PositionRedacteur LeMagduCiné
Inscrit25 juillet 2015
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The-Tunnel-to-Summer-Tomohisa-Taguchi-critique
Avec "Tunnel to Summer", Tomohisa Taguchi offre une romance douce-amère entre deux lycéens égarés et endeuillés. Une oeuvre composée de scènes du quotidien, rythmées par des rencontres hasardeuses et des découvertes prédestinées. Malheureusement, son récit convenu, souffrant d'un manque d'ampleur, et son esthétique classique peinent à émouvoir. Aussi, ce film d'animation en mal de maturité s'adresse plutôt à un public adolescent. Adapté du light novel Natsu e no Tunnel, Sayonara no Deguchi écrit par Mei Hachimoku puis d'un manga, Tunnel to Summer a reçu le Prix Paul Grimault au Festival d'Annecy 2023. 
parthenope-paolo-sorrentino-cannes-2024
Avec "Parthenope", présenté en Compétition au Festival de Cannes, Paolo Sorrentino signe un drame solaire au bord de la côte napolitaine. Dans cet hymne à la vie, l'amour et la jeunesse, au rythme doux comme une brise d'été, le réalisateur italien brosse un tableau sensuel de sa ville natale. En s'attachant au parcours d'une jeune fille à la beauté divine, qui vit avec insouciance là où le vent l'emporte, "Parthenope" compose une ode à liberté dans un cadre féérique.
emilia-perez-jacques-audiard-cannes-2024
Prix du Jury au Festival de Cannes, "Émilia Pérez" a également été récompensé par quatre Prix d'interprétation féminine. Dans ce film surprenant, mêlant habilement comédie musicale endiablée, thriller noir et tragédie, Jacques Audiard compose, sur le thème du genre, une partition dansante et colorée traitant d'accomplissement et de rédemption. Une pépite à voir et à écouter.
rumours-Guy-MADDIN-Galen-JOHNSON-Evan-JOHNSON-cannes-2024
Présenté Hors Compétition au Festival de Cannes, "Rumours" a déclenché, avec un style tout autre que "Le Deuxième Acte", de belles salves de rires sur la Croisette. Guy Maddin,  Evan Johnson et Galen Johnson ont concocté un film complètement rocambolesque mêlant parodie des genres et satire politique acerbe. Un concept pour le moins aventureux, qui, malgré une introduction hilarante, se perd en chemin dans sa propre folie.
my-sunshine-Hiroshi-OKUYAMA-cannes-2024
En dehors de la Compétition, la section Un Certain Regard du Festival de Cannes met en lumière des films originaux réalisés par des cinéastes encore méconnus. Avec "My Sunshine", le japonais Hiroshi Okuyama, qui pourrait revendiquer l’héritage d’Hirokazu Kore-eda, nous fait découvrir un drame sensible inspiré de ses souvenirs d’enfance. En mettant en scène un duo de patineurs dans la fleur de l’âge, très différents mais unis dans la danse, il nous renvoie avec un brin de nostalgie aux sources de la jeunesse.
the-substance-cannes-coralie-fargeat-2024
Après "Titane", Palme d’Or en 2021, le Festival de Cannes présente un nouveau body horror bien saignant, "The Substance" réalisé par la française Coralie Fargeat. Un thriller féministe horriblement jouissif, traitant de notre rapport au corps, à l’apparence et à la célébrité, qui pimente enfin une Compétition jusqu’ici un peu lisse. Si le traitement, pas toujours subtil, de ces thématiques tombe dans une surenchère finale à rallonge, "The Substance" compose une œuvre singulière, dérangeante, dégoûtante, qui ne laissera personne indifférent.
horizon-an-american-saga-kevin-costner-cannes-2024
Plus de trente ans après "Danse avec les loups", Kevin Costner a monté les marches cannoises pour introduire le premier chapitre de son "Horizon : une saga américaine", un western ambitieux sur la conquête de l’Ouest américain. Si le film nous offre des paysages magnifiques, il se perd dans l’exposition fastidieuse, très lente et étirée, d’un panel d’intrigues entremêlées. Espérons que le second volet corrige le tir de cette course au colonialisme lancée au ralenti. Et pas franchement palpitante.
the-surfer-Lorcan-FINNEGAN-cannes-2024
Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes, dans une ambiance de feu, "The Surfer" offre un spectacle amusant, divertissant et un peu psychédélique. Quand Nicolas Cage croise la route d'une bande de surfers désobligeants et agressifs, c'est un lent et douloureux chemin de croix qui s'annonce. Surfer, c'est souffrir. Et souffrir, c'est surfer.
kinds-of-kindness-yorgos-lanthimos-cannes-2024
Quatre mois après la sortie française de "Pauvres créatures", récompensé par quatre Oscars, Yorgos Lanthimos délaisse la fantasy et les costumes à froufrou au profit d'un drame ancré dans une réalité perverse. Cette "fable en tryptique", selon les mots du réalisateur grec, aborde en trois chapitres inégaux, totalement indépendants, une palette embrouillée de thèmes gravitant autour du couple et du libre-arbitre : la dépendance affective, la domination, la sujétion volontaire et le désir de reconnaissance.
twilight-of-the-warriors-walled-in-soi-cheang-cannes-2024
Première séance de minuit, sur tapis rouge, au Festival de Cannes 2024, "City of Darkness" nous immerge dans le Hong Kong des années 1980, au coeur de la Citadelle de Kowloon, une zone de non-droit où des gangs rivaux s'affrontent pour la domination des trafics et des territoires. Une série B d'arts martiaux divertissante, drôle et décalée, mais dont le rythme pâtit de quelques longueurs. 
furiosa-george-miller-cannes-2024
Neuf ans après "Mad Max: Fury Road", George Miller replonge dans les étendues désertiques de la saga iconique. Présenté, tout comme son prédécesseur, hors compétition au Festival de Cannes, "Furiosa : Une saga Mad Max" retrace l'origin story de la célèbre Imperator, l'héroïne féministe qui nous avait fait mordre la poussière. Ce film d'action soigné, peut-être un peu sage, à la narration plus étirée, gagne en développement de son riche univers ce qu'il perd en nervosité et intensité.
Kyuka-before-summer's-end-Kostis-Charamountanis-critique
Présenté en ouverture de la programmation de l'ACID du festival de Cannes 2024, "Kyuka – Before Summer's End" compose un drame familial à fleur de peau au sein d'un décor maritime enchanteur et lumineux. Premier long-métrage du réalisateur grec Kostis Charamountanis, le film sublime avec sensibilité le temps d'un été, des instants suspendus de complicité, de non-dits et de nostalgie. S'il s'en dégage une certaine beauté empreinte de naturalisme, le récit superficiel demeure comme en surface d'une mer insondable, immergeant presque totalement les enjeux et les secrets d'une œuvre qui nous laisse un goût salé d'inachevé.