Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

En Quatrième Vitesse : l’Amérique au bord du précipice

Adapté (très librement) d'un roman de Mickey Spillane, En Quatrième Vitesse nous montre une enquête du détective privé Mike Hammer, enquête mouvementée, brutale et angoissante qui se double d'un portrait d'une Amérique au bord du précipice. Une leçon de cinéma remarquablement réalisée.

Bonne chance (1935), de Sacha Guitry : la folie des gens heureux

Bonne chance, de Sacha Guitry, est l'une des comédies romantiques les plus lubitschiennes du cinéma français. Un film qui manie la langue et les sous-entendus pour mieux faire voler en éclats les limites de la morale, de la tradition et des mœurs de toute une époque.

Fat City, La Dernière Chance, de John Huston : boxer dans l’Amérique des paumés

Ancien boxeur lui-même, créateur du film noir, John Huston réalise un film magnifiquement humain, drame social dans une Amérique des paumés et des laissés-pour-compte où tout espoir de réussite semble impossible. Cela lui permet de dépouiller le film de boxe des lieux communs dans lequel il commençait à se figer. Fat City, La Dernière chance, est un film remarquable et injustement méconnu, à découvrir.

Les Aventures de Rabbi Jacob en copie restaurée au cinéma

"C'était Farès ? C'est effarant !", "Mais Salomon, vous êtes juif ?", "Attention, Rabbi Jacob il va danser" : prêts à replonger dans une cuve de chewing-gum, à échapper à des tueurs et à danser dans les rues de Paris ? Les Aventures de Rabbi Jacob ressort sur les écrans le 10 juillet en copie restaurée.

Bloody Sunday #9 – Mais… qu’avez vous fait à Solange ? de Massimo Dallamano

Dans l'ombre de Dario Argento ou de Mario Bava, le giallo a plusieurs pépites méconnues à nous faire découvrir. C'est le cas de l'énigmatique Mais...qu'avez vous fait à Solange ? de Massimo Dallamano qui exploite les codes du giallo parfois jusqu'à l'extrême.

Le Fanfaron, de Dino Risi : a tutta velocità

L'extraordinaire Vittorio Gassman nous embarque dans sa Lancia décapotable à travers l'Italie des années 60 et c'est parti pour un des chefs d’œuvre de la comédie italienne signé Dino Risi.

Bloody Sunday #8 – Les Feebles de Peter Jackson

Avant de connaître la gloire avec sa trilogie de fantasy, Peter Jackson jouait les sales gosses aux travers de délires gores dans les années 80. Dans le tas, on retrouve les Feebles, variation trash des Muppets où des marionnettes s'adonnent aux pires vices imaginables dans une avalanche d'humour cachant une critique corrosive du monde du showbiz.

JFK, l’héroïsme selon Oliver Stone

A travers les thèses du procureur de La Nouvelle Orléans, Jim Garrison, qui reste le seul à avoir intenté un procès au sujet de l'affaire Kennedy, Oliver Stone nous propose sa vision de l'assassinat du 35ème président américain en un thriller politique haletant au casting prodigieux.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.