Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Plus qu'un simple exploit technique, L'Arche russe est un extraordinaire film sur la Russie et sur Saint-Pétersbourg en particulier, une mise en scène de la fluidité du temps, une réflexion sur l'histoire et l'art, et un dialogue sur la spécificité culturelle de la Russie.
« Network » est plus encore le fruit du scénariste Paddy Chayefsky que du réalisateur Sidney Lumet. Le premier détricote la petite lucarne en mettant en saillie ses pires bassesses. Le second met en scène des protagonistes vampirisés par l'audimat, plus pathétiques et vaniteux que rigoureux. L'ensemble donne lieu à un chef-d'oeuvre qui en dit long sur les pratiques des grands réseaux télévisuels.
Alors que la figure du tueur en série est la thématique de ce mois au Mag du ciné, Bloody Sunday profite de l'occasion pour mettre à l'honneur le pape du cinéma extrême allemand Jörg Buttgereit au travers de son portrait sans concession d'un tueur en série répondant au nom de Schramm. Une plongée traumatisante dans un esprit empli de perversion entre réalisme sordide et séquences hallucinées.
"Le Testament du docteur Mabuse" est important à plusieurs égards. Il est le dernier film allemand de Fritz Lang, celui à cause duquel il prit la fuite en France. Il contient une charge assez explicite envers le régime hitlérien et ses slogans creux. Il continue d'explorer le son tout en radiographiant l'Allemagne des années 1930.
Valse avec Bachir emprunte le chemin du documentaire, du polar, du film de guerre et superpose des récits touchants pour raconter les aléas et l’arrière du décor d’une guerre aux contours plus troubles. Pour ce faire, Ari Folman compose un film d’animation au dessin magnifique et atypique, à la fois réaliste et onirique dont la créativité fait mouche dès les premiers instants.
Alors que le scénario date de 1921, ce n'est qu'en 1958 que Fritz Lang peut enfin réaliser son diptyque indien constitué du Tigre du Bengale et du Tombeau Hindou, un film unique coupé en deux parties, véritable joyau d'une beauté rare.
Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, c'est l'expression d'une nouvelle liberté des années 50, l'éclosion d'une nouvelle époque cinématographique et d'une nouvelle figure : Brigitte Bardot.
Pour ce 5ème épisode de Bloody Sunday, il est temps de mettre à l'honneur la chair humaine au travers d'un genre qui en est friand, le Body Horror. Sous ce genre de l'horreur spécialisé dans la trituration et la mutation des corps, le Body Horror compte d'illustres représentants. Intéressons nous aujourd'hui à ce cher Brian Yuzna qui a su offrir au Body Horror une approche des plus grotesques au travers de sa satire des élites bourgeoises de Beverly Hills, Society.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.