Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Noces de sang de Carlos Saura : quand le flamenco rencontre le cinéma

"Noces de sang", où la danse rencontre la poésie ; où la fiction rencontre le documentaire.

La Classe ouvrière va au paradis : subordination machinale

Dans "La Classe ouvrière va au paradis", Elio Petri livre un film politique percutant, loin du dogmatisme militant, en suivant le parcours de Lulù Massa, un ouvrier modèle dont la vie, marquée par la brutalité du travail et l’aliénation, finit par se confronter à la dure réalité sociale et syndicale de l’Italie des années 70. Grâce à une mise en scène expressive, un montage nerveux et la musique envoûtante d'Ennio Morricone, Petri dresse un portrait sans concession du monde ouvrier, de ses rêves et de ses désillusions, tout en interrogeant la lutte des classes et ses limites. Un film intemporel qui résonne encore aujourd’hui.

Il était une fois en Amérique, où le récit américain épique de Leone

Après presque quinze ans d'écriture et de tournage, Sergio Leone sort son dernier film en forme de fresque historico-policière, qui reflète surtout le passé et les sentiments du cinéaste.

Capitaine Conan ou la grande illusion de la paix retrouvée

Un film de guerre ambitieux sur un sujet méconnu. Mais aussi le portrait d'une génération d'hommes fracassés tant par la guerre que par la paix.

Torso : entre tradition et transgression

Jusque là classique, le film était un whodunnit (qui a fait le coup?) dans le plus pur esprit du genre mais à la faveur d'une pirouette stylistique, le personnage de Suzy Kendall se casse la cheville et doit rester alitée. Pourquoi ne pas aller tous s'enfermer dans la villa de son étrange oncle pendant son opportun séjour à Paris ? De l'énigme comme conductrice de l'intrigue, on arrive alors à un jeu du chat et de la souris entre jolies victimes et le tueur.

There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson : le sang et les larmes face à l’obsession du profit

"I'm an oil man !" s'exclame à plusieurs reprises Daniel Plainview. Seulement, jusqu'où est-il prêt à aller dans sa soif de pétrole ? Où se cachent ses limites, sources d'angoisse pour le spectateur ?

Les Vestiges du jour : de la transparence des mots

En réalisant "Les Vestiges du jour", James Ivory offrait un rôle remarquable à Anthony Hopkins, où celui-ci excelle dans la pudeur, le désir inassouvi. Casting 4 étoiles pour une œuvre profonde, qui cherche à retranscrire ce qu'un homme peut subir malgré lui, par souci de discipline, et d'un trop grand sens de l'éducation, du raffinement.

Le Dernier des Mohicans : l’effacement d’une nation

(Re)découvrez « Le Dernier des Mohicans », un chef-d'œuvre de Michael Mann alliant aventure, histoire et réflexion sur l'identité et la liberté. À travers une interprétation magistrale de Daniel Day-Lewis et une bande-son envoûtante, le film explore la tragédie des peuples autochtones et la nature sauvage, tout en offrant une fresque émotive sur la guerre et les relations humaines. Un classique intemporel sur fond de guerre de la Conquête et un portrait saisissant de la transformation tragique du Mohican en pionnier.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.