Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d’amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d’un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son « opération spéciale ». Analyse d’un film aussi riche que stimulant.

Un couple à la dérive

Une superbe propriété bordée d’un étang. Une villa spacieuse où résident Gleb, Galina et leur fils Serioja. La mère de Gleb, venue en visite, réintègre ses pénates. Alors qu’il la met dans un taxi, Gleb constate qu’elle a oublié son portable. Pendant ce temps, Galina téléphonait, sans prévoir le retour prématuré de son mari. Ainsi Andreï Zviaguintsev suggère-t-il que Galina a un amant, comme dans La Femme infidèle, inspiration du nouveau film du cinéaste russe exilé en France. Interviewé par « Positif » sur la genèse de cette réappropriation du film de Chabrol, il déclare : « Dès le début, on comprend que quelque chose ne colle pas avec sa femme. » Gleb range des assiettes dans le lave-vaisselle, mais sa femme lui fait comprendre, agacée, qu’il le fait mal. Auparavant il avait réclamé un thé, avant de passer un autre ordre, pour un café, sans prendre plus de gant. Le couple se couche ensuite sans s’enlacer, chacun se tournant de son côté. Le lendemain, Galina demande à son mari de la déposer à l’institut de beauté où elle a pris rendez-vous. Même si c’est un peu trop tôt ?… Le ver du doute est dans le fruit.

Par ces quelques actions, un état des lieux du couple est dressé. Ce couple à la dérive, Zviaguintsev va l’utiliser comme métaphore du pays. Avec une grande intelligence. Et sans jamais citer Poutine. A peine apercevra-t-on son portrait dans le bureau du maire. Le Minotaure du titre c’est bien lui, mais le monstre est inaccessible, terré au fond d’un dédale administratif.

La guerre en filigrane

Nous sommes en 2022. La Russie vient d’entamer « son opération militaire spéciale » et les missiles pleuvent sur Kiev. Mais le versant ukrainien restera hors champ : c’est le côté russe qui intéresse Zviaguintsev, comme Nadav Lapid, dans Oui, avait laissé hors champ le sort des Palestiniens pour se concentrer sur la société israélienne. De même que le malaise du couple est suggéré par petites touches, le conflit s’affiche en arrière-plan : larges panneaux invitant à s’engager contre des salaires alléchants, vidéos d’explosion que l’on regarde en douce au bureau, tags « nique ta guerre » déposés furtivement, convoi de chars à un passage à niveau.

La guerre trouble à peine l’élite économique que côtoie Gleb : une sortie au restaurant l’illustre. On parle voyages et sexe en dégustant des vins fins dans de grands verres à pied, marque universelle de la bourgeoisie auto-satisfaite. L’un des convives, venu avec sa nouvelle bombe sexuelle, note, en substance que ses amis ne savent « plus ce que c’est que faire le ménage. » Pure provocation, avant de se vanter devant ces messieurs de l’extase qu’il goûte avec sa bimbo, au point de ne « même plus avoir envie de jouir ». Les dames se remaquillent aux toilettes en se donnant des tuyaux « beauté ». Plusieurs éléments de cette scène – bénéficiant en fond du très beau Blue in Green de Miles Davis puis, dans les toilettes, de la savoureuse Gnossienne n°1 de Satie – vont trouver un écho par la suite. La libertine qui débite des blagues coquines se cache ainsi en Galina, sans que Gleb le sache encore. Sous ses dehors distingués, Galina peut elle aussi se comporter en « poule », justifiant son prénom.

Nourrir l’ogre

Outre l’adultère dont il soupçonne sa femme, Gleb a un gros problème sur les bras. L’État exige en effet de chaque commune un contingent de chair à canons, effort que le maire dispatche entre ses services et les gros employeurs de la ville. L’écot de l’entreprise que dirige Gleb a été fixé à 14 personnes. Or, Gleb a déjà le plus grand mal à faire tourner son entreprise, une partie de la population ayant pris la fuite, quand elle ne s’est pas engagée dans l’armée. Pas question de saigner davantage ses troupes.

Quatorze victimes sacrifiées, c’est ce que réclamait le Minotaure à la ville de Thèbes. Plutôt que de chercher, comme Thésée, à le terrasser, Gleb s’adapte : il a l’idée de recruter le bon nombre de livreurs, payés à prix d’or, afin de les enregistrer dans ses effectifs et pouvoir ainsi livrer ces pauvres bougres sans déstabiliser son entreprise. Malin. Ainsi Poutine est-il allé chercher de la main d’œuvre en Corée du Nord pour alimenter son offensive. A tous les niveaux de l’organisation du pays, on cherche du combustible humain. En épargnant l’élite, qu’incarnent Gleb et sa femme.

Exister dans les bras d’Anton

Les deux récits progressent en parallèle. Dans un café aux superbes vitraux, Gleb a chargé son responsable la sécurité d’identifier l’amant de sa femme. La tâche est rondement menée : il s’agit d’Anton, un photographe. Anton n’offre pas à Galina le confort opulent de Gleb : il vit dans l’une de ces fameuses barres d’immeubles gigantesques typiques de la Russie telle que l’a figée l’imaginaire occidental. Mais il a ce qui manque à Gleb : du charme, un métier prestigieux, du mystère. Surtout, il regarde Galina avec désir. Or, avec Gleb, la jeune femme a le sentiment de ne pas exister. Épouse au service de son mari, mère au service de son fils, fée du logis : voilà qui ne comble pas une âme. Même son utilité lui est enlevée : si elle ne peut préparer un repas, rien de grave, on commandera des pizzas.

La bourgeoise désœuvrée qui cherche à s’encanailler ? L’argument est rebattu. Galina, tristement banale, ne suscite pas plus l’empathie que son mari. Ces deux médiocres peuvent toutefois être compris. Du côté de Galina, on sait que le confort n’apporte pas le bonheur et que se sentir exister est une aspiration fondamentale. Quand on a le superflu, on peut se pencher sur l’essentiel et constater qu’il fait défaut. Quant à Gleb, il sacrifie froidement des gens mais a-t-il vraiment le choix ? Impossible de résister au Minotaure dont la volonté s’impose à tous.

Si le lieu des retrouvailles des amants est moins luxueux que le cadre habituel de Galina, on y déguste tout de même son vin dans de grands verres à pied. Un jeu érotique s’enclenche, à base de photos prises en rafales – une scène qui évoque le Blow Up d’Antonioni. Alors que le couple s’apprête à « remettre le couvert », Zviaguintsev laisse les ébats hors champ : un lent panoramique circulaire donne à voir, le son coupé, l’appartement d’Anton. Lorsque la caméra a achevé sa giration, le couple est montré repu, tendrement enlacé.

Coup de force de la mise en scène, c’est par un autre panoramique à 360 degrés, dans l’autre sens, que le cinéaste fait rimer avec son second sujet, la guerre. Gleb, en effet, accueille ses 14 recrues avec force propos lénifiants. Un mouvement très lent dévoile les visages de ces hommes, dont on sait qu’ils ne reviendront sans doute pas. Poignant. La scène, très délicate à réaliser, nécessita pas moins de 17 prises et 7 heures de tournage, précise le réalisateur, toujours dans « Positif ». On note que Gleb interroge l’un des livreurs sur son jeune âge. C’est lui qu’il sauvera, proposant à la place un témoin gênant, le chef de la sécurité qui avait déniché l’amant de sa femme. Peut-être par rapprochement avec Serioja, son fils adolescent ?

Serioja, l’enfant inconsistant

Serioja représente l’avenir du pays. Un garçon sans consistance. On le voit sans cesse un casque sur les oreilles, coupé du monde comme n’importe quel ado de chez nous. La guerre n’a pas plus de prise sur lui que sur sa mère. Faute d’amour montrait un gamin brisé par la société russe, celui-ci est plutôt indifférent. Il n’est pas pour autant totalement livré à lui-même : lorsque Serioja raconte à son père qu’un camarade le persécute, ce dernier tente de lui inculquer des principes virils – il faut se montrer fort et impressionner l’adversaire.

Gleb transmet son idéologie mais accorde assez peu d’attention à son fils. Ayant zappé son anniversaire pour cause de meurtre, notre homme culpabilise : il lui permet de conduire son SUV pour compenser. L’enfant de Minotaure ne reçoit guère plus d’affection que celui de Faute d’amour.

Effacer les traces

Gleb n’a pu que s’allonger sur un divan ce soir-là. Il faut dire qu’il avait donné de sa personne, en faisant disparaître le corps d’Anton. Cette longue scène vaut d’être décrite. Zviaguintsev a expliqué avoir voulu filmer une simple suite d’actions sans aucun dialogue, essence du 7ème art selon cet admirateur du cinéma muet – comme tant de grands réalisateurs avant lui, Hitchcock en tête. A la façon d’un Melville filmant le hold-up du Cercle rouge, Zviaguintsev détaille chaque action, refusant l’ellipse.

Gleb se présente chez Anton qui l’invite à entrer. Malaise, évidemment, du côté d’Anton mais aussi du côté de Gleb qui n’est plus dans la position dominante qui lui est coutumière. Gleb demande s’il peut regarder les photos, ce que son interlocuteur n’ose pas refuser. Alors qu’Anton lui prépare un café, il tombe sur des portraits de sa femme dans toutes sortes d’attitudes suggestives. Dur. Mais le déclencheur, ce seront les draps froissés. C’est avec l’appareil-photo, objet du délit, que Gleb frappe mortellement son rival. Un meurtre impulsif plus qu’un assassinat. Commence alors l’effacement des traces dans la panique – avec, en fond, un frigo qui reste ouvert, élément toujours porteur de tension. Gleb va mouiller sa chemise, répondant au sarcasme de son ami au restaurant à propos du « ménage ». Du travail d’amateur (comme l’invasion ukrainienne à ses débuts ?…), tel qu’on pouvait l’attendre d’un homme habitué à ce que l’intendance suive à la maison, incapable de bien ranger des assiettes dans le lave-vaisselle. Gleb ne porte pas de gants, laisse une trace de sang sur la table, essuie au Sopalin la tache gluante et ramasse les photos de sa femme à la va-vite. Il balance le corps par la fenêtre, juste après qu’un type en face est rentré chez lui, comme s’il n’était pas probable qu’au moins l’un des centaines d’occupants des immeubles le voie. Zviaguintsev met en scène, volontairement peut-on penser, un pied nickelé du meurtre. Il suffira, en effet, ironiquement, à Gleb de demander au maire une intervention – en échange de la confection de matériel de guerre – pour qu’un coup de fil à la police locale le mette hors de danger. « À quoi on sert alors ? » lance l’enquêteur qui vient de découvrir Gleb sur la caméra de l’interphone. « Aucune idée », lui rétorque laconiquement son collègue. Dénonciation attendue d’un système vérolé par la corruption – dont la Russie n’a certes pas l’exclusivité…

Alors que Gleb fait disparaître le cadavre d’Anton, c’est par le son que Zviaguintsev fait monter la tension, jusqu’à l’arrivée au bord d’une rivière où il balance le corps qu’il a lesté d’une barre de fer : sonnerie du téléphone, bip persistant de sa voiture pour lui intimer de mettre sa ceinture, alarme du passage à niveau et, point culminant, convoi ferroviaire assourdissant sur le pont au-dessus de sa voiture lorsqu’il jette à l’eau le cadavre enroulé dans un tapis. Sa mortelle randonnée s’achève dans une décharge constellée d’oiseaux, où Gleb se débarrasse de l’appareil photo, arme du crime. Ruisselant, le boss a dû mettre les mains dans le cambouis mais il est tiré d’affaire.

Recouvrer son bien

Oui, mais quid de sa femme ? Elle se montre toujours froide vis-à-vis de son mari, noie son chagrin dans l’alcool. Elle vit très mal l’absence de son amant, au point de faire des crises de larmes, que Gleb s’efforce de calmer. Et puis, un jour, elle découvre les photos d’elle prises par Anton dans la penderie de son mari, comprend alors que Gleb a su et a tué. Dès lors, sa réaction est inattendue : elle brûle les photos et se radoucit, recherchant même le réconfort de son mari. Gleb saute sur l’occasion, mais Zviaguintsev ne tombe pas dans le cliché du coït immédiat comme dans tant de films. Simplement un geste tendre qu’est cette étreinte captée en un beau plan zénithal étiré longuement.

La réconciliation du couple n’est guère crédible : soudain tout semble aller mieux entre Gleb et sa femme, celle-ci lui pardonnant même le meurtre de celui qu’elle aimait. Interrogé sur le sens de cette fin improbable, Zviaguintsev refuse d’abord de répondre, arguant qu’il est plus fécond de laisser chaque spectateur face à un mystère. Devant l’insistance du journaliste, il finit par avancer son interprétation : Galina est reconnaissante à son mari de ne pas avoir versé dans la violence en découvrant la vérité, comme tant d’hommes l’auraient fait. Elle réalise qu’il a aussi agi par amour, ajoute le cinéaste. Par amour ou par possession ? Car Gleb, par son attitude très peu empathique, ne montre en rien qu’il aime Galina. Il veut simplement récupérer son bien, ou ce qu’il juge comme tel.

Exactement comme Poutine avec l’Ukraine, considérée comme appartenant à la Russie. Pendant ce temps, « l’opération militaire spéciale » suit son cours et Zviaguintsev n’en cache pas l’ignominie. Un plan large montre une foule impressionnante de fraîches recrues face à la harangue patriotique d’un responsable politique. L’alliance du sabre et du goupillon est toujours de mise : un pope approuve le discours. En face, les appelés semblent plus résignés que convaincus. Une scène de départ du nouveau contingent, montrant une femme hurlant sa douleur, suffit à rappeler l’horreur du processus. Le pope s’approche mais s’avère impuissant à réconforter cette mère. À un autre moment, c’est l’affiche du responsable de la sécurité, célébré car mort au combat, qu’on remplace par une autre. Le geste dit tout du caractère à la fois dérisoire et manipulateur de ces hommages.

Epilogue aérien

Pour notre couple, ça va décidément mieux : les voilà en route pour des vacances, puisque Gleb, ne craignant aucun cliché, a proposé à sa femme de partir en voyage pour « se retrouver ». Où vont-ils ? En Crête, bien sûr, patrie du Minotaure ! Dans l’avion, Serioja fait une photo des nuages, lui applique un filtre, la montre à ses parents. C’est sur cette image que Zviaguintsev choisit de conclure, longuement : des moutons rêches, ciselés, presque matériels, qui pourraient être les décombres d’un immeuble détruit. Gleb et Galina sont décidément « au-dessus de la mêlée ». Une conclusion grinçante.

Même si sa durée de 2h20 passe très bien, Minotaure ne suscitera pas forcément l’enthousiasme du spectateur en sortant de la salle de projection : tout comme son précédent opus, Faute d’amour, il est de ces films « longs en bouche », qui ne révèlent leur parfum qu’avec quelques jours de maturation. Grand Prix à Cannes mérité. À l’instar de Cristian Mungiu, Palme d’Or de cette édition pour Fjord, Zviaguintsev fait preuve d’une belle constance dans la qualité. Le film, tourné en Lettonie mais produit en France, pourrait représenter notre pays aux Oscars. Sa saveur n’est, certes, guère française, mais une telle candidature aurait le mérite de souligner la terre d’accueil qu’est notre pays pour les artistes persécutés.

🎬 Minotaur – Bande-annonce

🎬 Minotaur – Fiche technique

Titre original : Minotaur
Réalisation : Andreï Zviaguintsev
Scénario : Andreï Zviaguintsev, Simon Liashenko, d’après le film La Femme infidèle de Claude Chabrol
Interprètes : Dmitri Mazourov (Gleb), Iris Lebedeva (Galina), Boris Koudrine (Serioja), Yuriy Zavalnyouk (Anton), Varvara Chmykova (Natacha), Vladimir Friedman (Le Maire), Elena Bogdanovitch-Goloubeva (Tatiana), Mikhaïl Samodakhov (Nikolaï), Anatoli Weissman (Kostia), Artur Smolianinov (Denis), Kristina Zakharova (Inna), Stacy Tolstoy (Yulia), Anastasia Mischenko (Dacha), Igoris Abramovičius (Kirill), Artjoms Garejevs (Pavel), Mikhaïl Safronov (Liocha), Dmitrijs Punte (Igor Karmanov), Volodymyr Gorislavets (Inspecteur Semenov), Stanislav Kolodoub (Inspecteur Medvedev), Sergueï Golomazov (Fonctionnaire)
Photographie : Mikhail Kritchman
Montage : Andreï Zviaguintsev
Son : Andreï Dergatchev
Mixage : Andreï Dergatchev
Décors : Masha Slavina, Andreï Ponkratov
Costumes : Ouliana Polianskaïa
Musique : Evgueni Galperine, Sacha Galperine
Production : MK2 Productions, CG Cinema, Forma Pro Films, Razor Film
Coproduction : Arte France Cinéma, ZDF en coopération avec Arte, Aslanyürek Film
Participations : Arte France, Ciné+ OCS, Canal+, MK2 Films, Les Films du Losange
Pays de production : France, Allemagne, Lettonie
Société de distribution France : Les Films du Losange
Durée : 2h20
Genre : Drame
Date de sortie : 14 octobre 2026

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Jérôme Duvivier
Jérôme Duvivierhttps://www.lemagducine.fr/
Chanteur et enseignant en jazz, j’ai une deuxième passion : le cinéma. Un lointain atavisme familial peut-être, puisque Julien Duvivier était mon grand oncle ! Mes critiques sont plutôt des analyses car ce que j’aime avant tout c’est exprimer tout ce qu’il y a à tirer d’une œuvre. Ces analyses sont volontiers descriptives pour que le lecteur puisse revivre le film. Mes héros en cinéma ? Ils sont nombreux et aux quatre coins du globe. Liste non exhaustive ! D’est en ouest, chez les cinéastes vivants : Hamagushi, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong, Rasoulof, Nuri Bilge Ceylan, Pawlikowski, Skolimowski, Cristian Mungiu, Béla Tarr, Milos Forman, Kaurismäki, les Dardenne, Jonathan Glazer, Ruben Östlund, Lars Von Trier, Pedro Costa, Jodorowsky, Iñarritu, Francis Ford Coppola… Et chez les anciens : Kurosawa, Ozu, Eisenstein, Kalatozov, Tarkovski, Satyajit Ray, Kiarostami, Murnau, Fassbinder, Fritz Lang, Dreyer, Fellini, Pasolini, Chantal Akerman, Agnès Varda, Bresson, Renoir, Carné, Buñuel, Hitchcock, Kubrick, Bergman, Raoul Ruiz, John Ford, Orson Welles, Buster Keaton, Chaplin… Des chefs d’oeuvre ? "Le voyage à Tokyo", "Barberousse", "Le cuirassé Potemkine", "Quand passent les cigognes", "Nostalgia", "M le Maudit", "L’aurore", "Fanny et Alexandre", "Jeanne Dielman", "Le Bonheur", "Au hasard Balthazar", "L'année dernière à Marienbad", "Le procès", "L’homme qui tua Liberty Valence", "Vertigo", "Le Parrain", "Les harmonies Werckmeister"…

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