Antoine Delassus

J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

The Bride ! — pas de pitié pour la pièce dé(montée) !

Martin Scorsese, Sam Raimi, Angelina Jolie, Gal Gadot : autant de personnalités qui se sont frottées de près ou de loin à cette adaptation du classique de James Whale de 1935, "La Fiancée de Frankenstein". Et pourtant à l'arrivée, c'est Maggie Gyllenhaal qui hérite du morceau et se lance à corps perdu dans la bataille quitte à signer une oeuvre malade de sa gestation chaotique mais indéniablement habitée. Un joli paradoxe en somme qui mérite le détour.

Companion : Deus Sex Machina

Il faut croire que l'on va devoir compter sur le talent de Sophie Thatcher à l'avenir, tant elle porte vers le haut ce "Companion", qui se veut une transposition somme toute réussie de l'univers de "Black Mirror" dans un contexte tout ce qu'il y a de plus contemporain et surtout lambda.

Borderlands d’Eli Roth : space opé(ras) du sol…

Preuve la plus absolue du manque de préparation émanant de la production de "Borderlands" : avoir embauché Eli Roth, plutôt doué pour l'horreur et les bisseries qui tachent, pour une adaptation d'un jeu qui prône l'ultra violence. Forcément, avec Hollywood plus trouillarde que jamais, le résultat est à la hauteur des récentes transpositions de jeux vidéos sur grand écran. Un foirage apocalyptique.

Le Salaire de la Peur de Julien Leclercq : nitro beau, nitro bien…

À bien des égards, la relecture du "Salaire de la Peur" qu'en fait Julien Leclercq semble incarner une métaphore de ce qu'est le géant Netflix vis à vis du cinéma : du contenu sans âme.

Steve Berry : le futur chouchou d’Hollywood ?

A l'heure où Hollywood a de plus en plus de mal à accoucher de nouvelles histoires/mythologies, il est étonnant de ne pas la voir davantage recourir à des romanciers à succès, souvent synonyme de réussite. Alors, une seule question demeure : en lieue et place de constamment chercher à adapter Stephen King et consorts, pourquoi ne pourrait-on pas donner sa chance à Steve Berry ?

Le Procès et F For Fake, où l’iconoclasme d’Orson Welles revisité par Potemkine

Figure majeure d'une certaine idée de cinéma, Orson Welles revient en 2023 sous l'égide de Potemkine qui a eu la bonne idée de restaurer 2 de ses oeuvres curieusement très en phase avec notre société d'alors : Le Procès (inspiré de l'oeuvre de Franz Kafka) et le docu-fiction F For Fake (Vérités et Mensonges) qui invite un discours méta sur la pertinence de l'art et les notions de vérités et faux-semblants.

Blonde d’Andrew Dominik : la belle des horreurs…

Avant Marylin, il y avait Norman Jean. Avant la star de cinéma au regard de braise, il y avait une femme en proie aux drogues, à la psychose et aux hommes. Une dichotomie que capte bien Andrew Dominik dans Blonde, qui au détour d’une œuvre à l’effarante radicalité, embrasse la verve fantasmagorique (et donc parfaite) de l’œuvre de Joyce Carol Oates.

Don’t Worry Darling d’Olivia Wilde : Alice In Chains…

Avec son désir de satire de la société US par le truchement d'une esthétique rétro, Don't Worry Darling s'inscrit dans la lignée de pléthores de films avant lui, à commencer par The Truman Show. Une réalité qui le dessert quelque peu sur un plan narratif, mais que le talent d'Olivia Wilde parvient à compenser tant son film est d'une beauté à se damner.

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