Cannes 2026 : Garance, l’enverre du décor

Dans Garance, Adèle Exarchopoulos incarne une actrice alcoolique un peu perdue, qui enchaîne les petits rôles, les rencontres et les soirées bien arrosées. Un portrait de femme plein de douceur et de sensibilité signé Jeanne Herry.

La réalisatrice française aime ancrer ses films dans la réalité. Elle se renseigne toujours sur le terrain pour garantir l’exactitude de ses récits et de ses personnages. Après Pupille, puis Je verrai toujours vos visages, qui a valu à Adèle Exarchopoulos le César de la Meilleure actrice dans un second rôle, Jeanne Herry intègre pour la première fois la sélection cannoise. Comme La Vie d’une femme, également en Compétition, Garance s’attache au quotidien d’un personnage féminin dans la tourmente. Pour le caractériser, la cinéaste s’est inspirée du parcours d’une jeune alcoolique qu’elle a rencontrée, mais aussi de sa propre expérience de comédienne. En narrant une tranche de vie de cette actrice désorientée, elle compose un drame attachant sur la quête de soi et la guérison.

La fureur de boire

Garance, jeune comédienne dans une petite troupe soudée, enchaîne les castings pour décrocher des rôles. Entre espoirs et désillusions, elle peine à gérer son addiction à l’alcool, qui l’éloigne peu à peu de ses proches et la prive d’emploi. Gueules de bois et déménagements s’ensuivent, jusqu’à ce que Garance rencontre Pauline, interprétée par Sara Giraudeau. En centrant son film sur un personnage, défini par son alcoolisme et ses relations aux autres, Jeanne Herry raconte une histoire de quête de soi, de transformation personnelle, à la fois professionnelle et intime, qui passe autant par l’amour de l’autre que par l’autodestruction. L’ennemi, c’est l’alcool, toujours présent discrètement à l’écran. Un verre de vin blanc dans la main, une barrique ou une bouteille cachée dans un coin. Pour Garance, cette situation est devenue une norme, une fatalité qu’elle ne peut plus combattre. C’est simplement « comme ça« . L’occasion pour Jeanne Herry de mettre en garde contre la banalisation d’une consommation excessive d’alcool et de ses risques.

Décomposé sur plusieurs années, avec des ellipses, le récit relate les hauts et les bas de la vie de cette comédienne, mais ne décolle jamais vraiment. Il manque un peu d’émotion et joue habilement sur l’humour pour désamorcer le drame. Cependant, Garance démontre justement toute l’importance de l’émotivité. La jeune actrice rappelle ainsi aux enfants que « la fragilité et la sensibilité valent de l’or« . Cette affectivité, essentielle aux comédiens, est parfaitement exprimée par Adèle Exarchopoulos, qui pourrait bien repartir avec un prix d’interprétation samedi soir.

Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.

Garance – fiche technique

Réalisation : Jeanne Herry
Scénario : Jeanne Herry
Interprètes : Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud, Anne Suarez
Photographie : Antoine Cormier
Décors : Nicolas de Boiscuillé
Costumes : Ariane Daurat
Maquillage : Christophe Oliveira
Montage : Laurence Briaud
Producteurs : Alain Attal, Nicolas Dumont, Philippe Logie, Solveig Rawas, Hugo Sélignac
Sociétés de production : Trésor Films, Chi-Fou-Mi Productions
Coproduction : Artémis Productions
Pays de production : France
Société de distribution : StudioCanal
Durée : 1h45
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : 23 septembre 2026

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

« Insidious : l’invasion du Lointain » ne réveillera pas notre intérêt pour la saga…

Entre un scénario prévisible, des incohérences avec le canon établi et des excursions dans le Lointain sans ambition visuelle, ce sixième épisode déçoit malgré quelques bonnes idées.

Mutiny : castagne en haute mer

Jason Statham traque ceux qui l'ont piégé à bord d'un cargo hostile, dans ce thriller de Jean-François Richet. La mécanique de "Mutiny" est bien huilée par endroits, notamment lors du combat final, mais le récit patine et le huis clos promis ne se referme jamais vraiment sur son héros.

Sanjuro (1962), d’Akira Kurosawa : « Le meilleur sabre est celui qui reste dans son fourreau »

Réclamée par la Toho, la suite du "Garde du corps" (1962) mise en scène par Kurosawa réussit l’exploit de s’inscrire dans une continuité thématique tout en adoptant une tonalité qui en est le contrepied, troquant le cynisme et la violence du premier pour l’humour et l’observation qui évite de verser le sang. Porté par un Toshiro Mifune parfait dans la reprise de son rôle de ronin fruste, "Sanjuro" est un sommet de l’art de la mise en scène du maître nippon : concis, limpide, intelligent, esthétique, drôle, un brin provocateur. En un mot : jubilatoire.

Wake in Fright : les sirènes de la Yabba

"Wake in Fright" a électrisé Cannes en 1971, disparu pendant 40 ans, puis ressurgi comme le mythe fondateur du cinéma australien. Un instituteur s'enlise dans une ville minière où l'hospitalité se boit comme une sommation. 55 ans après, sa brutalité n'a rien perdu de son mordant.

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.
Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.