Gérardmer 2026 : Veuf éploré, Stoners anthropophages, Pissenlits survivalistes et French Dreamer envieux
Gérardmer 2026 : les vertiges de la maternité et le poids des origines, en toutes langues, allemande, anglaise et indonésienne
Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
Violette Villard·Critiques SeriesDelirio : Folie familialePortée par des acteurs électriques et une narration audacieuse, "Delirio" mêle romantisme fou et tension dramatique, offrant une œuvre aussi envoûtante qu’inoubliable sur le destin de l'hystérie des familles.
Violette Villard·Critiques filmsAux jours qui viennent : Scansions de la vie sous empriseDans un premier long métrage sensible et prenant Aux Jours qui viennent sur les violences intra-familiales, Nathalie Najem s'interroge sur les vies blessée et construit en vérité le portrait ambivalent d'un homme drogué, torturé, en manque de tout ( Bastien Bouillon), inapte à la vie.
Violette Villard·Carte blancheEddington : La Poursuite impitoyable sans blague !Dans un film disparate et déglingué au scénario mal fichu, recyclant tout le chaos du monde, Ari Aster poursuit avec "Eddington" son œuvre de massacre de l’Amérique, commencée surtout avec "Beau is Afraid".
Violette Villard·Critiques filmsLe Rire et le Couteau : La rage, la plaie et le désirLe Rire et le Couteau vous saisit à la gorge et ne lâche plus. Trois heures trente d’un cinéma vivant, pulsatil, où chaque plan sue l’urgence des corps et la fièvre des rencontres. Pedro Pinho y déploie une Afrique queer et vibrante, loin des clichés misérabilistes, un continent de désirs et de discours enflammés, où les ombres coloniales dansent encore dans la chaleur des nuits. À travers les yeux de Sergio, ingénieur portugais perdu dans cette géographie sensuelle, le film devient une expérience physique : on sent les odeurs, on touche les peaux, on écoute battre le cœur d’un monde qui résiste aux catégories. Entre érotisme politique et mélancolie postcoloniale, Le Rire et le Couteau est bien plus qu’un film : une onde de choc.
Violette Villard·Critiques filmsL’accident de piano : Affreux, bête et suicidaireAvec son influenceuse masochiste (Exarchopoulos, géniale) et ses gags qui virent au cauchemar capitaliste, L'Accident de piano est du Dupieux pur jus absurde, excessif, un peu essoufflé. Scène culte : le piano qui tombe... mais le film ne relève jamais vraiment la mélodie
Violette Villard·Critiques filmsI love Peru : l’art de Quenard et son traquenardRaphaël Quenard, c'est l'acteur-foudre qui électrise l'écran entre génie et autodérision, entre fureur sacrée et clowneries de comptoir. Dans "I Love Peru", lui et Hugo David jouent à cache-cache avec la vérité, transformant leur amitié en un spectacle déjanté où l'intime devient performance. Du trou de balle flouté aux tirades lyriques, tout n'est que traquenard et c'est jubilatoire.
Violette Villard·Critiques filmsChime de Kiyoshi Kurosawa : Sound KillerTout commence par un carillon. À peine audible, mais déjà trop net. Dans Chime, Kurosawa ne filme pas l’horreur : il l’infiltre. Un plan fixe, une injonction absurde (« coupe plus droit »), un silence qui devient entaille. L’étrangeté ne surgit pas, elle s’installe. Elle use le réel, l’évide, jusqu’à ce qu’il devienne inquiétant par saturation de normalité.
Violette Villard·Critiques filmsJeunes mères : Veuves-MèresAvec Jeunes Mères les frères Dardenne -dignes héritiers belges du cinéma naturaliste et engagé de Ken Loach - poursuivent une œuvre sensible, éprise de mesure, presque trop bien écrite dénonçant les déterminismes sociaux au risque d'oublier le choc des déséquilibres et la folie du spontané.
Violette Villard·FestivalsCannes 2025 : Partir un jour, revenir toujoursIl y a, dans Partir un jour, cette scène où Cécile (Juliette Armanet, lumineuse de vulnérabilité) écoute en silence une chanson de Dalida dans la cuisine du restaurant familial. Pas de dialogue, juste le froissement d’une nappe en papier, le cliquetis des couverts, et cette mélodie qui traverse les années comme un sourire oublié. Amélie Bonnin filme ces instants suspendus où l’émotion se devine plutôt qu’elle ne se montre, où l’amour se cache dans les gestes du quotidien – une main qui effleure une épaule, un regard furtif au-dessus d’un plat de frites.
Violette Villard·Critiques filmsLe Clan des Bêtes : Porte et aime ton prochain comme une bêteDans une mise en scène âpre et sévère, "Le Clan des Bêtes" livre avec une humanité profonde et suffocante un western dur et noir réfléchissant sur ce que peuvent devenir des hommes abîmés sans être portés par des femmes.
Violette Villard·Carte blancheCassandre : L’abus de destin généalogique et famille mortifèreDans Cassandre, Hélène Merlin plonge à vif dans les zones d’ombre de la famille, là où l’inceste n’est plus un tabou mais une mécanique perverse étouffante. Porté par un duo d’acteurs sidérant — Zabou Breitman et Éric Ruf — le film bouscule, dérange, choque parfois, mais ne laisse jamais indemne. Un huis clos familial empoisonné, tendu, où la parole, quand elle surgit, explose les murs du silence.
Violette Villard·Critiques filmsJe le jure : Juger le feu et l’impuissanceFilm abîmé et inspiré parlant de vies abîmées, Je le Jure de Samuel Theis transcende le film de procès par la photographie d'une justice impossible dans un portrait intense et émouvant d'un juré empathique et profondément humain.