Gérardmer 2026 : Veuf éploré, Stoners anthropophages, Pissenlits survivalistes et French Dreamer envieux
Gérardmer 2026 : les vertiges de la maternité et le poids des origines, en toutes langues, allemande, anglaise et indonésienne
Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
Violette Villard·Critiques filmsLe Rêve américain : Candide au pays du NBA"Le Rêve américain" d’Anthony Marciano est un drôle de film sans être d’ailleurs un film franchement drôle. Drôle dans son projet de réunir deux des acteurs contemporains les plus populaires, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, tout en jouant la carte de la tonalité modeste, neutre, presque atone. S’il est un trait saillant de l’aventure inspirée de l’histoire vraie de ces deux jeunes passionnés de basket devenus agents stars du monde de la NBA, c’est cela : une absence de panache, de brio et un jeu très retenu des deux protagonistes, Quenard et Zadi. Comme si Marciano avait passé son temps à leur demander de jouer au rabais ou de ravaler leur intensité.
Violette Villard·Critiques filmsUrchin : le paumé de la terreHéritier du "Naked" fiévreux de Mike Leigh, Harris Dickinson signe avec "Urchin" un premier film hérissé comme son titre. Porté par un Franck Diliane électrique, ce récit à rebrousse-poil refuse toute rédemption facile pour filmer l’entropie d’un homme qui ne peut pas devenir un produit du Capital. Une claque tendue, d’une rudesse empathique.
Violette Villard·Critiques filmsÀ pied d’œuvre : à flanc de sujetAvec une justesse mélancolique et une élégance sobre, "À pied d’œuvre" de Valérie Donzelli, adaptation du récit de Franck Courtès, explore ces moments de fragilité humaine où la vie semble authentique, mais échoue à capturer le vertige et la violence d’une vie dévouée à l’écriture.
Violette Villard·Actu LivresQue faire de la littérature? : Crépuscule des idolesÉdouard Louis signe un manifeste incandescent où la littérature se fait action, confrontation et dévoilement. En dialogue avec Mary Kaïridi, il défend une écriture du corps, de l’émotion et du politique, contre les dogmes esthétiques qui perpétuent l’effacement des vies dominées. Un livre qui ne répond pas : il déplace, il transforme.
Violette Villard·Critiques SeriesLes Saisons : L’amour, le rythme et les saisons"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.
Violette Villard·Arts & CultureLes Conséquences de Pascal Rambert : ce qui demeure"Les Conséquences" de Pascal Rambert n’est pas une pièce sur la famille. C’est un corps à corps avec la part têtue de l’existence. Dans un décor de serre blanche, entre mariage et enterrement, des êtres résistent à leur propre effondrement par la seule obstination de la parole. Le texte frappe, le geste tranche, la langue tangue et devient un sport de combat. Ici, la persévérance est une forme de bravoure. Et si tenir encore, malgré tout, était la plus radicale des révoltes ?
Violette Villard·Critiques filmsLittle Trouble Girls : la tentation des sens dans un corps catholiqueAvec une sensualité sonore, Urška Djukić explore dans "Little Trouble Girls" le trouble d’une jeune fille partagée entre la rigidité du catholicisme et l’appel du désir. Porté par la performance délicate de Sara Sofija Ostan, le film avance comme une chorale intime, où le corps devient le champ des perturbations et des tentations d’une âme en quête de grâce.
Violette Villard·Critiques filmsLe mal sans remords : Serebrennikov signe un film essentielComment saisir cinématographiquement l'âme immobile d'un monstre ? Serebrennikov relève le défi en construisant un récit éclaté, miroir d'une conscience qui, loin de se repentir, ne cesse de se reconstruire dans l'abjection
Violette Villard·Critiques SeriesMonster : L’histoire d’Ed Gein, le serial killer qui a enfanté le cinéma d’horreurDerrière Norman Bates et Leatherface, il y avait Ed Gein. Aujourd’hui, Monster : L’histoire d’Ed Gein, portée par l’écriture de Ian Brennen et showrunnée par Ryan Murphy, exhume bien plus qu’un tueur : elle explore le processus alchimique par lequel l’Amérique transforme l’horreur réelle en récits cultes. Une plongée glaçante, freudienne et brillante dans l’atelier des cauchemars collectifs. Vertigineux!
Violette Villard·Critiques filmsMoi qui t’aimais : La nostalgie est ce qu’elle étaitDiane Kurys signe avec Moi qui t'aimais un film tendre et mélancolique sur le couple, une élégante évocation qui fait revivre, bien au-delà des apparences, le climat d’une époque et la fragilité de deux monuments Signoret/ Montand portés par Marina Foïs et Roschdy Zem habités et exemplaires.
Violette Villard·Carte blancheCritiques SeriesThe Morning Show : Billy Crudup ou l’art du vertigeLa saison 4 de The Morning Show s'annonce comme l'apogée du chaos contrôlé. Face à de nouvelles menaces qui fissurent l'empire UBA, Cory Ellison, en stratège stoïque et charismatique, doit réinventer ses manœuvres. Le personnage de Billy Crudup, plus hypnotique que jamais, incarne cette question cruciale : comment préserver sa loyauté et son intégrité quand le monde exige la froideur du shark ? La série dépasse le drame industriel pour devenir une réflexion vertigineuse sur l'éthique en temps de crise.
Violette Villard·Critiques filmsL’Intérêt d’Adam : L’obsession d’Adam"L’Intérêt d’Adam", drame social de Laura Wandel, explore l’obsession d’une infirmière pour un enfant sous-alimenté et sa mère en détresse. Sous forte influence Dardenne, le film enchaîne procédural oppressant, pathos appuyé et mise en scène rigide, au détriment de l’empathie qu’il prétend défendre. Un constat dur sur l’hôpital, mais sans réelle réinvention.
Thierry Dossogne·Critiques filmsÉchos d’un sombre empire (1990) de Werner Herzog : cruelle opérette centrafricaine
Contributeur articles·DiversComfort Bets : pourquoi parier sur son équipe favorite reste irrationnel… mais irrésistible