Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Sorti en 1932, La maison de la mort (connu aussi sous le titre Une Soirée étrange) est une des références du film gothique, avec son manoir perdu dans la campagne galloise, le serviteur monstrueux et les inavouables secrets de famille. Un classique que Carlotta nous permet de revoir sur grand écran, en copie restaurée.
Alors que le cinéma de genre français est toujours sujet à débat, Bloody Sunday décide de revenir pour ce 11ème épisode sur l'un des films d'horreur les plus radicaux à avoir vu le jour en France, Martyrs de Pascal Laugier. Une oeuvre coup de poing qui en aura traumatisé plus d'un.
Heat contient en lui un feu, celui qui se nourrit de l’onirisme des émotions, de la passion épique pour le risque et de la puissance de la violence urbaine. Il serait aisé de confiner le long métrage à sa simple image de grand polar moderne qui s’accompagne de sa fameuse confrontation entre deux acteurs à leur apogée : Robert De Niro et Al Pacino. Mais le film ne se contente pas seulement de jouer avec les codes du genre mais décide de les amadouer pour les rendre plus venimeux.
A partir d'aujourd'hui, Le Magduciné vous propose un nouveau rendez vous : celui des "cinéphiles du dimanche". Une fois par mois, quelques uns de nos rédacteurs vont se réunir pour disserter, analyser et vous faire part d'une petite sélection de films vus ou revus dernièrement. Pour ce mois d'aout, entre canicule et petite pluie bienveillante, on vous parle de joyeusetés comme Les Dents de la mer, la trilogie Fantômas ou même de Témoin à charge. Bonne lecture à tous.
Après le succès des Sept mercenaires, l'équipe se réunit pour tourner La Grande évasion, devenu un des classiques du film de guerre hollywoodien des années 60, avec un casting impressionnant, une musique inoubliable et une réalisation d'une grande efficacité.
Parlant aussi bien à nos sens qu'à notre intelligence, Les Contes de la lune vague après la pluie est la représentation parfaite du cinéma de Mizoguchi, celui d'un artiste arrivé au sommet de son art.
Poème tragique et désespéré porté par une Kirsten Dunst impériale et inoubliable, Melancholia est un tableau de chaque instant. Peinture visuelle culte, il dépeint aussi et surtout la dépression avec une fidélité et une franchise particulièrement rares. La mariée n'a ici plus la force de pleurer tandis que la mélancolie vient lui dévorer les entrailles et aspirer toute trace de vie...
Chez Bloody Sunday, on aime bien quand les cinéastes repoussent les limites, et s'il y a bien un réalisateur connu pour ça, c'est Tsui Hark. Pour ce 10ème volet, rendons donc hommage au virtuose hongkongais en mettant en lumière un film méconnu faisant parti de la fameuse trilogie du chaos, Histoires de cannibales, un mélange explosif de comédie, d'horreur et d'arts martiaux.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.