Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Ressorti en salles pour son 40ᵉ anniversaire, "Stand By Me" s’impose à nouveau comme une pierre angulaire de l’imaginaire de l’adolescence américaine. Sous les atours d’un récit initiatique porté par la nostalgie des fifties, Rob Reiner filme une jeunesse laissée-pour-compte, traversée par les fractures sociales, familiales et territoriales d’une Amérique rurale tenue à l’écart du progrès.
Suite directe du film de Christophe Gans, "Silent Hill : Revelation 3D" prétend prolonger l’horreur introspective de la saga culte. Mais à force de surenchère visuelle et d’explications appuyées, le film abandonne peu à peu l’abîme psychologique qui faisait l’âme de Silent Hill.
Retour sur le "Silent Hill" de 2006, adaptation ambitieuse du jeu culte de Konami. Christophe Gans y transpose une horreur psychologique et visuelle marquée par le brouillard, la musique d’Akira Yamaoka et une atmosphère unique, entre fidélité esthétique et limites narratives.
Avec "La Vie aquatique", Wes Anderson signait une odyssée marine composée d’une équipe haute en couleur et de situations fantasques qui mêlent humour, désinvolture et exploration délicate des relations humaines. Une réussite dont la poésie, singulière, est quelque part enfantine, avec ses décors chatoyants et ses créatures marines colorées, proche de la réalité, mais souvent mouchetées de tâches parfois fluorescentes.
"Un été chez grand-père" est un récit initiatique dans lequel l’insouciance de l’enfance se heurte progressivement aux dures réalités de la vie. Un été de découvertes, de mise à l’épreuve et de révélations dont frère et sœur sortiront transformés. Les jeux ont pris fin, les cris des enfants se sont évanouis : une page a bel et bien été tournée.
Restauré en 4K, "L’Œuf de l’Ange" de Mamoru Oshii révèle toute la puissance mystique et contemplative de ce film culte. Entre visions gothiques, silence habité et quête de sens, cette œuvre rare explore la foi, le doute et la beauté fragile d’un monde en ruine. Une expérience poétique et hors du temps qui continue de hanter le cinéma.
Ultime opus du cinéaste italien Valerio Zurlini, "Le Désert des Tartares" remporte haut la main son pari pourtant impossible : adapter le chef-d’œuvre de Dino Buzzati publié près de quarante ans plus tôt. Un casting international trois étoiles, un décor unique au monde et la musique du maître Morricone, sont mis au service de cette fable ascétique sur la vanité humaine poussée jusqu’à une cruelle absurdité.
Sortie en 1997, durant la révolution 3D du jeu vidéo, "Volte-face" nous rapproche de cette unité de temps et d’espace. Une dizaine de caméras tournent autour des personnages et permettent au réalisateur de nous offrir un montage particulièrement précis, où rien n’est laissé au hasard, que ce soit au niveau de la tension, de la vitesse ou des émotions. L’œuvre US culte fait partie de ces films incroyables dans le sens où un concept improbable (deux antagonistes échangent leur visage) est pris au premier degré et que la chose fonctionne. L’ensemble tire le bouchon tellement loin qu’on semble rentrer dans une dimension inconnue, où on shoote avec deux armes, où les vêtements flottent au ralenti et où les colombes s’envolent sous les fracas des coups de feu.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.