Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Avec un vrai sens de la narration et des dialogues qui visent juste, Passeport pour Pimlico est une comédie satirique qui offre un regard sur l’absurdité politique qui peut régir même les démocraties les plus modernes
Dans la Horde sauvage (The Wild Bunch), Peckinpah ancre son histoire en pleine révolution mexicaine. Il rythme le récit grâce à un montage nerveux qu’il contraste avec nombre de ralentis, surtout lors de fusillades dantesques et sanglantes.
Une Histoire Vraie tient une place à part, celle du film décalé dans la filmographie de David Lynch. De ces films qu’on revoit avec toute l’affection que l’on a pour une œuvre qui touche au cœur des plus humains sentiments.
Lynch nous offre là une œuvre intense, puissante, tirant parti d'un sens du cadre léché, d'une photographie magnifique et, surtout, de ce qui fait tout le sel de sa filmographie depuis ses débuts, une mise en scène sonore travaillée.
Requiem for a nightmare : Les horreurs perpétrées par les nazis dans nos contrées sont bien connues, relatées dans un bon nombre d’œuvres. Mais ce que l’on sait moins, c’est que la Russie –ou plutôt la Biélorussie- a également payé un lourd tribut.
De salauds ordinaires en héros magnifiques: Larmes de Joie de Monicelli orchestre un savoureux bal ou quiproquos et désillusions se construisent dans une logique implacable.
Un thriller étouffant, mais aussi un drame qui flirte avec le fantastique, qui vous prendra aux tripes, du début à la fin, au sens propre, comme au figuré. Sans Retour, une œuvre majeure, sublimée par la photographie d'Andrew Laszlo et la musique de Ry Cooder.
Dans un premier roman déchirant et prenant Décolorer sa fille Lucie Bérard ausculte avec liberté et minutie la contamination de la vie de son héroïne de vingt cinq ans par sa généalogie. Dans un style intrépide, hybridant l’anodin et l’existentiel, la jeune autrice dépeint la suffocation et le recroquevillement d’une vie de fille littéralement décolorée et rendue exsangue par toute une lignée de mère et grand-mère serviles et souffrantes.
Écrivain, éditeur, journaliste et cinéphile indiscipliné, Gérard Guégan traverse dans Les Rêves ne vieillissent jamais plusieurs décennies de cinéma en refusant soigneusement de marcher au pas. De Chabrol à Eustache, de Nicholas Ray à Cimino, de John Wayne à Clint Eastwood, ses souvenirs composent moins une histoire ordonnée du septième art qu’une sorte d'autoportrait par films interposés. Avec une constante : le goût de contredire les hiérarchies établies et de rappeler qu’en matière de cinéma, les mauvais garçons ont parfois de meilleurs yeux que les arbitres du bon goût.
Dans "Des étoiles dans leurs yeux", Philippe Sanfourche, Loïc Tanzi et François Vignolle racontent l’équipe de France depuis ses coulisses, à la fin de l’ère Deschamps, dans la démesure d’une Coupe du monde américaine devenue autant affaire de logistique, d’argent et de communication que de football. Un récit riche en détails et en anecdotes, dont la grande proximité avec les Bleus constitue à la fois la force et la limite.
"Post Mortem" réunit le médecin légiste belge Philippe Boxho et le dessinateur Pierre Alary dans une bande dessinée documentaire qui s'emploie à vulgariser un métier sur lequel circulent bon nombre de fantasmes. Le résultat est une œuvre à part, traversée par l'idée que la mort ne constitue pas tout à fait une fin.