Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

« L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat » : la naissance d’une passion

Les frères Lumière ont-ils inventé le cinéma ? On se gardera bien de se prononcer. Ce que l'on sait en revanche avec certitude, c'est qu'ils ont préfiguré, dans un petit film d'une cinquantaine de secondes, des pans entiers de ce qui adviendra plus tard le septième art. Dont les échelles de plan et les émotions induites par le spectacle filmique.

Scaramouche, de George Sidney : le masque et l’épée

Adapté d'un roman de Rafael Sabatini (auteur également de L'Aigle des mers et Capitaine Blood), Scaramouche, de George Sidney, est un des sommet du film de cape et d'épée. Connu pour son légendaire duel final, il constitue un divertissement remarquable, entre humour, glamour et aventures.

Bloody Sunday #3 – Horrors of Malformed Men de Teruo Ishii

Pour ce 3ème épisode de Bloody Sunday, c'est le Japon qui est mis à l'honneur. L'occasion de revenir sur un mouvement artistique et littéraire datant des années 30 et répondant au doux nom d'ero guro. Pour illustrer ce genre au cinéma rien de mieux que de parler du film méconnu du grand Teruo Ishii, Horrors of Malformed Men, véritable concentré d'ero guro, faisant la part belle à bon nombre de perversions.

Les Deux Orphelines, au cœur de la tempête révolutionnaire

Après la polémique de Naissance d'une nation et l'échec commercial d'Intolérance, Griffith signe un ultime grand film, adapté d'un roman français, où le ridicule de la description de la Révolution française est contrebalancé par la réussite technique.

« Le Salaire de la peur » : un Clouzot haletant et post-colonial

Attention : classique. Henri-Georges Clouzot plante sa caméra dans un pays semi-colonisé d'Amérique centrale et place quatre hommes désargentés dans des camions chargés de nitroglycérine, sur des pistes chancelantes. Un prétexte pour donner vie à un spectacle haletant, des personnages épais et une critique acerbe des multinationales...

Gladiator de Ridley Scott : la renaissance du péplum

Avec Gladiator, Ridley Scott a acté la renaissance du péplum. Symbole cinéphile ultime de la bravoure, devise d'une génération, ce film d'une rare puissance émotionnelle appartient encore aujourd'hui au panthéon des films historiques. Les acclamations sans fin et la musique magnifique de Hans Zimmer nous habitent encore. "Force et honneur" !

« Les Quatre cents coups » : une part d’ombre, une part de fiction

En 1959, « Les Quatre cents coups » fut acclamé à Cannes. Et pour cause : le premier film de François Truffaut, partiellement autobiographique, est un chef-d'oeuvre de la première heure de la Nouvelle vague française. Tout y est : l'expression néo-réaliste, l'antihéros jeune et indomptable, une ville de Paris érigée en personnage à part entière, une critique du monde adulte et de l'incommunicabilité, ainsi qu'une mise à nu d'une famille dysfonctionnelle. Avec en supplément quelques-unes des obsessions truffaldiennes les plus célèbres.

Bloody Sunday #2 – Ebola Syndrome de Herman Yau

Pour ce deuxième rendez-vous de Bloody Sunday, cap sur Hong Kong et l'univers complètement allumé de la Cat 3. Découvrez un monde où cohabitent sexe et violence, et où la morale n'a pas sa place. Et pour représenter cela de la meilleure des manières, quoi de mieux que Ebola Syndrome de Herman Yau, dégoûtant cocktail des plus grandes déviances imaginables ?

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.