L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d’éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Non pas une faute, mais une erreur

Noyé au sein d’un halo, semblant évoluer sur un tapis roulant, Samuel Paty le déclare dans l’incipit du film : en substance, « Je ne voulais pas devenir un héros, seulement quelqu’un qui fait honnêtement son boulot… mais on ne maîtrise pas son destin… ni son environnement ». Surtout son environnement, car c’est là que le bât blesse.

Intellectuellement, rien à redire sur la démarche de ce prof d’histoire-géo : travaillant sur la question de la liberté de la presse, il propose à tous ceux qui craindraient d’être choqués par les caricatures de Charlie de ne pas regarder, de détourner les yeux ou même de sortir de la pièce momentanément. Et ce, sans viser une communauté en particulier. Il n’exclut donc pas les musulmans mais propose à chaque individu de se positionner. On ne peut faire plus respectueux, ni pertinent pour illustrer ce qu’est la liberté de conscience.

En voyant les collégiens discuter sur ce qui a été montré, on comprend toutefois immédiatement l’erreur commise par Paty : l’imagination de ceux qui n’ont pas vu risque de rendre les dessins plus choquants encore qu’ils ne sont. Peut-être eût-il fallu éviter aussi le dessin le plus cru, celui auquel vont s’accrocher ses adversaires : l’image du Prophète avec une étoile de David dans l’anus. Le dessin faisait partie du « fond Canopée », celui dans lequel les enseignants sont autorisés à puiser : peut-être cette erreur-là est-elle à imputer à l’Education Nationale ?

La machine s’emballe

À partir de cette excellente base, la rumeur se met en marche. « L’environnement » fait le reste : un contexte de tension latente avec la communauté musulmane, parfaitement exploité par quelques fous de Dieu radicalisés. Et surtout, la prégnance des réseaux sociaux. Car là est peut-être le vrai sujet du film : comment une fake news, reprise en boucle, peut devenir incontrôlable.

Au départ, la jeune Bachira Chnina a créé un récit de toutes pièces à partir de ce qu’elle a entendu de la scène puisqu’elle était… absente ce jour-là. Si le film ne nous garantissait une grande fidélité aux faits, on trouverait trop grosse cette ficelle scénaristique, un vrai cas d’école. Comme souvent, le mensonge de Bachira est toutefois tissé de faits réels glanés çà et là : ainsi déclare-t-elle que Paty a donné un coup de pied dans sa chaise, comme un signe agressif ; on a bien vu le prof heurter le siège de l’élève, constatant que « décidément, on n’est pas fait pour s’entendre aujourd’hui ». Pour le reste, le récit est simple : Samuel Paty a stigmatisé les musulmans, les obligeant à quitter la pièce pour mieux pouvoir se moquer du Prophète.

Ce récit est semé sur un terrain fertile, celui de la suspicion de racisme. À la moindre frustration subie, on accuse celui qui vous l’impose de ce tropisme honteux. Bachira multiplie depuis des semaines les entorses au règlement ? Refuse de faire ses heures de colle ? Sa mère annule l’entrevue avec la direction pour en parler ? Rien n’y fait : si la collégienne est exclue, c’est que l’établissement pratique une ségrégation sur la couleur de peau…

Le père a le sang chaud, il diffuse aussitôt des messages indignés sur les groupes auxquels il appartient, en incitant à partager au maximum. Puis ce sont des vidéos agressives, bien orientées par Sefrioui, le salafiste fiché S qui pousse Chnina à faire du bruit. Les réactions violentes pleuvent. Nul besoin d’un tel drame pour déplorer ce manque de recul sur les réseaux sociaux : il suffit de lire les réactions sur n’importe quel post un peu clivant pour contempler le torrent d’invectives, d’insultes voire de menaces qui se déversent sans aucun recul, la bêtise le disputant à la haine. Ce film n’a pas échappé à ce qu’il dénonce : la polémique n’a pas tardé à enfler, certains qualifiant le long-métrage de Vincent Garenq d’islamophobe, voire de fasciste…

Une bombe soigneusement désamorcée

Ce n’est pas faute, pour Vincent Garenq, d’avoir anticipé ce danger. Son scénario multiplie les signaux évitant de faire l’amalgame entre islamisme et islam. Une amie musulmane de Chnina l’appelle pour lui révéler que Bachira a tout inventé. Plus loin, elle vient, avec une autre coreligionnaire, apporter tout son soutien à l’enseignant dans la tourmente. Peu avant l’assassinat, la police tient des propos lénifiants, au motif que la communauté musulmane n’a pas mordu à l’hameçon, que l’affaire est en train de se dégonfler. Sefrioui a une fille qui le désapprouve, allant jusqu’à dénoncer son père après l’assassinat. Une jeune Arabe, rétive au cours de Paty dans la première scène, prononce un discours plein de reconnaissance pour le prof décapité, alors qu’en fond, on aperçoit une couronne déposée au nom des « mosquées de… ». Cette élève cite même un verset du Coran, rejetant toute violence puisque « tuer une âme, c’est tuer toute l’humanité ». On ne saurait être plus clair, mais chacun sait qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre…

Prisonniers du mensonge

Chnina l’enragé est lancé. Le problème, quand on met le doigt dans le mensonge, c’est qu’il devient très difficile de faire machine arrière. La jeune Bachira sent bien que l’affaire prend des proportions inquiétantes, mais comment avouer qu’on a tout inventé, sans subir la foudre de son père ? Celui-ci, de même, s’est trop engagé pour reconnaître une erreur : les camarades de Bachira mentent, le personnel du collège ment, seule sa fille dit la vérité, il n’est plus possible d’enrayer l’engrenage.

Chnina se drape dans la vertu : il ne veut qu’une chose, ramener l’entente entre tous les élèves, quelle que soit leur confession, plutôt que de les dresser les uns contre les autres. Ces propos sont tenus alors que la caméra nous montre des gamins de toutes origines ethniques dans des rapports naturellement amicaux. Une bonne idée. Nul besoin de ramener l’entente entre les élèves dans cet établissement.

L’emprise de la peur

Les menaces se multiplient, sur les réseaux ou sur le répondeur du collège. Les collègues de Paty se désolidarisent par peur. L’un d’eux ira même prononcer une déclaration solennelle devant ses élèves, assurant qu’il est ignoble d’exclure les musulmans d’un cours (comme Bachira, il raconte ce qu’il n’a pas vu, note Samuel Paty) et qu’il demande pardon à toute la communauté musulmane. Plusieurs collègues vont dans ce sens, considérant que Paty a fait une erreur qui rejaillit sur eux. Pas tous, car Vincent Garenq se garde d’être manichéen : deux profs proposent de l’emmener et de le remmener en voiture, l’un d’eux prend ouvertement parti pour lui dans les débats.

Mais le personnage le plus exposé à l’angoisse est Paty lui-même, bien sûr. On le voit en butte à une insomnie, le lendemain mettre un marteau dans son sac avant de se rendre au collège une capuche sur la tête. Le héros n’est pas celui qui n’a pas peur mais celui qui affronte sa peur. Antoine Reinartz donne à voir, avec une belle sobriété, un homme tout ce qu’il y a d’ordinaire. Plutôt doux, posé, réfléchi, ingénieux dans sa pédagogie (ainsi de ce « cahier de blagues » qui concourt à le rendre sympathique), capable de défendre ses convictions s’il le faut : lorsque la principale annonce à la classe que leur enseignant va « s’excuser », il la reprend, en substance d’un « m’excuser peut-être pas, mais réexpliquer ce qu’il s’est passé ». Et quand elle lui proposera d’exercer son droit de retrait, il refusera, arguant que ce serait « reconnaître avoir eu tort ». Droit dans ses bottes mais pas non plus inflexible : face au Monsieur Laïcité du ministère, il acceptera de s’excuser face aux parents. Toujours ce très appréciable sens de la nuance de la part de Garenq, s’agissant d’un drame où chacun en a cruellement manqué.

Vers l’issue fatale

Un tueur se préparait. Garenq, pour ne pas en faire un héros, ne dit que très peu de choses sur lui. Il eût certes pu éviter de le figurer en ombre dans une pièce nue, le dramatisant comme dans un blockbuster, mais on lui pardonnera ce faux pas vu le nombre de chausse-trapes qu’il parvient à éviter par ailleurs. La tension monte alors que Paty fait son dernier jour d’école avant les vacances : le spectateur sait quelle est l’issue et surtout – c’est ce qui est terrible – qu’il ne s’agit pas d’une fiction. Ainsi empli de cette tension, il reçoit comme une décharge émotionnelle la réaction de la principale, apprenant le drame. « Ils lui avaient mis une fatwa » lance-t-elle en éclatant en sanglots.

L’assassinat reste hors champ : Vincent Garenq le montre dans le regard d’une petite fille assistant à la scène. Le son coupé qui suit montre bien son traumatisme. Fallait-il montrer la tête de Paty gisant à côté de son corps ? Le débat reste ouvert. Au moins le cinéaste ne la figure-t-il que de loin. Toujours ce sens de la mesure qui honore son film.

Un film mal nommé ?

Reste une question : Samuel Paty a-t-il vraiment été « abandonné » ?

Le premier soutien de l’enseignant est la Principale, incarnée avec beaucoup de sensibilité par Emmanuelle Bercot. Elle défend fermement Paty devant Chnina et Sefrioui qui font l’amalgame entre le cours sur les caricatures et l’exclusion de Bachira puis, suite à l’intrusion autoritaire de ces deux excités, lance une procédure de gravité maximale. C’est un classique, mais on sourira à l’avalanche de sigles et d’acronymes qui se déverse sur elle, inscrits sur des post-it, détaillant la procédure à suivre. Un référent Laïcité (peu soutenant, pointant l’entorse au code de la laïcité qu’aurait commise Paty), puis la police, la DGSI, se mettent sur les rangs.

La liste de leurs manquements est établie en fin de film par un policier à son supérieur. Une menace n’a pas été prise assez au sérieux par la cellule anti-terrorisme, le maire n’a pas voulu affecter des effectifs supplémentaires à la protection de l’établissement au motif que la sécurité d’un collège relève de l’Education Nationale, une demande de protection a bien été engagée par Paty mais trop longue à mettre en œuvre. De multiples grains dans les rouages qui aboutissent au drame. Le résultat ? Samuel Paty a eu un sentiment « d’abandon », lance le flic. (C’est là-dessus qu’il aurait fallu conclure le film : dommage d’avoir ajouté la scène des funérailles au collège qui, si elle permet d’en remettre une couche contre tout amalgame comme on l’a vu, verse surtout dans un pathos que Garenq avait très bien su éviter jusque-là.)

De multiples micro-défaillances ne font pas un abandon. On voit l’enseignant soutenu par sa hiérarchie (et Dieu sait que ce n’est pas toujours le cas…), pris au sérieux par les services de l’Etat, aidé par certains de ses collègues. On ne peut tout de même pas compter cela pour rien. Curieux donc, que le cinéaste ait choisi pour titre une notion que son film ne valide pas vraiment – ce qui le rend d’ailleurs plus intéressant car plus complexe.

Un traitement formel conventionnel

Vincent Garenq tient sa gageure : rendre compte de ces onze derniers jours sans trop de sensiblerie, sans caricature, sans prendre en otage le spectateur. Reste une limite : cinématographiquement, l’objet est assez quelconque. Pas mal de « marqueurs de banalité » (musique illustrative, plans de drone, scènes au volant d’une voiture…) et peu de beaux plans à se mettre sous la dent. Vincent Garenq n’a pas fait la démonstration qu’il est un cinéaste singulier. Mais il réalise, avec ce peut-être mal nommé L’Abandon, un film utile, qui parvient à saisir le spectateur. Ce n’est pas rien.

L’Abandon : Bande-annonce

L’Abandon – fiche technique

Titre original : L’Abandon
Réalisation : Vincent Garenq
Scénario : Vincent Garenq, Alexis Kebbas, en collaboration avec Mickaëlle Paty
Interprètes : Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, Emma Boumali, Nedjim Bouizzoul, Azize Kabouche
Montage : Aurique Delannoy
Musique : Nicolas Errèra
Production : François Kraus, Denis Pineau-Valencienne, Stéphane Simon, Cloé Garbay, Bastien Sirodot
Producteur exécutif : (non communiqué)
Société de production : Les Films du Kiosque, Outside Films, en coproduction avec France 3, UGC, UMedia
Pays de production : France
Société de distribution France : UGC Distribution
Durée : 1h40
Genre : Drame
Date de sortie : 13 mai 2026

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3.5

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Jérôme Duvivier
Jérôme Duvivierhttps://www.lemagducine.fr/
Chanteur et enseignant en jazz, j’ai une deuxième passion : le cinéma. Un lointain atavisme familial peut-être, puisque Julien Duvivier était mon grand oncle ! Mes critiques sont plutôt des analyses car ce que j’aime avant tout c’est exprimer tout ce qu’il y a à tirer d’une œuvre. Ces analyses sont volontiers descriptives pour que le lecteur puisse revivre le film. Mes héros en cinéma ? Ils sont nombreux et aux quatre coins du globe. Liste non exhaustive ! D’est en ouest, chez les cinéastes vivants : Hamagushi, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong, Rasoulof, Nuri Bilge Ceylan, Pawlikowski, Skolimowski, Cristian Mungiu, Béla Tarr, Milos Forman, Kaurismäki, les Dardenne, Jonathan Glazer, Ruben Östlund, Lars Von Trier, Pedro Costa, Jodorowsky, Iñarritu, Francis Ford Coppola… Et chez les anciens : Kurosawa, Ozu, Eisenstein, Kalatozov, Tarkovski, Satyajit Ray, Kiarostami, Murnau, Fassbinder, Fritz Lang, Dreyer, Fellini, Pasolini, Chantal Akerman, Agnès Varda, Bresson, Renoir, Carné, Buñuel, Hitchcock, Kubrick, Bergman, Raoul Ruiz, John Ford, Orson Welles, Buster Keaton, Chaplin… Des chefs d’oeuvre ? "Le voyage à Tokyo", "Barberousse", "Le cuirassé Potemkine", "Quand passent les cigognes", "Nostalgia", "M le Maudit", "L’aurore", "Fanny et Alexandre", "Jeanne Dielman", "Le Bonheur", "Au hasard Balthazar", "L'année dernière à Marienbad", "Le procès", "L’homme qui tua Liberty Valence", "Vertigo", "Le Parrain", "Les harmonies Werckmeister"…

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