Avec "La Vie aquatique", Wes Anderson signait une odyssée marine composée d’une équipe haute en couleur et de situations fantasques qui mêlent humour, désinvolture et exploration délicate des relations humaines. Une réussite dont la poésie, singulière, est quelque part enfantine, avec ses décors chatoyants et ses créatures marines colorées, proche de la réalité, mais souvent mouchetées de tâches parfois fluorescentes.
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Ultime opus du cinéaste italien Valerio Zurlini, "Le Désert des Tartares" remporte haut la main son pari pourtant impossible : adapter le chef-d’œuvre de Dino Buzzati publié près de quarante ans plus tôt. Un casting international trois étoiles, un décor unique au monde et la musique du maître Morricone, sont mis au service de cette fable ascétique sur la vanité humaine poussée jusqu’à une cruelle absurdité. 
Sortie en 1997, durant la révolution 3D du jeu vidéo, "Volte-face" nous rapproche de cette unité de temps et d’espace. Une dizaine de caméras tournent autour des personnages et permettent au réalisateur de nous offrir un montage particulièrement précis, où rien n’est laissé au hasard, que ce soit au niveau de la tension, de la vitesse ou des émotions. L’œuvre US culte fait partie de ces films incroyables dans le sens où un concept improbable (deux antagonistes échangent leur visage) est pris au premier degré et que la chose fonctionne. L’ensemble tire le bouchon tellement loin qu’on semble rentrer dans une dimension inconnue, où on shoote avec deux armes, où les vêtements flottent au ralenti et où les colombes s’envolent sous les fracas des coups de feu.
Entre récit d’apprentissage, réflexion sur la violence dans une société embryonnaire, et triangle amoureux à bas bruit, L’homme des vallées perdues (Shane) ne répond guère aux canons du western traditionnel. Face à la chaîne Teton, dans le Wyoming, l’âpre conflit entre éleveurs et colons gâte la magnificence des paysages. Dans ce monde ouvert et qui se cherche encore, à l’instar du jeune Joey qui est irrésistiblement attiré par la brutalité des hommes, surgit un cavalier solitaire dont on ne sait rien. Vestige d’un passé violent en voie de disparition, il se mue paradoxalement en berger qui protègera les brebis de la future civilisation.
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Vingt-cinq ans après sa sortie, "Yi Yi" d’Edward Yang demeure un chef-d’œuvre bouleversant sur la famille, le deuil, le temps qui passe et la quête de sens. À travers une mise en scène d’une rare délicatesse, le cinéaste taïwanais signe un récit choral d’une humanité profonde, reflet d’une société en mutation. À (re)découvrir dans sa somptueuse restauration 4K.
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Dans "Naïs", Marcel Pagnol réinvente la nouvelle sombre de Zola en une œuvre lumineuse et poignante. Sur fond de Provence ensoleillée, l’amour devient un acte de résistance sociale. Grâce à Fernandel, Jacqueline Bouvier et Raymond Pellegrin, ce drame romantique explore les thèmes de l’émancipation, du déterminisme et de la tendresse silencieuse. À redécouvrir en salle dans une version restaurée en 4K.
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Œuvre singulière de Marcel Pagnol, "Cigalon" raconte l’histoire d’un cuisinier orgueilleux refusant de servir ses clients dans un petit village provençal. Portée par l’exubérance d’Alexandre Arnaudy, cette comédie restaurée en 4K mêle humour grinçant, joutes verbales et satire des travers humains. Un délice à (re)découvrir en salle.
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Film de Noël méconnu de Marcel Pagnol, "Merlusse" explore la solitude et la bienveillance dans un internat marseillais vidé pour les fêtes. Entre huis clos intimiste, dialogues ciselés et chaleur humaine, Pagnol livre un hommage touchant aux figures éducatives de l’ombre. Restauré en 4K, ce récit sobre et profond mérite une nouvelle attention.
Sortie en plein cœur des années 80, premier grand rôle de Juliette Binoche, prix de la mise en scène au Festival de Cannes, "Rendez-vous" d’André Téchiné est un film qui est un poison pour tous les protagonistes du long métrage. Entre conquête difficile de la vie de bohème, érotisation du corps malmené, vie rêvé, voici une œuvre particulièrement imprégnée par la notion d’auteur, où les suicidaires sont humiliant et fantomatique, et où les vertueux ne le sont plus à moyen terme. Le désir de la chair peut déclencher une frustration. La frustration, une obsession. Et l’obsession, une déperdition.