Violette Villard

« Je verrai toujours vos visages » : et le ciel étoilé au dessus de nous !

Dans une œuvre poignante et captivante, Je verrai toujours vos visages, Jeanne Herry porte au grand public avec ferveur et rectitude le dispositif de la Justice Restaurative où détenus et victimes -ne se connaissant pas forcément - vont apprendre à s’écouter, à se comprendre, à prendre conscience et peut -être à changer.

Dalva : un film claque sensible sur les emprises incestueuses

Dans un film haletant et intelligent, Emmanuelle Nicot traite avec finesse, sobriété  et humanité de l'inceste et du parcours de reconstruction en foyer de son héroïne. Dalva a l'aura tendue et tendre de son actrice principale Zelda Samson, une révélation!

Je m’abandonne à toi : dans la forêt des hommes

Je m’abandonne à toi, un film bâti surtout sur la foi dans la parole guérisseuse, le verbe est souvent matière narrative et cœur du plan. « Dis une parole, et je serai guéri. » 

Music : entre chant mythologique et poème mutique

Œdipe au pays d’Aliocha, entre formalisme exaspérant et recherche intransigeante, Music, le nouveau film d’Angela Schanelec perd et fascine.

Comme une actrice : le vertige du douloureux désir !

Céder ou « ne pas céder sur son désir ». Résister ou capituler c’est la formule de Lacan, l’éthique de la psychanalyse, mise en scène dans un film bancal et masqué de Sébastien Bailly « Comme une actrice », réfléchissant cet obscur acteur de nos vies, le lancinant désir et ses visages-fables.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.