« Maud Lewis », une célébration en bande dessinée

Dans une fresque colorée et empreinte d’émotions, la bande dessinée Maud Lewis nous plonge dans l’univers d’une artiste peintre canadienne emblématique du XXe siècle. Mathieu Siam et Émeline Grolleau rendent hommage à une femme diminuée au parcours singulier, marquée par un style naïf et une vie modeste mais riche de créativité.

Maud Lewis (1903-1970) est une artiste peintre autodidacte de la Nouvelle-Écosse (Canada), connue pour ses œuvres naïves, le plus souvent colorées et sans ombrages. Souffrant de polyarthrite rhumatoïde depuis l’enfance, elle a fait face à des obstacles physiques considérables et s’est investie dans la création d’œuvres qui, aujourd’hui, sont célébrées mondialement. 

Dans leur ouvrage, Mathieu Siam et Émeline Grolleau explorent non seulement l’art de Maud Lewis mais aussi son quotidien aux côtés de son mari Everett, un marchand de poissons qui l’aidera dans le commerce de ses toiles. Très optimiste, l’album met en lumière le côté solaire de la Canadienne, sa capacité de rebond face à la maladie, sa passion pour la peinture, et son impact dans le monde de l’art – au point que ses toiles tapissent les murs de la Maison-Blanche.

Elliptique, libre dans sa forme comme dans ses choix narratifs, s’affranchissant des cases de la bande dessinée classique, composé de récits autonomes, Maud Lewis est une promenade libre à travers la vie de l’artiste. Les chapitres sont centrés sur des thèmes naturels, tels que les animaux ou les végétaux. Avec une palette de bleus, d’oranges et de jaunes, ainsi que des rondeurs avenantes, l’album semble entrer en résonance, à sa façon, avec le monde pictural presque enfantin de Maud Lewis. 

« Jamais je ne ferai du dessin d’élevage », font dire les auteurs à l’artiste canadienne. Ce n’est pas gratuit : son geste était passionné, intègre, relativement détaché des considérations matérielles (elle vendait ses tableaux pour quelques dollars aux passants et ne se pressait pas pour honorer de grosses commandes). Aussi, bien que l’œuvre de Lewis ait été largement reconnue de son vivant, cette BD permet de mieux évaluer son art et son héritage. C’est une porte d’entrée dans l’univers d’une artiste qui a peint avec son cœur malgré les défis imposés par son corps.

Maud Lewis, Mathieu Siam et Émeline Grolleau 
Vraoum, avril 2024, 80 pages

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3.5

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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