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Toute la généalogie de l'affaire Godrèche-Jacquot nous enseigne à quel point une volonté sous emprise est dépossédée, attaquée en son centre vital, à quel point nous pouvons croire vouloir alors même que notre discernement est totalement absent. Tout le cas Judith tend à la société un miroir des mystifications du vouloir, une dissection de la fabrique de la perversion: Agir COMME SI NOUS LE VOULIONS!
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Hirokazu Kore-Eda a reçu le prix du scénario au festival de Cannes en 2023. Il a en effet conçu L'innocence (ou Monster lors de sa première présentation mondiale) pour mieux nous tromper. On pense d'emblée que le réalisateur de l'enfance joyeuse et lumineuse a basculé du côté de Haneke et ses enfants inquiétants dans Le Ruban Blanc ou encore lorgne du côté des vampires adolescents stylisés à la Morse. C'est alors qu'un véritable puzzle se met en place, pour reconstituer ce qu'il reste encore d'innocence dans l'enfance.
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Nous prenons la parole aujourd’hui pour interroger la vindicte dont fait l’objet un homme. Nous ne sommes pas juristes, ni victimes, ni techniciens de plateau, ni producteurs, ni amis ou ennemis de Depardieu. Ou plutôt nous sommes tout cela. Co- actifs et responsables. Nous sommes au milieu de l’opinion publique qui le met à mort symboliquement et nous nous interrogeons.
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Plus d’un siècle après le naufrage du RMS Titanic, que reste-t-il à remonter de cette épave ? Que peuvent bien raconter les fantômes qui sommeillent à son bord ? 10 ans après la mise en boîte de ce documentaire, les images de James Cameron continuent de fasciner et d’interroger cette fatalité qui a foudroyé le monde en l’espace d’une nuit.
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Dans un film habité et glamour, Maïwenn réussit le tour de force de rendre fluide, ardent et désirable le genre du film d’époque. Jeanne du Barry, le nouvel opus de Maïwenn retraçant l’ascension d’une femme de la plèbe en favorite de Louis XV, irradie de souffle romantique et de liberté sauvage.
S'il est des regards qui électrisent. Gaspard Ulliel en possédait un. L'acteur n'était pas que cela puisqu'il était très souvent vibrant comme lorsqu'il interpréta un écrivain venu annoncer sa mort prochaine à sa famille dans Juste la fin du monde. Xavier Dolan, le réalisateur du film, a d'ailleurs écrit à son sujet (sur son compte Instagram) : « Ton rire discret, ton œil attentif. Ta cicatrice. Ton talent. Ton écoute. Tes murmures, ta gentillesse. Tous les traits de ta personne étaient en fait issus d’une douceur étincelante ». C'est en ces quelques mots, énoncés comme autant de qualités, que l'on peut décider de rendre hommage à un grand acteur qui, même à 37 ans, a marqué de nombreux films et a reçu deux César dans sa bien trop courte carrière. Il devait tourner un film avec Bertrand Bonello, La Bête, huit ans après son rôle dans Saint Laurent. Gaspard Ulliel est mort des suites d'un accident de ski le 19 janvier 2022, à l'aube d'une carrière qui s'internationalisait. On entend alors plus fort ces mots qu'il prononça dans Juste la fin du monde : « Et qu'est-ce qu'ils feront quand je leur dirai que je m'en vais, que je ne reviendrai pas, de manière définitive... ?». Et si comme dans Il était une seconde fois (série d'abord diffusée sur Netflix et visible depuis le 19 janvier sur le site d'Arte), nous nous plongions dans le passé pour (re)découvrir la filmographie éclectique de l'acteur français ? Hommage.