Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Shinya Tsukamoto poursuit les mêmes pulsions que le diptyque Tetsuo. Tokyo Fist est une avalanche de fureur, un magma de souffrance qui s’extériorise : souffrance nihiliste qui fait de nous les humains que nous sommes. Dans une société formatée où les humains ressemblent à des fourmis qui porteraient inlassablement leur fardeau, Tsukamoto continue sa plongée dans la frustration qui émane de cette dite société de consommation.
Adapter le gigantesque roman de John Steinbeck était une gageure. Elia Kazan l'a fait au prix de choix judicieux : se focaliser sur la dernière partie du roman, garder la réflexion magnifique sur la parentalité, et miser sur une interprétation exceptionnelle.
Pour tout amateur de trésors bis, le cinéma italien est une véritable mine d'or. Pour ce 4ème rendez-vous de Bloody Sunday, nous mettons à l'honneur l'un des plus grands metteurs en scène du cinéma d'exploitation italien, Lucio Fulci. Au travers de son chef d'oeuvre l'Au-delà, retour sur un esthète du macabre.
Entre son désir d’ascension sociale qui le pousse vers la riche Chloé et ses pulsions à l'égard de l'indomptable Nola (Scarlett Johansson), quel sera le destin de Christopher ? Est-ce une question de choix ou bien de chance ?
Retour sur l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma. Avec "M le Maudit", Fritz Lang va donner au son une dimension nouvelle, dépeindre une société allemande à l'agonie et annoncer l'émergence du nazisme. Le tout avec un sens de l'image et une subtilité rarement reproduits depuis lors.
Donnie Darko est une oeuvre difficilement classable mais marquante voire essentielle en ce sens qu’elle voit l’adolescence comme point névralgique de l’observation d’un monde qui marche sur la tête et qui nie sa propre réalité.
Avec un casting exceptionnel (Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson, Eli Wallach, James Coburn), avec sa musique culte, avec un John Sturges inspiré, avec ses scènes d'action et l'image véhiculée du monde paysan mexicain, Les Sept Mercenaires avait tout pour devenir un film culte.
Il est de ces films qui affichent une simplicité désarmante, véhiculent plus que de simples images et touchent en plein coeur. La Légende du Pianiste sur l'Océan fait clairement partie de ceux là, tant à travers sa sève résolument romanesque, il rappelle le pouvoir fédérateur de la musique, l'importance de l'amitié et donne au final une petite merveille sur pellicule.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.