Violette Villard

L’Intérêt d’Adam : L’obsession d’Adam

"L’Intérêt d’Adam", drame social de Laura Wandel, explore l’obsession d’une infirmière pour un enfant sous-alimenté et sa mère en détresse. Sous forte influence Dardenne, le film enchaîne procédural oppressant, pathos appuyé et mise en scène rigide, au détriment de l’empathie qu’il prétend défendre. Un constat dur sur l’hôpital, mais sans réelle réinvention.

Drôle de peine : Addiction Maman

Dans Drôle de Peine, Justine Lévy enterre et ressuscite sa mère, son héroïne. Entre enquête et élégie, elle fait de son deuil une prose haletante, drôle et déchirante. Un livre-vie. Vif et à vif. Une réflexion entêtante sur nos spectres et fauves intérieurs.

Connemara : rêves de souvenirs

"Connemara", d'Alex Lutz, est une odyssée sensorielle sur les amours perdues. Le réalisateur transpose le roman de Nicolas Mathieu en un film poignant, entre nostalgie et désenchantement, porté par Mélanie Thierry et Bastien Bouillon. Analyse des thèmes, de la mise en scène et de l'héritage cassavétien.

Alpha, Valeur Sentimentale, Castelluciv : La mort, la classe et le professeur

Et si le véritable naufrage n’était pas celui qu’on joue sur scène, mais celui qu’on vit à huis clos, sans même un regard pour le constater ? Entre la classe qui ne voit plus son professeur et le public qui attend fiévreusement son spectacle, se joue une même tragédie : celle de la disparition du témoin. Julia Ducournau, Joachim Trier et Romeo Castellucci sondent cette faille où l’effondrement silencieux d’un individu devient le symptôme d’un monde qui a désappris à regarder.

Valeur sentimentale : Pères de la vie conjugale

Nouveau film de Joachim Trier, "Valeur sentimentale" explore avec une grâce mélancolique la valeur affective des vies, des liens et des temporalités perdues. Porté par les présences magnétiques de Renate Reinsve et Stellan Skarsgård, le film convoque un Bergman apaisé, en père réconcilié veillant sur cette fresque intimiste.

Cry Wolf : Fabulation ou Vérité ?

"Cry Wolf* sur Arte : et si crier au loup était le seul moyen de se faire entendre ? Une série danoise magistrale sur la parole de l’enfant, les violences invisibles et la valeur du doute. À voir d’urgence."*

Évanouis, ou l’art de la coupure hallucinée

"Évanouis" de Zach Cregger débute par la mystérieuse disparition de 17 enfants à 2h17. Entre mythe des « enfants-armes », thriller surnaturel et drame familial, le film explore l’horreur comme faille mentale et sociale. Fragmentation narrative, coupures lacaniennes, spectateur-monteur : une expérience sensorielle et politique où l’Amérique contemporaine se reflète dans un cauchemar à la fois intime et collectif.

Gangs of Taïwan : L’éclair et le criquet

Gangs de Taïwan de Keff mêle néo-polar et drame romantique dans une île en sursis. Entre scènes de gangs déglingués et amours fragiles, le film explore la jeunesse taïwanaise tiraillée entre traditions et violence. Hommage visuel à Kitano et Wong Kar-wai, c'est un thriller politique brûlant, porté par un héros muet en quête de rédemption

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.