Carte blanche

L’écologie vous épuise ? Dépasser les petits tracas

« Et cela résonne : un système contribue à l’évolution d’un système plus large, duquel il reçoit aussi sa propre nourriture. Ainsi un bâtiment contribue à la dynamique de la ville dans laquelle il se situe. Cette même ville lui fournit sa « nourriture » : ses services, infrastructures et règlements. »

Mi Amor : Techno Trip

Dans "Mi Amor", Guillaume Nicloux assume sa radicalité : un pacte irrévérencieux avec le spectateur, un scénario qui semble s'écrire sous nos yeux, une mise en scène voluptueuse et des acteurs magnétiques (Pom Klementieff, Benoît Magimel).

Die My Love : Die My Life

Que faire quand on aime son enfant mais qu'on n'a aucune envie de jouer à la mère ? Dans "Die My Love", Lynne Ramsay s'empare de cette question inconfortable. Portée par une Jennifer Lawrence éblouissante de rage sauvage et de désarroi avide, l'histoire se noue dans une demeure déglinguée du Montana. La réalisatrice écossaise compose une partition aussi âpre qu'intense et lumineuse. Soutenue par un Robert Pattinson en mari désemparé et par la présence nostalgique de Sissy Spacek et Nick Nolte, Ramsay ne filme pas seulement une dépression : elle ausculte le vertige d'une femme qui ne veut pas se plier aux conventions. Ni complaisance, ni réalisme psychologique. Juste une sincérité à vif, et un cri.

Mortal Kombat (2021) : Le tournoi des ombres

Cela fait plus de trente ans que la licence "Mortal Kombat" cherche son film. Pas une curiosité pop, ni un nanar de compétition — un vrai film, à la hauteur d'une franchise qui a marqué au fer rouge la culture vidéoludique. En 2021, toutes les conditions semblaient enfin réunies. "Mortal Kombat" n'avait pourtant pas besoin d'un chef-d'œuvre. Il avait besoin d'un film qui sache ce qu'il veut être. Ce film-là n'existe pas encore.

Mandy, ou l’opéra de la vengeance

Avec "Mandy", Panos Cosmatos signait une œuvre hors norme qui favorise la matière, la chair, le sang, plutôt que les CGI froids et désormais courants qui semblent insaisissables. Une réussite majeure qui prolonge le cinéma d’horreur des années 80, marqué par la vengeance, la haine, la violence viscérale, le tout dans un cadre figuratif, occulte et percutant.

L’Affaire Bojarski : cet inventeur et faussaire de génie

Jean‑Paul Salomé consacre son dixième long‑métrage à Czesław Jan Bojarski, génial faussaire d’origine polonaise dont les billets impeccablement contrefaits ont défié la Banque de France pendant plus de quinze ans. S’appuyant sur les archives minutieuses du journaliste Jacques Briod, le réalisateur reconstitue avec une précision remarquable les méthodes artisanales et l’ingéniosité technique de cet inventeur solitaire, tout en dévoilant son parcours intime, ses fragilités et sa quête de reconnaissance. Reda Kateb livre une interprétation magistrale d’un homme tiraillé entre son génie, sa clandestinité et son amour pour sa femme Suzanne, tandis que le film déploie une tension policière constante autour de l’inspecteur Mattei, déterminé à le faire tomber. Entre polar haletant, portrait humain et reconstitution des Trente Glorieuses, le film s’impose comme l’un des grands récits français de 2026.

Dans une farandole de musiques et d’images : hommage au 7ème art

Le 7ᵉ art, comme pratique du rêve et de la symphonie des sens, tisse depuis ses origines un lien intime avec l'imaginaire. Par la rencontre du son et de l'image, il recrée la logique flottante des songes. Voici un texte poétique qui rend hommage à l'un des objectifs du cinéma en tant qu'art : sublimer, magnifier et se rapprocher de la synesthésie.

Moi qui t’aimais : Amour et nostalgie, dans l’intimité d’un couple mythique

Diane Kurys signe avec Moi qui t’aimais un biopic intimiste sur les dernières années du couple Signoret-Montand. Plutôt que de chercher la ressemblance physique, elle privilégie l’exploration des émotions et des tensions qui ont marqué leur relation. Le film adopte le point de vue de Simone Signoret, entre nostalgie, désillusion et attachement profond, porté par une Marina Foïs bouleversante. Entouré d’artistes et de souvenirs, le couple se débat entre fidélité et blessures, dans une mise en scène pudique et mélancolique.

The Morning Show : Billy Crudup ou l’art du vertige

La saison 4 de The Morning Show s'annonce comme l'apogée du chaos contrôlé. Face à de nouvelles menaces qui fissurent l'empire UBA, Cory Ellison, en stratège stoïque et charismatique, doit réinventer ses manœuvres. Le personnage de Billy Crudup, plus hypnotique que jamais, incarne cette question cruciale : comment préserver sa loyauté et son intégrité quand le monde exige la froideur du shark ? La série dépasse le drame industriel pour devenir une réflexion vertigineuse sur l'éthique en temps de crise.

Connemara : le territoire des émotions

Dans son premier long-métrage sans rôle à l’écran, Alex Lutz adapte avec finesse le roman "Connemara" de Nicolas Mathieu. Il y explore les retrouvailles entre Hélène, quadragénaire brillante en plein burn-out, et Christophe, son amour de jeunesse resté dans leur ville natale. À travers cette romance improbable, le film interroge les choix de vie, les regrets, et la possibilité de rejouer sa propre histoire. Porté par une Mélanie Thierry bouleversante, Connemara dépeint avec justesse les tensions familiales, les émotions enfouies et les failles intimes, dans une mise en scène audacieuse et profondément humaine.

Alpha, Valeur Sentimentale, Castelluciv : La mort, la classe et le professeur

Et si le véritable naufrage n’était pas celui qu’on joue sur scène, mais celui qu’on vit à huis clos, sans même un regard pour le constater ? Entre la classe qui ne voit plus son professeur et le public qui attend fiévreusement son spectacle, se joue une même tragédie : celle de la disparition du témoin. Julia Ducournau, Joachim Trier et Romeo Castellucci sondent cette faille où l’effondrement silencieux d’un individu devient le symptôme d’un monde qui a désappris à regarder.

Newsletter

À ne pas manquer

« La Tragédie Bernard Natan » : l’homme que la France a voulu effacer

Pionnier du cinéma français, héros de la Grande Guerre, bâtisseur visionnaire de l’empire Pathé-Natan, Bernard Natan fut aussi l’une des victimes les plus emblématiques de l’antisémitisme français. Avec "La Tragédie Bernard Natan", Pascal Bresson et Samuel Figuière donnent à voir un homme qui a contribué à moderniser le septième art avant d’être broyé par la haine, l’exclusion et la déportation.

« On a faim d’idéal » : des caisses et des convictions

Dans leur nouvelle bande dessinée, Elizabeth Barféty et Armelle entrent dans la vie d'une coopérative bio. Et elles y trouvent bien plus qu'un commerce.

« Le Comte de Monte-Cristo » : la vengeance en édition prestige

Dans l’océan des adaptations du chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas, certaines œuvres prennent le large. Avec cette édition prestige réunissant deux volumes précédemment publiés, Patrick Mallet et Bruno Loth signent une traversée particulièrement convaincante du monument littéraire, portée par une narration limpide et un écrin éditorial à la hauteur de sa légende.

« Super Mario Manga Adventures : Best Selection » : quand Mario s’aventurait en format papier

Bien avant le film d’animation et les records de la Switch, Mario menait déjà ses aventures sur papier. Avec "Super Mario Manga Adventures : Best Selection", Soleil Manga nous propose une anthologie aussi accessible que réjouissante, où l’humour débridé de Yukio Sawada croise plus de trente ans d’histoire Nintendo.

« Une dernière partie de flipper » : grandir, tout simplement

Avec "Une dernière partie de flipper", Rune Ryberg transforme les salles d’arcade des années 1990 en un territoire initiatique peuplé d’adolescents perdus, de néons fatigués et d’amitiés plus ou moins toxiques. Sous ses couleurs saturées et son trait nerveux, cette chronique danoise nous raconte ce moment brutal où l’on comprend qu’il faudra un jour quitter l’enfance, même sans trop savoir comment.