Avec Spencer, Pablo Larrain s’attelle une nouvelle fois à déconstruire le genre du biopic. Au lieu de retracer toute la vie d’un personnage, allant d’un époque à une autre, il prend la grande Histoire par le petit bout de la lorgnette. En ce sens, il dresse le portrait d’une princesse en pleine déliquescence lors d’un récit qui se déroule sur trois jours. La caméra du cinéaste va observer Lady Diana mordre la poussière et se confronter à un environnement royal qui n’est pas ou qui n’est plus le sien.
Matrix Resurrections est une initiative assez paradoxale, mais terriblement libératrice. D’un coté, il permet à Lana Wachowski d’ouvrir une nouvelle brèche cinématographie pour parler de son rapport au cinéma et à la trilogie qu’elle a créée. Ce nouvel opus est bizarrement autant une suite logique à la trilogie susnommée qu’à sa filmographie entière, de Bound à Sense8.
Qu’on se le dise, Shang-Chi et La Légende des Dix Anneaux ne va pas révolutionner l’univers Marvel. Mais dans un sens, ce n’est pas ce qu’on lui demande et le film arrive avec fraicheur à sortir un peu des sentiers battus de l’écurie cinématographique.
Infinite Granite marque un tournant dans la carrière de Deafheaven. Un virage qu’on sentait venir et qui s’avère être d’une grande beauté. Une nouvelle carrière pour le groupe, ou une simple parenthèse. Qui sait.
Memoria d’Apichatpong Weerasethakul vient de faire son entrée dans la Compétition du Festival de Cannes 2021. Avec son style habituel aussi ésotérique que tellurique, il place la barre très haute, pour une expérience toujours aussi intense.
Titane était peut-être le film qui attisait le plus notre curiosité avec le Benedetta de Paul Verhoeven. Deux films qui parlent de construction et de déconstruction d’un soi : avec la même envie de raturer la notion de métamorphose. Après Grave, Julia Ducournau étonne et se déjoue des attentes avec hargne et pugnacité.
Eskil Vogt, réalisateur de Blind et scénariste d’Oslo 31 août et du dernier Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier, revient derrière la caméra avec The Innocents pour électriser la sélection Un Certain Regard. Tendant vers une frontalité assez déconcertante, le film n’a pas froid aux yeux et ne laissera pas le spectateur indemne.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.