment grâce aux interactions avec l’équipage, mais aussi avec la découverte plus importante de son background difficile ainsi que de la mise en exergue de ses sentiments post-accident du Shenzhou.

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Jason Isaacs est le capitaine Lorca, aussi dangereux que déterminé et charmant.

À propos de l’équipage, notons le soin apporté au cast ainsi qu’aux personnages. Lorca, interprété par l’impeccable Jason Isaacs, est un Patton de l’espace, un capitaine prêt à tout pour gagner la guerre. Saru est un officier scientifique d’une race extraterrestre inconnue jusqu’ici, et aux propriétés physiologiques fort intéressantes pour le récit (voir l’épisode 8 Si Vis Pacem, Para Bellum) et au design curieux. Le Discovery habite aussi un couple d’hommes gays en les personnes du Lieutenant Ingénieur Stamets et du Lieutenant Médecin Culber. En cela, la série poursuit le progressisme de l’univers mis en place par Gene Roddenberry il y a déjà cinquante et un ans.

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Stamets et Culber

« To boldly go where no man has gone before »

Cette première partie de saison de Discovery, imparfaite soit-elle, constitue de beaux moments dans l’univers Star Trek. Les derniers – réussis – épisodes présentés ont aussi mis en lumière le potentiel du show qui pourrait avoir de belles années devant lui à la manière de Voyager, The Next Generation ou Deep Space Nine. Aussi n’oublions pas que d’autres shows Star Trek ont eu des débuts en dent-de-scie, notamment l’une de plus grandes si ce n’est la meilleure so far so long, Star Trek The Next Generation.

BANDE-ANNONCE – Star Trek Discovery

Star Trek Discovery est disponible sur CBS All Access et Netflix.

Le Grand jeu : Aaron Sorkin joue cartes sur table

Chaque sortie d’un long-métrage estampillé « written by » Aaron Sorkin constitue une occasion de constater l’écrasante domination du dramaturge new-yorkais sur le reste de sa profession. C’est peu dire qu’il était attendu au tournant avec Le Grand jeu, sa première réalisation qui s’inscrit à la fois dans la continuité et en rupture de son œuvre, et s’octroie pour l’occasion les services d’une Jessica Chastain incendiaire.

De l’aristocratie en Amérique

Les gens exceptionnels font le portrait des gens exceptionnels. C’est en tous cas l’observation qui se dégage de la carrière d’Aaron Sorkin, mastermind de l’architecture scénaristique qui éblouit ceux qui essaient de s’en approcher, et Stradivarius érigé comme tel par ses pairs de plume qui ne manquent jamais une occasion de lui administrer leur déférence. Et à en juger par les figures qui constellent sa filmographie, Sorkin ne fait guère mystère de la conscience qu’il semble avoir de son statut. Jugez plutôt : un président des États-Unis durant les quatre premières saisons de The West wing, le sénateur qui a officieusement organisé la débâcle de l’armée Soviétique en Afghanistan dans La guerre selon Charlie Wilson, le créateur du réseau social qui a bouleversé la notion même d’interaction dans The Social NetworkBref, vous l’aurez compris, la filmographie du père Sorkin n’a rien de l’éloge de la normalité qui semble obséder ses contemporains, lui qui n’a cessé tirer le portrait d’une élite à laquelle il s’identifie sans fausse modestie.

Toutefois, on aurait tort d’en conclure que l’écriture de Sorkin ne constituerait pour lui que le support d’un narcissisme de classe qui lui permettrait de contempler son reflet à l’écran. Bien au contraire, son œuvre questionne ses personnages, confronte leurs envies à leurs responsabilités et les jauge à l’aune leur capacité à assumer l’exigence qui s’accompagne de leurs talents. Charlie Wilson est un politicien redoutable et apprécié, mais qui va devoir convoquer ses dons pour faire autre chose que garantir sa place et profiter de la bonne chère. Même chose pour le Will McAvoy de The Newsroom, journaliste surdoué incité à sortir de sa profitable apathie pour se mettre en danger en relevant le niveau de son journal. Quant au président Shepherd (littéralement « berger », on ne saurait être plus clair) du Président et Miss Wade, il recommence à se montrer digne de sa fonction lorsqu’il arrête de penser à sa réélection.

legrandjeu-film-jessica-chastain-mollys-game-movieOr, cette notion de responsabilité est essentielle pour comprendre le rapport que Sorkin entretient avec le milieu qu’il dépeint. Chez lui, il ne s’agit pas de faire la promotion d’une oligarchie qui travaille pour elle-même, ou de plonger le spectateur dans les secrets de cour des « premiers de cordées » (pour reprendre l’expression de notre start-upper de président). L’élite à laquelle s’identifie Sorkin, c’est celle de l’aristocratie de l’Antiquité grecque, qui désigne les êtres d’excellence dont les qualités s’accompagnent d’une rigueur morale inattaquable. Soit la définition apportée par le philosophe politique Alexis de Tocqueville, notamment connu et célébré pour son ouvrage De la démocratie en Amérique, qui distinguait la noblesse, caste fermée qui menaçait de s’étioler, avec l’aristocratie qui se renouvelle au contraire par l’apport des talents nouveaux. A l’instar de Brad Bird dans A la poursuite de demain, l’auteur milite pour une élite plus que pour un élitisme et assume de confier les grandes questions sur l’avenir du monde entre les mains des personnages capables d’y répondre. C’est là que réside la dimension morale de The social Network, qui questionnait l’une des inventions les plus emblématiques de la décennie à travers le génie médiocre de son créateur, qui mobilise son intellect hypertrophié pour satisfaire sa basse névrose. Acte qui équivaut à un affront déontologique pour ce chantre d’une utopie « Frank Capraesque » de l’Amérique, où la hauteur intellectuelle n’a d’égal que la probité morale qui incombe à ceux qui ont la charge d’élever le pays au niveau de ses principes.

La plume sous les formes

Or, cette exigence, l’auteur se l’impose à lui-même à travers la haute idée qu’il se fait de son art et l’intransigeance dont il fait preuve quant à la préservation de son intégrité. En tant qu’aristocrate assumé de l’art dramatique, Sorkin se fait un point d’honneur à contrecarrer cette tendance à harceler l’exception pour l’abaisser au niveau de la norme (ou l’idée que les décideurs s’en font). Pas question de vulgariser ses enjeux pour les rendre accessibles à moindre frais, au contraire. Quand l’industrie se met au diapason pour s’adapter à la concentration de plus en plus aléatoire du spectateur/consommateur, Sorkin fait le pari de considérer le public comme un adulte capable d’encaisser un effort d’attention. Qu’il s’agisse de ses célèbres dialogues d’une densité phénoménale, ses dispositifs iconoclastes tournant le dos aux conventions (voir Jobs de Danny Boyle), sa propension à mettre protocole et procédure au centre de ses postulats… Le travail de Sorkin porte dans son ADN le majeur tendu de l’auteur adressé à la culture de masse, quintessence d’un geste artistique qui défie toutes tentatives de marchandisation de son médium. L’exigence est une vertu qui se partage.

Une profession de foi aussi prononcée influe directement sur la reconnaissance du monsieur, qui compte parmi les rares scénaristes dont la patte survit aux réalisateurs qui se l’approprient. Pas le moindre exploit quand on a travaillé avec des cinéastes aux personnalités aussi marquées que David Fincher ou Danny Boyle. Chose exceptionnelle pour un scénariste, Sorkin est même crédité comme créateur de formes avec son fameux « walk and talk », du nom donné à ces séquences caractéristiques de son œuvre dans lesquelles la caméra suit les personnages parler en se déplaçant. Avec un tel déterminisme visuel et scénique dans l’écriture, le passage du monsieur derrière la caméra n’était qu’une question de temps, même si on mesure la pression que représentait une telle transition. Car, si l’on sait déjà que Sorkin trône tout en haut de l’Olympe de sa profession, toute la question était de savoir s’il pouvait relever la comparaison en tant que metteur en scène. Si la personnalité immédiatement identifiable de l’homme de plume faisait écho dans celle de l’homme derrière la caméra…

Le-grand-jeu-Chastain-Costner-kevin

Or, c’est peut-être parce qu’il était conscient de cet enjeu que Sorkin a choisi de relever le défi en adaptant les mémoires de Molly Bloom, ex-championne de ski qu’un grave accident a éloigné à tout jamais des pistes. Pour rebondir, la belle trouve pied dans le monde underground des parties de poker clandestines, jusqu’à devenir l’égérie du milieu de Los Angeles à New-York… Soit pour 99% des gens le prototype de la success-story dessinant une personnalité extraordinaire à l’aune de ses accomplissements dans un milieu qui ne lui tendait pas les bras. Mais pour celui qui a conté et questionné les destins fictifs ou réels de personnes qui ont littéralement bouleversé le cours de l’histoire récente, l’affaire semble un peu légère. Et pour cause, si Molly Bloom est très vite introduite comme une femme aux possibilités hors-normes, Sorkin la définit avant tout à travers le destin dont un accident improbable l’a privé.

Combattre sans péril, victoire sans gloire ?

De fait, c’est une destinée par défaut que relate Le Grand jeu, le personnage s’échinant à se déterminer en opposition avec ce qu’elle ne pourra pas être. Ainsi, bien que Sorkin s’efforce à relater avec force emphase ludique (façon « comment rendre fun et captivant les truc relous à l’écran », ouvrage cosigné par Martin Scorsese, Oliver Stone et Adam McKay) les stratagèmes tarabiscotés avec lesquels la belle se fait une place au soleil, ses exploits se révèlent constamment atténués par la narration. Structuré en flash-back séparant le présent du récit de sa propre ascension, Le grand jeu confronte sans cesse les dires de Molly au regard sévère de l’avocat à qui elle raconte son histoire. Au point de transformer ses confessions en expertise d’audience dans lesquels ce dernier endosse le rôle de procureur contre sa cliente.

On reconnaît ici l’esprit d’homme de loi, sans doute structuré par la famille de juristes dans laquelle il a grandi, qui a souvent prévalu dans le travail de Sorkin. Son insistance sur les détails protocolaires, ses joutes verbales infusées de syllogismes, ou sa persistance à décliner la dichotomie entre éthique et pragmatisme sont autant de traces du substrat juridique qui a survécu et à bien des égards a façonné la dramaturgie de l’auteur. Dans The Newsroom, l’auteur allait même jusqu’à faire du plateau télévisé sur lequel se déroulait une bonne partie de l’action le tribunal de la chose publique aux États-Unis. Le grand jeu reprend cette logique au cours des échanges entre Jessica Chastain et Idriss Elba mais les ramène à une échelle plus intime, puisque pour la première fois chez Sorkin les enjeux véhiculés par l’héroïne ne concernent… qu’elle-même. Pas de destinées supérieures entre les mains de Molly Bloom, sinon le sort des quelques clients des parties de pokers clandestines qu’elle a organisées de la côte Ouest à la côte Est.

Pour un peu, la matériau apparaîtrait presque trivial au regard de l’arsenal scénaristique déployé. Or, la question se pose dans des termes similaires à Molly Bloom, qui évolue dans un milieu clairement en deçà de ses possibilités intellectuelles. La dialectique inhérente au genre, où le héros/ héroïne s’impose dans un milieu opaque en écrasant les autres de sa supériorité, se retrouve ainsi mise en abyme à l’œuvre dans le dispositif déployé. En effet, Le Grand jeu existe dans une disproportion de moyens qui permet à Sorkin de rouler tranquillement sur la concurrence, mais qui ne se répercute jamais dans l’amplitude thématique et/ou du récit. Pour une œuvre qui s’est toujours distinguée par sa propension à ramener une narration complexe à un fil rouge intimiste immédiatement perceptible, l’absence de grande histoire à travers laquelle regarder la petite laisse dans premier temps songeur. Il faut même un moment avant de comprendre que la raison d’être du film ne réside dans ce constat : Sorkin n’est pas impressionné par Molly Bloom (ou du moins pour les raisons pour lesquelles son parcours semble être raconté).

Confessions intimes

Jusqu’à présent, la filmographie de Sorkin s’est toujours affirmée dans un paradoxe. On l’a dit, l’identification aux personnages qu’il mettait en scène dans ses textes avait valeur de déclaration de supériorité dans son propre corps de métier pour l’auteur. Mais cette identification constituait également un aveu d’humilité vis-à-vis de ces figures, justement parce qu’ils ne font pas le même boulot. Aussi (sur)doué soit-il, Sorkin s’est toujours positionné en troubadours des praticiens qui doivent gérer des problématiques sacerdotales à sa place. Il est à même de cerner les protagonistes du destin exceptionnels qu’il relate à l’écran, sans prétendre se projeter complètement en eux. C’est l’essence classique de son travail, qui construit cette compréhension des personnages en gardant à l’esprit la séparation entre le public et l’écran, à la fois fenêtre et frontière de l’imaginaire dépeint.
On commence à comprendre ce qui a interpellé Sorkin dans le personnage de Molly Bloom. Car à l’instar de son héroïne, Sorkin lui aussi a fait défaut à l’hétérodoxie familiale en tournant le dos à la carrière juridique embrassée par son père, son frère et sa sœur pour emprunter la voie des planches. Comme elle, il a durablement marqué sa profession de son empreinte et tous les deux se sont brulés les ailes dans les excès qui caractérisent leur secteur d’activité respectifs (l’addiction aux drogues dures pour Sorkin, les relations dangereuses et l’illégalité pour Molly Bloom). Et comme elle, ses prédispositions il auraient probablement permis de se distinguer dans un corps de métier moins… trivial.

On le voit, si Molly Bloom est le premier personnage que Sorkin ne regarde pas en contre-plongée, c’est moins par snobisme que par sentiment de proximité vis-à-vis de son parcours. Au final, le reproche formulé en creux à l’héroïne n’est pas tant d’avoir transgressé les limites de la légalité que d’avoir utilisé ses dons pour cela, le personnage d’Elba se substituant au jugement paternel qu’elle cherche à fuir en le poursuivant. . On ne s’aventurera pas à extrapoler sur le degré de vécu que l’auteur a intériorisé dans ce personnage. Ce qui est sur, c’est qu’il n’oublie d’ailleurs pas de mettre l’arrogance de son postulat en perspective, lorsque le sentiment de maitrise de Molly sur son petit monde se retournera inévitablement contre elle. Mais c’est également la raison pour laquelle le film se révèle parfois déceptif sur le cœur de son argument de vente (le business monté par Molly sur les parties de poker), dans la mesure où Sorkin ne semble pas plus intéressé que ça par le milieu dans lequel elle évolue. Rien de franchement honteux en soit, mais le réalisateur semble parfois dissimuler son manque d’intérêt pour le contexte derrière les apparats d’une leçon trop bien apprise, jusqu’à se reposer sur ses dialogues pour meubler . La chose se remarque d’autant plus à la lueur des précédents travaux d’un auteur qui s’est toujours épanoui dans le fait de raconter ses personnages à travers leur travail (le fameux « walk and talk » : parler sans jamais arrêter ce qu’on est train de faire, faire avancer l’histoire dans le mouvement des protagonistes). Y compris dans leurs mécanismes les plus techniques, ici relativement indifférents au spectateur, malgré la volonté de l’auteur d’y injecter du fun.

Le-grand-jeu-film2017-jessica-Chastain-idriss-Elba

Ainsi, ce n’est pas tant dans l’ascension de l’héroïne et les passages ou elle se surélève par rapport à ses contemporains qui constitue le cœur du film, mais au contraire ceux qui la descendent de sa position. Jusqu’à présent, les dispositifs scénaristiques atypiques de Sorkin participaient de cette volonté d’inviter l’audience sur le piédestal sur lequel trônaient ses personnages, sans les en faire descendre pour autant. C’est le parti-pris inverse qui est adopté dans Le grand jeu, à travers l’opposition de l’héroïne avec le personnage d’Idriss Elba qui donne lieu aux meilleures scènes du film. Sorkin y révèle d’ailleurs son meilleur profil en tant que metteur en scène, s’efforçant de traduire dans son découpage les rapports de force induits par son texte plutôt que de se contenter de les illustrer. Le procédé fonctionne d’autant plus que la direction d’acteurs se révèle au diapason de cette volonté : Elba y est impérial d’autorité crypto-patriarcale, et Chastain plante une bonne fois pour toutes son drapeau au sommet de la montagne qu’elle occupe depuis un moment déjà. L’actrice parvient à véhiculer une variation épatante de nuances dans une enveloppe outrancièrement sexualisée (de par la nature du rôle) sans jamais trahir de façon nette la distance que son personnage nourri vis-à-vis de sa propre image.

De fait, cette impossibilité pour le personnage de se grandir à travers sa fonction constitue l’enjeu principal du récit, et va cristalliser le lien que le réalisateur-scénariste nourri avec le personnage. Ainsi, dans la mesure où le réalisateur ne réussit à simuler qu’une excitation molle pour le parcours factuel de Molly Bloom (en cela, son surnom de « Loup de Wall Street au féminin » mis en avant par la promo française relève du contre-sens total), c’est ailleurs que Sorkin va construire son respect et l’admiration dont il a besoin pour raconter son histoire. A la faveur d’indices subtilement distillés, c’est ainsi l’intégrité morale de la jeune femme qui emporte l’adhésion du spectateur et l’admiration de l’auteur/ réalisateur qui, rappelons-le encore une fois, a toujours placé la vertu de ses personnages au-dessus de leur intelligence. In fine, Molly devient un personnage éminemment sorkinien, rejoignant la constellation d’autodidactes géniaux qui tapisse la filmographie du grand auteur, qui n’a peut-être jamais autant parler de lui dans un écrin à priori pourtant impersonnel. Les confessions d’un grand auteur sont toujours une chose précieuse. Le grand jeu ne fait pas exception.

Le Grand Jeu : Bande-annonce

Fiche technique : Le Grand Jeu (Molly’s Game)

Réalisation: Aaron Sorkin
Scénario: Aaron Sorkin, d’après Molly’s Game: From Hollywood’s Elite to Wall Street’s Billionaire Boys Club, My High-Stakes Adventure in the World of Underground Poker, de Molly Bloom
Interprétation: Jessica Chstain (Molly Bloom), Idriss Elba (Charlie Jaffey), Kevin Costner (Larry Bloom), Chris O’Dowd (Douglas Downey), Michael Cera (Player X), Graham Greene (Juge Foxman)…
Photographie: Charlotte Bruss Christensen
Décors: Patricia Larman
Costumes: Susan Lyall
Montage: David Rosendbloom
Musique: Daniel Pemberton
Production: Mark Gordon, Amy Pascal
Sociétés de production : Entertainment One, Pascal Pictures, Huayi Brothers Pictures et The Mark Gordon Company
Sociétés de distribution : STX Entertainment (États-Unis), SND Films (France)
Genre : Thriller, Drame
Durée : 140 minutes
Date de sortie : 3 Janvier 2017

États-Unis 2017

 

Cate Blanchett, présidente du jury de la 71ème édition du Festival de Cannes

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Il semblerait que glamour et engagement soient au rendez-vous pour le prochain Festival de Cannes qui se déroulera du 8 au 19 mai 2018. Pierre Lescure et Thierry Frémaux ont annoncé ce matin que Cate Blanchett en présiderait le jury. Un véritable honneur pour l’actrice aux 12 récompenses mais aussi un symbole pour les femmes du cinéma.

En succédant à l’immense réalisateur espagnol Pedro Almodóvar dont le jury a récompensé The Square en 2017, l’actrice autrichienne aura à cœur de tenir dignement ce rôle. Elle a d’ailleurs déclaré : « Le privilège que l’on me fait de me demander de présider le Jury et la responsabilité qui sera la mienne m’emplissent d’humilité. Cannes joue un rôle majeur dans l’ambition du monde de mieux se connaître en racontant des histoires, cette tentative étrange et vitale que tous les peuples partagent, comprennent et désirent ardemment. » On imagine difficilement la fierté et la passion avec laquelle elle a reçu et accepté la proposition mais on ne peut que s’en réjouir.

Découverte en 1998 dans Elizabeth, Cate Blanchett n’a plus quitté le septième art depuis. Navigant entre des rôles divers et variés toujours joués avec une immense justesse : de films indépendants aux productions à gros budget, elle a touché à tous les genres. L’actrice, aux mille visages dans le cinéma international, a été récompensée deux fois par l’Academy Awards. À l’image de sa carrière hétérogène, ces deux oscars lui ont été remis pour Blue Jasmine de Woody Allen et Aviator de Martin Scorsese. La comédienne a tourné avec les plus grands réalisateurs : Todd Haynes, Malick, Scorsese, Woody Allen, Alejandro González Iñárritu, Anderson, Jarmush et a su passer de films d’auteurs aux plus grands blockbusters américains avec Le Seigneur des Anneaux ou encore Thor : Ragnarok chez Marvel. Sa délicatesse s’allie toujours avec sa volonté et sa détermination pour porter au plus haut ses personnages. C’est une femme du grand écran certes, mais aussi une comédienne qui frôle encore les planches de temps à temps et est d’ailleurs co-directrice du Sydney Theatre Companycate-blanchett

Derrière cette actrice de talent, il y a aussi une grande femme pleine d’engagement qui a su faire frémir Hollywood. L’une des premières à briser le silence concernant l’affaire Weinstein, elle saisit les grandes occasions pour exprimer ses opinions militantes en faveur des droits des femmes et contre le harcèlement sexuel. Cate Blanchett a ainsi créé, avec plusieurs grandes stars américaines, un fonds contre le harcèlement sexuel visant à apporter un soutien juridique et légal aux femmes victimes de harcèlement au travail, et ce, dans n’importe quel secteur. Time’s up est le projet phare de 2018 qui ouvre l’année de manière engagée et déterminée avec une lettre ouverte très claire.

Véritable coup de maître médiatique pour le Festival de Cannes ? Peut être, mais cela est aussi une manière de témoigner leur soutien aux femmes du monde et de porter au rang mondial des luttes pour l’égalité.

Cate Blanchett sera à l’affiche de deux films bien distincts en 2018 : Ocean’s 8, de Gary Ross et Where’d You Go, Bernadette? de Richard Linklater. Deux productions qui en disent long sur la variété de ses choix artistiques. L’éclectisme de sa carrière laisse présager de longs et passionnants débats dans le clan du jury et surtout, une Palme d’or digne de son talent, du moins, c’est tout ce que l’on espère. Réponse le 18 mai prochain…

Cinéma Flop 2017 : Nos plus grosses déceptions

2017 nous a offert de très bons long métrages mais aussi son lot de déceptions cinématographiques. Parmi eux, Les Proies de Soffia Coppola ou encore Justice League de Zack Snyder… Découvrez notre flop 10, composé des pires films de l’année.

En réponse à notre top 20 des meilleurs films de 2017, il fallait également un flop. Nous aurions pu vous choisir le pire qu’on a pu voir cette année, mais on s’est dit que reparler de A bras Ouverts ou de Raid Dingue n’était pas très intéressant.
Du coup on a préféré vous parler de nos plus grosses déceptions, des films qui auraient pu être des grands mais qui se sont pris les pieds dans le tapis, par de grands réalisateurs ou non.
Il est à noter que parmi ces plus grosses déceptions, on en retrouve qui sont aussi très appréciés, comme 120 battements par minute ou Dunkerque. Pour avoir déçu une partie de la rédaction, ces films échouent aux portes du top 20, et se retrouvent dans ce flop. Comme nous sommes joueurs, vous trouverez le lien vers les critiques, souvent positives, pour ces films plus sources d’avis divergents que vraiment mauvais.

10. A Cure for Life,
de Gore Verbinski

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Vincent : « Trop emballé par ses expérimentations visuelles, le prometteur Verbinsky oublie de soigner son scénario. A trop vouloir surprendre le spectateur à grand renfort de twist enchaînés, le film en devient brouillon, incohérent, et finit par marcher de façon un peu trop voyante sur les plates bandes de Martin Scorsese, pour finir comme un mauvais épisode de Chair de Poule. »
Kévin B : « La première heure du film, encouragée par une intrigue prometteuse et une esthétique à tomber, nous laisser présager du meilleur! Hélas, Verbinski embourbe son récit dans des situations de plus en plus risibles, jusqu’à un final effarant de ridicule, et pas du meilleur goût ! »
Adrien : « 2h30 de beauté glacée où plus le mystère se dévoile, plus on a peur de comprendre vers quoi on va (une déception, spoiler) pour finir dans du grand-guignolesque assez indigent et hors propos. Sacrément dommage. »
Note lors de la sortie salle : 2/5

9. Kingsman : Le Cercle d’Or,
de Matthew Vaughn

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Vincent  : « Problème de rythme, scénario écrit à la vas-y-que-j’te-pousse et manque d’équilibre entre les différents registres. Après la bonne surprise du premier épisode, Vaughn montre ses limites en préférant la surenchère à la cohérence, avec le même problème que Machete Kills : trop de stars tuent la star. »
Antoine D : « Le premier film ne cessait de le répéter : c’est à ses manières que l’on juge un homme. Comment donc juger autrement que par ce gâchis putassier et obscène, cette parodie de James Bond coupée à la blague beauf et aux enjeux inconsistants ? »
Antoine M : « Ah ça pour valdinguer sur du vide, les Américains savent y faire oui, mais pour proposer un semblant d’empathie, de frisson ou de surprise il n’y a plus personne. »
Lire la critique (positive) de Kevin B : 4/5

8. Les Proies,
de Sofia Coppola

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Ariane : « Une 1ère partie molle, une fin prévisible et des persos assez creux, ce remake reste bien fade et paradoxalement peu féministe. »
Maxime T : « Y’a autant de tension sexuelle que dans un épisode de Derrick. Par pitié, arrêtez de donner des rôles à Colin Farrell. Mention spéciale pour le personnage super mal écrit de la pauvre Kirsten Dunst. »
Gwennaëlle : « Une mise en scène élégante pour un film lent et ennuyeux servi par des actrices fades. »
Adrien : « Les Proies ou la preuve filmée qu’il faut se méfier des contrefaçons. »
Lire la critique (positive) de Kévin L : 4/5

7. Alien Covenant,
de Ridley Scott

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Ariane : « Scott détruit sa créature, la créature détruit son créateur. Contemplation désenchantée d’un art morbide où se déchire le voile du mystère ». Tout le mystère installé par Prometheus est dévoilé, un peu dommage. Le film tombe aussi un peu dans le gore sanguinolant au détriment du vrai film d’horreur à atmosphère angoissante comme l’était Alien le 8ème passager. Le traitement du thème de la création est un peu maladroit. Reste un bon Fassbender. »
Hervé : « Scott ravage le mythe des xénomorphes en cherchant bêtement et inutilement à expliquer leur création. »
Jeap : « Le projet très attendu d’un Alien V par Neill Blomkamp fut officieusement annulé suite à l’annonce d’un Alien: Covenant, dont le résultat reste bien inférieur au simple travail préparatoire de Alien V »
Note lors de la sortie salle : 2,5/5

6. Valérian,
de Luc Besson

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Vincent : « Malgré son admiration que l’on ne saurait lui démentir pour l’œuvre d’origine, Besson échoue à faire son space opera français. Tous les éléments sont dans le film, mais le réalisateur n’arrive pas à les agencer correctement. Une simple réécriture du scénario avec moins de blabla et plus d’actions aurait déjà rendu l’ensemble beaucoup plus digeste. Décevant, mais toujours moins que la carrière d’Edgar Wright. »
Marushka : « Valerian, le pire film de l’année, impossible de faire abstraction du budget exorbitant pour un résultat aussi minable : scénario inexistant, moneyshots inutiles, personnages au degré zéro de toute profondeur, acteurs nuls, effets visuels à vomir. »
Kévin B : « Certes, c’est visuellement splendide, et de nombreux décors nous ravissent la rétine. Encore aurait-il fallu un semblant de scénario et des acteurs un minimum convaincants! »
Lire la critique (plutôt gentille) de Roberto : 3/5

5. 120 battements par minute,
de Robin Campillo

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Mégane : « À force de n’en entendre que du bien, on finit évidemment par être déçu. Si 120 BPM nous offre une très belle et émouvante réalisation, la mise en scène et les personnages se retrouvent quant à eux, complétement caricaturés et bourrés de clichés. De quoi dénaturer cette œuvre, à première vue pourtant si belle. »
Benjamin : « 120 BPM alterne entre métaphores balourdes et douteuses, dialogues stupides (mention au « tu fais quoi dans la vie ? » – « je suis séropositif ») et réalisation scolaire des scènes d’amphi, entre autres, pour aboutir à un film cliché empli de lieux communs plutôt qu’une œuvre réflexive sur les notions d’engagement et de pulsion de vie. »
Antoine D : « Ayant souffert d’un emballement médiatique disproportionné, quel dommage à l’arrivée de récolter un film ayant le toupet d’être partagé entre un portrait militant subtil et une romance balourde et surannée. »
Antoine M: « Film survendu au même titre que La La Land, cloisonnant le spectateur jusqu’à étouffement, 120 BPM propose une belle histoire d’amour guère convaincante teintée de tragédie. »
Lire la critique (élogieuse) de Chloé : 5/5

4. Song to Song,
de Terrence Malick

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Tina : « Malick caricature son cinéma avec ce Fuck tout Fuck interminable, vide et prétentieux, avec cette pauvre Rooney Mara (et sa voix-off pénible), se contentant d’être mignonne en s’enroulant ridiculement dans des rideaux comme dans une pub pour Guerlain. »
Maxime T: « La vision de l’amour par Malick se résume à se courir après en rigolant dans des appartements qui feraient saliver Stéphane Plaza. Seule Rooney Mara peut donner la force de tenir les 2h (et encore). »
Chloé : « Que c’est long, et prétentieux, et vide ! Le dernier plan à lui seul achève le spectateur qui se demande vraiment ce qu’il est venu voir : une pub de deux heures pour un énième parfum ou un vague mélo sur la force de l’amour, de l’air pur de l’eau fraîche ? »
Lire la critique (positive) de Frédéric : 3,5/5

3. Justice League,
de Zack Snyder

Jeap : « Après les médiocres Suicide Squad et Wonder Woman, la Warner Bros semble continuer dans sa lancée avec un Justice League qui commet les mêmes erreurs que les deux sus-nommés mais en pire. »
Marushka : « Justice League, un plan marketing géant aux allures de feu d’artifice de pétards mouillés qui ne sert à rien sauf à annoncer le prochain feu d’artifice de pétards mouillés de la Warner/DCU »
Ariane : « Perdu entre 2 réalisateurs, entre l’identité DC et l’humour Marvel, JL piétine et ne garde le cap qu’au cœur de l’action. »
Kévin B : « Suite à de nombreuses complications, Justice League se perd entre deux identités incompatibles! En résulte un film malade, terriblement bancal, et qui sonnera peut-être définitivement le glas du DC Universel ».
Antoine D : « Monstre de Frankenstein façonné par des corporatistes sans scrupules, Justice League est de cette trempe de films trop soucieux de plaire qu’il en oublie de prendre justement des risques, pourtant jusqu’ici apanage de DC Comics. »
Lire la critique (plutôt gentille) de Roberto : 3/5

2. Dunkerque,
de Christopher Nolan

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Mégane : « Dunkerque laisse un goût d’inachevé. Nolan semble être passé à côté de son film en nous contant une histoire d’une grande platitude. À la fin du visionnage, Dunkerque nous laisse une sensation de vide sidéral. »
Adrien: « Tic tac, tic tac, tic tac. Nolan creuse le sillon entamé avec Interstellar, c’est très conceptuel pour lui, sûrement très profond et probablement sensoriel quand on est pas saoulés par le dispositif lourdingue. Le souci c’est qu’après le film il faut le montrer à des gens. »
Hervé : « En reprenant des procédés qui avaient fonctionné dans ses films précédents (les différentes chronologies, la volonté d’être immersif), Nolan se perd complètement dans un film artificiel, excluant des spectateurs qui ne se sentent jamais vraiment concernés par ce qui se déroule à l’écran. »
Lire la critique (élogieuse) de Antoine D : 5/5

1. Mother !
de Darren Aronofsky

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Maxime T : « Tu la vois ma belle grosse métaphore qu’elle est belle. Rarement vu quelque chose d’aussi insupportable, et comme si ça ne suffisait pas, on nous fout la gueule de J-Law quasi tout le temps en gros plan. »
Mégane : « Une pure déception. Tout simplement un méli-mélo d’incompréhension. À trop vouloir en faire et rendre son œuvre unique et originale, Darren Aronosky a fini par se perdre dans son propre scénario. Pour moi, c’est une véritable overdose et une migraine assurée après le visionnage. »
Sébastien : « Darren Aronofsky semble s’enfoncer encore plus dans la névrose avec une œuvre certes passionnante mais pleine d’esbroufe, redondante et ringarde dans ses effets visuels grandiloquents. »
Chloé : « Mother! est une overdose de tout : signification, sonorités, bruits, musiques, bizarreries, si bien qu’au final, on ne sait plus ce que l’on regarde, à part une énorme purge qui se voudrait très très (trop?) intelligente. »
Clément : « Mother! est un film complètement inutile et insignifiant. Tout se veut compliqué mais au final il n’y a rien à comprendre. Nul doute que cette métaphore biblique ratée constituera l’un des plus gros ratés de Darren Aronofsky. »
Lire la critique (élogieuse) de Frédéric : 5/5

 

Top 20 des meilleurs films de 2017

Comme chaque année et comme tout le monde, la rédaction de CineSeriesMag a choisi les meilleurs films de l’année 2017. Beaucoup de longs-métrages ont marqué la rédaction, comme 120 Battements par Minute, Coco ou La La Land, mais font-ils partie de notre top ? Et surtout, qui succèdera à The Revenant ?

Chers lecteurs,

Chaque année, la constitution d’un top des meilleurs films de l’année est un événement en soi. Chacun y va de son avis, les coups de cœurs et les déceptions ne sont pas toujours partagés, et pourtant, il faut bien arriver à s’entendre. Voici donc notre méthode : chaque rédacteur a donné à absolument tous les films vus une note entre 1 et 10, pour un total de 347 films notés. Chacun des films se retrouvait donc avec une moyenne qui correspond à sa place. Si la méthode est discutable, elle a le mérite de prendre ainsi en compte les avis négatifs, et permet de prendre en compte l’ensemble de la rédaction. Cela explique l’absence de grands films qui ont beaucoup plu, mais qui ont aussi divisé, comme 120 battements par minute qui se retrouve aux portes du top 20. Certains films surprenants ont également leur place; en effet nous avons privilégié la qualité du film et non sa popularité, et c’est pourquoi il fallait au moins 5 votes pour qu’un film soit pris en compte. Certes les gros films peuvent s’en retrouver pénalisés, mais de cette manière, toutes les sensibilités de notre rédaction se retrouvent représentées, et tous les films présents dans ce Top 20 2017 ont une note moyenne comprise entre 7,5 et 8. Il s’agit sans aucun doute des meilleurs films de l’année.
Vous retrouverez le top 10 de nos rédacteurs en dernière page. Bonne lecture 🙂

 

Sont arrivés aux portes du Top 20, en vrac : 
120 Battements par Minute, Moonlight, Baby Driver, Logan Lucky, Dunkerque

 

20.
The Square,
de Ruben Östlund

par Tina B

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Après le remarqué Snow Therapy, Ruben Östlund décroche la Palme d’or avec The Square grâce au jury présidé par Pedro Almodóvar. Un choix risqué (les comédies étant rarement récompensées, encore moins pour une Palme !) mais audacieux dans le sens où ce film ne fera pas et ne cherche pas à faire l’unanimité. Par sa mise en scène précise et par son art de provoquer un malaise qui engendre le rire, le réalisateur suédois semble à peine caricaturer l’art contemporain et son milieu. Lui-même proposerait alors une œuvre entrant dans cette veine qu’on pourrait désigner (selon son ressenti) arty-contemporaine. Östlund crée-t-il alors un film à partir de ce qu’il dénoncerait ? Cette mise en abyme rend en partie The Square inclassable, trouvant un réel équilibre entre la comédie, le drame, la satire sociale et l’essai philosophique. Surtout, si le long-métrage parvient à se moquer de certaines dérives du milieu de l’art contemporain, on ne peut pas non plus le limiter à une critique de ce monde-là, loin de là. Le décor est surtout un moyen de pointer du doigt une bourgeoisie méprisante, complètement contradictoire avec les valeurs prônées justement dans l’art contemporain dans lequel elle se complait. L’acteur danois Claes Bang est exceptionnel dans le rôle de ce beau gosse terriblement lâche.
Lire la critique au moment de la sortie

 

19.
Detroit,
de Kathryn Bigelow

par Adrien Beltoise

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Après Démineurs et Zero Dark Thirty, le nouveau film de Kathryn Bigelow était attendu au tournant. Et quel uppercut que Détroit, œuvre bouillonnante et en colère retraçant une bavure policière méconnue survenue durant les émeutes de 1967. Cristallisant en sa trame des siècles de tension raciale, ce cauchemar viscéral abandonne l’objectivité de la cinéaste pour embrasser la révolte et la fureur. Peu étonnant, donc, que le film ne plaise pas à tout le monde (d’où échec et polémiques) tandis que le médium cinéma lui vibre encore une fois de cette électricité. Et nous de ce récit sur le fil du rasoir capté par la caméra scalpel de la cinéaste. De son introduction documentée à un deuxième acte intense et fiévreux, menant à une puissante et révoltante conclusion, Détroit cogne, fait mal pour renvoyer la société américaine au sort de ces héros. Face au mur.
Lire la critique au moment de la sortie

 

18.
Silence,
de Martin Scorsese

par Hervé Aubert

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Avec cette histoire de missionnaires jésuites et de communautés chrétiennes violemment maltraitées en terre nippone, Martin Scorsese revient à ses thèmes de prédilection : comment avoir la foi dans un monde dominé par le Mal ? Comment faire le Bien au milieu d’une violence permanente ? Peut-on sauver des personnes, y compris malgré elles ? Avec ses images sublimes dressant le portrait d’un pays brutal et sauvage, tendu (comme les personnages principaux) entre souffrance et quête de la sérénité, Martin Scorsese signe un très beau film épique et émouvant, et donne à Liam Neeson un de ses plus beaux rôles.
Lire la critique au moment de la sortie

 

17.
Visages Villages,
de Agnès Varda et JR

par Gwennaëlle Masle

Visages Villages est une bulle d’amour et de douceur porté par un duo authentique qui nous fait sourire autant qu’il nous touche. L’aventure d’Agnès Varda aux côtés de JR est captivante dans sa diffusion de la bonne humeur. Un projet fascinant qui donne envie d’en construire beaucoup d’autres pour mettre un peu d’art dans le quotidien, pour montrer surtout que l’art peut être partout. D’un ancien bunker à des containers ou encore à la façade d’un bâtiment, JR expose ses photos sur tous les supports avec l’aide de l’œil aiguisé de la réalisatrice de la Nouvelle Vague. Entre jolies leçons de vie et partage artistique, cette balade a su ravir les spectateurs et la rédaction en 2017.
Lire la critique au moment de la sortie

 

16.
La Planète des Singes : Suprématie,
de Matt Reeves

par Kévin Beluche

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 Les deux volets de La Planète des Singes version années 2010 avaient conquis le public et la critique avec des spectacles aux scénarios soignés, intelligents, et se refusant de céder aux travers des blockbusters classiques, notamment la primauté de l’image sur le reste. Il va sans dire que La Planète des Singes : Suprématie est du même acabit, voire plus. Car ayant la lourde tâche de clôturer la trilogie, le film surpasse tout d’abord ses aînés en repoussant toujours plus les limites des effets spéciaux. Jamais les singes n’ont paru aussi réels, aussi humains grâce aux effets toujours plus saisissants de la motion capture. D’ailleurs, que serait César le leader simien, sans l’incroyable performance d’Andy Serkis ? Que serait le long métrage sans les prestations des autres comédiens, Woody Harrelson en tête, et un scénario explorant encore davantage le clivage entre les hommes et les singes, à grands coups de références (Apocalypse Now, La Grande Évasion…), et d’une mise en scène encore plus soignée ? Que serait une trilogie sans une conclusion digne de ce nom ? La Planète des Singes : Suprématie est un peu tout cela à la fois : une fin épique, et l’un des meilleurs blockbusters de 2017 !
Lire la critique au moment de la sortie

 

15.
American Honey,
de Andrea Arnold

par Marushka Odabackian

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Si American Honey mérite sa place dans le top 2017, c’est avant tout parce que c’est un film poignant et épris de liberté, qui nous donne envie de tout plaquer pour prendre la route sans se soucier des conventions et des contraintes du quotidien. C’est une œuvre d’affranchis. Andrea Arnold, pourtant britannique, arrive parfaitement à capter l’esprit d’une Amérique jeune et marginale, en signant avec American Honey un road-movie énergique qui fait souffler un vent de folie sur le cinéma. Long métrage aussi atypique que marquant, ce constat à la fois désenchanté et criant d’énergie s’avère être une ode à la vie poétique et déjantée qui capture la modernité et la sauvagerie d’une époque singulière.
Lire la critique au moment de la sortie

 

14.
Mise à mort du cerf sacré,
de Yorgos Lanthimos

par Béatrice Delesalle

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Le Grec Yorgos Lanthimos est un des cinéastes les plus passionnants et vraisemblablement les plus passionnés de notre temps. Non content de développer une thématique intéressante et foisonnante, celle d’une société dysfonctionnelle, il le fait avec une maîtrise quasi-absolue du langage et de la grammaire cinématographiques. Des plans tirés au cordeau, où le fait que tout soit millimétré n’est jamais entaché du soupçon de posture ni d’attitude programmatique. Au contraire, son style contribue majoritairement à rendre ses films inoubliables, car vraiment singuliers et vraiment personnels. Ce cinéaste, qui met un autre génie, Apichatpong Weerasethakul, dans son panthéon personnel est une des très bonnes surprises de ces quinze dernières années.
Dans Mise à mort du cerf sacré, il n’en va pas autrement. S’appuyant sur la tragédie antique grecque, celle d’Iphigénie, qui est précisément une histoire de vengeance et de sacrifice, le film raconte le passage d’une famille américaine sur papier glacé à une entité dystopique faite d’une violence de film d’horreur, où la vengeance, le remords, la culpabilité et l’expiation ont une place de choix. Chaque grand angle, ou à l’inverse chaque gros plan, chaque plongée et contre-plongée, tous minutieusement et magnifiquement réalisés, sont choisis pour plonger le spectateur dans une immersion totale à l’intérieur du monde allégorique de Lanthimos. Tous réussissent à installer une tension incroyable dans un film qui pourtant porte les marques de fabrique du cinéaste comme des dialogues quasi-mécaniques, et une froideur générale de la tonalité, considérées (à tort ici) comme peu porteuses d’émotion.
Un des meilleurs films de 2017, Mise à mort du cerf sacré est également le meilleur film de Yorgos Lanthimos à ce jour, en combinant l’originalité propre à ses films, et l’expérience accumulée tout au long de ses six longs métrages. Un vrai bonheur de cinéphile.
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13.
Good Time,
de Joshua et Ben Safdie

par Tina B

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Good Time n’a rien remporté au dernier Festival de Cannes même s’il a fait sensation. Pourtant, ce petit bijou des frères Safdie (qui sortaient jusqu’à présent des films plutôt confidentiels) avait les épaules pour finir dans le palmarès. Le scénario tient en théorie sur un timbre-poste mais les réalisateurs parviennent à nous offrir un long-métrage d’une richesse incroyable. A travers cette odyssée folle avec une approche expérimentale dans un New York glauque, à la After Hours de Martin Scorsese (sans chercher non plus à le copier), Good Time est autant drôle que touchant (son générique final est particulièrement émouvant), autant rafraîchissant que désespérant. En grand frère paradoxalement aimant et toxique, Robert Pattinson nous confirme définitivement qu’il est l’un des meilleurs acteurs de sa génération en nous livrant ici une interprétation intense.
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12.
Laissez bronzer les cadavres,
de Hélène Cattet et Bruno Forzani

par Maxime Thiss

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Après s’être amusé à déconstruire le giallo, c’est au tour du western spaghetti de passer à la moulinette du couple Hélène Cattet/Bruno Forzani. En adaptant Laissez bronzer les cadavres, une série noire signée Bastid/Manchette, le duo français nous convie à un règlement de comptes dans un village abandonné en Corse. Sous ce scénario assez simpliste se cache cependant une proposition de cinéma des plus radicales. Au gré des diverses expérimentations, les deux cinéastes donnent naissance à une œuvre extrêmement sensorielle. Chaque plan regorge d’idées. Couleurs saturées, sons amplifiés, jeu sur les textures, soundtrack rendant hommage au cinéma bis des 70s, Laissez Bronzer les cadavres bouscule tous les sens du spectateur dans un rollercoaster d’une intensité rarement vue au cinéma. Le genre d’œuvre typiquement conçue pour la salle afin d’en décupler l’expérience.
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11.
Coco,
de Lee Unkrich

par Adrien Beltoise

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Dans une année marquée par la symbiose musicale (Baby Driver, La La Land,…), le dernier né des studios Pixar fait figure de Nouvelle Star. Coco, puisque c’est son nom, est un enchantement, une merveille comme seul le studio à la lampe est capable d’en produire. Visuellement à tomber par terre, thématiquement vertigineux, Coco reste pourtant d’une simplicité et d’une aisance désarmante par la sincérité qui émane de sa démarche et de sa fabrication (pourtant monumentale). Revenu aux films d’univers, Pixar s’empare ici (à la manière de Ratatouille) d’une culture étrangère pour la sublimer et y bâtir le support d’une mythologie riche et foisonnante. Un nouveau monde qu’on se passionne à explorer, riant et vibrant durant le voyage, en larmes lors de notre arrivée à destination. Et où la musique réchauffe et étreint le cœur. Du très grand cinéma et probablement plus encore.
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Suite du top 20 des films préférés par la rédaction

 

Critique Black Mirror Saison 4 : descente dans les enfers numériques

La saison 4 de Black Mirror vient de débarquer sur Netflix. Avec 6 épisodes supplémentaires, la série d’anthologie affirme encore une fois sa maîtrise et son goût pour les récits fascinants et dénonciateurs. Critique.

Quand la série Black Mirror s’est faite remarquer, elle a vite été considérée comme un OVNI télévisuel mais a rapidement acquis une notoriété et un public. Avec seulement 7 épisodes, la série attire l’attention de Netflix qui décide de produire deux nouvelles saisons, chacune composées de six épisodes. Le concept est simple et rappelle la structure des Contes de la crypte : chaque épisode est autonome et se déroule dans un univers différent. L’ensemble des épisodes sont reliés par leur posture critique envers la société moderne et notamment l’usage des nouvelles technologies. Depuis les premiers épisodes, la réalité rattrape la série et des technologies évoquées dans le show prennent leur place dans le monde réel. Avec cette 4ème saison, Black Mirror évoque différents genres cinématographiques ( la comédie romantique avec « Hang the DJ », le drame familial avec « Arkangel », la série B avec « Metalhead », le space opera avec « USS Callister » ) et aborde de nouvelles thématiques ( le contrôle parental, l’invasion des objets connectés, la prolifération de l’intelligence artificielle ou encore l’avènement des applications de rencontres ). Plus optimiste que les saisons précédentes, ce quatrième chapitre offre à ses intrigues des conclusions moralistes mais plus éclairées. La technologie n’est désormais plus le symbole infernal d’une société dépassée mais un cadeau à double-tranchant. Sans aucun doute, Black Mirror est la version moderne de la Quatrième Dimension.

USS CALLISTER réalisé par Toby Haynes (4 x 01) avec Jesse Plemons (Friday Night Light), Cristin Milioti (Fargo), Jimmi Simpson (Westworld), Michaela Coel (Chewing Gum) et Billy Magnussen (Aladdin).

Toby Haynes signe là le meilleur épisode de la saison et l’un des plus remarquables de la série. Prenant le ton de pastiche des space-opera à la Star Gate, l’épisode conte les aventures galactiques d’un vaisseau dans l’univers de Space Fleet. Surprise, les équipiers du vaisseau sont en réalité des humains piégés dans le délire d’un informaticien à l’égo surdimensionné. Reprenant les codes des récits de science-fiction, USS CALLISTER offre une œuvre colorée sous tension et une réflexion sur les possibilités terrifiantes de l’intelligence artificielle lorsque mêlée à la cruelle nature humaine. Jesse Plemons, déjà vu dans Friday Night Lights, excelle dans son rôle double de capitaine et de looser et Cristin Milioti, vu dans Fargo ou How I met Your Mother, retient l’attention par son charme et son énergie. Loin de la poésie et des longueurs de la série, USS CALLISTER est un épisode dynamique dont la moitié des événements se déroule en quelques heures. Un shoot d’adrénaline.

ARKANGEL réalisé par Jodie Foster (4 x 02) avec Rosemarie Dewitt (United States of Tara), Brenna Harding (A Place to Call Home) et Owen Teague (Bloodline)

A l’opposé de l’épisode précédent, Arkangel se concentre sur un drame familial où une mère paranoïaque implante une technologie à l’intérieur de sa petite fille pour surveiller tous ces agissements. L’épisode est très fidèle à l’identité des premiers épisodes de la série et rappelle les récits intimistes de « Retour sur image » ( 1×03) ou « Bientôt de retour » (2×01). L’intrigue se concentre sur la jeune fille, représentée pendant l’enfance puis l’adolescence, tandis qu’elle grandit et s’émancipe face à une mère aimante mais bien trop intrusive. La douleur de la mère, interprétée avec justesse par Rose Marie Dewitt, est communicative mais le désir de s’émanciper de sa fille est tout à fait compréhensible et louable. Ici la technologie est vouée à protéger les enfants, mais devient vite un élément dangereux et liberticide. En plus d’apporter une morale ambiguë, l’épisode fait le constat de parents dépassés par la trop grande exposition qu’offre Internet à leurs enfants, mais transmet aussi un message alarmiste sur le contrôle parental.

CROCODILE réalisé par John Hillcoat ( 4×03) avec Andrea Riseborough (Bloodline), Andrew Gower (Outlander) et Kiran Sonia Sawar (Murdered By My Father)

Avec cet épisode, John Hillcoat délivre un des épisodes les plus faibles de la saison. Avec des airs de déjà-vu, « Crocodile » raconte deux histoires en même temps qui vont finir par se rejoindre. D’un côté, on suit une femme prête à tout pour se débarrasser des preuves  et des témoins d’un meurtre que son ex-petit copain à commis des années auparavant et de l’autre une employée de la police qui reconstitue une scène de crime à travers une technologie qui permet de fouiller dans les souvenirs des témoins. La confrontation des deux protagonistes est inévitable et offre un final au premier abord cruel mais dont on se délecte avec le sourire grâce au rebondissement final. Cependant le rythme est bien trop lent pour passionner et le récit met du temps à nous faire comprendre de quoi il s’agit. On peut retenir une métaphore intéressante sur les traces douteuses qu’on laisse sur les espaces numériques, et qu’il est quasi-impossible de faire disparaître.

HANG THE DJ réalisé par Timothy Van Patten (4×04) avec Tim Van Patten (The Sopranos, Game of Thrones), Georgina Campbell (Flowers, Broadchurch), Joe Cole (Peaky Blinders) et George Blagden (Versailles, Vikings).

« Hang the DJ » tient son intérêt par son concept cocasse et ingénieux : imaginez si avant de vivre une relation amoureuse vous saviez combien de temps elle allait durer. A partir de cette idée rigolote, « Hang the DJ » propose une comédie romantique où deux personnes vont tomber amoureuses alors qu’elles sont destinées à ne rester que douze heures en couple. Bien qu’originale au premier abord, l’idée a déjà été traitée dans la comédie romantique Timer, sorti en 2009. Le traitement de la romance est très classique et attendu mais « Hang the DJ » est un bel épisode à des kilomètres de la noirceur ambiante de Black Mirror. Cependant dans ces dernières minutes, l’épisode surprend et retourne son histoire à l’envers pour offrir un petit clin d’œil aux applications de rencontres qui restructurent nos rites conjugaux et ré-organisent notre rapport à l’amour et à la sexualité.

METALHEAD réalisé par David Slade ( 4×05) avec David Slade (Hannibal, American Gods), Maxine Peake (Silk), Jake Davies (The Missing) et Clint Dyer (Hope Springs)

Black Mirror propose son épisode le plus atypique à travers celui-ci. Avec aucun élément de contextualisation, « Metalhead » retrace une course-poursuite entre une femme et un robot tueur. L’épisode puise dans la série B et se révèle être un croisement curieux entre Duel de Steven Spielberg et Rubber de Quentin Dupieux. Grâce à sa mise en scène et sa photographie bichrome, ce cinquième épisode se pose comme un simple exercice de style sublimé par un bel usage des reflets et des ombres. Si on peut y voir une angoisse sur l’intrusion des objets connectés, « Metalhead » tient son intérêt bien plus dans la forme que dans le fond, curieux pour un épisode de Black Mirror. Le méchant est très peu menaçant et la tension est peu palpable malgré une maîtrise de celle-ci pour insuffler du suspense. Quelques fulgurances de la caméra sont à retenir en dépit d’un message peu clair.

BLACK MUSEUM réalisé par Colm McCarthy (4×06) avec Babs Olusanmokun (Roots, The Defenders) Douglas Hodge (Catastrophe) et Letitia Wright (Humans).

« Black Museum » est un des épisodes les plus passionnants et fascinants de la série. A l’image de l’épisode de Noël, « Black Museum » imbrique plusieurs récits et ce en trois volets. Chacune des histoires racontée aurait pu mériter un épisode entier. Dans la première, on découvre un médecin qui développe une obsession malsaine à travers une technologie qui le connecte à la douleur de ses patients. Dans le second, on rencontre un père de famille qui, suite à la mort de sa femme transmet sa conscience dans son propre cerveau pour qu’elle puisse continuer à lui parler. Dans le troisième..il faudra voir l’épisode pour ne pas être spoilé sur le dernier clou du spectacle. L’ingéniosité du scénario nous permet de conceptualiser les enfers numériques, qui pourraient devenir la première arme des intelligences artificielles. Avec cet épisode vicieux, Black Mirror établit une connexion avec le spectateur : il faut être animé par un voyeurisme et un goût pour le morbide pour continuer à se délecter des épisodes de Black Mirror de la même manière que les visiteurs du Black Museum prenne un malin plaisir derrière le rideau rouge.

Black Mirror – Saison 4 | Bande-annonce officielle

https://www.youtube.com/watch?time_continue=49&v=SgXDXViH-Og

The Handmaid’s Tale, Mindhunter… : Le top 5 des meilleures nouveautés 2017

Comme chaque fin d’année vient l’heure des bilans et nous vous annonçons les meilleures nouveautés séries selon la rédac’. Mindhunter, Taboo, The Handmaid’s Tale, Big Little Lies… Voici le top 5 de 2017 !

Les alternatives aux chaînes payantes ont, depuis quelques années, gagné du terrain. Netflix en tête en apparaissant pour la première fois dans le top séries 2016. Deux séries de plus cette année dans notre bilan ne sont pas diffusées par le circuit traditionnel. Outre le fait que 4 séries sont des adaptations littéraires, peut-on craindre la fin d’une ère de création sur les networks? Quoiqu’il en soit les Emmy Awards ont récompensé deux d’entre elles.

Mindhunter – créée par Joe Penhall sur Netflix – 1ère diffusion : 13 octobre 2017

Synopsis : Comment anticiper la folie quand on ignore comment fonctionnent les fous? Deux agents du FBI imaginent une enquête aux méthodes révolutionnaires et se lancent dans une véritable odyssée pour obtenir des réponses.

La production est une adaptation de l’ouvrage Mindhunter : Dans la tête d’un profileur de Mark Olshaker et John E. Douglas. Ce dernier étant connu pour avoir été un des premiers profilers, il a notamment inspiré le personnage joué par Jonathan Groff que l’on a vu dernièrement dans un tout autre registre dans Looking ou Glee. On attend une deuxième saison déjà en préparation…

Marush Ka 

C’est juste parfait l’atmosphère glaçante et la folie des serial killer confrontée à une approche super clinique et c’est la naissance de tout un nouveau champ d’études c’est fascinant

Mégane Bouron 

Un thriller psychologique poignant, qui réussit à moderniser les séries policières. À la fois oppressant et fascinant !

Adrien Beltoise 

Quand Netflix et David Fincher explose façon puzzle le genre du procedural pour le réinventer. Une sorte d’anti True Detective à l’esthétique racée et sérieusement addictive.

Gwennaëlle Masle 

Autant fascinante par la psychologie humaine avec les tueurs en série que par la curiosité des deux professionnels dans ce domaine. La série captive sans cesse.

Sara Art 

Cette série sous forme de road trip macabre, produite et réalisée, pour les deux premiers et deux derniers épisodes par David Fincher (Zodiac, Gone Girl, Fight Club, Se7en..) examine au scalpel les entrailles des serials killers dans une Amérique post Summer of Love. Sobre, intelligente, déstabilisante… Mindhunter accroche le cœur des spectateurs avec ses acteurs époustouflants, Cameron Britton aka Ed Kemper en tête et son atmosphère à couper au couteau. C’est fort !

https://www.youtube.com/watch?v=7gZCfRD_zWE

The Handmaid’s Tale – créée par Bruce Miller, d’après le roman « La Servante écarlate » de Margaret Atwood, sur Hulu – 1ère diffusion : 26 avril 2017

Synopsis : Dans une société dystopique et totalitaire au très bas taux de natalité, les femmes sont divisées en trois catégories : les Epouses, qui dominent la maison, les Marthas, qui l’entretiennent, et les Servantes, dont le rôle est la reproduction.

Sara Art 

Le livre de Margaret Atwood tire son inspiration du nazisme, des régimes paranoïaques du bloc de l’Est sous domination soviétique, de la Chine maoïste, du wahhabisme saoudien et tant d’autres, comme elle le dit dans le Time : « Quelque part à un moment donné. Je n’ai rien inventée. »
Dès l’ouverture du pilote The Handmaid’s Tale entraîne le spectateur sur un chemin d’indicibles horreurs, impossible de ne pas penser à la description perturbante des sociétés cauchemardesques de George Orwell, Ray Bradbury ou Aldous Huxley et de ne pas voir l’hommage rendu à tous ses auteurs. Une adaptation brillante, sophistiquée, complexe du créateur Bruce Miller, et de sa réalisatrice, Reed Morano, bien plus proche du livre que le film. Ils ont réussi à capter toutes les nuances des rouages de l’oppression, grâce à une écriture de premier ordre, un visuel luxuriant composé de rouges profonds, de pastels délavés, d’ombres sinistres traversées par une lumière floue, des gros plans saisissant les sentiments d’effrois et des acteurs dont les performances intenses envoûtent et terrifient. Citons entre autres, Elisabeth Moss (Mad Men, Top Of The Lake), une tante Lydia à la cruauté débonnaire presque tranquille, incarnée avec brio par Ann Dowd (The Leftovers), Yvonne Strahovski incroyable dans ce rôle d’épouse horrible, bourreau et victime à la fois dans cette république implacable… La servante écarlate est une expérience de visionnage hypnotisante, elle subjugue, obsède, un show avec toutes les cartes en main pour rentrer dans le panthéon des séries.

Marush Ka 

L’interprétation est bluffante, la mise en scène magistrale et en plus l’ambiance est super anxiogène c’est fort

Mégane Bouron 

Pour son ambiance glaçante, son esthétisme transcendant et sa merveilleuse interprétation. Mon coup de cœur de l’année !

Vincent B.

Un bonne série pour ceux qui n’ont pas lu le livre.

https://www.youtube.com/watch?v=PJTonrzXTJs

– Big Little Lies – créée par David E. Kelley, d’après le roman « Petits secrets, grands mensonges » de Liane Moriarty, sur HBO – 1ère diffusion : 19 février 2017

Synopsis : Quand Madeline, Jane et Celeste se lient d’amitié par l’intermédiaire de leurs enfants, elles ne se doutent pas qu’elles vont se retrouver, des mois plus tard, au centre d’un tragique accident, survenu à la fête de l’école. Qui est mort ? Qui est responsable ? Et pour quelle raison ? Secrets, rumeurs et mensonges ne faisant pas bon ménage, tout l’univers de la petite ville de Monterey va être secoué de violents soubresauts

HBO annonce dés le printemps 2015 une commande d’une mini-série adapté d’un roman australien sur les conséquences d’un viol survenu dans une société superficielle de familles de classes supérieures. Les têtes d’affiches sont annoncées dans la foulée: Nicole Kidman, Reese Witherspoon et Shailene Woodley. L’année suivante, le nom du réalisateur québécois prolifique Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club, Wild, Demolition) est révélé. Ce dernier confirme que la série Big Little Lies conservera le format de mini-série et par conséquent, ne connaîtra pas de deuxième saison. Le 8 décembre 2017, après un Emmy Award, la chaîne déclare que la série sera renouvelée avec les noms de Reese Witherspoon et Nicole Kidman. Jean-Marc Vallée délaisse la réalisation à Andrea Arnolds (récompensée au Prix du Jury pour Fish Tank et American Honey) pour occuper le poste de producteur exécutif. Le thème ne manque pas d’accrocher et nous fait voyager grâce au morceau de Michael Kiwanuka « Cold Little Heart ». Comparé à Ottis Redding et Bill Withers, sa musique mêle « l’intimité de la folk à l’élégance et la chaleur de la soul ».

Antoine Mournès 

Malgré un finale sans surprise et une évolution relativement plate, la série traite d’un sujet sensible dans des paysages luxurieux avec une distribution impeccable quoique peu surcotée. Sans Jean-Marc Vallée, Big Little Lies aurait la consistance d’un téléfilm vaniteux.

Marush Ka 

Casting 4 étoiles et réalisateur de renom pour une fiction qui dénonce habilement la maltraitance faite aux femmes mais je trouve que ça reste trop banal pour être vraiment transcendant

Adrien Beltoise 

Si le dernier épisode m’est problématique à bien des niveaux (faux twist final, idéologie limite, morale puante), que la série est assez répétitive et parfois trop Instagram pour moi, Big Little Lies reste superbement interprété et mené pour se suivre avec plaisir et intérêt.

Clement Fauré

Big Little lies : Quel plaisir de retrouver Jean marc vallée à la réalisation. Après de superbes longs métrages tels que Dallas Buyers Club ou Demolition, le voilà de retour sur une mini série HBO très réussie. Cette adaptation du roman de Liane Moriarty est une réussite en tout points. Visuellement splendide, et superbement interprétée par ces actrices (mention spéciale pour Reese Witherspoon), on retiendra surtout la tension qui monte crescendo jusqu’à l’épisode final. Haletante et jubilatoire.

https://www.youtube.com/watch?v=YrMOOpXXy3o

– 13 Reasons Whycréée par Brian Yorkey et dirigé par Tom McCarthy (Spotlight) d’après le roman de Jay Asher « Treize Raisons » sur Netflix  – 1ère diffusion : 31 mars 2017

Synopsis : Clay Jensen, un adolescent de 17 ans, découvre une mystérieuse boîte sous son porte contenant des cassettes audio de la part de son amie Hannah Baker, qui s’est suicidée quelques semaines plus tôt. La jeune fille révèle dans ses enregistrements qu’elle a mis fin à ses jours à cause de 13 raisons. En écoutant ces messages, Clay va essayer de comprendre ce qui a pu se passer.

La CW a lancé Riverdale, une série teenage, du même calibre que Pretty Little Liars. Netflix décide de riposter en proposant sa version et diffuse 13 Reasons Why, inspiré du best-seller éponyme de Jay Asher. En 13 épisodes, la série représente parfaitement l’état d’esprit, souvent dépressif, des adolescents et réussi à nous faire réfléchir sur leur mal être permanent. Une série essentielle à découvrir sur la plateforme. Le projet date de 2011 alors que le studio Universal Pictures annonce l’acquisition des droits d’adaptation du roman Treize raisons de Jay Asher pour l’adapter au cinéma. La chanteuse Selena Gomez rejoint le projet pour le rôle principal de Hannah Baker, mais le projet de film ne dépasse jamais le développement. Il faudra attendre quatre ans pour que Paramount Television récupère les droits d’adaptation du roman et que Netflix puisse en profiter. La série sera développée par le dramaturge Brian Yorkey, lauréat du Prix Pulitzer en 2010 pour sa comédie musicale Next to Normal avec la participation de Selena Gomez en tant que productrice exécutive. Le 7 mai 2017, la plateforme confirme le renouvellement de la série pour une deuxième saison composée de treize épisodes dont la mise en ligne est prévue pour 2018…

Maxime Kasparian 

Un petit bijou de la part de Netflix qui propose une fois encore une série importante, pas seulement pour son histoire bien écrite, mais surtout parce qu’elle met en lumière les problèmes liés à l’adolescence et au suicide. Sujet très intéressant à suivre.


Marush Ka 

Construction narrative hyper originale et message super important, la série s’attaque à un sujet très crucial (harcèlement scolaire) et a l’avantage de ne pas s’adresser qu’aux ados, c’est intelligent

Mégane Bouron 

Cette note pour avoir osé s’attaquer avec brio, à un question alarmante de notre société. Une série presque trop courte.

Gwennaëlle Masle 

Un sujet important traité d’une manière originale et passionnante qui sensibilise autant qu’elle met mal à l’aise.

Kevin Belluche 

Traiter un sujet d’une telle gravité sans tomber dans le pathos et la mièvrerie relève de la prouesse! Surtout si elle réussit à sensibiliser son public, renforcé par des acteurs hors pairs!

Taboocréée par Steven Knight (Peaky Blinders), Tom Hardy et son père, Chips Hardy sur BBC One et FX – 1ère diffusion : le 7 janvier 2017

Synopsis : De retour d’Afrique avec des diamants acquis illégalement, un aventurier cherche à venger la mort de son père en 1813. Alors qu’il refuse de vendre l’entreprise familiale, il lance sa propre affaire de négoce et de transport et se retrouve en délicate posture entre deux nations en guerre, la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Sara Art

Taboo c’est d’abord une reconstitution réussie du Londres du XIXème siècle avec ses rues suintant de crasses et de cendres. Un univers crépusculaire, vicié avec ses personnages sinistres, ses tanières à putes, des travestis, des duels, des bambins en guenilles, des bals masqués, des bateaux, des explosions et des crimes d’une brutalité furieuse. Située en pleine guerre entre La Grande-Bretagne et les États-Unis, le spectacle servi par une superbe bande-son composé par Max Richter n’est pas qu’une description d’une ville à la saveur dickensienne, c’est aussi une plongée dans l’âme hantée de James Keziah Delaney. Un personnage mystérieux, bestial, vêtu d’un haut-de-forme et d’un long manteau poussiéreux, murmurant dans des langues inconnues à des forces occultes, magnifiquement incarné par un Tom Hardy magnétique. C’est une série à voir comme The Young Pope, Alias Grace ou encore The Handmaid’s tale, des perles à la magnifique photographie, des drames intenses aux dialogues poétiques.

Marush Ka 

A ce niveau de génie c’est envoûtant c’est du maraboutage télévisuel c’est du spiritisme mystique c’est hypnotisant c’est impressionnant c’est imposant c’est la perfection ultime

Adrien Beltoise 

Un show BBC de grande tenue à l’histoire extrêmement prenante et sans concessions. Vivement la saison 2 !

Vincent B.

Beau décors, beau costumes, par grand chose à raconter.

 

https://www.youtube.com/watch?v=6ZYAQSlIhM4

 

Game of Thrones, Stranger Things… : Le top 5 des meilleures saisons de 2017

À l’approche de la nouvelle année, il est temps de dresser le bilan des meilleures saisons de 2017. Game of Thrones, Stranger Things mais aussi The Leftovers, voici le top 5 de la rédaction !

De belles nouveautés se sont démarquées cette année, à l’instar de The Handmaid’s Tale ou 13 Reasons Why, mais d’autres séries plus anciennes ont réussi à s’imposer dans le paysage télévisuel. Un top cependant plus diversifié que celui de l’an passé, Netflix est toujours aussi présent, mais d’autres chaines payantes comme Showtime et HBO ont cependant fait de l’ombre au géant du streaming.

Synopsis : L’hiver est enfin arrivé à Westeros. Tandis que Jon Snow essaye de trouver des alliés pour vaincre les Marcheurs Blancs qui approchent, Daenerys est finalement arrivée sur le continent avec son armée, prête à récupérer le Trône de Fer des mains des Lannister. De son côté, Cersei, devenue reine des Sept Couronnes, s’associe avec Euron Greyjoy des Îles de Fer pour lutter contre la mère des dragons…

Après une sixième saison réussie, c’est sans grande surprise que Game of Thrones se retrouve de nouveau dans le top de l’année pour son avant-dernière saison. Plus courte, mais plus intense, les événements s’accélèrent : Daenerys a enfin montré de quoi elle était capable, de nouvelles alliances stratégiques se créent, tandis que l’armée des morts s’apprête à franchir le Mur. Malgré des incohérences scénaristiques les fans (et la rédac’) attendent de pieds fermes le chapitre final prévu pour 2019.

Perrine Mallard

Après nous avoir habitués au délice de la frustration sérielle, cette nouvelle saison nous offre absolument tout ce que nous attendions sur un plateau à tel point qu’elle en devient écœurante et sans surprise. La chronologie totalement incohérente n’aide en rien.

Maxime Thiss

Avec un rythme bien plus effréné, la série prend clairement conscience de son rôle de blockbuster sérielle et nous en met plein les yeux pendant 7 épisodes.

Kévin Beluche

Si la trame scénaristique perd en densité, cette saison gagne clairement en efficacité grâce à des scènes d’action maîtrisées et un caractère épique de plus en plus affirmé! Vivement la suite!

Maxime Kasparian

En dépit d’une narration très accélérée, à laquelle le spectateur ne sera pas habitué au premier abord, les showrunners nous offrent une saison exceptionnelle. Des batailles grandioses, une histoire passionnante jusqu’à l’épisode final réunissant pour la première fois les principaux protagonistes. HBO met les bouchés doubles et prépare une saison finale exceptionnelle.

  • Twin Peaks saison 3 – créée par David Lynch

Synopsis : « See you in 25 years« . Nous pensons retrouver la suite des aléas mystiques de notre ville de Twin Peaks. Nous faisons finalement connaissance avec un monde sombre, plus lent, comme figé dans un entre deux temporel plus violent et plus agressif que jamais. Nos personnages tous plus colorés les uns des autres dans les premières saisons nous apparaissent que petit à petit à l’écran, chacun tristement froids et perturbés. La version maléfique de Cooper a enfermé depuis des années notre personnage lumineux dans la loge noire, est-il toujours possible d’inverser les rôles, et peut-être retrouver l’ordre normal des choses.

Il aura fallu attendre plus de deux ans avant de voir enfin ce retour tant attendu d’une œuvre magistrale qui a marqué toute une décennie de sériephiles tiré de l’œuvre d’un cinéaste hors norme qu’est David Lynch. Si la nouvelle saison de Twin Peaks n’a pas déchaîné autant les passions comme 25 vingts plus tôt, ne s’adressant finalement qu’à une grosse poignée de fans et de curieux (comme le prouvent les audiences désastreuses aux États-Unis comme chez nous sur Canal +), cette « mini-série » n’en reste pas moins une œuvre à part, qui fait débat, qui a ses adorateurs et ses détracteurs, et qui méritait bien le place dans le top 5.

Perrine Mallard

Un chef d’œuvre sériel comme on en voit peu, qui ne tombe pas dans la nostalgie mais qui est au contraire foncièrement moderne. La grande série politique de notre époque.

Adrien Beltoise

Même si certains moments ont été très douloureux, Lynch s’amusant à jouer avec nos nerfs, le cinéaste américain aura proposé avec cette troisième saison quelque chose qui fera date dans l’histoire de la télévision. Une œuvre radicale.

https://www.youtube.com/watch?v=vsdRG0mJj-w

Synopsis : Trois ans se sont écoulés depuis l’invasion de Miracle par les « Guilty Remnant. » Kevin Garvey est désormais à la tête de la police locale, son ex-femme, Laurie est en couple avec John Murphy, tandis que Nora Durst continue de travailler sur les fraudes liées au Ravissement. Ils vivent tous ensemble à Miracle, qui s’anime de plus en plus à l’approche du septième anniversaire des disparus…

Damon Lindelof l’a fait : il a crée une série tout aussi mystérieuse que l’a été LOST en son temps. En trois saisons, Justin Theroux, mais surtout Carrie Coon, nous ont émerveillés à travers leurs personnages complexes et brisés par la disparition de 2% de l’Humanité. Les créateurs nous l’avaient promis, ils n’expliqueraient pas concrètement ce qui est arrivé aux disparus. Le final reste assez énigmatique, obligeant le spectateur à l’interpréter lui-même comme bon lui semble, et c’est la force de The Leftovers : nous forcer à croire, nous devons comprendre les choses, sans forcément les voir. Chapeau Monsieur Lindelof pour ces trois années sérielles exceptionnelles.

Perrine Mallard

Toujours aussi mystérieuse, cette dernière saison ne pouvait pas se finir autrement. Entre humour et profonde tristesse, The Leftovers restera dans les esprits.

Maxime Thiss

Tout simplement la plus belle œuvre de 2017 tout support confondu. D’une puissance picturale sans égale, d’une intensité émotionnelle quasi-divine, un grand témoin de l’Humanité.

Maxime Kasparian

Damon Lindelof avait déjà offert deux premières saisons très mystérieuses. Il continue sur sa lancée en nous offrant un final qui joue sur l’émotion et sur l’humain avant de donner « sa » réponse sur les disparus. Une belle série qui joue sur les croyances et l’espoir. Sans doute un LOST plus réfléchi.

Synopsis : Trois ans ont passé depuis la mort de Danny Latimer et le procès de Joe Miller, qui l’a vu ressortir libre. Alec Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire : Patricia Winterman a été violée lors d’une soirée et les premiers éléments indiquent qu’un prédateur sexuel est dans les environs de Broadchurch.

Deux trop longues années ont suffi à nous faire regretter passionnément les enquêtes de Miller et Hardy, le duo le plus électrique et stimulant jamais vu depuis Fox et Mulder, surtout grâce aux interprétations magistrales et sans faille de David Tennant et Olivia Coleman. Si la deuxième saison était centrée sur le procès de Joe Miller, le mari du sergent Ellie et présumé coupable du meurtre du petit Dany Latimer sur fond de pédophilie, la troisième s’ouvre sur un autre sujet de société tout aussi tabou, le viol. Les critiques sont unanimes et le public bien au rendez-vous pour cette dernière et ultime saison d’une des meilleures séries policières dramatiques, créée par Chris Chibnall qui avait fait ses preuves sur Life on Mars (International Emmy Award 2006 de la meilleure série dramatique) et maintenant sur Doctor Who saison 11, prenant ainsi la relève de Steven Moffat. La fin d’un mythe distribué dans plus de 180 pays et ayant connu deux adaptations très plates (Gracepoint et Malaterra).

Hervé Aubert  

Le spectateur retrouve dans cette saison 3 toutes les qualités de Broadchurch : la profonde humanité de ses personnages, le suspense d’une nouvelle enquête et les conséquences des précédentes, les dialogues ciselés, l’interprétation remarquable.

Antoine Mournes

« Après s’être attaqué à la pédophilie ou aux erreurs judiciaires, la saison 3 de la série Broadchurch tape tout aussi fort avec le viol. Sans jamais être moralisateur, le message fictionnel qui s’en dégage sonne plus que juste. Atteint de grâce, cette dernière saison ne manquera pas de marquer toute une génération de sériesphiles qui pleure une des meilleures, si ce n’est « la », série policière dramatique de ces dix dernières années. »

Synopsis : Un an après l’attaque du Démogorgon, Will a finalement pu retrouver sa famille et ses amis, mais garde des séquelles de son séjour du monde à l’envers. Libérée à son tour de cette étrange dimension, Onze décide de percer les secrets qui entourent ses origines…

Stranger Things a été un véritable succès durant l’été 2016 à travers son histoire aux bons nombres de références rendant hommage au cinéma de Spielberg des années 80. Alors qu’ils avaient l’intention d’écrire une seule saison au départ, les frères Duffer parviennent à développer une seconde saison tout aussi passionnante. L’humour, l’énergie et les mystères du début restent intacts et on attend avec impatience ce qu’ils ont l’intention de faire pour la suite.

Adrien Beltoise

La première saison faisait sa sympathique soupe dans les meilleurs pots, la saison 2 se contente de la réchauffer. Malgré sa solide exécution, beaucoup d’inintérêt pour ce qui se passe ici notamment tout ce qui à trait à l’Upside-Down. Espérons que la saison 3 change la recette.

Maxime Thiss

On a un peu l’impression que les Duffer Bros ne savent pas trop où aller après la première saison. Résultat on reprend les mêmes ingrédients et on fait la même recette, sympathique mais redondant

Perrine Maillard

Cette deuxième saison arrive à surpasser la première avec encore plus d’humour et de personnages attachants. La série feel-good de l’année.

Kévin Beluche

Certes, l’effet de surprise n’est plus aussi fort que l’année passée. Mais le plaisir de retrouver cette bande de gamins dans des aventures rétro toujours plus impressionnantes est toujours intact !

Maxime Kasparian

Une première saison réussie, les frères Duffer ont eu l’énorme challenge de faire aussi bien voir mieux que l’an passé. Mieux peut-être pas, mais ils continuent de bien développer leurs personnages et la mythologie autour du monde à l’envers, avec toujours de belles références aux années 80. Espérons juste qu’ils ne tournent pas en rond pour la troisième saison.

https://www.youtube.com/watch?v=KnxpN83hmVM

La rédaction a voté parmi 60 séries, ces saisons auraient pu rentrer dans ce top 5 : 

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Blockbuster et Cinéma en 2017 : une destruction du mythe

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Alien Covenant et Star Wars VIII : Les Derniers Jedi, sortis cette année, n’ont pas fait que des heureux. Nombreux sont les fans qui ont crié au scandale. Cependant, au-delà du résultat et de la qualité première du film, l’attente du public érudit et de plus en plus connaisseur des univers en question se télescope avec la démolition même du mythe de ces sagas. Dans une époque où les blockbusters tendent à se ressembler, en voulant copier l’original pour ne pas échauder leur auditoire, la construction même de la continuité de ses sagas ne proviendrait il pas de la destruction de leur symbole ?

Excepté l’extraordinaire Mad Max Fury Road et le taiseux et magnifique Blade Runner 2049, la mécanique à la fois narrative et esthétique des blockbusters dérive toujours plus ou moins vers la même chose : la preuve avec les firmes Marvel et DC Comics qui, la plupart du temps, nous récitent toujours la même leçon. Alors qu’un film comme Ghost in The Shell de Rupert Sanders ne présente lui aussi guère d’indépendance par rapport à son matériel de base, certains blockbusters sortis cette année jouent les effrontés et font donc office de machine à laver, avec une dimension qui vise à effacer les grands mythes du cinéma, à rabaisser leur légende et qui voit par ce biais, s’insérer cette idée que le jeunisme doit prendre ses galons. Certes, dans Star Wars VIII : Les Derniers Jedi ou même Logan de James Mangold, l’espoir est de mise malgré tout, avec l’écriture de nouveaux personnages, l’émergence de la notion de transmission et de passage de témoin qui essaye tant bien que mal de faire perdurer la « lignée ». Mais à quel prix ? Il n’y a qu’à ressentir les regrets, la folie, la violence de Logan ou Alien Covenant pour comprendre que pour avancer, il faut détruire.

Mais au-delà de cette fenêtre ouverte sur un monde nouveau, la notion de passé et celle de blockbuster ne font pas bon ménage lors de cette année 2017. Avec Rian Johnson qui fait de son Kylo Ren un nouveau tyran ambigu et nerveux qui veut tout effacer, tout bruler et construire une nouvelle ère sur un sol jonché du sang de ses anciennes gloires, Star Wars prend alors une direction qui n’était pas forcément celle que certains attendaient, notamment après un épisode 7 qui gravait dans le marbre le miroir et l’emblème de la nostalgie. Mais la firme Star Wars n’est pas la seule saga à vouloir brouiller les pistes, à vouloir éteindre le flambeau d’une dynastie cinématographique assise sur une horde de fans assoiffés de nouveaux épisodes. Même s’il s’est excusé et qu’il a compris la vision de Rian Johnson, Mark Hamill, l’acteur incarnant Luke Skywalker, a expliqué son désaccord avec le cinéaste sur le tournage du film. Même si Le Réveil de la Force de J.J Abrams initiait cette notion de passé avec notamment les scènes entre Kylo Ren et Han Solo, Les Derniers Jedi a cette qualité de se servir du passé comme point d’appui narratif pour faire avancer son récit, tout en voulant le détruire de l’intérieur pour faire table rase et faire naître une nouvelle saga. Dans Le Réveil de la Force, on voyait apparaître le début d’un duel de deux êtres en proie au doute (Kylo et Rey), jeunes et encore inconscients de leurs potentiels, mais leur sort est aussi une métaphore, un message subliminal d’un film qui avait peur de ne pas être à la hauteur de ses ainés (la trilogie). Le film, les personnages, les acteurs, se rendent compte eux-mêmes de la dureté de la tâche, la peur de ne pas plaire à quelques choses qui les dépasse (le public). Dans cette optique, il faut tuer le créateur, cramer un passé soit disant immortel. C’est presque un rite de passage.

Pourtant, la plus grande discorde, le plus grand désaccord entre une saga et ces fans a été le fameux et fascinant Alien Covenant qui fait désormais office de vilain petit canard, le mal aimé, le film malade qui démystifie l’aura de ce qui fut créé précédemment par ce même Ridley Scott. On est presque devant un cinéaste, qui désavoue avec une ironie crasse sa légende, qui nargue le public et qui crache sur le symbole de Alien. Pour beaucoup de fans, le film est renié, comme s’il n’existait pas. Alors qu’on pensait la recette des blockbusters déjà pré écrites et connue de tous tant sa forme que dans le fond, des œuvres comme celles de Ridley Scott prennent à revers beaucoup de préjugés. Détruire les souvenirs pour mieux en recréer.

Dans une ère clientéliste du cinéma et qui n’a cesse de caresser ses spectateurs dans le sens du poil, Alien Covenant est une bouffée d’air frais, ou pour certains, une erreur de casting qui voit un réalisateur boire le calice jusqu’à la lie. Aux jeux des comparaisons, il est intéressant de voir les similitudes entre les opus décriés comme ce fut le cas avec Alien Covenant, The Last Jedi ou même Batman v Superman : ces films malades dotés de thématiques fascinantes mais qui déambulent au travers de scénario parfois vacillant, à l’imagerie iconique et noire comme en témoignent les personnages de Kylo Ren ou de David dans Covenant. Des nihilistes qui veulent se débarrasser et cracher sur la légende, avec ce sentiment de souffre et de haine d’un monde avec lequel ils cohabitent. La puissance d’Alien Covenant, c’est son atmosphère, parfois ridicule, mais intransigeante et noire, qui suinte la mort du cinéma de Ridley Scott ou celle de ses personnages, il y a un sentiment de désolation, de vomissure, d’un nihilisme goguenard et ricaneur, un regard robotique et malin sur des humains qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas : les mêmes qui expliquent qui peut créer et qui ne le peut pas. Belle allégorie du cinéma et des fans de cinéma.

Au-delà de cette démythification des sagas et de leur essence même, de cette velléité cinématographique à vouloir casser pour mieux réparer, il y a cette idée de création et d’appropriation. Dans Alien Covenant, Ridley Scott est David et David est Scott : un créateur, une âme en peine qui par égo ou opportuniste se prend pour le roi du royaume. Le public est de plus en plus connaisseur, s’immisce de plus en plus dans le marketing lié aux films, et étaye un nombre incalculable de théorie au moindre indice. Ce qui laisse aucune place au mystère ni d’espace de création à des artistes qui doivent faire face aux attentes du public et à la pression de boites de productions qui veulent rentrer dans les clous. Ce qui donnent parfois des ratages incroyables tels que Justice League. Malgré le départ de Snyder suite au drame qu’il a vécu, ce que l’on comprend tous, le film ne semble appartenir à personne, comme si on avait essayé de réanimer un cadavre devenant un monstre de Frankenstein difforme et immonde. En ce sens, cette cassure avec le passé, menée soit les réalisateurs ou par les producteurs, démontrent une envie de créer, de modeler à leur guise, voir de briser le jouet comme bon leur semble.

Une scène est assez marquante dans Alien Covenant : lorsque David fait le tour de son musée des monstres, on pourrait penser que le cinéaste nous fait un monologue sur ce qu’il pense lui-même de sa propre saga, qu’il s’approprie le monstre à lui seul : Ridley Scott reconstruit son mythe et le brûle dans le même temps, amplifie ses multiples symboliques mortifères. Walter, est James Cameron, un ersatz de Ridley Scott dans la mythologie Alien si l’on suit ce dernier. Le pire, c’est le destin du monstre : alors qu’il était au-dessus de tout dans la saga alien, il ne devient qu’une arme, qu’une création meurtrière qui éviscère tout ce qui bouge autour de lui et qui écoute son maitre bêtement comme un chien qui attend sagement sa croquette. C’est tellement risqué mais fascinant de voir un réalisateur faire rejaillir sa haine de l’homme dans son propre film : surtout que la science-fiction se prête allégrement à ses divergences.

Tout comme Thor, dans Thor Ragnarok, à qui on enlève son arme pendant quasiment toute la durée du film, qu’on humilie, qu’on émascule presque ou dans The Last Jedi où le combat final ne se gagne pas au sabre laser comme il aurait dû. Chez Marvel, on avait déjà entraperçu cette volonté de démythifier l’aura des personnages avec par exemple Iron Man 3 et le twist très clivant autour du Mandarin. Il y a dans cette firme cette capacité à vouloir dédramatiser le symbole pour le rendre plus humain, plus faible. Et Thor Ragnarök est le sommet de cette envie Marvel : un humour qui n’est plus là pour servir la situation (comme dans Avengers), mais qui devient maintenant la rythmique même de la scène à l’image des Gardiens de la Galaxie 2 : ce qui malheureusement n’est pas une bonne idée et fait très peur pour la suite de la franchise.

Les xénomorphes, les jedis, ou les super héros, tous ces personnages tombent de leur piédestal pour mieux resurgir. Alors que les films de genre paraissent de plus en plus codifiés, c’est autant un signe de liberté créatrice que d’aveu d’échec de voir que la destruction des mythes semble être une étape inévitable, à la fois pour se renouveler mais aussi pour marquer son style sur un film, quitte à perdre en qualité et à être détesté par toute une frange du public. Car quitte à faire du neuf, autant créer de nouvelles sagas, accoucher de nouvelles idées en friche et d’explorer des univers encore inconnus du grand écran. Que cela soit fait par égo ou nihilisme (Scott), ou par amusement (Waititi) ou par hommage aux derniers barouds d’honneur des personnages (Mangold), ratés ou non, les blockbusters tentent de redéfinir les codes et les caractérisations de leurs personnages après les avoir  imprégnés dans l’imaginaire collectif. Bonne ou mauvaise solution ? A voir…

Les dix personnalités qui ont marqué le cinéma en 2017

Des femmes ont brisé l’omerta sur les agressions sexuelles qui régnait sur Hollywood, une Française a ramené le cinéma de genre en France, une étoile franco-argentine se fraie son chemin jusqu’aux César tandis qu’une américaine a raflé toutes les récompenses pour ses pas de danse. Qui a marqué le cinéma cette année ? Cineseriesmag vous livre sa sélection des dix artistes qui ont façonné le 7ème art en 2017.

1. Nahuel Pérez Biscayart

Si on devait passer en revue les nouvelles étoiles apparues dans la constellation du cinéma français cette année, nul doute que Nahuel Pérez Biscayart émettrait la plus vive des lumières. Et avant qu’un César de Meilleur Espoir Masculin (pour ceux qui doutent encore) ne vienne couronner cet état de fait, sa révélation aura surtout été un synonyme de la pluralité de notre production francophone. Militant fiévreux chez Campillo (120 battements par minute), figure Caligarienne chez Dupontel (Au revoir, là-haut), l’argentin magnétique au regard azur emporte la mise dans ces deux propositions par une prestance, un naturel et une sensibilité désarmante. Aussi à son aise dans l’urgence d’un cinéma vérité et politique que dans les arabesques d’une grande oeuvre populaire, le jeune acteur de 31 ans y incarne d’ailleurs d’un même élan, presque en miroir, les spectres de générations sacrifiées. Comme si la confluence des sujets mais aussi d’une même colère, d’une même révolte mais surtout d’un même amour débordant pointait dans une seule direction, celle d’un acteur incandescent dont on espère que l’étoile ne sera pas filante mais de plus en plus rayonnante. Jusqu’à devenir l’un des soleils de notre culture hexagonale.

Adrien Beltoise

2. Julia Ducournau

Il n’est pas faux de dire que le cinéma français ne rime pas toujours avec cinéma de genre. Englué dans un confort miteux avec l’accumulation d’une ribambelle de comédie à l’idiotie opportune ou préférant parfois prendre ses grands airs avec un cinéma d’auteur aussi ronflant que mystérieux, le cinéma français manque de figure cinématographique qui aime gravir les codes du cinéma de genre. Heureusement pour nous, Julia Ducournau fait partie de cette catégorie. Avec son film Grave, sortie cette année en salle, la cinéaste a mis un grand coup de pied dans la fourmilière du 7ème art français. Qu’on aime ou pas son style, qui mêle imagerie gorasse sur l’émancipation du corps et drôlerie puérile, Julia Ducournau est comme une bouffée d’air frais dans un paysage du cinéma un peu gringalet. Grave aura marqué l’année 2017. C’est indéniable. Pas toujours subtil dans la mise en image de ses thématiques, Grave n’en reste pas moins un film audacieux, évocateur d’une jeunesse, œuvre qui deviendra sans doute l’égérie d’une certaine génération. Comparé par certains à David Cronenberg, la réalisatrice a su trouver son public et se faire une place de choix pour les années à venir, et a surtout fait éclater au grand jour le talent de la jeune Garance Marillier. Aride et généreux en coups de sang cannibales, Grave est un film à voir. Comme le belge Fabrice Du Welz, Julia Ducournau fait partie de ces auteurs qu’on aimerait voir plus souvent dans le monde du cinéma francophone.

Sébastien Guilhermet

3. Agnès Varda

La fin d’année de 2017 a été incontestablement celle des femmes. Si dans le cinéma cela se fait un peu plus rare, il y en a une qui marquera le septième art à jamais. Après le César et la Palme d’honneur, Agnès Varda recevait, en novembre dernier, un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. En devenant alors la première réalisatrice à recevoir la précieuse statuette, on voyait en ce symbole l’accomplissement de tout son engagement et la très large reconnaissance de son talent par la profession. Première grande réalisatrice française, la seule de la nouvelle vague : Agnès Varda a toujours défendu ses convictions à travers un cinéma engagé. Par ses films, ses actes ou ses discours, encore aujourd’hui, elle n’a cessé de faire valoir les droits des femmes avec élégance. Cette année aura aussi été marquée par sa réalisation de Visages Villages, en collaboration avec JR. D’abord présenté à Cannes hors compétition, le film a ensuite beaucoup séduit dans les salles françaises avant d’être présélectionné pour les Oscars 2018. Après plus de 60 ans de carrière, il était difficile de passer à côté de cette femme durant cette année.

Gwennaëlle Masle

4. Edgar Wright

Dans une industrie gangrenée par les suites et autres reboots, jouer aujourd’hui la carte de l’originalité a tout de l’extravagance, voire de l’anticonformisme. Pas étonnant dans ce cas de voir pourquoi Baby Driver et in extenso son réalisateur, le truculent Edgar Wright, ont été adulés. Car au-delà du divertissement pop dans lequel on le cantonne, Baby Driver ose, au milieu d’une histoire à priori banale (un heist-movie mâtiné d’amour), la synesthésie (ou mélange des sens). La vision d’abord, puis l’ouïe après, Wright se plait ainsi à titiller nos sens au gré d’un montage qui file à toute berzingue pour mieux nous balancer à la figure ce qui fait la richesse de son métrage : la mise en scène de la musique. A la manière du film de Tom Twyker, Le Parfum, Wright entend ainsi filmer, mettre en scène quelque chose de versatile, d’abstrait, et le tout dans un film qui n’entend pas tomber dans le pur exercice de style mais bien dans le divertissement estival référencé. En ce sens, il est facile de comprendre pourquoi Edgar Wright a pu implicitement figurer au sein des cinéastes ayant fait 2017 car au milieu de gros poids lourds (Transformers, Justice League, etc.), et seulement armé d’un budget de 34 millions de dollars, le britannique a montré que la technique peut aisément supplanter les moyens et que l’originalité est encore un facteur prisé du public.

Antoine Delassus

5. Les briseuses de silence

Impossible de parler du cinéma en 2017 sans évoquer l’incroyable mouvement de libération de la parole qui a eu lieu suite à l’affaire Weinstein. En faisant tomber l’un des hommes les plus puissants d’Hollywood, ces briseuses de silence ont pu accomplir quelque chose d’historique. Parmi elles, Rose McGowan, Asia Argento, Ashley Judd ou encore Annabella Sciorra, sont devenues les visages du courage et de la rébellion contre les violences faites aux femmes. À travers des témoignages pour les prestigieux New Yorker et New York Times par lesquels tout a commencé, les réseaux sociaux, ou encore des interventions sur les télévisions américaines et européennes, ces femmes ont pu partager leurs paroles afin de mettre fin à une omerta qui régnait depuis beaucoup trop d’années dans le milieu du cinéma. Des confessions fortes, marquantes qui ont exposé à la lumière du jour le secret de polichinelle d’un univers des plus hypocrites. Mais la force de cet événement sans précédent est qu’il ne s’est pas cantonné à la simple industrie du cinéma et s’est propagé dans le monde de la musique, de la télévision, du sport, des entreprises. Un tournant décisif dans ce combat de longue haleine opposant des milliers de femmes meurtries à des porcs supposés intouchables. Le poing levé, elles ont renversé leurs monstres, tel David contre Goliath. Oubliez Wonder Woman, ce sont elles les véritables super héroïnes de 2017.

Maxime Thiss

6. David Lynch

L’année 2017 fût marquée par le retour de David Lynch. Considéré par de nombreux cinéphiles comme une légende vivante, le réalisateur de Mulholland Drive a ravi les fans avec une nouvelle saison de la série Twin Peaks, et ce, 25 ans après la saison 2. 18 épisodes qui ont été marquants, au point que la célèbre revue des Cahiers du Cinéma a osé en faire 3 couvertures, tout en les faisant figurer n° 1 de leur top Cinéma, un comble pour une série. Ainsi, de nombreux cinéphiles mettent également Twin Peaks dans leur top cinéma, au point de provoquer un débat sans fin sur les réseaux sociaux. Si nous ne prenons pas parti, force est de reconnaître que David Lynch a beaucoup fait parler de lui cette année, d’autant plus que plusieurs films du maître ont pu bénéficier en France d’une ressortie Blu-Ray, un must de Nöel. Il faut également rajouter que cette année est sorti au cinéma un documentaire sur l’enfance et la formation du réalisateur, David Lynch The Art Life, et qu’il est en ce moment à l’affiche dans Lucky avec Harry Dean Stanton. Bref, tout ceci faisait amplement mériter sa place à David Lynch.

Alexandre Léaud

 7. Albert Dupontel

Affublé de sa casquette de réalisateur, Albert Dupontel n’a plus rien à nous prouver. Créateur de véritables ovnis cinématographiques qui, chacun à leur époque et à leur manière, ont eu l’exploit de donner un bon coup de pied dans le cinéma hexagonal (Bernie, Enfermés Dehors, Neuf Mois Ferme), on ne voyait plus vraiment quel autre défi sa fibre artistique pouvait relever. Bien mal nous en a pris. Car il aura fallu attendre 2017 pour que celle-ci s’exprime de la manière la plus ambitieuse qui soit avec Au revoir là-haut. S’éloignant du registre strict de la comédie, le film est basé sur un livre, celui de Pierre Lemaitre, véritable fresque macabre sur une escroquerie aux monuments aux morts dans la France de l’après-guerre, auréolé du prix Goncourt 2013. Travaillant avec l’auteur, Dupontel en a fait une épopée romanesque et humaine emplie d’émotion, parfois drôle, souvent touchante, toujours juste. Dans une reconstitution historique impressionnante des années 1920, Au revoir là-haut est également l’occasion pour Dupontel de montrer qu’il est aussi un formidable directeur d’acteurs, ces derniers allant de la révélation (incroyables Nahuel Perez Biscayart et Heloïse Balster !) à la confirmation des habitués du milieu (Laurent Laffite, Niels Arestrup). La réaction est sans appel : le long métrage est un immense succès critique et public, un des meilleurs de cette année. Il est également le 2e plus grand succès de l’acteur réalisateur après Neuf Mois Ferme, et sans nul doute le meilleur de sa carrière. Il va sans dire que 2017 a donc été incontestablement l’année d’Albert Dupontel

Kevin Béluche

8. Emma Stone

Si 2016 était l’année de l’épiphanie pour Emma Stone, 2017 est sans aucun doute l’année de sa consécration. Récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice pour La La Land en février dernier et désormais interprète féminine la mieux payée du tout Hollywood, l’ex-compagne d’Andrew Garfield a vécu une année riche en émotion et en cinéma. De par un visage angélique et un jeu solaire, tout en nuance et dans des personnages toujours différents, il y a fort à parier qu’Emma Stone devienne une véritable icône du cinéma Hollywoodien. Outre le triomphe de la comédie musicale réalisée par Damien Chazelle, on a pu la retrouver dans Battle of the Sexes, du duo Dayton/Faris (Little Miss Sunshine), interprétant l’ex n° 1 mondiale de tennis, Billie Jean King. Portant littéralement le film à bout de bras, aussi bien scéniquement que symboliquement grâce à son propos féministe, Stone s’est vue récompenser d’une troisième nomination consécutive aux Golden Globes de la meilleure actrice. Signe d’une implication sans faille et d’un travail d’acting en perpétuelle évolution.

Louis Verdoux

9. Robin Campillo

Monteur, scénariste, réalisateur, l’aixois Robin Campillo a raflé la mise à Cannes avec ses 120 Battements par minute, palme d’or de cœur du président du Jury Pedro Almodovar, et récipiendaire du Grand prix et d’autres non moins importants. A l’origine de la série Les Revenants avec son long métrage éponyme de 2004 duquel elle a été adaptée, ou encore à l’écriture chez Laurent Cantet pour les films les plus engagés de ce dernier, Robin Campillo prend toute sa dimension de réalisateur avec l’excellent Eastern Boys sorti en 2013, avec un cinéma minimaliste qui s’appuie bien sûr beaucoup sur l’écriture, mais sans oublier un style certain pour dénoncer avant tout le sort des sans-papiers en France, en utilisant une grammaire qu’il maîtrise : les relations complexes entre les humains, ici entre des hommes qui s’aiment , des hommes qu’on désire tout autant qu’on craint, qu’on respecte et qu’on tient pourtant à distance. Avec 120 battements par minute, le cinéaste explose littéralement, de rage, de vie, de mort, avec un très beau film qui mélange l’histoire intime, celle de Sean (Nahuel Perez Biscayart) et de Nathan (Arnaud Valois), avec le combat de toute une génération, celle des années 90 frappées par le Sida, défendue avec la violente énergie du désespoir par les militants d’Act Up. Une mise en scène d’une redoutable efficacité, dans laquelle Robin Campillo fait se côtoyer le documentaire le plus factuel et le plus naturaliste qui soit, l’histoire d’amour la plus vraie et la plus bouleversante, les scènes iconiques les plus marquantes (la Seine de sang, la scène de faux sang). Véritable événement de 2017, 120 battements par minute permet à son auteur d’être distingué comme une des personnalités-clés de l’année dans l’univers du cinéma.

Bea Delesalle

10. Gal Gadot

Début 2016, Gal Gadot n’était encore connue que pour le rôle de Gisele dans la saga Fast and Furious. Après une petite apparition remarquée dans Batman V Superman en mars 2016 dans le rôle de Wonder Woman, c’est en 2017 qu’elle donne un coup de pied dans l’industrie américaine en incarnant l’amazone dans sa première aventure solo sur grand écran. Le succès est immédiat : les recettes mondiales du film avoisinent les 860 millions de dollars et le film devient l’un des plus grands démarrages de tous les temps. Le film devient le plus grand succès commercial pour une femme réalisatrice : Patty Jenkins. Alors que des internautes stupides lui reprochaient d’avoir une trop petite poitrine pour incarner la super-héroïne, Gal Gadot a brisé tous les records et a imposé son rôle d’héroïne dans une industrie trop réticente à offrir de grands rôles à des femmes. Sa gimmick, le X avec les bras croisés, a été reprise par toutes les actrices américaines sur les réseaux sociaux avant de devenir le symbole de la puissance féministe du personnage. Gal Gadot a repris son rôle en Novembre dans Justice League. Douce mais rebelle, engagée et intrépide, l’actrice israélienne ne semble désormais ne faire qu’un avec son personnage.

Roberto Garçon