Adapté d’un bref roman d'Henry James, La Bête dans la jungle de Patric Chiha est un drôle d’objet cinématographique, hiératique et languissant, mystérieux et étrange. Ode aux époques bafouées.
Pendant plus de trente ans, entre Rome et Paris, Chloé Barreau écrit, photographie, filme sans relâche sa vie amoureuse, "une vie sous attentat d'amour" faite d'urgences, d'élans, d'ivresses et de mensonges, de passions et de souvenirs en germination, cette vie intime profondément romanesque est le cœur du nouveau documentaire de la cinéaste, Fragments d'un parcours amoureux, présenté à la 20eme édition des Giornate degli Autori dans la section Nuits Vénitiennes.
Ici le film de Francesca Archibugi renoue avec le meilleur du cinéma italien: sa peinture néoréaliste prenante et foisonnante, ses sagas familiales déchirantes, sa sophistication ancrée, ses manières d’embrasser avec souffle et vitalité ce qui nous tord et nous étreint : les obsessions, la peur de la mort et de la folie. Le Colibri fait songer aux Meilleures Années de Marco Tulio Giordana traversant le destin historique de l'anti-psychiatrie.
Un hiver en été est un film choral magique, presque tactile, impressionniste traversant les destins mélancoliques et mouvants d’une dizaine de personnages en quête d'amour et d'horizon.
Anatomie d'une chute radiographie par le prisme d'un enfant mal-voyant (excessivement clairvoyant) la chute des valeurs anciennes qui fondent un couple. Puissant film Nietzschéen, Justine Triet ausculte à coups de marteau le grand animal du couple à travers un procès dont elle renouvelle les codes par une acidité et une vitalité exceptionnelles.
Dans trois courts métrages de Jean Eustache regroupés en un long, et comprenant Les Photos d’Alix, Le Jardin des délices et Offre d’emploi, ce qui surprend d’emblée est la modestie du dispositif en rapport avec la virtuosité des effets.
Portrait d'une jeunesse chavirée entre atonie et émois amoureux, Fifi , premier film de Jeanne Aslan et Paul Saintillan pose un regard Barthésien sur les promesses d'une rencontre hasardeuse entre une jeune fille déclassée et un fils de famille lunaire.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.