Violette Villard

Fragments d’un parcours amoureux ou la danse de l’archive de Chloé Barreau

Pendant plus de trente ans, entre Rome et Paris, Chloé Barreau écrit, photographie, filme sans relâche sa vie amoureuse, "une vie sous attentat d'amour" faite d'urgences, d'élans, d'ivresses et de mensonges, de passions et de souvenirs en germination, cette vie intime profondément romanesque est le cœur du nouveau documentaire de la cinéaste, Fragments d'un parcours amoureux, présenté à la 20eme édition des Giornate degli Autori dans la section Nuits Vénitiennes.

Les Storia della vita du Colibri de Francesca Archibugi

Ici le film de Francesca Archibugi renoue avec le meilleur du cinéma italien: sa peinture néoréaliste prenante et foisonnante, ses sagas familiales déchirantes, sa sophistication ancrée, ses manières d’embrasser avec souffle et vitalité ce qui nous tord et nous étreint : les obsessions, la peur de la mort et de la folie.  Le Colibri fait songer aux Meilleures Années de Marco Tulio Giordana traversant le destin historique de l'anti-psychiatrie.

Un hiver en été : les Nymphéas de Laetitia Masson

Un hiver en été est un film choral magique, presque tactile, impressionniste traversant les destins mélancoliques et mouvants d’une dizaine de personnages en quête d'amour et d'horizon.

Yannick : Malaise dans la salle ou mensonge sur la marchandise, vous avez dit Subjectif ?

Yannick ou comment Dupieux holp-up avec force et brio le cinéma français.

Anatomie d’une chute : l’autopsie implacable et vertigineuse d’une lutte pour la vérité

Anatomie d'une chute radiographie par le prisme d'un enfant mal-voyant (excessivement clairvoyant) la chute des valeurs anciennes qui fondent un couple. Puissant film Nietzschéen, Justine Triet ausculte à coups de marteau le grand animal du couple à travers un procès dont elle renouvelle les codes par une acidité et une vitalité exceptionnelles.

Les Photos d’Alix, ou la voix du délice

Dans trois courts métrages de Jean Eustache regroupés en un long, et comprenant Les Photos d’Alix, Le Jardin des délices et Offre d’emploi, ce qui surprend d’emblée est la modestie du dispositif en rapport avec la virtuosité des effets.

Fifi ou les amours célestes de Sophie

Portrait d'une jeunesse chavirée entre atonie et émois amoureux, Fifi , premier film de Jeanne Aslan et Paul Saintillan pose un regard Barthésien sur les promesses d'une rencontre hasardeuse entre une jeune fille déclassée et un fils de famille lunaire. 

Jeanne du Barry ou la Flamme du Barry !

Dans un film habité et glamour, Maïwenn réussit le tour de force de rendre fluide, ardent et désirable le genre du film d’époque. Jeanne du Barry, le nouvel opus de Maïwenn retraçant l’ascension d’une femme de la plèbe en favorite de Louis XV, irradie de souffle romantique et de liberté sauvage.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.