Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.
Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
« Network » est plus encore le fruit du scénariste Paddy Chayefsky que du réalisateur Sidney Lumet. Le premier détricote la petite lucarne en mettant en saillie ses pires bassesses. Le second met en scène des protagonistes vampirisés par l'audimat, plus pathétiques et vaniteux que rigoureux. L'ensemble donne lieu à un chef-d'oeuvre qui en dit long sur les pratiques des grands réseaux télévisuels.
Alors que la figure du tueur en série est la thématique de ce mois au Mag du ciné, Bloody Sunday profite de l'occasion pour mettre à l'honneur le pape du cinéma extrême allemand Jörg Buttgereit au travers de son portrait sans concession d'un tueur en série répondant au nom de Schramm. Une plongée traumatisante dans un esprit empli de perversion entre réalisme sordide et séquences hallucinées.
"Le Testament du docteur Mabuse" est important à plusieurs égards. Il est le dernier film allemand de Fritz Lang, celui à cause duquel il prit la fuite en France. Il contient une charge assez explicite envers le régime hitlérien et ses slogans creux. Il continue d'explorer le son tout en radiographiant l'Allemagne des années 1930.
Valse avec Bachir emprunte le chemin du documentaire, du polar, du film de guerre et superpose des récits touchants pour raconter les aléas et l’arrière du décor d’une guerre aux contours plus troubles. Pour ce faire, Ari Folman compose un film d’animation au dessin magnifique et atypique, à la fois réaliste et onirique dont la créativité fait mouche dès les premiers instants.
Alors que le scénario date de 1921, ce n'est qu'en 1958 que Fritz Lang peut enfin réaliser son diptyque indien constitué du Tigre du Bengale et du Tombeau Hindou, un film unique coupé en deux parties, véritable joyau d'une beauté rare.
Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, c'est l'expression d'une nouvelle liberté des années 50, l'éclosion d'une nouvelle époque cinématographique et d'une nouvelle figure : Brigitte Bardot.
Pour ce 5ème épisode de Bloody Sunday, il est temps de mettre à l'honneur la chair humaine au travers d'un genre qui en est friand, le Body Horror. Sous ce genre de l'horreur spécialisé dans la trituration et la mutation des corps, le Body Horror compte d'illustres représentants. Intéressons nous aujourd'hui à ce cher Brian Yuzna qui a su offrir au Body Horror une approche des plus grotesques au travers de sa satire des élites bourgeoises de Beverly Hills, Society.
Shinya Tsukamoto poursuit les mêmes pulsions que le diptyque Tetsuo. Tokyo Fist est une avalanche de fureur, un magma de souffrance qui s’extériorise : souffrance nihiliste qui fait de nous les humains que nous sommes. Dans une société formatée où les humains ressemblent à des fourmis qui porteraient inlassablement leur fardeau, Tsukamoto continue sa plongée dans la frustration qui émane de cette dite société de consommation.
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.