Shang-Chi et La Légende des Dix Anneaux : un renouvellement timide mais visible

Qu’on se le dise, Shang-Chi et La Légende des Dix Anneaux ne va pas révolutionner l’univers Marvel. Mais dans un sens, ce n’est pas ce qu’on lui demande et le film arrive avec fraîcheur à sortir un peu des sentiers battus de l’écurie cinématographique. 

Certes, le film dispose du même cahier des charges qui parcourt les autres films labellisés Marvel, avec c’est-à-dire, un humour omniprésent mais qui fonctionne plutôt bien (Awkwafina et Ben Kingsley), une mise en scène souvent générique, une « origin story » dont on comprend rapidement les tenants et aboutissants puis malheureusement la présence d’un héros au charisme parfois aux abonnés absents. Pourtant, derrière une œuvre qui se réapproprie une imagerie asiatique folklorique (chinoise en l’occurrence cette fois-ci) par le prisme d’un emballage à l’américaine faite de légendes par dizaines, Shang-Chi y trouve un noyau. 

Un cœur qui fait le charme de son récit. On se rapproche plus de Kung Fu Panda que d’un film de Zhang Yimou mais comme en atteste cette première séquence de combats, qui s’avère lisible et correctement chorégraphiée, le film va lier son action et son récit : là où une simple confrontation va alors devenir une danse nuptiale. Par ce biais, qui sera le cœur d’une histoire autour du deuil, de l’acceptation de la perte de l’autre puis de la gangrène qu’est la vengeance, Shang-Chi se mue rapidement en drame familial à taille humaine. Entre Shaun aux souvenirs douloureux et à la culpabilité refoulée, son père hanté par la colère et les fantômes de l’être aimé puis sa sœur remplie de rage, ce récit initiatique va prendre forme avec vigueur. 

Parfois assez mécanique, ou même rudimentaire dans son évocation, il n’empêche que ce drame familial détient un souffle romanesque que l’écurie Marvel n’a pas toujours eu ou assez bien suggéré. Romanesque inspiré inévitablement par un scénario muni de flashbacks parfaitement amenés, d’un climax final au bestiaire et au gigantisme que ne renierait pas Détective Dee puis grâce la présence tenace et tout en retenue d’un Tony Leung toujours charismatique malgré le coté boursouflé de certaines scènes. Le tout, avec cette amplitude que le film donne à ses scènes d’action (notamment celle dans le bus), le temps qu’il donne à ses personnages pour apprendre d’eux mêmes, et cette ambition qu’à Shang-Chi à sortir de l’univers visuel habituel de la série cinématographique, l’œuvre s’annonce comme un  souffle d’air frais. 

Cependant, il y a dans le film de Destin Daniel Cretton une ambition à demi-mot, comme si nous étions en face d’un puzzle où toutes les pièces ne pouvaient s’emboiter réellement ensemble. Sous couvert d’une féerie exotique qui puise dans bien des genres distincts, et un respect indéniable des influences requises, Marvel ne peut s’empêcher de recourir à sa recette habituelle. Comme si cette nouvelle phase voulait se renouveler mais avec des ingrédients antérieurs : faire du neuf avec du vieux. Ce qui donne un résultat proche du travail à la chaine qui fait le succès de la firme et qui sent le déjà vu mais qui s’avère assez divertissant et dont la personnalité et la singularité valent tout de même le détour. 

Shang-Chi – Bande Annonce

Synopsis : Shang-Chi va devoir affronter un passé qu’il pensait avoir laissé derrière lui lorsqu’il est pris dans la toile de la mystérieuse organisation des dix anneaux.

Shang-Chi – Fiche Technique

Réalisation : Destin Daniel Cretton
Scénario : Dave Callaham, Destin Daniel Cretton, Andrew Lanham
Casting : Simu Liu, Tony Leung, Awkwafina, Fala Chen…
Durée : 2h12 minutes
Genre: Drame/Super Heros
Date de sortie : 1er septembre 2021 (The Walt Disney Company France)

 

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