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Les 15 séries les plus attendues de 2018 selon la rédaction

Une pluie de séries prometteuses, des pépites qui ne manqueront pas de scotcher nos rétines sur le petit écran : l’année 2018 s’annonce alléchante avec entre autres l’anthologie Philip K. Dick’s Electric Dreams inspirée de l’œuvre du père de Blade Runner, Altered Carbon, un thriller cyberpunk adapté du livre de Richard K. Morgan, The Alienist,  un polar diabolique basé sur le best-seller de Caleb Carr… Des créations captivantes pour tous les goûts.

Après chaque bilan de fins d’années, vient le temps des résolutions et des vœux. Avant d’espérer perdre du poids ou arrêter de fumer, on peut aussi se lécher les babines en suivant le programme du petit écran. Voici la liste, après sondage par la rédaction, des 15 séries les plus attendues de 2018.

Altered Carbon

Une série de Laeta Kalogridis, adaptée du roman de Richard K. Morgan.

Avec Joel Kinnaman, James Purefoy, Martha Higareda, Chris Conner, Renée Elise Goldsberry, Byron Mann, Dichen Lachman et Tahmoh Penikett.

Synopsis : Takeshi Kovacs est un ancien soldat et seul survivant d’un groupe de guerriers d’élite vaincus lors d’un soulèvement contre le nouvel ordre mondial. Son esprit est emprisonné « dans la glace » pendant des siècles, jusqu’à ce que Laurens Bancroft, un homme extrêmement riche et vivant depuis plusieurs siècles lui offre la chance de vivre à nouveau. En échange, Kovacs doit résoudre un meurtre… celui de Bancroft lui-même.

Pourquoi on l’attend ? : « Altered Carbon semble être une suite plus légitime à Blade Runner que le récent opus 2049. Pas de saga ou de grand récit annoncé pour l’instant, mais un meurtre, et un flic renaissant prêt à le résoudre. Une anecdote policière dans un futur loin d’être lumineux. Au delà de la continuité consciente/inconsciente avec l’univers de SF de K. Dick mis en image par Ridley Scott, ‘AC’ est la promesse d’un show de science-fiction formellement soigné et efficace. Et peut-être aura-t-on droit à de nouvelles interrogations sur le cyborg ? » – Benjamin Deneuféglisse

https://www.youtube.com/watch?v=OjijzSQ_TKc

Sortie prévue le 02 février 2018 sur Netflix.

Here and Now

Une série créée par Alan Ball.

Avec Holly Hunter, Tim Robbins, Jerrika Hinter, Sosie Bacon, Daniel Zovatto, Andy Bean, Joe Williamson et Raymond Lee.

Synopsis : Un professeur de philosophie, sa femme avocate, leurs trois enfants adoptifs (de Somalie, du Vietnam et de Colombie) et leur enfant biologique semblent mener la vie parfaite de la famille progressiste. En réalité, ils connaissent des temps difficiles, car l’un des enfants commence à voir des choses que personne d’autre ne voit. Est-il mentalement malade ? Ou bien est-ce autre chose ?

Pourquoi on l’attend ? : « Si Here and Now s’annonce comme l’une des plus grosses attentes du début 2018, c’est bien évidemment parce que la série marque une nouvelle collaboration entre HBO et le génial Alan Ball. Le créateur de Six Feet Under est en effet de retour avec un nouveau drama familial, qui, espérons-le, soit du niveau de son chef d’œuvre. Si, à cela, on ajoute en plus un superbe casting dont fait partie Holly Hunter et Tim Robbins, et au vu des premiers synopsis, une petite dimension fantastique, Here and Now a le potentiel pour marquer le début de l’année sérielle 2018. »  – Maxime Thiss

Sortie prévue en Février 2018 sur HBO.

Castle Rock

Horreur psychologique et thriller sont au rendez-vous pour la nouvelle série créée par J.J. Abrams.

Avec Melanie Lynskey, André Holland, Jane Levy, Sissy Spacek, Bill Skarsgard, Terry O’Quinn et Scott Glenn.

Synopsis : Une série située à Castle Rock, lieu de connexion de beaucoup des romans de Stephen King.

Pourquoi on l’attend ? : « La bande annonce est mystérieuse à souhait. Certes, le nom de Castle Rock n’est pas étranger aux admirateurs de Stephen King, qui a fait de cette ville imaginaire l’épicentre de son univers. De plus, le teaser joue à fond sur les clins d’œil, depuis l’apparition de Sissy Spacek, la légendaire interprète de Carrie, jusqu’à l’autocollant Shawshank (le nom de la prison des Évadés) sur la voiture. Tout cela montre que la série de J.J. Abrams se propose de nous emmener dans l’univers de Stephen King, plus que d’adapter un roman spécifique de l’écrivain. Voilà de quoi attiser la curiosité des fans. »  – Hervé Aubert

Première date de diffusion sur HULU inconnue à ce jour.

Waco

Une série petit format créée par John Erick Dowdle et Drew Dowdle.

Avec Michael Shannon, Taylor Kitsch, Melissa Benoist, John Leguizamo, Shea Whigham, Andrea Riseborough, Julia Garner, Rory Culkin, Paul Sparks, Eric Lange et Camryn Manheim.

Synopsis : Au mois de Février 1993, l’ATF (le Bureau fédéral des alcools, tabacs, armes à feu et explosifs), dépendant du ministère de la Justice des États-Unis sous la Présidence de Clinton, livre une première attaque contre la petite communauté de Waco au Texas, qui se procure illégalement tout un arsenal d’armes. Menés par leur leader David Koresh, Les Davidians, comme se surnomment les membres de la secte, se retranchent dans leur propriété durant un siège de 51 jours qui s’achève par un assaut meurtrier du FBI.

Pourquoi on l’attend ?  : « Waco est basée sur deux biographies, A Place Called Waco, par David Thibodeau, membre de la branche des Davidiens et l’un des neuf survivants de l’incendie de 19 avril 1993, et Stalling for Time : My Life as an FBI Hostage Negotiator par Gary Noesner, chef de l’Unité de négociation du FBI. Cette mini-série revient sur les événements sanglants qui encore aujourd’hui traumatisent l’Amérique. En 6 épisodes, Waco aura la lourde tâche d’explorer non seulement l’échec du FBI mais aussi le chemin conduisant des hommes et des femmes à suivre et adhérer aux idées de David Koresh, prophète auto-proclamé, pédophile et tortionnaire. Clairement une série prometteuse avec dans la peau de l’inquiétant leader David Koresh (True Detective, saison 2), le magnétique Taylor Kitsch et Michael Shannon (Boardwalk Empire) dans celle du négociateur du FBI, Gary Noesner. »  – Sara Art

Sortie prévue le 24 janvier 2018 sur Paramount Network, nouveau nom de la chaîne Spike TV.

Too Old to Die Young

Une série criminelle basée dans la cité des anges créée par Nicolas Winding Refn et Ed Brubaker.

Avec Miles Teller, Neil Tiger Free, Bill Baldwin, John Hawkes, Jena Malone, Callie Hernandez, Babs Olusanmokun, Augusto Aguilera et Cristina Rodlo.

Synopsis : Dans les bas-fonds de la vie criminelle de Los Angeles, le quotidien d’un officier de police endeuillé à la suite du meurtre de son coéquipier. Autour de lui, des tueurs à gages, des yakuzas, des cartels mexicains, la mafia russe et des gangs d’adolescents assassins.

Pourquoi on l’attend ?  : « Nicolas Winding Refn qui se lance dans la série TV s’apparente à un véritable événement. Avec son style si particulier mais aussi entouré d’une équipe technique de prestige (Darius Khondji à la photo et Cliff Martinez à la musique) et un casting 5 étoiles, il promet déjà une œuvre totalement folle. Les rumeurs rêvent déjà Too Old to Die Young en spin-off de The Neon Demon, mais l’ensemble s’apparente surtout comme une synthèse du cinéma de NWR. Des tueurs qui se rêvent en samouraïs dans un Los Angeles hyper stylisé, comment ne pas attendre cette futur exubérance made in NWR ? »  – Frédéric Perrinot

Commandée par Amazon, aucune date de diffusion n’est jusque-là annoncée.

Philip K. Dick’s Electric Dreams

Une série télévisée d’anthologie développée par Ronald D. Moore et Michael Dinner.

Avec Vera Fermiga, Michael Madden, Anna Paquin, Terrence Howard, Steve Buscemi, Bryan Cranston, Greg Kinnear, Janelle Monae, Jack Reynor, Maura Tierney, Liam Cunningham, Geraldine Chaplin et Timothy Spall.

Synopsis : Chaque épisode raconte une histoire différente inspirée de l’œuvre de Philip K. Dick.

Pourquoi on l’attend ?  : « Après les déceptions cinématographiques de Ghost in the Shell et de Blade Runner 2049, les fans de SF et d’univers cyberpunk vont pouvoir découvrir, avec beaucoup de bonheur, la série Philip K. Dick’s Electric Dreams. Ce programme, signé Ronald D. Moore et Michael Dinner, se déroule sur dix épisodes totalement indépendants comme dans Black Mirror. Le casting regroupe notamment Steve Buscemi, Vera Farmiga, Terrence Howard, Liam Cunningham ou bien encore Anna Paquin. Les écrits de Philip K. Dick pourraient acquérir une nouvelle dimension culte à travers ce passage par la case série télévisée, à une époque où le transhumanisme semble devenir de plus en plus une réalité. »  – Gabriel Mabille

https://www.youtube.com/watch?v=rvwS1bo0fu4

Sortie prévue le 12 janvier 2018 sur Amazon Prime.

The Alienist

Un drame policier créé par Hossein Amini et Cary Joji Fukunaga, adapté du roman de Caleb Carr.

Avec Luke Evans, Daniel Brühl, Dakota Fanning, Robert Wisdom, Brian Geraghty, Matt Lintz, Douglas Smith et Q’Orianka Quilcher.

Synopsis : Alors qu’un tueur laisse derrière lui les corps mutilés d’adolescents, les pouvoirs publics restent impassibles. Devant tant d’indifférence, Theodore Roosevelt, qui occupait alors la position de préfet, décide de faire appel au chroniqueur criminel John Schuyler Moore et au spécialiste des maladies mentales Laszlo Kreizler, tous deux aidés par Sara Howard, une secrétaire désirant devenir l’une des premières femmes policières. Il leur demande de mener une investigation dans le but d’identifier le responsable de ces meurtres horribles.

Pourquoi on l’attend ? : Après The Knick qui s’est arrêté au terme d’une deuxième saison en 2015, les projets de séries médicales historiques sont devenues de nouvelles sources d’inspiration. Avec The Alienist créée par le père de True Detective, Cary Fukunaga et soutenu par Eric Roth, le scénariste de Forrest Gump et L’Étrange histoire de Benjamin Button, l’attente est certaine. D’autant plus qu’au scénario, on compte sur Hossein Amini (Oscar du meilleur scénario adapté pour Les Ailes de la colombe) et Jakob Verbruggen (The Fall, House of Cards, Black Mirror: « Men Against Fire ») à la réal. Le projet est donc d’envergure, d’ailleurs 5 millions de dollars ont été investis pour le tournage du pilote. Avant Mindhunter, on appelait les médecins spécialisés en psychologie criminelle, des « aliénistes ». Daniel Brühl en est un, entouré d’un journaliste illustrateur sous les traits de Luke Evans, et d’une secrétaire au quartier général de la police, Dakota Fanning, ils devront enquêter sur une série de meurtres de jeunes garçons prostitués. Il n’y a qu’à voir la bande annonce pour se mettre l’eau à la bouche. »  – Antoine Mournes

Sortie prévue le 22 janvier 2018 sur TNT.

Mosaïc

Une série créée par Steven Soderbergh.

Avec Garrett Hedlund, Jennifer Ferrin, Sharon Stone, Frederick Weller, Jeremy Bobb, Beau Bridges, Jacob Vargas, James Ransone, Devin Ratray et Paul Reubens.

Synopsis : Olivia Lake, auteure à succès de livres pour enfants, est tuée au cours du réveillon du Nouvel an. Les soupçons vont très vite se porter sur plusieurs personnes, dont le petit ami de la victime.

Pourquoi on l’attend ? : « Annoncée en catimini médiatique à seulement deux mois de sa diffusion, la série Mosaïc promet pourtant une expérience révolutionnaire dans la manière de regarder une série. Avec le caméléon Steven Soderbergh aux manettes (trilogie Ocean, Logan Lucky), cette nouvelle création permettra, via le téléchargement d’une application IOS, de voir les pensées des personnages, d’observer leurs points de vues et leur expérience. Déjà disponible sur IOS, l’application a été pensée durant toute la production, jusqu’à l’écriture du scénario. Mosaïc promet donc une façon totalement inédite de voir une série TV, avec également pour atout son casting, avec Sharon Stone, Garrett Hedlund ou encore Beau Bridges. Rendez-vous le 22 janvier sur HBO pour profiter de cette révolution dans la création audiovisuelle. »  – Louis Verdoux

Première diffusion le 22 janvier 2018 sur HBO.

Maniac

Remake d’une série noire norvégienne créée par Patrick Somerville.

Avec Emma Stone, Jonah Hill, Justin Theroux, Josh Pais, Sally Field, Soyona Mizuno, Geoffrey Cantor et Rob Yang.

Synopsis : Les folles aventures du patient d’un institut psychiatrique qui s’échappe mentalement dans un monde fantastique dont il est le héros.

Pourquoi on l’attend ?  : « Depuis le succès de True Détective qui l’aura érigé en figure montante de l’entertainment télévisuel américain, on attendait vraiment le retour aux affaires de Cary Fukunaga. Ça tombe bien, la major Netflix lui a fait confiance pour développer Maniac, le remake d’une série norvégienne où l’on suit le quotidien d’un patient d’asile psychiatrique (Jonah Hill) qui s’invente tout un univers en compagnie de son infirmière (Emma Stone). Fatalement, vu le CV des 3 stars mentionnées, nul doute que Maniac devrait faire du bruit en 2018. »  – Antoine Delassus

maniac-serie-tv-2018-attendues-show-tv-netflixAucun trailer, ni de date de première diffusion dévoilés à ce jour.

Sharp Objects

Une mini-série de Marti Noxon, adaptée du roman de Gillian Flynn.

Avec Amy Adams, Patricia Clarkson, Chris Messina, Eliza Scanlen, Elizabeth Perkins, Madison Davenport et Lulu Wilson.

Synopsis : Camille Preaker, reporter, sort tout juste d’un bref séjour à l’hôpital psychiatrique. Elle retourne dans la ville de son enfance pour tenter de résoudre le meurtre de deux adolescentes.

Pourquoi on l’attend ? : « Le talentueux réalisateur Québécois Jean-Marc Vallée poursuit son épopée américaine sur le petit écran. Après ses succès au cinéma (Dallas Buyers Club, Wild, Démolition) et le récent triomphe de la superbe série Big little lies, il reviendra dès 2018 avec Sharp Objects, pour HBO également. Cette série, qui semble prendre la forme d’un thriller dramatique avec Amy Adams dans le rôle principal, est adaptée d’un roman de Gillian Flynn (déjà auteure d’ Apparences, adapté au cinéma par Fincher avec Gone Girl) et a tous les ingrédients pour nous faire vibrer cette année. » – Clement Fauré

Sharp-Objects-series-2018-de-Gillian-Flynn-Marti-Noxon-avec-Amy-AdamsAucun trailer dévoilé à ce jour. Sortie prévue cet été 2018 sur HBO.

The Ballad of Buster Scruggs

La série des frères Coen en six parties explorera la conquête du grand Ouest américain.

Avec Tim Blake, Stephen Root, James Franco, Zoe Kazan, Tyne Daly et Ralph Ineson.

Synopsis : En selle ! The Ballad of Buster Scruggs nous emmène vivre six histoires aux frontières du Far West américain. Et selon Albuquerque Journalla série mettra en scène un cowboy chanteur dans un premier épisode. Le second, intitulé Near Algodones, suivra un vagabond braqueur de banques. Le troisième, Meal Tickets, évoquera le périple d’un acteur et de son impresario. All Gold Canyon s’intéressera, lui, à l’histoire d’un chercheur d’or. The Gal Who Got Rattled parlera de deux pisteurs et d’une femme à bord d’un train parcourant l’Oregon. Et le dernier épisode, The Mortal Remains, emmenera ses cinq personnages vers une mystérieuse destination.

Pourquoi on l’attend ? : « S’ils étaient restés distants de la série Fargo (adapté d’un de leur film), les frères Coen semblent finalement s’être laissé convaincre par l’univers de la télévision (le retour de Twin Peaks n’y est peut être pas étranger). Ils réaliseront et écriront The Ballad of Buster Scruggs, et cette simple information devrait suffire à réveiller toutes les alarmes des cinéphiles et cinéphages de la planète. Mais les deux frères restant ce qu’ils sont, très peu d’informations circulent sur le projet. Quelques têtes d’affiche comme Tim Blake Nelson (O’Brother) et James Franco semblent être de la partie. Et plutôt qu’une histoire sur le long terme, les Coen semblent avoir jeté leur dévolu sur le principe de l’anthologie. Ce sera donc six histoires différentes prenant place dans le décor frontalier du Nouveau Mexique (où ils avaient déjà tourné No country for old men et True Grit). Une sorte de Black Mirror du western avec, à la barre, des cinéastes qui adorent tromper leur monde. Avouez-le, ça donne envie ? »  – Vincent B.

Aucun trailer dévoilé à ce jour. Sortie prévue durant l’année 2018 sur la plateforme de streaming Netflix.

Britannia

Une série scénarisée par Jez et Tom Butterworth.

Avec Kelly Reilly, Zoë Wanamaker, David Morrissey, Hugo Speer, Nikolaj Lie Kaas, Barry Ward, Mackenzie Crook, Stanley Weber, Eleanor Worthington-Cox et Ian McDiarmid.

Synopsis : En 43 après Jésus-Christ, sous l’empereur Claude, l’armée impériale romaine, veut écraser Britannia, une contrée mystérieuse avec des druides doués de pouvoirs magiques, et des femmes guerrières.

Pourquoi on l’attend ? : « En pure fan des séries historiques, j’ai coutume d’en regarder beaucoup. J’apprécie les period dramas en costumes de type Borgias ou Tudors au même titre que les récits historiques d’aventures épiques. J’adore particulièrement Vikings. Dans cette logique, j’attends Britannia avec impatience car il semblerait que la série combine tous les ingrédients parfaits : invasions, batailles, grands guerriers, mais aussi mystère et mysticisme puisque l’action se déroule en Grande Bretagne en 43 après J.C., époque barbare et terre sauvage propice aux croyances et rituels étranges. Ajoutons à cela un casting chatoyant (Kelly Reilly, David Morrissey, Stanley Weber ou encore Barry Ward). Espérons que le programme soit à la hauteur de ses promesses. »  – Marushka Odabackian

Sortie prévue le 18 janvier 2018 sur la chaine anglaise, Sky Atlantic.

The First

The First est une série futuriste de Beau Willimon.

Avec Sean Penn, Natascha McElhone, Hannah Ware, Anna Jacoby-Heron, Jeff Caperton, Kofi Boakye, T.C. Matherne, James Ransone.

Synopsis : Écrit par Willimon, créateur et scénariste de House of Cards, The First suit la première mission humaine sur Mars, explorant les défis de faire les premiers pas vers la colonisation interplanétaire. L’histoire se concentre non seulement sur les astronautes, mais aussi sur leurs familles et leurs proches, ainsi que l’équipe au sol sur Terre.

Pourquoi on l’attend ? : « Depuis les premiers pas de l’Homme sur la Lune, l’humanité se rêve en explorateur interplanétaire. La pénurie des ressources terrestres renforçant ce fantasme, une véritable course à la conquête spatiale s’est ainsi développée entre les Etats afin d’être le premier à y parvenir. La planète Mars se rapprochant le plus des caractéristiques de la Terre, la bataille à la colonisation marsienne a ainsi été sujette à moults récits fictionnels sur petit écran (Ascension, Defying GravityMars) où les enjeux étaient les mêmes : survie, scientifiques, technologiques, politiques, et surtout humains. Toutefois, l’échec répétitif de ces mini-séries laissant suggérer que le développement télévisé d’une aventure spatiale n’est pas une mince affaire, très peu de chaînes s’y sont frottées. C’était sans compter l’impudence de Channel 4 (Skins, Misfits, Black Mirror) et de la plateforme Hulu (The Mindy Project, The Handmaid’s Tale) avec leur bébé The First. Portée par des chaînes d’ampleur et par un acteur de renom en la personne de Sean Penn, la série aura ainsi la lourde tâche de réussir où pleins d’autres ont échoué. Un défi qu’on ne manquera pas de rater ! »  – Audrey Efale

Aucun trailer dévoilé à ce jour. Sortie en 2018 sur la plateforme américaine Hulu et la chaîne anglaise Channel 4.

Jack Ryan

Produite par Michael Bay, une série d’espionnage en huit épisodes basée sur une idée de Carlton Cuse (Lost, Bates Motel) et Graham Roland.

Avec John Krasinski, Abbie Cornish, Marie-Josée Croze, Wendell Pierce, Peter Fonda, Mena Massoud et Timothy Hutton.

Synopsis : La série suivra le célèbre agent de la CIA issu des romans de Tom Clancy, lors de sa toute première mission sur le terrain. En déchiffrant un système de communication complexe, il se retrouve aux prises avec une cellule terroriste.

Pourquoi on l’attend ? : « Jack Ryan, héros éponyme des romans de Tom Clancy, de retour sur les écrans ? L’idée est alléchante, surtout qu’on retrouvera notre héros dans un format inédit ! Car après 5 longs métrages de qualité inégale mais dont les scénarios retors captivent, l’analyste de la CIA envahira les petits écrans dans une série produite par Amazon. De quoi en apprendre davantage sur le background de ce personnage culte, de ses débuts à sa consécration d’agent de terrain. D’autant plus qu’il sera interprété par John Krasinski, acteur qui a su faire ses preuves dans le cinéma d’action (13 hours de Michael Bay). »  – Kévin Beluche

Disponible sur Amazon Prime Vidéo en 2018.

9-1-1

Une série signée par le prolifique Ryan Murphy à qui l’on doit Glee, American Horror Story, mais aussi cette année, Pose, prévue pour début 2018 sur FX, et la saison 2 très attendue d’American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace.

Avec Angela Bassett, Connie Britton, Peter Krause, Kenneth Choi, Corinne Massiah, Oliver Stark, Aisha Hinds et Rockmond Dunbar.

Synopsis : Du service d’appels d’urgences 911 aux pompiers, secouristes ou policiers, tous ces intervenants sont constamment sous pression, confrontés quotidiennement à des situations stupéfiantes, effrayantes, et parfois même choquantes. S’ils ont pour mission de voler au secours des personnes en danger, ces héros de l’ombre doivent aussi trouver le temps de résoudre les problèmes de leurs propres vies…

Pourquoi on l’attend ? : « Les héros de l’ombre enfin mis sur le devant de la scène, c’est ce que propose la nouvelle série de Ryan Murphy : 9-1-1. Inutile de préciser que le nom du créateur/scénariste suffit à donner envie de la suivre. Émotions fortes et drames intenses devraient être au rendez-vous pour, on l’espère, rendre hommage à ces métiers de manière touchante et profonde. Si le doux mélange s’opère entre sphère privée et professionnelle, alors ça pourrait bien être une réussite. »   – Gwennaëlle Masle

Sortie prévue le 3 janvier sur la chaîne américaine FOX.

 

Sortie en DVD de la passionnante série Fauda

Le 10 janvier sort chez Wild Side la première saison de Fauda. L’occasion de se plonger dans cette série passionnante au suspense insoutenable digne de 24 Heures Chrono.

Synopsis : au cours d’une opération de routine, les services secrets israéliens apprennent que l’un des grands terroristes palestiniens, Abou Ahmad, dit La Panthère, qu’ils croyaient avoir tué 18 mois plus tôt, est toujours en vie. Ils vont donc monter une opération pour le tuer à nouveau.

C’est à une première saison magistrale que nous convient les éditions Wild Side. Implacable par sa construction et sa mise en scène, Fauda se dévore littéralement et une fois que l’on en a commencé le visionnage, les douze épisodes s’enchaînent à toute vitesse.

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Attention, une note nous prévient : il s’agit ici de fiction. Donc, malgré le contexte, il ne faut pas chercher ici d’engagements politiques. Fauda se veut un divertissement, et c’est en cela une parfaite réussite.

La saison nous présente donc une équipe des services secrets israéliens, mais aussi une famille palestinienne. Les personnages nous sont montrés aussi bien dans leur vie privée que dans leurs actions. Parmi eux, deux se détachent, dont les parcours seront parallèles durant toute cette première saison.

Du côté israélien, nous avons Doron, membre des services secrets qui pensaient avoir tué Abou Ahmad et qui a désormais quitté ces activités trop dangereuses pour mener une vie de vigneron avec sa femme et ses enfants.

Face à lui, Taufik, dit Abou Ahmad AKA La Panthère, responsable présumé de la mort de 116 Israéliens, qui vit dans l’ombre depuis l’annonce de sa mort.

La saison commence lorsque ces deux personnages sortent de l’ombre après 18 mois de retrait de la vie publique. Tous les deux vont sacrifier leur famille (parfois au sens propre de l’expression) au nom d’un idéal. La violence va d’ailleurs envahir leur espace privé : il suffit de voir comment Doron s’entraîne au tir au milieu de ses vignes, ou avec quelle brutalité il bouchonne ses bouteilles, comme si c’était un combat.

Et surtout, tous les deux vont s’affranchir de toutes règles et enfreindre tous les interdits imposés par leur hiérarchie pour transformer cette histoire en une affaire personnelle. La violence va faire des victimes, qui vont entraîner la volonté de se venger. La série (dont le titre, Fauda, signifie Chaos) va s’enfoncer dans une sorte de cercle vicieux où la règle est de faire le plus de mal possible. Assassinats, attentats, torture : la violence monte de chaque côté.

Au détriment des familles, bien souvent. Fauda nous propose souvent le regard des femmes, de celles qui perdent tout, leurs maris, leurs fils, leurs frères. De celles qui, en un clin d’œil, passent du statut de jeune mariées à celui de veuves.

« Tu es une héroïne du peuple, dira-t-on à une de ces épouses.
_ Une héroïne du peuple ? Non, je voulais juste être une épouse et une mère. »

La force de la mise en scène et du scénario de Fauda, c’est de montrer le caractère implacable de cette violence. Par la rapidité et la brutalité de son action, avec des scènes parfois éprouvantes qui ne sont pas sans rappeler The Shield (parallèle d’autant plus frappant que, dans les deux séries, se pose la question de la moralité), cette saison entraîne son spectateur dans un tourbillon qui semble ne jamais s’arrêter, un maelström où on s’enfonce inexorablement vers le pire. Cette appréhension d’un pire qui est toujours possible rend la série absolument passionnante. Le scénario, remarquablement construit, nous réserve toujours des surprises et permet d’avoir de l’action dans chaque épisode, maintenant ainsi un rythme infernal. La mise en scène, quant à elle, est complètement immersive et nous plonge dès la scène d’ouverture en pleine action. Elle parvient à créer un sentiment d’urgence et une peur de chaque instant, jouant par exemple magnifiquement bien avec les décors de ruelles labyrinthiques ou d’entrepôts désaffectés.

Wild Side nous propose les douze épisodes de cette première saison en un coffret trois DVD, avec une excellente qualité d’image et de son, le tout agrémenté de deux compléments de programme, un making of et la bande annonce de la saison 2, dont la diffusion a déjà débuté sur la télévision israélienne.

FAUDA-DVD-serie-saison1

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD :

Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3
Format son : Français & Hébreu/Arabe Dolby Digital 2.0
Sous-titres: Français
Durée : 12 épisodes de 40’
COMPLÉMENTS :
– Making-of (23’)
– Exclusivité : la bande-annonce de la Saison 2
Prix public indicatif : 29,99 € le Coffret 3 DVD
– déjà disponible en téléchargement définitif –

Fauda saison 1 : Bande annonce

Un jour mon prince : Il était une fois… pas comme les autres

Au rayon des projets improbables, Un jour mon prince se posait là. Difficile de ne pas redouter à priori une énième tentative de détournement de conte de fées dans le cadre d’une production nationale rompue à la sinistrose en la matière. Pourtant, entre modernité et naïveté, décalage et déférence, gonzo et poésie, le premier film de Flavia Coste réussit à trouver l’équilibre délicat qui manque cruellement aux entreprises actuelles mises à jour de mythes pérennes.

Girls Trip

A priori, dieu sait que l’expérience s’annonce comme un défi. 1h30 à passer en compagnie de deux fées québécoises envoyées à Paris pour trouver le prince charmant qui pourra réveiller d’un baiser fougueux la Belle au bois dormant et accessoirement prévenir leur royaume d’une disparition imminente, avouez que ça relève du challenge. A ce stade votre serviteur se demandait même combien de temps sa masculinité susceptible allait pouvoir encaisser la provocation. Comme si on lui demandait de museler ses hormones dans une grenouillère camisolée pour ne pas déranger la soirée pyjama à laquelle il a été convié. Mais contre toutes attentes, le charme opère. A tel point que passées les dix minutes d’adaptation à l’univers bigarré et au phrasé de nos deux fées en goguette, nos instincts de mâle bourru ont largement fait la paix avec ce qui se déroule à l’écran. Car plus encore qu’une surprise inattendue, Un jour mon prince se révèle exactement le contraire de ce que l’on appréhendait. A savoir un truc girly qui n’aurait retenu du genre que ses substrats dévoyés par le marketing, dissimulant sa vulgarité derrière des postures militantes aussi profondes qu’un hashtag sur Twitter. Un peu comme un épisode de Shrek emballé par le clippeur de Nicki Minaj en somme.

La file d’attente grossit pour réveiller la belle endormie…

Mieux : il s’agit d’un véritable conte de fées moderne qui chercherait à revitaliser les figures de style avec une modernité féministe sans opposer sa démarche à une véritable déférence à l’imaginaire détourné. Flavia Coste a l’intelligence de rester à hauteur de la vision du monde de ses deux héroïnes, véritables princesses ayant grandi dans l’univers protégé des contes de fées qui confrontent leurs certitudes aux vicissitudes de la vie moderne. L’histoire classique du poisson hors de l’eau en somme, mais que la cinéaste dynamise grâce à sa capacité à ne jamais creuser plus que de raison l’écart entre ses deux fées et les rues parisiennes malgré l’approche résolument délurée de l’ensemble.

Libérée, délivrée

De fait, à travers son rythme speedé et sa direction artistique qui fait un gros doigt d’honneur à la neutralité, la réalisatrice construit sur la longueur le décalage entre les personnages et leur environnement. A l’inverse d’un Jean-Marie Poiré sur Les visiteurs par exemple, qui imposait la différence de ses héros à coup de montage hachuré et de courtes-focales hystériques. Outil que Flavia Coste reprend volontiers à son compte, mais avec un sens du tempo et une sensibilité à mille lieux du tartinage aveuglant du réalisateur des Anges Gardiens. Un jour mon Prince élabore un univers complet, dans lequel la présence des contes des fées dans la réalité se joue dans le creuset qui sépare les deux mondes, et que vont expérimenter les deux héroïnes.

De fait, aussi délirant qu’il soit, Un jour mon prince fait les choses sérieusement, et n’utilise jamais son postulat WTF pour traiter avec désinvolture l’aspect visuel de son film. De toute évidence , Flavia Coste désire emporter la croyance du spectateur dans l’univers dépeint. La réalisatrice et son équipe déploient ainsi un monde volontiers outrancier mais crédible, dont le merveilleux émane de la flatteuse confection artisanale de l’ensemble. Citant volontiers Jacques Demy parmi ses influences, la réalisatrice renoue mine de rien avec un goût de l’imaginaire et de l’artisanat poétique devenu trop rare en France, mais qui fait pourtant partie intégrante du patrimoine national. Il y a bien les quelques fautes de goût inhérentes à une démarche aussi assumée, et un côté too much qui ne plaira pas à tout le monde (tant pis pour eux). Mais l’ensemble est infusé d’une valeur que l’on a trop peu l’habitude de voir ainsi mise à l’honneur en France, plus encore dans ce genre de production : le souci du travail bien fait.

La reine Titiana ne laisse rien paraitre.

Ce souci d’imposer un univers crédible reflète toute la volonté de Coste de ne pas traiter l’univers du conte et celui de la réalité comme des antagonistes. Un souci qui se manifeste dans sa capacité à créer de l’empathie pour ses deux héroïnes, candides attachantes qui vont devoir reconsidérer leur vision utopique de l’amour à l’aune de leur confrontation avec la complexité des sentiments dans le monde moderne. Toute la note d’intention d’Un jour, mon prince repose sur ce postulat. Dans cette volonté de revendiquer le droit se moquer des figures des codes des contes de fées sans le faire au détriment de ses personnages. Une façon finalement de réconcilier le merveilleux avec des problématiques contemporaines, chacun faisant un pas vers l’autre. Geste de cinéma d’une transgression bienvenue qui ne vire jamais au crime de lèse-majesté, Un jour mon prince s’impose surtout comme une proposition salutaire qui jure dans un paysage national trop souvent soumis à la tyrannie du consensus télévisuel. A l’instar d’un casting, visiblement grisé à l’idée de jouer dans un film à ce point aux antipodes des diktats (PEF, Catherine Jacob, Jean-Luc Couchard), Flavia Coste s’éclate sans demander l’autorisation à personne. C’est peut-être cette liberté, la leçon la plus précieuse d’Un Jour mon prince.

Un jour mon prince : Bande-annonce

Synopsis : Il y a presque cent ans que La Belle au Bois dormant est plongée dans un profond sommeil. Or jusqu’ici, aucun prince n’a réussi à la réveiller d’un baiser. Et le temps presse : si aucun candidat sérieux ne se présente, le royaume des fées risque de disparaître à jamais. La Reine Titiana envoie donc deux fées à Paris, Blondine et Mélusine, avec une mission spéciale : trouver l’homme idéal. Mais nos deux fées, propulsées au 21ème siècle, vont vite se rendre compte que la tâche est plus compliquée qu’elle n’y paraît…

Un jour mon prince : Fiche Technique

Réalisation : Flavia Coste
Scénario : Flavia Coste et Gabor Rassov
Interprétation: Sarah-Jeanne Labrosse (Blondine), Mylène Saint-Sauveur (Mélusine), Pierre-François Martin-Laval (Le Corbeau), Catherine Jacob (La Reine Titiana), Jean-Luc Couchard (Puck), Hugo Becker (Guillaume), Flavia Coste (Pauline), Margaux van den Plas (La Belle), Catherine Artigala (Mme Desrivière)
Musique : Jorane et Eloi
Montage : Guillaume Bauer
Photographie : Philippe Lavalette
Décors : Laurence Brenguier
Costumes : Jackye Fauconnier
Producteur : Antoine de Clermont-Tonnerre et Christian Larouche
Coproducteur : Eric Heumann et Maurice Kantor
Production : Mact Productions, Christal Films, Paradis Films et France 3 Cinéma
Distribution : Paradis Films
Durée : 82 minutes
Date de sortie : 11 janvier 2017
Pays d’origine : France et Canada

Normandie nue de Philippe Le Guay : une vision un peu trop simpliste du monde paysan

Avec quelques réflexions pertinentes mais jamais abouties,  et une galerie de personnages pas assez approfondis, Normandie Nue de Philippe Le Guay reste une petite comédie sympathique sur le monde paysan, sans plus.

« Magic » Normandie

normandie-nue-un-film-de-philippe-le-guay-critiquePas même une minute trente dans le journal télévisé régional sur France Télévision pour parler du blocage d’une nationale par des paysans en colère, lessivés, fatigués. Un reportage caricatural en prime où un gars de la ville parle des « mains craquelées » des paysans. Philippe Le Guay tente avec ces quelques scènes d’ouverture de nous parler de nos propres clichés, de notre regard de spectateur sur ce monde oublié, celui des « petits » paysans auxquels Hubert Charuel avait déjà consacré un très beau film (Petit Paysan) en 2017. On les retrouve donc indignés dans une salle où ils viennent de regarder le reportage, réunis par le maire de la ville (François Cluzet, très terre à terre), ensemble mais pas forcément unis. Les voix ne s’accordent pas nécessairement sur la manière de faire entendre la voix de ceux qui travaillent la terre, nourrissent (nourrissaient?) les gens et élèvent les futurs steaks ou fromages de nos assiettes. Alors le maire veut une idée forte pour fédérer. D’autres encore évoquent l’utilisation des pesticides, la volonté des paysans d’entrer dans le marché mondialisé, tout en criant à l’étouffement, l’étranglement dans ce même marché. Ceci n’est qu’esquissé avant qu’un vieil homme entonne une chanson qui loue les plaisirs de la terre que ne connaîtront peut-être plus « nos enfants ». Et voilà, emballé, c’est pesé, tout le petit monde paysan que veut décrire Le Guay est croqué en une séquence, c’est un peu rapide. Par la suite, on retrouvera quelques-uns de ces personnages dans des rôles un peu développés, mais guère plus. Car si la volonté du réalisateur est louable, elle est quelque peu bâclée derrière un scénario qui veut trop en faire, tout en ne faisant finalement pas grand chose. Tout ce petit monde va se laisser embarquer dans une idée (un peu) folle : faire une photo nue (d’où le titre) pour un Américain pédant qui déteste la nature. L’idée ? Faire le buzz et avoir une couverture médiatique large, parler d’eux en mieux. C’est alors que la métaphore est filée : puisqu’on est déjà à poil (financièrement), qu’est-ce que ça fera de plus de se déshabiller réellement dans un champ (convoité par deux types à la fois), sans pour autant baisser son froc devant l’oppresseur (les marchés internationaux) ou l’envahisseur (le méchant Américain) ?

Manque de fil conducteur

gregory-gadebois-normandie-nue-critiqueAvec ce film au scénario très « couru d’avance » (le fils d’un ancien propriétaire d’un studio de photographie revient après quelques années pour vendre sa boutique, mais l’enfant du pays restera-t-il finalement après être tombé amoureux ? Et qui prendra finalement la photo si ce n’est pas l’Américain ?), Philippe Le Guay tente de parler d’une certaine France (les acteurs ont donc mis le paquet pour faire authentique, François Cluzet en tête), laissée depuis bien trop longtemps à l’abandon, écrasée par les dettes mais qui pourtant a la tâche de nourrir (et le mieux possible) le monde. Or, la question qui fâche peut-être est de savoir d’où parle le film : plusieurs fils directeurs et regards (la voix off de la parisienne de 12 ans venue s’installer dans la région avec ses parents, le maire du village, le fils du pays revenu pour « quelques jours » seulement, les Américains) qui ne sont jamais aboutis, approfondis et qui dessinent des personnages un peu trop clichés, creux (le boucher amoureux de sa femme ancienne miss du coin qui refuse qu’elle pose nue) dont les destins se résolvent un peu trop vite à la fin. Mais surtout, à qui parle le film ?

francoi-xavier-demaison-normandie-nue-film-critiqueEn voulant multiplier les portraits (jusqu’au méchant catho de pharmacien qui ne changera jamais d’avis), le film veut « plaire » à tout le monde, être consensuel et le coup de gueule paysan qu’il pousse perd ainsi de sa force, de son incarnation. Le miroir se brise et c’est une mosaïque de tout petits cris qui se dessine, mais s’estompe surtout.  Cette dernière question restera hélas sans réponse tant le film multiplie les bonnes questions et réflexions importantes (sur le traitement médiatique du rapport à la viande, la condition animale, la contradiction à nourrir la terre tout en la détruisant un peu/beaucoup, les choix alimentaires de chacun, mais aussi la souffrance paysanne traitée avec un humour bienvenu mais parfois trop « survolant »… ), mais simplement pour les mettre là, sans les approfondir. Finalement, l’enjeu même du film est balayé à la fin et ne trouve pas vraiment sa résolution. A moins que le but ait été seulement de prouver qu’il était possible de mettre des Normands nus, mais c’est alors bien simpliste, voire décevant. La fin revient finalement à illustrer ce qui est dit depuis le début : ensemble on est plus forts. Oui, certes, mais quelle est finalement la voix choisie par ces gens : poursuivre leurs vies, collectionner les petits bonheurs, s’entraider, et jusqu’où cette voix portera-t-elle vraiment ? En tout cas de Petit Paysan en fin d’année dernière à Normandie Nue début 2018, l’avenir de la qualité alimentaire de notre pays (de notre monde) ne sera pas merveilleuse, le cinéma en a pris conscience et cela donne lieu à des scènes aussi hallucinantes que presque réelles, en tout cas impossibles : que ce soit une vache atteinte d’une fièvre très contagieuse dans Petit Paysan ou un cauchemar d’une Normandie désertique où les vaches se meurent, squelettiques, incapables de survivre et donc de nous aider à survivre. Le cinéma semble donc nous dire « réveillez vous », même parfois un peu maladroitement comme avec Normandie Nue.

Normandie Nue : Bande annonce

Normandie Nue : Fiche Technique

Réalisateur : Philippe Le Guay
Scénario : Philippe Le Guay, Olivier Dazat, Victoria Bedos
Interprètes : François Cluzet, Arthur Dupont, Gregory Gadebois, Toby Jones, François-Xavier Demaison, Philippe Rebbot, Patrick d’Assumçao et des actrices dont il a été quasi impossible de retrouver les noms ! (rien sur Allociné, UniFrance …)
Productrice : Anne-Dominique Toussaint
Sociétés de production : Les Films des Tournelles, SND, France 2 Cinema
Distributeur : SND
Durée : 105 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 10 janvier 2018

France – 2018

The Book of Love : le livre de la niaiserie absolue

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The Book of Love est une des dernières grosses déceptions disponibles sur Netflix.

Synopsis : Après avoir perdu sa femme enceinte dans un tragique accident de voiture, un architecte prénommé Henry va aider une adolescente sans-abri à construire un radeau pour traverser l’océan.

the-book-of-love-bill-purple-jason-sudeikis-maisie-williams-film-critiqueLes cinéphiles ne s’intéressant pas toujours à la presse people, il ne s’agit alors pas d’une mauvaise idée de rappeler à quel point Justin Timberlake (The Social Network) et Jessica Biel forment un couple médiatisé sympathique depuis plusieurs années. Cependant nous n’allons évidemment pas vous parler de leur vie privée mais bien du travail que ce couple a effectué ensemble. Hélas, cette récente collaboration artistique n’était pas la meilleure des idées du monde. On se demande comment Timberlake et Biel ont pu croire en un tel projet auquel on a déjà du mal à adhérer rien qu’en le découvrant sur le papier. Ainsi, le chanteur-acteur s’est en partie occupé de la bande-originale (totalement oubliable) de The Book of Love tandis que l’ex-star de la série 7 à la maison en est la co-productrice. Elle s’est également attribué un rôle. Certes, un petit rôle si l’on s’en tient à son temps de présence à l’écran mais tout de même important : Biel incarne la femme enceinte décédée du personnage principal (incarné par Jason Sudeikis).

La mièvrerie est déjà ultra présente dans le synopsis, le titre et même sur l’affiche du film. Il ne faut évidemment jamais juger un film sur des a priori. Hélas, le long-métrage de Bill Purple (inconnu au bataillon et qui ne devrait justement pas sortir de sa situation) est effectivement très mauvais. The Book of Love est d’une niaiserie absolue de A à Z, accumulant les drames pour mieux nous faire pleurer. Le film démarre sur la mort d’une épouse enceinte jusqu’au cou puis il s’intéresse au sort d’une jeune fille à la rue qui elle-même a vécu une vie familiale totalement pourrie… Ce film n’aurait pas dû se présenter comme un film, il n’aurait même pas dû être sur Netflix. Il ressemble davantage à ces abominables téléfilms diffusés sur M6 l’après-midi ! Il n’y a pas grand-chose à sauver là-dedans. La mise en scène est totalement inexistante, le scénario accumule les lourdeurs, il n’y a rien pour se rincer l’œil (même pas les décors très vilains) dans tout ça, histoire de tenir le coup.the-book-of-love-bill-purple-maisie-williams-critique

On ne peut même pas se raccrocher aux personnages, peu intéressants. Les personnages étant ce qu’ils sont, leurs interprètes ne peuvent pas être convaincants. Jason Sudeikis (Les Miller, une famille en herbe), habitué aux rôles comiques, fait de son mieux dans son rôle de dépressif : son interprétation n’est pas catastrophique mais on a connu l’acteur plus investi. Biel tente d’illuminer ses scènes principalement par son sourire ultra Colgate (vous comprenez, elle joue une artiste libre donc il faut sourire comme une idiote et dire des banalités pseudo-philosophiques sur le sens de la vie). Pire dans tout ça : le jeu de Maisie Williams (alias la Arya Stark de la série à succès Game of Thrones), pas du tout crédible en jeune SDF. Bref, tout est à jeter dans ce film qui provoque plus de la haine à la fin du visionnage que de l’amour !

The Book of Love : bande-annonce

The Book of Love : Fiche technique

Réalisateur : Bill Purple
Scénario : Bill Purple et Robbie Pickering
Interprètes : Jason Sudeikis, Maisie Williams, Jessica Biel, Mary Steenburgen…
Musique : Justin Timberlake
Producteurs : Jessica Biel, Ross M. Dinerstein, Michelle Purple, Kevin Iwashina
Société(s) de Production : C Plus Pictures, Campfire Stories Inc., Iron Ocean Films
Distribution : Netflix France
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie (Netflix) : 20 septembre 2017

États-Unis – 2016

Burn Out de Yann Gozlan : un polar viscéral

Malgré un scénario un peu trop scolaire, Burn Out arrive tout de même à relever la tête grâce à son réalisateur, qui démontre un talent visuel dans la réalisation de scènes de course pleines d’adrénaline et la mise en tension organique de son personnage.

Cela a été dit à de nombreuses reprises, mais le cinéma de genre est peu représenté en France. Avec l’histoire de cet homme qui doit sauver son ex-femme d’un gang de manouches en usant de ses qualités de pilote de motos, on semble malgré tout être en terrain connu. Avec ce semblant de Série B, le mutisme de certains passages, la photographie aussi colorée que nocturne, les séquelles physiques de cette tension infernale, cette violence intériorisée, on sent que Yann Gozlan a bien révisé ses gammes, notamment celles de films tels que Drive ou même The Place Beyond the Pines. Certes, le cinéaste français n’est pas Nicolas Winding Refn et François Civil n’est pas Ryan Gosling, mais Burn Out s’extirpe de ces influences et s’accommode des codes du cinéma de genre pour modeler à sa guise une œuvre qui tient largement la route.

Il est vrai qu’il est difficile de se faire surprendre par un script qu’on voit venir avant le personnage lui-même et que l’intérêt pour les protagonistes secondaires s’étiole rapidement suite à un manque complet d’écriture, mais Burn Out utilise ses atouts de l’autre côté de la barrière, avec un dispositif visuel sensitif. Que cela soit par des scènes de course de motos tendues ou celles en Go Fast sur ces autoroutes pleines de néons hallucinogènes, Yann Gozlan amène un soin particulier à vouloir construire une identité esthétique, à amener une énergie sensorielle et immersive à son intrigue dans laquelle son personnage principal, François Civil, est quasiment de tous les plans.

Alors que nous ne sommes pas habitués à le voir jouer des rôles taciturnes et volcaniques, l’acteur est l’épicentre d’un film qui deviendra de plus en plus nerveux. Mais au-delà même de ces personnages et de la finalité de la trame scénaristique, c’est l’environnement développé, l’urgence constante du film, cette sensation continuelle et oppressante de danger agencée par Yann Gozlan qui amène un pouls à Burn Out. Certes l’imagerie du cinéma de genre français ne change guère avec la banlieue, les caïds de cité, les loubards, la clope, la violence, les petits arrangements, mais tout cet encadrement urbain devient un terrain de jeu propice à la soif visuelle et technique du metteur en scène.

Yann Gozlan offre un écrin racé, aussi élégant que tendu, se rapprochant plus de l’univers d’un Michael R. Roskam ou d’un Fred Cavayé que d’un Olivier Marchal. Il y a du savoir faire chez ce réalisateur qui sait manier les styles graphiques et le découpage dans les scènes d’action sans jamais que son film n’en devienne incohérent ou même gratuit : utilisant le huis clos d’une banlieue en guérilla, la rapidité et l’espace anxiogène d’une autoroute, les courses poursuites à 250 km/h avec la police, l’engin qu’est la moto n’a jamais été aussi bien mis en lumière dans un film d’action. Loin d’être un shoot de testostérone bas de gamme à la Fast and Furious ou Le Transporteur, Burn Out se veut être un trip esthétique dynamique, avec son rythme qui ne baisse jamais en tension et son mixage sonore ébouriffant.

Synopsis: Tête brûlée, accro aux sensations fortes, Tony ne vit que pour une seule chose : devenir pilote professionnel de moto superbike. Jusqu’au jour où il découvre que la mère de son fils est liée à la pègre manouche. Seule issue pour la sortir de cet engrenage : mettre ses talents au service des truands. Pilote de circuit le jour, go-faster la nuit, Tony est plongé dans une spirale infernale qui le mène au bord de la rupture…

Bande annonce – Burn Out

Fiche Technique – Burn Out

Réalisateur : Yann Gozlan
Scénario : Yann Gozlan, Guillaume Lemans
Interprètes : François Civil, Olivier Rabourdin, Samuel Jouy, Manon Azem
Photographie : Antoine Roch
Montage : Valentin Feron
Société(s) de Production : 24 25 Films,
Distribution : Gaumont Distribution
Genre : Action Drame
Date de sortie : 3 janvier 2018

France – 2018

 

Lastman tabasse en Blu-ray & Coffret Ultime chez Wild Side

Le 6 décembre dernier a débarqué en video Lastman. Editée par Wild Side, la série d’animation française suit un héros malgré lui embarqué dans une aventure emplie de mafieux, de monstres et autres mythes.

Synopsis : Richard Aldana, un jeune boxeur talentueux mais flemmard, se retrouve avec la gamine de son meilleur ami sur les bras. Mais la petite Siri est traquée par une secte qui croit à l’existence de la Vallée des Rois, un monde de légendes dont elle serait la clef. Pour richard, les ennuis ne font que commencer.

Le grand mix épique

Lastman compte vingt-six épisodes d’une douzaine de minutes. Et disons-le de suite : il en faut plus. « Trop bon », « magique », « parfait » a-t-on envie de crier à propos du show. Le Blu-ray est lancé, le premier épisode démarre, puis arrive le deuxième, ensuite le troisième, et cetera. L’enchainement semble inévitable tant la saga française nous emporte dans son déroulement. Récit d’action, d’aventure, fantastique, polar, drames d’une famille et d’un jeune homme qui devra trouver sa place dans le monde… Lastman est une oeuvre riche de formes et de concepts. Heureusement, le mix des genres n’est pas brouillon. Au contraire, l’univers protéiforme de la série réussit à fonctionner dans un grand ensemble tourbillonnant.

Le show est aussi formidable visuellement qu’au niveau musical. Lastman, préquelle de la bande-dessinée à succès, est menée par une équipe talentueuse, avec à la réalisation Jérémie Périn (le générique de Gainsbourg vie héroïque, des clips pour Syd Matters et dYe), ou encore Yves Balak, l’un des créateurs de la BD et de la série Les Kassos… A la bande-son, nous avons les artistes Avril et Monthaye. Scénaristiquement, visuellement et musicalement, Lastman mélange les genres et croise ses inspirations. De l’électro du polar urbain au blues, en passant par des sonorités des mangas des années 80, la musique de Fred Avril et Philippe Monthaye réussit, à l’image du reste du show, à ne pas se perdre dans son melting pot créatif et participe activement à l’identité – ainsi qu’au culte – de la série.

Ci-dessous, des extraits de la bande-son originale de la série composée par Avril et Monthaye.

Comme dit plus haut, la série, semée de punchlines déjà cultes, est destinée aux adultes. Cranes explosés, corps démembrés et langage ordurier, Lastman épouse véritablement le récit de genre qui met en scène des personnages imparfaits – Richard Aldana est un boxeur doué mais fainéant – dans des situations pas non plus brillantes : il couchera par exemple avec la mère âgée d’un boxeur du quartier qui les surprendra en plein coït. Shoot d’adrénaline audiovisuelle pure, Lastman est l’oeuvre française à (re)découvrir pour bien démarrer votre parcours ciné-sériephilique de cette nouvelle année 2018.

Lastman tabasse en Blu-ray

L’édition Blu-ray proposée par Wild Side est une réussite. Rien à redire concernant le visuel ou l’aspect sonore des épisodes. Remarquons la présence d’une version anglaise soignée quand bien même on lui préferera la française. Les épisodes sont accompagnés de nombreux bonus qui vous permettront de poursuivre l’expérience Lastman en en découvrant les coulisses. Supportée par un crownfunding vers la moitiée de sa production suite au départ de l’un des investisseurs, l’équipe de Lastman peut être fière de posséder une édition qui tabasse tout sur son passage. Notons aussi la sortie d’un coffret ultime vraiment « ultime » qu’on vous laissera découvrir ci-dessous. Enfin la série est aussi disponible dans une édition DVD comportant les épisodes et les mêmes bonus que le fourreau Blu-ray.

Bande-Annonce – Lastman

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES DVD

Toutes zones – Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français DTS 5.1 & Dolby Digital 2.0, Anglais Dolby Digital 2.0 – Sous-titres : Anglais, Espagnol – Durée : 26 épisodes de 12′

Prix public indicatif : 29,99 Euros le boitier DVD (3 disques)

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Toutes zones – Format image : 1.77 – Résolution : 1080 25p – Format son : Français DTS Master Audio 5.1, Anglais DTS Master Audio 2.0 – Sous-titres : Anglais, Espagnol – Durée : 26 épisodes de 12′

Prix public indicatif : 39,99 Euros le boitier Blu-ray (2 disques)

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L’édition ultime de ‘Lastman’

COFFRET EDITION ULTIME

L’intégrale des épisodes de la série en DVD et en Blu-ray (5 disques au total) + l’Artbook inédit « Fabriquer Lastman » (format 21 x 30 cm – 166 pages) + le vinyle 45T de Tomie Katana + le flip-book de Siri + les posters de la série (40 x 60 cm) réalisés par Jeremie Périn + la photo de famille de Dave et Siri + la musique de LASTMAN en téléchargement

Prix public indicatif : 79,99 Euros l’Édition Ultime

Search Party saison 2 : une murder entre amis imprévue addictive

Après une première saison qui rendait déjà accro, ce 2ème cycle de Search Party creuse plus loin l’incommensurable malaise dans lequel Dory, Drew, Eliott et Portia – représentant la génération Y – baignent depuis le meurtre de fin de saison 1…

Synopsis : La bande des 4 doit à présent gérer les conséquences désastreuses découlant de la réussite de leur quête de Chantal. Leur niveau de paranoïa augmente, leurs relations s’étiolent et il devient de plus en plus difficile de croire que personne ne découvrira le secret du groupe.

Tel est pris qui croyait…?

Keith Powel n’était pas le père psychopathe de l’enfant que portait Chantal. Chantal n’était même pas en danger dans une quelconque secte ou fuyant Keith. L’énorme malentendu lui a coûté la vie. Et maintenant, ils doivent lutter pour leur propre survie. Comment échapper à la prison et à la folie qui les guette progressivement ? Dory encaisse toute la responsabilité et doit protéger ses amis qu’elle a mis dans le « pétrin » alors qu’elle a rejoint la campagne de Mary Ferguson pour être sénatrice de l’état de New York. Drew fera tout pour avoir un poste à Shanghai. Eliott quitte ses éditeurs après quelques jours en institution de rémission. Portia intègre une pièce de théâtre et se lie d’amitié avec le nouveau metteur en scène. Sans oublier, la folle voisine junkie April qui fera également son grand retour ainsi que la détective et lieutenant Joy…

Sarah-Violet Bliss et Charles Roger ont réalisé une comédie détonnante mettant déjà en scène Clare McNulty (Chantal), John Early (Eliott) ou les soeurs Phoebe et Claire Tyers (April) dans la quête métaphorique de deux jeunes femmes, Fort Tilden. Charles Rogers rencontre le boute-en-train Micheal Showalter sur Wet American Hot Summer, déjà absurde à souhait. Ce dernier a un talent particulier pour la zygomatique tendre et il l’a déjà prouvé en réalisant Hello, My Name Is Doris avec la pétillante Sally Fields. Tous les trois donc semblent concernés par les crises existentielles qu’elles soient liées à l’âge, à la carrière ou à l’amitié, aux objectifs inatteignables. Et ils ont décidé de verser ensemble dans la comédie noire en revisitant le sadisme tendre d’un Hitchcock couplé à la malice généreuse de séries plus contemporaines comme Orange is the new black ou Transparent. Il faut à présent éviter la prison, lutter pour garder sa liberté. Le mensonge apparaît d’une évidence nécessaire, encore plus pratique lorsque la tournure arrange les quatre jeunes détectives devenus fugitifs. De quiproquos en coïncidences, les détectives sont devenus des coupables qu’on ne veut absolument pas voir arrêtés. En parallèle, d’autres arcs narratifs construits sur search-party-saison-2-l-homme-mortdes genres différents permettent une meilleure respiration, tout en alimentant l’arc principal qui mêle les 4 jeunes gens. Drew veut profiter d’une promotion pour partir à Shanghai à la place du favori, Eliott sombre dans la folie alors que son autobio est acclamée par des éditeurs et que son couple bat de l’aile, Portia doit faire le deuil de sa mère qui ne semble pas l’aimer comme il se doit, tandis que Dory rencontre l’ex-femme de Keith et son amie qui baigne dans la mafia, sans oublier Julian, ex de Dory et journaliste en herbe… Mais la voisine April, qui cache elle aussi son lot de secrets, s’immisce dans le projet noir du « club des 5 4″ qui est à présent de justifier de leur innocence en fuyant coûte que coûte les balances, corbeaux et surtout la police. Le personnage du lieutenant et détective Joy s’avère quelque peu déluré après un coup du sort aussi fou que celui qui s’est produit pour nos 4 amis. Sauf que les scénaristes le sont aussi et que conclure par un happy ending aurait été maladroit, bien qu’on le veuille ardemment. La surprise de fin de saison permet donc un pas de plus dans l’obscurité pour une saison 3 en préparation. Il serait, en effet, fou de s’arrêter après le succès quasi unanime auprès de la critique et du public. Search Party recueille une moyenne de 8/10 sur des sites tels que Rotten Tomatoes ou Metacritic. Effectivement, la saison 2, plus aboutie, jonglant toujours plus habilement avec l’humour noir, la comédie existentielle onirique et le detective story a quelque chose d’hitchcockien, perdu dans le vertige en spirale de Sueurs Froides et la fausse culpabilité à prouver du Faux Coupable

Sublime et addictive, portée par des acteurs étonnants, cette pépite qui a clos l’année 2017 aurait pu être dans le top 5 si les grosses productions portées par les médias ne lui avaient pas fait de l’ombre. A ne manquer absolument sous aucun prétexte !

Search Party saison 2 : Trailer

https://www.youtube.com/watch?v=BWf6qpsyuso

Search Party saison 2 : Fiche Technique search-party-saison-2-poster

Création: Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers et Michael Showalter

Scénario : Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers, Michael Showalter, Anthony King, Christina Lee, Jordan Firstman, Starlee Kine, Andrew P. Fleming, Matthew Kriete, Robbie Pickering, Samantha Stratton
Réalisation : Sarah-Violet Bliss, Charles Rogers, Ryan McFaul, Michael Showalter, Lilly Burns
Direction artistique : Olga Miasnikova
Décors : Brian Goodwin, Cat Navarro, John Duhigg Cox
Costumes : Matthew Simonelli
Photographie : Jonathan Furmanski
Production : Brittney Segal, Jake Fuller, Grace Johnson, Genevieve Aniello, Sarah-Violet Bliss, Lilly Burns, Ryan Cunningham, Tony Hernandez, Charles Rogers, Alia Shawkat, Michael Showalter, John Skidmore, Anthony King, Christina Lee
Musique : Brian H. Kim, Daniel Wohl
Genres : Comédie, policier, drame, thriller
Diffuseur : TBS
Format de la saison : 10 épisodes de 30 minutes
Dates de diffusion en France : dès le lendemain, le 20 novembre 2017 sur OCS

États-Unis – 2017

Police Fédérale Los Angeles : Friedkin fait peau neuve chez Carlotta

Pour conclure l’année 2017, Carlotta pouvait difficilement frapper plus fort que la ressortie 4K de Police Fédérale Los Angeles de William Friedkin, dans un fastueux coffret dont l’inestimable collection culte a le secret. L’occasion de confirmer une nouvelle fois que l’écrin numérique sied à ravir au cinéma de Wild Bill, surtout quand il s’agit de sublimer une de ses œuvres les plus avant-gardistes.

La rage au ventre

Comme bon nombre de bandes des années 80, Police Fédérale Los Angeles dût attendre son exploitation vidéo pour trouver son salut et bâtir l’aura culte qui est la sienne aujourd’hui. Sur le coup, son échec lors de sa sortie en salles et son accueil relativement tiède par la presse (même si on trouve quelques plumes enflammées montées au créneau pour défendre le film, dont celle de Nicolas Boukhrief alors à Starfix) fragilisent un peu plus la position de William Friedkin à Hollywood. En effet, le réalisateur n’est plus en 1985 le golden-boy impétueux des triomphes de French Connection et L’exorciste. Éprouvant des difficultés à se relever après l’échec cinglant du Convoi de la peur, Friedkin est de plus en plus considéré comme un dinosaure par une industrie sur laquelle il régnait en maître à peine 10 ans auparavant.

De fait, Police fédérale Los Angeles est imprégné de cette mentalité d’outsider désireux de prouver qu’il est toujours dans le coup et de montrer à cette époque qui essaie de le fossiliser qu’il l’a comprise mieux que personne. Tourné pour un budget modeste (6 millions de dollars) dans les rues de L.A, loin du confort des studios (le coproducteur et monteur Bud Smith qualifie le tournage de « Hit and Run »), PFLA fait partie de ces films animés par la volonté de saisir l’air de leur temps sur celluloïd. Dès ce générique rythmé par la musique de Wang Chung, alors que se met en route la planche à billets qui inonde les rues de la ville en faux-dollars, le film fait preuve d’une puissance cinématique grandiose qui ne sera jamais démentie.

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Willem Dafoe (Rick Masters) le virtuose du faux brûle son tableau

Simulacre et simulé

Bien que tourné à même le bitume, l’approche de Friedkin sur ce film se situe aux antipodes de French Connection. Au réalisme âpre et documentarisant de son chef-d’œuvre oscarisé, Police Fédérale Los Angeles déréalise le décor pour plonger le spectateur dans l’abstraction. A l’image d’une histoire peuplée de faux-semblants, Los Angeles apparaît comme une ville d’exposition ou chaque lieu fait figure de pièce rajoutée. Dans un film où chaque raccord est susceptible de faire mentir le sens du précédent et où les personnages sont menés par des pulsions qu’ils ne comprennent pas, le public expérimente cette sensation kafkaienne où ses habitudes sont annihilés par le fonctionnement de l’univers dépeint.

De fait, il faut accepter le fonctionnement parfois erratique d’une l’intrigue taillée à la serpe pour s’imprégner du sentiment d’étrangeté qui se diffuse à l’image. Ce que le grand romancier James Ellroy appelait Le Grand Nulle Part, William Friedkin en a fait une matière filmique où tout n’est plus qu’apparences et artefacts, à l’instar des faux billets imprimés par Rick Masters, seul personnage à comprendre le cirque auquel il participe. Au fond, Police Fédérale Los Angeles est un film sur des personnages qui essaient d’être et dont l’identité ne tient qu’à des repères menaçant de vaciller d’une scène à une autre. Soit une pierre angulaire dans le vertige identitaire friedkinien et un pavé de taille dans la mare d’une décennie qui a refusé de se voir dans le miroir tendu par le réalisateur. Peut-être de peur de ne plus y reconnaître son reflet…

Suppléments à la carte

Une fois encore, on saluera le travail éditorial copieux de Carlotta qui a mis les petits plats dans les grands pour offrir au film le support définitif qu’il mérite. Même visionné sur une télé 2K, la restauration de l’image mérite largement le détour, en dépit de quelques ratés notamment au niveau d’un grain blanc parfois envahissant qui met en valeur la chaleur hypnotisante des couleurs voulues par Friedkin et son chef op’. Même chose pour le son qui valorise considérablement le travail effectué par l’équipe, notamment pour l’environnement musical (Wang Chung a rarement aussi bien résonné dans votre salon).

Pour ce qui est des suppléments, comme d’habitude avec l’éditeur, la générosité est au rendez-vous. Outre le livret de 150 pages présent dans la version collector et signé par des plumes de La septième obsession, vous trouverez également de quoi vous enfiler l’entrée-plat-dessert (avec supplément et café) dans les menus du Blu-ray. Est inclus un documentaire dans lequel toute l’équipe revient sur l’aventure du tournage, anecdotes croustillantes et images d’archives à l’appui ; des interviews individuelles de certains acteurs, de Wang Chung et du coordinateur cascades ; la fin alternative tournée à la demande du studio (et rejetée proto par le réalisateur), une scène coupée et des spots radios ! Même si l’intérêt se révèle parfois inégal, difficile d’en vouloir à Carlotta de vouloir servir jusqu’à satiété le public, et d’honorer la profession de foi d’une collection décidément rutilante. Bref, si l’idée d’un rebond de Noël vous a traversé l’esprit (ou si vous désirez tout simplement corriger les erreurs de listes du Père Noël), n’hésitez pas et ruez-vous sur ce coffret.

Titre original : To Live and Die in L.A.
Année de sortie : 1985
Pays : États-Unis
Scénario : William Friedkin et Gerald Petievich, d’après le roman de Gerald Petievich To live and die in LA
Photographie : Robby Müller
Montage : M. Scott Smith
Musique : Wang Chung
Avec : William L. Petersen (Richard Chance), Willem Dafoe (Rick Masters), Jim Hart (Michael Greene), John Turturro (Carl Cody), Darlanne Fluegel (Ruth Lanier), Debra Feuer (Bianca Torres) & John Pankow (John Vukovich).

Collection Coffret Ultra Collector #8 Coffret Ultra Collector Limité Et Numéroté Blu-Ray + Double Dvd + Livre 160 Pages Police Fédérale, Los Angeles (1985) Un Polar Emblématique Des Années 1980 Par Le Réalisateur De « L’exorciste » Et De « Killer Joe« .
Sortie le 6 décembre 2017 (50.16€) chez Carlotta.

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Nouvelle restauration 4K supervisée et approuvée par William Friedkin

Caractéristiques techniques du Blu-Ray :

• MASTER HAUTE DÉFINITION • 1080/23.98p • ENCODAGE AVC
Version Originale DTS-HD MA 5.1 & 2.0 / Version Française DTS-HD MA 5.1
Sous-Titres Français • Format 1.85 respecté • Couleurs
Durée du Film : 116 mn

Également Disponible En Édition BLU-RAY Single (inclus making-of + scène coupée + fin alternative + spot radio + bandes-annonces)

Caractéristiques techniques du DVD :

2 DVD 9 • NOUVEAU MASTER RESTAURÉ • PAL • ENCODAGE MPEG-2
Version Originale Dolby Digital 5.1 & 2.0 / Version Française Dolby Digital 5.1 • Sous-Titres Français • Format 1.85 respecté • 16/9 compatible 4/3
Couleurs • Durée du Film : 111 mn

Suppléments du coffret ultra-collector:

Commentaire audio de William Friedkin
Un monde de contrefaçons : Le Making-Of De « Police Fédérale, Los Angeles » (30 mn)
Entretiens avec le réalisateur et les acteurs illustrés d’archives du tournage.
Le livre « Éloge du faux-semblant » avec 6 nouveaux textes explorant les différents aspects du film, sa place dans le cinéma des années 1980… plus de 40 photos (160 pages). En association avec La Septième Obsession.
Bonus vidéo:
Entretiens avec le réalisateur et les acteurs illustrés d’archives du tournage.
Souvenirs du casting et du tournage de Police fédérale, Los Angeles par William Petersen
Le Renouveau De La Femme À Los Angeles (15 mn)
Docteur D’un Jour (9 mn)
Totalement en phase (13 mn)
À contresens (36 mn)
Scène coupée (4 mn)
Fin alternative (9 mn)
Spot radio
Bandes-annonces

Les Heures sombres de Joe Wright : Enfin une consécration pour Gary Oldman dans son rôle de Churchill ?

Homme mythique ayant fabriqué son propre mythe et sa propre histoire, sujet de plus d’une dizaine de films déjà, Winston Churchill est le protagoniste du nouveau film du britannique Joe Wright, les Heures sombres. Un film fébrile et tout en action, alors même que le verbe, celui du Vieux Lion, est au centre du dispositif.

Synopsis : Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill est un des piliers du Parlement du Royaume-Uni, mais à 65 ans déjà, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Il y est cependant nommé d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, et dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par l’armée britannique dans l’incapacité d’être évacuée de Dunkerque.

Alors que plane la menace d’une invasion du Royaume-Uni par Hitler et que 200 000 soldats britanniques sont piégés à Dunkerque, Churchill découvre que son propre parti complote contre lui et que même son roi, George VI, se montre fort sceptique quant à son aptitude à assurer la lourde tâche qui lui incombe. Churchill doit prendre une décision fatidique : négocier un traité de paix avec l’Allemagne nazie et épargner à ce terrible prix le peuple britannique ou mobiliser le pays et se battre envers et contre tout.

Avec le soutien de Clémentine, celle qu’il a épousé 31 ans auparavant, il se tourne vers le peuple britannique pour trouver la force de tenir et de se battre pour défendre les idéaux de son pays, sa liberté et son indépendance. Avec le pouvoir des mots comme ultime recours, et avec l’aide de son infatigable secrétaire, Winston Churchill doit composer et prononcer les discours qui rallieront son pays. Traversant, comme l’Europe entière, ses heures les plus sombres, il est en marche pour changer à jamais le cours de l’Histoire.

La Bataille d’Angleterre

Les biopics sur les grands hommes et femmes, politiques qui plus est, peuvent être mortellement ennuyeux. Il n’y a rien qu’on ne sache déjà, rien qui n’ait déjà été écrit, pire, rien qui n’ait déjà été filmé au moins une fois.

Pourtant, les Heures sombres du britannique Joe Wright est un film passionnant sur Winston Churchill qu’on suivra à la fois dans sa dimension intime, et dans ses habits fraîchement enfilés de premier ministre, pendant un petit mois, celui de Mai 1940, à une époque où les forces alliées étaient au plus mal, d’où le titre du film du cinéaste.

les-heures-sombres-joe-wright-film-critique-lily-james-gary-oldmanLe film débute par une séquence au Parlement, filmé en plongée, dans une lumière pâle mais suffisante pour que l’on puisse voir la poussière des lieux voler. La caméra descend tel un prédateur sur ces hommes en effervescence, demandant la démission de l’un d’eux, Neville Chamberlain (Ronald Pickup), le premier ministre en place. Une très belle scène inaugurale dans laquelle Churchill est absent, mais qui ne parle que de lui en creux : on chuchote son nom comme le seul successeur qui pourrait être accepté par l’opposition, mais on le chuchote comme s’il était une malédiction, comme si l’homme lui-même était une malédiction. Beaucoup de scènes s’appuieront sur de tels mouvements de caméra, impressionnants, peut-être un peu trop répétitifs pour ne pas tomber dans le gimmick facile.

les-heures-sombres-joe-wright-film-critique-gary-oldman-ben-mendelsohnLes Heures sombres se dessine plutôt comme un haletant thriller politique qu’un film de guerre. Hitler et Mussolini sont les ennemis manifestes, mais Churchill doit combattre des ennemis intérieurs tout aussi féroces, et notamment Neville Chamberlain et le sournois Halifax (Stephen Dillane, vu notamment dans Game of Thrones). Le métrage est porté par un Gary Oldman tout simplement énorme, qui réussit à la fois à faire oublier l’acteur derrière le personnage, et la tonne de latex dont il est recouvert, en interprétant à la perfection son Churchill. Les mimiques et les tics, les moindres gestes, les regards de doute, de conquête, de méchanceté ou encore de malice, sont ceux de Gary Oldman tout autant que ceux du « Vieux Lion ». La caractérisation du grand homme est dénuée de complaisance de la part du scénariste Anthony McCarten, et de la part du metteur en scène, qui n’ont pas hésité, à plusieurs reprises, à le montrer dans ses excès. Même si leur version de Churchill est globalement hagiographique, comme par exemple dans cette scène totalement inventée de Churchill frayant avec le peuple britannique et de l’Empire dans le métro de Londres, on ne peut pas leur reprocher un manque d’objectivité à l’égard du grand homme.

les-heures-sombres-joe-wright-film-critique-gary-oldman-undergroundLa réussite du film tient notamment dans ce combo caractérisation minutieuse / casting impeccable. Le roi George VI, bégayant de tout son soûl dans Le Discours d’un Roi de Tom Hooper, est un personnage beaucoup plus en nuances tel qu’interprété ici par Ben Mendelsohn. Tantôt contre Churchill qu’il a dû nommer Premier Ministre malgré lui, tantôt son allié au plus fort de ces heures sombres, donnant même une des scènes les plus empreintes de tendresse dans un film plutôt âpre, « Bertie » a une dimension très humaine que le « bad boy » australien contribue à façonner. Kristin Scott-Thomas incarne à merveille Clementine Churchill, une femme résignée mais loyale et fidèle, fatiguée mais tentant de rester à la hauteur de son époux en matière de drôlerie et de punchlines. Lily James, enfin, apporte la fraîcheur dans ce monde de vieux intrigants. La secrétaire personnelle de Churchill est l’agnelle qui aurait pu et dû se faire bouffer toute crue, et qui, in fine, devient la femme de confiance d’un homme qui a gagné une guerre avec les mots qu’il dictait et qu’elle tapait avec frénésie et avec ferveur.

Il est étrange de constater la coïncidence entre d’une part la sortie de Dunkerque, le film minimaliste de Christopher Nolan qui détaille une des journées de ce fameux moi de Mai, précisément celle de l’Opération Dynamo proprement dite, et celle des Heures sombres de Joe Wright, qui en raconte la gestation et le difficile accouchement ; et d’autre part, l’avènement du Brexit presque concomitamment à ces sorties. Comme une mauvaise ironie du sort, la frilosité quasi-xénophobe qu’une moitié des Britanniques a montré avec ce Brexit vient en totale contradiction avec ces films, avec les Heures sombres en particulier, un film qui montre combien, en plus de défendre son île, Churchill avait à cœur de protéger sa chère France et l’Europe, et surtout de défaire celui qu’il appelait alors déjà, Le Monstre, alors même qu’il était à un cheveu de céder aux sirènes de la négociation. Des hasards de calendrier qui ne sont qu’accidentels, mais qui ajoutent assurément du piment au visionnage de ce très bon film.

Les Heures sombres – Bande-annonce

Les Heures sombres – Fiche technique

Titre original : Darkest Hour
Réalisateur : Joe Wright
Scénario : Anthony McCarten
Interprétation : Gary Oldman (Winston Churchill), Kristin Scott Thomas (Clemmie), Ben Mendelsohn (Le Roi George VI), Lily James (Elizabeth Layton), Ronald Pickup (Neville Chamberlain), Stephen Dillane (Vicomte d’Halifax)
Musique : Dario Marianelli
Photographie : Bruno Delbonnel
Montage : Valerio Bonelli
Producteurs : Anthony McCarten, Tim Bevan, Eric Fellner, Douglas Urbanski, Lisa Bruce
Maisons de production : Working Title Films
Distribution (France) : Universal Pictures International France
Récompenses : Nombreuses pour Gary Oldman (Meilleur Acteur) et Joe Wright (Meilleur Réalisateur)
Budget : USD 30 000 000
Durée : 125 min.
Genre : Biographie, Histoire
Date de sortie : 03 Janvier 2018
Royaume-Uni – 2017

The Crown saison 2 : le poids de la Couronne, le poids des non-dits

Là où la plupart des séries historiques « glamourisent » de façon épique et romanesque l’héroïsme de leurs personnages (des Tudors à Vikings en passant par Les Borgia ou Reign), The Crown se démarque et tranche radicalement en montrant les dessous du pouvoir et la difficulté humaine qu’éprouvent les monarques à exercer leur fonction. Une création originale qui brille par son approche complexe et les problématiques foisonnantes qu’elle aborde.

Synopsis : Alors que la saison 1 s’intéressait au début du règne d’Elizabeth II, de 1952 à 1956, ici, l’intrigue de la deuxième saison reprend là où la précédente s’était arrêtée, et se poursuit jusqu’en 1964. L’histoire passe notamment en revue les deux dernières grossesses de la Reine (Andrew d’York et Edward de Wessex), sa crise de couple avec Philip lors des Jeux Olympiques de Melbourne, l’éducation stricte du jeune Prince Charles, le passé trouble du Duc d’Édimbourg, le mariage de Margaret avec le sulfureux photographe Antony Armstrong-Jones, la rencontre au sommet entre les Kennedy et les Windsor, ou encore la modernisation de la Monarchie et du protocole grâce à Lord Altrincham.

Arrivée sur Netflix le 8 décembre dernier, la deuxième saison de The Crown conserve son identité et continue d’explorer avec délicatesse et subtilité l’envers du décor de la Monarchie royale d’Angleterre. La saison 1 évoquait beaucoup d’événements politiques et laissait une grande place au duo Churchill/Elizabeth, avec en filigrane la question pour la jeune Reine de savoir comment s’imposer, à 22 ans, dans un monde d’hommes souvent rompus à l’exercice du pouvoir. Ici, le second volet de cette saga historique nous montre une monarque plus installée dans ses fonctions et plus à l’aise avec la diplomatie, délaissant alors les questions d’ordre étatique pour aborder plus en profondeur des problématiques personnelles, ce qui humanise davantage les personnages et permet d’apporter un nouvel éclairage sur la famille royale et la nation toute entière. Une réussite.

Humain, trop humain

the-crown-saison-2-Matt-smith-claire-foyCe qui frappe d’emblée dans The Crown, c’est la façon dont les personnages ne semblent, au départ, pas taillés pour leur fonction. La Reine est une femme. Le Duc d’Édimbourg est un homme. Par conséquent, chacun éprouve des sentiments naturels, et traverse des crises identitaires plus ou moins fortes, voire décisives. Mais là où les citoyens normaux ont la liberté d’exprimer leurs humeurs, leur frustration, leur douleur ou leurs doutes, le couple royal ne peut pas. Car, et c’est là toute la force de cette série, leurs intérêts passent après ceux de la nation, du pays, de la Monarchie. A partir de cet instant, on réalise alors que le pouvoir, qui fait si souvent rêver, est davantage traité comme un fardeau dans The Crown, qui articule tout son récit autour de la dialectique entre volonté individuelle et devoir collectif. Paradoxe absolu, Elizabeth et Philip, qui figurent pourtant parmi les souverains les plus emblématiques et importants du monde moderne, n’ont aucune liberté, et doivent s’oublier pour mieux servir la Grande-Bretagne. Le comble, pour l’incarnation même du pouvoir, que de n’en avoir aucun. Ainsi, les obstacles se multiplient pour la Reine, femme prise en tenaille et écartelée entre ses envies et des peines, son affection pour ses proches, son envie de mener une vie normale, et le poids du rôle qu’elle se doit d’incarner sans jamais flancher, refoulant toujours ses chagrins, ses déceptions ou ses désirs pour s’effacer. C’est d’autant plus intéressant alors, de voir comment la jeune Reine fait face à la crise de son couple, aux infidélités répétées de son mari et aux rumeurs qui circulent à son sujet, avec une humilité et une dignité qui fait ressortir un autre aspect de la vie à Buckingham : celui du silence. C’est étouffé par le poids des non-dits et du devoir de retenue que le couple royal doit survivre aux années, survivre aux scandales. Des humains qui ne peuvent finalement pas en être : c’est ça, The Crown.

Palace People

The-Crown-MargaretAutre nouveauté par rapport à la première saison, cette deuxième partie s’offre le temps d’instrumentaliser à souhait les vies et les destins croisés des différents membres de la famille royale, dont certains sont parfois difficiles à contrôler. En tête, Margaret, l’indomptable sœur de la Reine, qui fait fi du protocole pour laisser libre cours à ses pulsions, et qui place au centre de ses préoccupations sa quête de l’amour. Frasques en tous genres, alcoolisme mondain, dépression, solitude, pétages de plomb, coup de foudre avec un photographe peu recommandable, mœurs libérées, train de vie très ostentatoire : Margaret fait déjà, à son époque, les choux gras d’une presse people avide de scoops, phénomène que la Monarchie s’évertue à endiguer du mieux qu’elle le peut. Au rayon scandales, Edouard VIII, l’ancien Roi, n’est pas en reste, puisque là encore, la Monarchie sera confrontée à la résurgence d’un autre dossier sensible, à savoir l’appartenance et la participation du Duc de Windsor au mouvement nazi, et son implication auprès des dirigeants du IIIème Reich, avec suspicion d’espionnage, entre autres. Autre qualité de The Crown : la série ne fait pas l’hagiographie des monarques, mais se confronte, au contraire, aux zones d’ombre et au passé parfois embarrassant de ses personnages, et donc de l’Angleterre. Enfance sordide de Philip, accointances douteuses de ses sœurs qui étaient épouses de nazis : les attaches de certains membres de la Couronne avec l’Allemagne fasciste de la Seconde Guerre Mondiale ne sont pas passées sous silence. Au final, ce postulat fait de The Crown une série courageuse qui regarde le passé en face (peut-être pour mieux l’exorciser), et qui ne cherche pas non plus à gommer les défauts, les fautes et les erreurs de ses personnages. Un souci d’honnêteté qui mérite d’être souligné.

Monarchie en danger

Dans la même idée, The Crown montre avec finesse et efficacité l’impact qu’ont eu la Seconde Guerre Mondiale et la modernisation de la société sur une Monarchie figée et poussiéreuse, institution dépassée, constamment menacée de disparition. Vieille, guindée, déconnectée des réalités, loin du peuple, ringarde : la Couronne, qui n’a pas évolué depuis des décennies, et elle aussi confrontée à une grave crise, au même titre que tous ceux qui la portent. Parallèle scénaristique habile, qui continue d’exploiter cette dichotomie apparente entre institution d’un côté, et humain de l’autre. Et si finalement ces deux éléments se faisaient le reflet l’un de l’autre ? Il n’en demeure pas moins que cette seconde saison met en lumière la façon dont la Monarchie doit sans cesse se remettre en question pour survivre, comme les personnages. Entre la réaction humiliante et insultante de Jackie Kennedy qui ridiculise ouvertement la Reine et son palais ; la lettre ouverte incendiaire d’un certain Lord Altrincham qui démolit le discours de la Reine dans un édito assassin ; ou encore l’éducation archaïque du Prince Charles qui suit les pas de son père dans un établissement scolaire aussi rustre que vieux, la Couronne est attaquée, menacée et mise à l’épreuve de toutes parts. Là aussi, on ne peut s’empêcher d’établir un lien entre le parcours de la Reine, parfois humiliée et en quête de réponses (cf. l’épisode où elle se lie d’amitié avec un prédicateur évangéliste américain pour questionner sa foi), et celui de la Monarchie en tant que symbole, sans cesse forcée à s’adapter pour survivre. Encaisser les coups, la tête haute, pour n’en sortir que plus forte : au fil du temps, la Reine et la Couronne ne font plus qu’un et mènent le même combat, celui de la survie. 

Quoiqu’un tantinet plus « strass et paillettes » que la saison précédente et moins versée sur la politique (ce qui n’exclut pas pour autant quelques épisodes diplomatiques croustillants, en Afrique notamment), la saison 2 de The Crown conserve son identité profonde et continue de questionner avec complexité la dialectique impossible entre pouvoir et humanité. Servie par une Claire Foy au sommet de son interprétation, la série éblouit par son faste et captive par son écriture.

The Crown saison 2 : Bande-annonce VO

https://www.youtube.com/watch?v=ME2umFQ_xBA

The Crown : Fiche technique

Création et scénario : Peter Morgan
Réalisation : Benjamin Caron, Stephen Daldry, Philip Martin, Julian Jarrold, Philippa Lowthorpe
Interprétation : Claire Foy (La Reine Élisabeth II), Matt Smith (Philip Mountbatten, duc d’Edimbourg), Vanessa Kirby (Margaret du Royaume-Uni), Victoria Hamilton (Elizabeth Bowes-Lyon), Matthew Goode (Antony Armstrong-Jones), Michael C. Hall (John Fitzgerald Kennedy), Jodi Balfour (Jacqueline Kennedy)
Direction artistique : Mark Raggett, Louise Lannen, Renátó Cseh, Kirk Doman
Décors : Martin Childs
Costumes : Michele Clapton, Timothy Everest
Photographie : Adriano Goldman
Production : Stephen Daldry, Peter Morgan, Allie Goss, Andy Harries, Robert Fox
Musique : Rupert Gregson-Williams
Genres : Historique, Biopic, Drame
Diffuseur : Netflix
Format de la saison : 10 épisodes de 55 minutes
Dates de diffusion en France : épisodes disponibles depuis le 8 décembre 2017 sur Netflix

États-Unis / Royaume-Uni- 2017

Concours Fauda : Sortie DVD remportez votre exemplaire de la série

Concours : A l’occasion de l’intégrale de la série Fauda Saison 1 en Coffret 3 DVD et en téléchargement définitif dès le 10 Janvier prochain, remportez votre exemplaire.

SYNOPSIS, INFOS, BANDE-ANNONCE

Une unité d’élite israélienne opère sous couverture en Palestine et élimine « La Panthère », l’un des terroristes les plus dangereux de la planète. Quelques années plus tard, les services secrets reçoivent une information capitale : « La Panthère » est toujours en vie. Ex-infiltré, Doron Kabilio va reprendre du service pour débusquer son pire ennemi. Une lutte à mort entre l’unité antiterroriste israélienne et « La Panthère » va commencer…

Produite par Maria Feldman, la productrice de Hatufim, la série qui a inspiré Homeland. Ecrite par une équipe composée d’anciens agents : Lior Raz, ancien agent, co-scénariste et rôle principal et Avis Issacharoff, ancien correspondant du Times of Israël, co-scénariste, la série se veut juste et humaine en plus d’être un petit bijou de suspens et d’action. Fauda (« chaos » en arabe) est la série d’action qui bat tous les records d’audience en Israël et en Palestine, une plongée inédite au cour des deux camps. Mêlant habilement tension, drame, suspense et confusion, Fauda est une des meilleures séries du moment.

Avec Lior Raz, Hisham Suliman, Shadi Mar’i, Laetitia Eido…

Reconnue par la critique, la série a déjà remporté plusieurs prix : le FIPA d’Or 2016 du Meilleur Scénario Original & 6 prix OPHIR dont Meilleure comédie Dramatique par l’Académie Israélienne du film et de la TV !!

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD :

L’intégrale de la Saison 1 en Coffret 3 DVD le 10 Janvier chez Wildside

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Format image : 1.77, 16/9ème compatible 4/3 – Format son : Français & Hébreu/Arabe Dolby Digital 2.0 – Sous-titres: Français – Durée : 12 épisodes de 40’
COMPLÉMENTS : – Making-of (23’) – Exclusivité : la bande-annonce de la Saison 2 – Prix public indicatif : 29,99 € le Coffret 3 DVD – déjà disponible en téléchargement définitif.

MODALITÉS DU JEU

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Concours Fauda : Dotations 3 coffret DVD

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