Beaucoup crient au parfait retour de l’excellente et captivante meilleure série policière jamais réalisée avec cette saison 3 de Broadchurch, qui, en revenant aux fondamentaux, procure angoisse et fascination.
Synopsis : Trois ans ont passé depuis la mort de Danny Latimer et le procès de Joe Miller, qui l’a vu ressortir libre. Alec Hardy et Ellie Miller ont une nouvelle affaire : Patricia Winterman a été violée lors d’une soirée et les premiers éléments indiquent qu’un prédateur sexuel est dans les environs de Broadchurch.
Deux trop longues années ont suffit par nous faire regretter passionnément les enquêtes de Miller et Hardy, le duo le plus électrique et stimulant jamais vu depuis Fox et Mulder, surtout grâce aux interprétations magistrales et sans failles de David Tennant et Olivia Coleman. Si la deuxième saison centrée sur le procès de Joe Miller, le mari du sergent Ellie et présumé coupable de meurtre du petit Dany Latimer sur fond de pédophilie, la troisième s’ouvre sur un autre sujet de société tout aussi tabou, le viol. Trish Winterman joué brillamment par Julie Hesmondhagh (Cucumber, Happy Valley) est une mère de famille qui, perdue au milieu du port, est recueillie par la police et prise en soin, car violée deux jours auparavant. Beth Latimer, dont le deuil semble être fait, travaille à présent dans une agence sociale d’aide aux personnes en crise et prend sous son aile la quadragénaire au regard de chien battu. La fille d’Alec est revenue vivre avec lui, mais est relativement maltraitée par des élèves de son lycée. Ellie est aidée de son père pour s’occuper de ses deux enfants. Mark n’a toujours pas tourné la page et cherche par tous les moyens, quitte à s’éloigner de sa famille, à faire justice. D’autres portraits font parti du puzzle mis en place : la meilleure amie de la victime, employée également dans la même épicerie qui fête ses 50 ans dans un manoir grandiose, et son mari coureur de jupon, le directeur de cette épicerie obsédé par Trish, son ex-mari, le chauffeur de taxi, un adolescent retord, un autre en réserve, un ancien violeur relâché, sans oublier les anciens, l’ex-rédactrice en chef, le prêtre… Ces fils tendus telle une toile d’araignée à la Agatha Christie constitue tout un nouveau microcosme tout aussi puissant et hétéroclite que la première saison. Le doute s’installe sur chacun d’entre eux pour terminer sur une totale surprise comme sait si bien le faire le créateur et scénariste britannique Chris Chibnall.
La splendeur des falaises des plages de West Bay couplée à la composition délicate, poétique et emportée de Olafur Arnald provoque encore chez le spectateur à la fois douce nostalgie et frisson de dépaysement. Entre souvenirs familiers et instabilité émotionnelle suite à cette nouvelle intrigue riche et brillamment écrite, Broadchurch compose une dense enquête autour du regard toujours pesant d’hommes naturellement surprotecteurs, sexistes ou désespérés. À l’exception que toutes ces peintures masculines compose un microcosme homogène, hétéroclite et représentatif de notre société. Même l’inspecteur Hardy, brut et opiniâtre, reste vulnérable face à sa fille victimisée dans son nouveau lycée ou face à la solitude affective. On regrette que les scénaristes n’aient pas donné plus de consistance après le seul date qu’il a eu avec une blonde inconnue tout autant stressée. Sa partenaire de jeu Olivia Coleman témoigne une fois de plus de l’étendue magistrale de son talent. À la fois, sensible pour toutes ces femmes violées (les yeux humides), sincère et tout autant loyale, carrée et intransigeante dans sa profession et plus légère envers son collègue, leurs répliques sont délicieuses et toujours sources de rictus. Il aurait peut-être été trop utopique ou déplacé d’envisager une idylle entre les deux, mais quoiqu’il en soit la fin de la saison rudimentaire et poignante sonne comme une ouverture, malgré la conclusion affirmée du créateur et scénariste Chris Chibnall.
Après s’être attaqué à la pédophilie ou aux erreurs judiciaires, la saison 3 de la série Broadchurch tape tout aussi fort avec le viol. Sans jamais être moralisateur, le message fictionnel qui s’en dégage sonne plus que juste. Atteint de grâce, cette dernière saison ne manquera pas de marquer toute une génération de sériesphiles qui pleure une des meilleurs, si ce n’est « la », série policière dramatique de ces dix dernières années.
Série Broadchurch : récap et trailer saison 3
Fiche Technique : Broadchurch
Créateur et showrunner : Chris Chibnall
Réalisateurs : Paul Andrew Williams (1, 2, 3, 7 et 8), Daniel Nettheim (4,5), Liz Arnold (6)
Scénaristes : Chris Chibnall
Interprétation : David Tennant : Inspecteur principal Alec Hardy, Olivia Colman : sergent Ellie Miller, Jodie Whittaker : Beth Latimer, Andrew Buchan : Mark Latimer, Julie Hesmondhalgh : Trish Winterman, Sarah Parish : Cath Atwood, Mark Bazeley : Jim Atwood, Lenny Henry : Ed Burnett, Charlotte Lucas : Sarah Elsey, Charlie Higson : Ian Winterman, Georgina Campbell : DC Katie Harford, Mariah Gale : Caroline Hughes, Kelly Gough : Laura Benson, Hannah Rae : Daisy Hardy, Sunetra Sarker : Sahana Harrison, Chris Mason : Leo Humphries, Jim Howick : Aaron Mayford, Richard Hope : Arthur Tamworth, Hannah Millward : Leah Winterman, Sebastian Armesto : Clive Lucas, Becky Brunning : Lindsay Lucas, Deon Lee-Williams : Michael Lucas
Photographie : Matt Gray et John Conroy
Musique : Ólafur Arnalds
Format : 8 x 45
Date de diffusion : du 27 février au 17 avril 2017
Chaîne d’origine : ITV
Genre : Drame Policier
Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !
"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?
Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.
Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.
Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.