Le retour du fascisme sur le petit écran : M – L’Enfant du siècle (M – Il figlio del secolo)

Que vaut « M – Il figlio del secolo », la mini-série télévisée italo-française réalisée par Joe Wright et interprétée par Luca Marinelli, la dernière production de Sky tirée du roman homonyme de 2018 d’Antonio Scurati ?

L’écrivain italien, qui a reçu le prix Strega 2019 – l’équivalent du Goncourt – pour M. L’enfant du siècle, campe le portrait de Mussolini en un triptyque romanesque d’une ampleur inédite. La première partie, qui paraît aujourd’hui en français, traite de la période 1919-1924 et comprend déjà plus de 800 pages. Biopic de Mussolini, elle dresse le paysage de l’Italie au sortir de la première guerre mondiale, frustrée des fruits territoriaux d’une victoire qui a coûté plus d’un million de morts civils et militaires, déchirée par des affrontements pré-guerre civile entre les militants révolutionnaires et la poignée de fascistes lancés à la conquête de Rome.

Jeudi 9 janvier 2025, à 20 h 35, « les chaînes de télévision généralistes et les principales radios de notre pays ont diffusé simultanément un « discours à la nation » de Benito Mussolini », relate La Stampa. Il s’agissait en réalité d’une bande-annonce, celle de M. Il figlio del secolo (« M. L’Enfant du siècle »). Le sensationnalisme des médias désespère comme toujours mais son exagération dit quelque chose de la vérité. Dans un pays qui voit de plus en plus de saluts fascistes dans ses rues, une société qui a à sa tête la petite-fille du personnage central, dans une Europe qui voit revenir doucement la bête tout en empruntant le même flegme inquiétant, la presse italienne avait-elle raison ? Y a-t-il un danger à produire et regarder un biopic stylisé sur l’ascension d’un des plus grands criminels du XXe siècle ? Est-ce une fiction bien faite ou une production flatteuse d’autant plus dangereuse pour la société qu’elle ne se rend pas compte de son éloge du Duce ? Si Mussolini est le fils du siècle, de quel siècle parle-t-on ? Car les parallèles avec le présent sont inévitables mais cela ne signifie pas qu’ils soient pertinents.

Il faut voir M – Il figlio del secolo car c’est une bonne série. Et même une bonne série historique. Qui veut en apprendre davantage sur l’ascension de Mussolini et sur les squadre fasciste en aura pour son argent. Les faits qui composent le premier volet du triptyque romanesque et mis en scène sur huit épisodes sont aussi bien relatés que les historiens ont pu en juger ; des débuts socialistes et désargentés du futur dictateur, jusqu’à son triomphe devant le roi et le peuple en passant par le moment grand-guignolesque de la retraite de D’Annunzio à Fiume – autant de péripéties dans la résistible ascension du fascisme que M se charge de décrire avec force détails. Rien n’est oublié, ni par le scénario ni par la réalisation car rien n’y est ennuyeux et c’est bien évidemment la marche sur Rome qui sert de point d’orgue à la narration (et y parvient donc à peu près au milieu) et dont le showrunner se paie le luxe de nous la laisser imaginer.

Une peinture historique satisfaisante

Au sortir de la première guerre mondiale, l’Italie est rangée du côté des vainqueurs mais un peu par hasard et les territoires conquis sur l’Autriche déclinante sont autant de nouvelles difficultés pour un État mal unifié, mal géré et de toute façon exsangue des millions de morts de la guerre. Les conquêtes libérales ont eu le temps de se sédimenter depuis le Risorgimento mais le jeune royaume d’Italie est encore aux prises avec un processus d’unification qui ne suit pas (et ne suivra jamais) les inégalités de développement économiques et géographiques. Ainsi, les quelques poches productives qui combinent les méthodes industrielles de « la maison France-Angleterre » comme disait Lénine se situent en Lombardie et dans le Piémont tandis que le Sud est voué à la continuation indolente du travail agricole arriéré. C’est bien cette confrontation entre l’arretratezza – le retard d’un pays encore immergé solidement dans son passé et ses traditions versus les idées nouvelles qui viennent d’au-delà des Alpes que l’on voit aussi à l’écran, notamment dans le dialecte que parlent Mussolini et sa femme. C’est cependant surtout le vent de liberté apporté dans le monde entier par « les dix jours qui ébranlèrent le monde » selon le titre de l’article de John Reed qui suscitèrent sur un terreau ancien de nouveaux espoirs et de brutales révoltes. Le biennio rosso (« les deux ans rouges ») de 1919-1920 qui forme le point de départ narratif de la série, se constitue de deux années de luttes proto-révolutionnaires de révoltes et violences. Confondant peur du changement et goût de la liberté nouvelle (un cocktail classique dans le cinéma italien, qu’on pense au Guépard de Visconti), les élites prennent peur et se réfugient chez les fascistes. Eux-mêmes ont certes au départ partie liée avec les socialistes, mais sont surtout comme la série le montre bien, opportunistes. Craignant le spectre communiste, ils entraînent la société italienne tout entière dans une course frénétique. Gavés d’argent de la jeune bourgeoisie industrielle du nord, Mussolini peut marcher sur Rome. La série commet le tour de force de décrire adéquatement ce tourbillon historique et social, en combinant un montage rapide et énergique avec une bande-son techno anachronique mais parfaitement à propos pour représenter ce sentiment d’urgence qui n’est en fait qu’un pur désordre.

Les interprétations y sont précises et justes. Celles de Luca Marinelli sont époustouflantes (il n’a pas volé son prix au festival Séries Mania de Lille) et semblent à elles seules résumer le sentiment que l’on peut retirer du visionnage de cette bonne série. À aucun moment, le Mussolini campé par Marinelli ne semble à côté de son personnage – de son personnage historique, en dehors des clous du vraisemblable et du réel. Luca Marinelli en Mussolini fait Mussolini comme un bon comédien – ou un bon menteur – fait vrai, en étant juste. Il est tour à tour magnifié par la puissance d’un charisme qu’on prêterait volontiers au Duce puis tourné en ridicule en privé lors de ses déconfitures conjugales et adultérines, en passant par les instants de doute, les moments de dégoûts et les postures risibles de mégalo de province. Tout ce que l’on sait, mais aussi tout ce que l’on imagine du dictateur sont interprétés à la perfection par Marinelli.

Locomotives, saluts romains et techno

Mais encore une fois c’est le même commentaire que l’on peut adresser à la série tout entière dans la mesure où la narration ne semble jamais à côté de la plaque historique et ce d’autant mieux que la tâche s’annonçait extrêmement périlleuse. Il y a toujours en effet un danger à filmer l’histoire pris comme on est entre la tentation d’un réalisme juste mais plat façon documentaire de télé et un romantisme exacerbé, d’autant plus déplacé qu’il est faux façon hagiographie politique douteuse voire scandaleuse. M réussit parfaitement à faire la part des choses par son choix d’authenticité déjà mentionné dans la mesure où rien n’est épargné au spectateur : la bassesse comme l’héroïsme, les victoires comme les coups bas ridicules. Mais ce danger de filmer l’histoire est ici élevé au rang de véritable gageure car il ne s’agit pas de n’importe quelle histoire mais celle qui approche le mieux de l’invisible, posant à la série la question devenue classique depuis sans doute les documentaires de John Ford sur le front du Pacifique, comment représenter l’irreprésentable ? L’histoire immonde qu’on ne peut pas voir, celle de la seconde guerre mondiale, de la guerre industrielle, des camps et donc du fascisme. Là encore, à première vue, la série s’en sort extrêmement bien.

Un de ces points forts est en effet son style qui a l’air de cadrer parfaitement son sujet, non pas le fascisme des années 20 et 30 « en général » mais ce moment particulier qu’est le fascisme italien – un pays dominé par l’écrasant sentiment du retard sur les autres puissances européennes. Habilement, sans se départir de cette impression d’authenticité, de cet effet de réel historique qu’elle devait proposer pour atteindre une certaine qualité, M parvient aussi non à esthétiser cette période mais à l’habiller en lui donnant un style qu’on ne lui aurait pas prêté. Ainsi, dans le droit sillage du futurisme de Marinetti (qui apparaît toujours ridicule et exagéré), toute la période semble non seulement accompagner la modernisation de l’Italie mais sa steampunkisation. Ainsi, les rails et les locomotives, les usines qui crachent sans cesse des panaches de fumée ou de vapeurs. Le bruit de la machine qui fait ressembler la ville éternelle à une usine. Le tout baigné dans une photographie très artificielle et pour tout dire très Netflix, prenant toujours le parti du chiaroscuro, mais qui se marie parfaitement à l’ambiance industro-fasciste qui prolifère tout autour.

Dans la mesure où la série ne semble commettre aucun impair historique, filmique, esthétique ou narratif, on peut dire que M est une bonne représentation du fascisme italien et de cette période historique qu’est le biennio rosso – d’autant plus qu’elle aligne les qualités qu’on attend de cette série sans tomber dans la fascination perverse pour une période noire. Le spectateur est pris dans l’action et dans la succession des épisodes parce qu’il veut savoir ce qu’il va arriver aux fascistes et surtout au Duce. Bien qu’il le sache, il veut en avoir la confirmation de même qu’on sait qu’un héros d’aventure va forcément s’en sortir et qu’un méchant de film noir forcément tomber au profit du héros. M arrive en effet à être une franche réussite sur le fascisme mais demeure une série avant tout ; avec ses intrigues, ses personnages, ses cliffhangers, tous des marqueurs obligés pour cette forme audiovisuelle désormais balisée et nécessairement consumériste.

De quoi M est-elle le nom ?

De ce point de vue-là, on peut se demander si la réussite de la série n’est pas le meilleur aveu de son échec. En transformant le biennio en feuilleton façon plateforme, la série s’expose à rater son objet au moment même où elle le saisit – puisqu’il manque la distance qui sied forcément à cette période historique et à ses monstres. De la même manière qu’on ne regarde ni le soleil, ni la mort en face, comme disait le moraliste, il faut sans doute si l’on veut le comprendre, regarder le fascisme et ses crimes dans le lointain, de peur d’être envahi par la multiplicité de ses phénomènes qu’on a bien du mal à réunir, et unifier, à l’inverse justement des branches du faisceau des licteurs. À l’image d’une locomotive lancée à pleine vitesse sur de l’électro, M fonce en se complaisant dans son allure folle et nous emporte au risque de faire oublier à quel point nous sommes devant une période dont la complexité est à ressaisir sous peine de la reproduire – et elle se reproduit à l’heure de Meloni, Trump, etc.

Si on ne peut décemment par reprocher aux showrunners de n’avoir pas trouvé le traitement ultimement adéquat pour montrer et construire une narration sur le fascisme italien (peut-on vraiment y arriver ?), il reste vraiment dommage qu’elle ne se soit pas inspirée de la maestria de ses aïeuls. Là où un Bertolucci (dans Le Conformiste), un Petri (Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon mais aussi Todo Modo) trouvaient la distance juste pour poser un regard qui ne soit ni trop lointain au point d’en troubler la compréhension, ni trop proche au point de s’exciter du plaisir de voir l’invisible, M semble être le fils du siècle certes, mais pas du nôtre. Agamben dans Che cosa è il contemporaneo ? (Qu’est-ce que le contemporain ?) montrait à l’aide d’une métaphore astrale, que « le sens du contemporain » dans le domaine de l’art était précisément pour une œuvre de faire ressortir l’obscurité de ce qui est en train de se passer à son époque, telles les étoiles dont la lumière vient mieux accentuer le noir intersidéral. M ne semble hélas pas être notre contemporain puisqu’il n’a, curieusement, rien à nous dire sur notre présent.

N’est-ce pas le meilleur indice de la banalisation des thèmes, de l’esthétique et finalement du retour fasciste ? Non pas que la série tombe dans le piège facile de poser un regard absorbé, rivé à son objet horrible comme un enfant fasciné par le mal et la transgression. Mais au contraire quelque chose de plus retors, comme si le fascisme et tout ce qu’il promet n’était pas quelque chose à comprendre ou dont il faut craindre l’avancée, mais une marchandise de plus dont il faut d’autant plus jouir dans le temps rapide et consumériste d’un visionnage de série, que le marché en est saturé.

Bande-annonce : M – Il figlio del secolo

Fiche technique – M : Il figlio del secolo

  • Titre français : M. L’Enfant du siècle
  • Format : Mini-série télévisée (8 épisodes)
  • Réalisation : Joe Wright
  • Scénario : Adaptation du roman d’Antonio Scurati
  • Interprétation : Luca Marinelli, Barbara Ronchi, Greta Scarano
  • Production : Sky Studios, The Apartment, Pathé
  • Nationalités : Italie, France
  • Langue : Italien (VOSTFR)
  • Genre : Drame historique, Biopic
  • Durée : 8 x 52 minutes (environ)
  • Première diffusion : Janvier 2025 (Sky Italia)
  • Adaptation : Tirée du roman M. L’enfant du siècle (Antonio Scurati, Prix Strega 2019)
  • Période traitée : 1919–1924 (Biennio rosso, montée du fascisme)

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