Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

La Dolce Vita, de Federico Fellini : vacuités bruyantes et idoles magnifiques

Dimanche, c'est classique ! Aujourd'hui, nous replongeons dans l'un des plus grands films du septième art : La Dolce Vita de Federico Fellini. Une œuvre sur l'échec, sur le désespoir latent d'une mondanité qui fait tout pour combler le vide existentiel qui la ronge.

Silence, de Masahiro Shinoda, la foi et la douleur

Adapté du même roman qui avait donné le film de Martin Scorsese en 2018, Silence a été réalisé par Masahiro Shinoda en 1971 et est resté inédit en France jusqu'à présent. Il sort enfin sur nos écrans le 19 juin 2019, l'occasion de voir ce très beau (et douloureux) film qui pose de nombreuses questions sur l'identité, la foi, l'universalité des valeurs...

Le Congrès d’Ari Folman : la numérisation du cinéma

Le Congrès n’est pas la suite de Valse avec Bachir mais en est une belle continuité. Une continuité, parce qu’Ari Folman accentue son introspection mémorielle et la matérialisation des traumas qui peuvent guider les hommes et les femmes à sombrer dans une certaine forme de néant.

Hair, de Milos Forman, l’utopie chantante

En adaptant, dix ans plus tard, la comédie musicale hippie Hair, de Rado, Ragni et McDermot, le cinéaste d'origine tchèque Milos Forman fait un film à la fois personnel et respectueux de l'utopie hippie.

Bloody Sunday #7 – Ninja Scroll de Yoshiaki Kawajiri

Quand on parle de japanimation, le premier nom qui vient en tête est Ghibli. Pourtant d'autres studio ont su marquer les esprits au travers de contenus plus adultes, et c'est le cas du studio Madhouse. Si l'un de ses représentants les plus iconiques est le regretté Satoshi Kon, Yoshiaki Kawajiri n'est pas en reste. Avec Ninja Scroll, il accouche d'une oeuvre violente où un rônin se voit aux prises avec un panthéon de démons tous plus puissants les uns que les autres.

« Le Voleur de bicyclette » : l’Italie d’après-guerre de Vittorio De Sica

"Le Voleur de bicyclette" est une œuvre plurielle. Elle pose les jalons du néoréalisme italien, narre le quotidien désenchanté de l'après-guerre, met en exergue des comédiens amateurs, décrypte des liens filiaux distendus et propose une vue panoptique de la ville de Rome. Vittorio De Sica y fait étalage de toute l'ampleur de son cinéma.

Elephant, d’Alan Clarke : impossible de le manquer dans un couloir

Dix-huit scènes répètent un seul et même procédé pendant 39 minutes de ce moyen métrage, réalisé pour la BBC et produit par Danny Boyle en 1989. Un plan large, un homme qui marche, suivi caméra à l'épaule, de dos ou ¾ dos, un meurtre, un mort.

Amarcord, de Federico Fellini : « Je me souviens… »

Revoir Amarcord construit comme un "Je me souviens" cinématographique c'est convoquer le monde magique et déformant de l'adolescence.

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À ne pas manquer

« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.