Bad Buzz, un film de Stéphane Kazandjian : Critique

Bad Buzz n’est pas un film. C’est le fouillis sans nom – se voulant trash mais faisant plus pitié qu’autre chose – d’un duo télévisuel surfant sur sa simili célébrité pour se vanter d’être à la hauteur des Inconnus ou des Nuls sans y parvenir une seule seconde.

Synopsis : Éric et Quentin sont deux animateurs stars d’une émission pour enfants diffusée chaque matin à la télévision. Alors qu’ils sont au sommet de leur carrière, une photo prise lors d’une soirée va souiller leur réputation, créant un buzz monstrueux sur les réseaux sociaux. Pour inverser la tendance et se sortir de cette situation, ils vont devoir créer un second buzz, positif, et cela en moins de 48 heures…

Bad au possible ! Mais de là à ce que cela fasse le buzz…

Lorsque l’on s’attaque à la rédaction d’une critique, il est préférable de laisser couler quelques jours avant de tout écrire. Le temps d’assimiler le visionnage du film ciblé. Ses atouts. Ses défauts. Ce qu’il veut dire ou faire au public. C’est pour cela qu’il nous arrive de pondre des articles pouvant paraître interminables et proposant des arguments parfois en surdose. Mais dans d’autres cas, il n’est vraiment pas nécessaire de s’éterniser de la sorte au risque de perdre du temps. Aussi bien pour nous, qui n’avons franchement pas grand chose à raconter, que pour vous, qui n’avez pas envie de lire des pseudos figures de styles pour savoir que le long-métrage est tout simplement mauvais. Avec Bad Buzz, cela va se passer comme ça : directement à l’essentiel, sans chichi ni détour. Car cette comédie française ne mérite vraiment pas qu’on lui dédie tout un papier pour en parler !

badbuzz-film-2017-Stephane-KazandjianBad Buzz, qu’est-ce que c’est exactement ? Il s’agit juste de la lubie d’un duo télévisuel (Éric et Quentin) qui, sur un coup de tête et fier de sa simili célébrité, décide de se lancer dans le cinéma. Quelque part, nous n’allons pas les blâmer de tenter l’aventure ! D’autant que des comiques livrant un bon divertissement, le cinéma français a déjà su en proposer quelques exemples pour le moins mémorables : les Inconnus avec Les Trois Frères (d’ailleurs, le tandem revendique s’être inspiré du mythique trio), les Nuls avec La Cité de la Peur, la Bande à Fifi avec Babysitting… Mais le talent, on l’a ou on ne l’a pas ! Ou peut-être pas tout de suite, devenant judicieux de prendre son temps à gagner en expérience et en notoriété. Éric et Quentin ? Juste un duo qui s’est fait connaître dès 2009 dans Le Petit Journal de Yann Barthès par le biais de petits sketchs, et qui continue d’opérer dans la nouvelle émission de l’animateur (le Quotidien). Autant dire que question notoriété, on est encore bien loin des Inconnus ou encore des Nuls ! Pourtant, ça ne l’a pas empêché de s’y croire un maximum pour se mettre autant en avant.

Et tout ce narcissisme pour quoi ? Un fouillis sans nom ! Juste un enchaînement de sketchs très mal écrits, se résumant à de banales disputes d’enfants de moins de 4 ans au point que cela en devient insupportable (voir les deux se chamailler en battant des mains comme des Minions, franchement…) et à des blagues de très mauvais goûts. Le duo voulait faire quelque chose de trash ? Balancer à la figure du spectateur du nazisme, de l’antisémitisme, du gros sexe, de la morve dégoulinante et du touché rectal sans aucune raison apparente (le scénario partant dans tous les sens possibles car n’ayant pas de véritable fil conducteur digne de ce nom), cela ne s’appelle pas du trash mais plutôt de la gêne. Du mal-être qui fait incroyablement pitié, essayant de se rattraper par le biais de délires incompréhensibles ne faisant rire que les acteurs (le coup du chat, du duel de danse…) ou par des sujets d’actualités singés plutôt qu’autre chose (le passage dans le camp des immigrés). Rajoutez à cela une absence totale de mise en scène et une interprétation désastreuses de la part des comédiens, vous ferez comme la plupart des spectateurs de la salle : vous partirez de la séance bien avant le milieu du long-métrage ! Il est même probable que peu de gens soient restés après le générique pour voir « la surprise » réservée par l’équipe du film, la salle s’étant déjà vidée en un quart de seconde.

Bad Buzz n’est pas un film, et encore moins une comédie. Mais une sorte de spectacle de primaires sous acides qui ont voulu se lâcher et se faire plaisir avec du scabreux et du non sens. Sans prendre la peine de s’assurer que le public suivrait. Après avoir vu ce film, il est clair que le duo d’Éric et Quentin devrait rester encore à la télévision et attendre de gagner du galon pour retenter l’expérience. Si possible dans plusieurs décennies, car il y a encore du travail, et pas qu’un peu ! En tout cas, avec Gangsterdam et À bras ouverts, autant dire que l’année 2017 ne vole pas haut question humour. Juste du gentillet divertissant avec Alibi.com de – tiens tiens ! – la Bande à Fifi.

Bad Buzz : Bande-annonce

Bad Buzz : Fiche technique

Titre original : Bad Buzz
Réalisation : Stéphane Kazandjian
Scénario : Éric Metzger, Quentin Margot, Stéphane Kazandjian et Flora Desprats-Colonna
Interprétation : Éric Metzger (Éric), Quentin Margot (Quentin), Bérengère Krief (Sophie), Razane Jammal (Salayadinya), Marie-Anne Chazel (la mère de Quentin / Chantal), Olivier Broche (Philippe), Fabian Le Gouallec (Hugo), Paco Falgas (Mathias)…
Décors : Matthieu Beutter
Costumes : Valérie Artiges-Corno
Montage : Christine Lucas Navarro
Musique : Fred Avril
Producteur : Abel Nahmias
Productions : Echos Films, EuropaCorp., TF1 Films Production et Scope Pictures
Distribution : EuropaCorp. Distribution
Durée : 77 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 21 juin 2017

France – 2017

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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