Inscrit23 août 2022
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Bref, tous jouent également sur leur fond caricatural et codifié, pour mieux le renverser, mécanique générale du film donc. Mais s'ils le peuvent si bien c'est qu'ils sont avant tout une bande de lycéens. Kevin Williamson a fait du slasher un teenage movie et il faut oser dire qu'il s'agit là d'une idée profondément séminale et féconde dont on a peut-être pas encore mesuré l'impact.
C'est un réel pétri de tendresse que cherche à illustrer le film, au delà du poids peut-être mort d'une tradition et d'une théorie de toute façon déjà abordées maintes fois ailleurs. Ainsi ce plan magnifique qui montre un cuistot – celui qui annonce à Berlinguer l'événement d'un attentat fasciste – dans le jour d'un mur sur lequel est par ailleurs accroché le portrait de Marx. Les grands noms sont ainsi muets et font partie de la décoration. Non qu'il s'agisse de les oublier ou de les maltraiter (le film s'ouvre sur une citation de Gramsci) mais ils sont proprement un cadre dans lequel la vie de Berlinguer prend place non ce qu'il s'agit vraiment de raconter.
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Grand gagnant, In a violent Nature se paie le luxe d'allier ces deux tendances en offrant une lecture très abstraite, soustractive, des codes du genre et finalement très sérieuse du slasher tout en y incluant des moments gore savoureux dont le contraste ponctue parfaitement cet OVNI horrifique. Ce moment de grâce en forme de renouveau à confirmer, pour nous, amateurs de films de genre, sera-t-il un feu de paille ou le début d'un nouvel âge d'or ?
Tout se passe comme si Sorrentino nous resservait les mêmes thèmes, la même esthétique, que La Grande Bellezza dans l'écrin de La main de dieu, sa ville de cœur, Naples. Bref, pour un film qui se clôt sur l'importance intellectuelle et artistique de voir les chose, il nous sert du vu et revu. Quoiqu'il soit un très grand metteur-en-scène éduqué à l'école des maestri du cinéma italien, on peut se demander si ce glorieux héritage n'est pas plutôt un testament tant il s'évertue à filmer quelque chose d'inerte qui semble étouffer sous l'odeur de la mort.
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Jusque là classique, le film était un whodunnit (qui a fait le coup?) dans le plus pur esprit du genre mais à la faveur d'une pirouette stylistique, le personnage de Suzy Kendall se casse la cheville et doit rester alitée. Pourquoi ne pas aller tous s'enfermer dans la villa de son étrange oncle pendant son opportun séjour à Paris ? De l'énigme comme conductrice de l'intrigue, on arrive alors à un jeu du chat et de la souris entre jolies victimes et le tueur.
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Nouveau cru gothique en forme d'hommage appuyé à ses parents, le comte Orlok fait-il toujours peur ? Le "Nosferatu" de Robert Eggers prend donc des allures de conte macabre qu'il semble revendiquer avec gourmandise : à ceux qui sont venus prendre leur dose de vampirisme, ils repartiront gavés d'un cinéma de genre qui se pourlèche de son raffinement revendiqué.
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Voilà l'idée qui structure "Seconds" : ce qui apparaît dans le cadre, c'est le frisson extatique du consumérisme américain mais sans son enrobage publicitaire, le rêve américain brusquement enfoncé dans une réalité décevante et morne, qui n'est rien d'autre que la sienne. D'où l'impossibilité d'habiter sereinement un espace qui apparaît étouffant dès le premier plan du film : un œil écarquillé qu'on dirait toujours à la limite de la révulsion et qui nous observe fixement et bizarrement.
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Là où le poliziesco flirtait avec le genre cousin du « film-dossier » politique (dont le maître est incontestablement Francesco Rosi avec L'affaire Mattéi ou Salvatore Giuliano), Adagio tire précisément vers le film d'auteur mélancolique et désabusé – son compère Sorrentino une fois de plus- comme si parler de la société italienne ne donnait plus vraiment lieu à la scénographie des collusions et corruptions d'une politique viciée mais tentait de gérer la catastrophe et ses conséquences dans une société de toute façon viciée et épuisée. Avec au loin dans la profondeur de champ que dessine le cadre nocturne, non pas l'espoir mais l'incendie pour seul horizon.
Gerardmer2024-bilan
Il y a quelque chose, dans cette sélection 2024 de Gérardmer, qui rappelle Une saison en enfer, ce long poème en prose de Rimbaud : quelque chose de la quête désespérée, jusqu’au bout des ténèbres, d’une charité perdue : n’y a-t-il pas une espèce de solidarité autour du diable parmi les enfants d’Evil Lurks, d’un amour sacrificiel entre le croque-mort et sa morte-vivante dans The Funéral, d’un respect et d’une reconnaissance fondamentale entre Sara et le loup-garou dans Resvurgis, et d’un dévouement généreux à un projet plus grand que soi dans The Seeding ?