On la trouve en sous-texte dans n'importe quel bout de péloche : la ville est un lieu d'action, un cadre spatiotemporel, le révélateur d'un milieu ou d'une fonction, un élément qui amorce l'intrigue ou lui donne corps. De Fritz Lang à Hayao Miyazaki en passant par Martin Scorsese ou Woody Allen, nombreux sont les cinéastes à l'avoir exploitée et érigée en personnage à part entière. Elle est tour à tour chiche, grandiose, contemporaine, futuriste, délabrée, high-tech, surpeuplée ou vidée de ses forces vives.
time-and-tide-tsui-hark-dossier-retrospective
Œuvre du come-back, Time and Tide se pose ainsi comme la profession de foi absolutiste d’un cinéaste résolu à remettre son médium sur la table d’opération. Le film génère l’image d’une pré-civilisation primitive qui se grave au fer rouge dans la rétine du spectateur pour l'atteindre jusque dans son câblage cognitif.
En seulement 4 films, Steve Mcqueen est devenu un cinéaste contemporain indispensable. Avec la sortie de sa dernière œuvre, Les Veuves, il est temps de nous intéresser à ce qui fait la singularité du réalisateur. Il y a chez l’auteur, cette dichotomie assez fascinante qui circule dans les veines de ses créations: l’utilisation du corps et sa politisation, et dans un même temps, la politique incarnée par l’humain et sa volonté de s’absoudre des contraires pour enfin gagner le Graal que l’on recherche tous: la liberté.