The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez Taken, ajoutez-y une pincée de John Wick, beaucoup de The Raid et de City of Darkness, et vous obtenez The Furious. Entre série B décomplexée et scènes d’action d’anthologie, on tient l’un des meilleurs films d’action de ces dernières années.

« I Will hunt you, and I Will Kill you »

The Furious, c’est un peu le film que tu adores quand tu aimes le cinéma d’arts martiaux. Déjà, parce que les vrais bons projets sont extrêmement rares. On ne parle pas de blockbusters hollywoodiens, à la Matrix ou John Wick. Ces projets, aussi excellents soient-ils, composent avec les limites physiques de leurs acteurs. Non, on parle des Ip Man, The Raid, City of Darkness, Farang, ces œuvres qui mettent en scène de véritables experts en arts martiaux, baignés dès l’enfance dans le Kung-Fu ou le Pencak-Silat. Et, franchement, ça change tout. Montage plus fluide, plans plus longs, chorégraphies plus travaillées et plus permissives. Ces dernières années, difficile de trouver plus d’une poignée de films réellement marquants. Avec The Furious, la liste vient de s’agrandir.

On pourrait s’étaler sur le scénario, semi-remake de Taken qui se suit avec plaisir, malgré un penchant pour la série B décomplexée qui s’agrandit au fur et à mesure du récit. L’histoire tient sur un post-it bien connu, sauvée par notre instinct paternel qui nous place immédiatement aux côtés de ce père prêt à tout pour sauver sa fille. Tout est fait pour créer le plus d’action possible. On commence doucement par un mano à mano. Puis vient rapidement un mano à duo, puis mano face à toute une armée, lors d’un affrontement dantesque en pleine boîte de nuit. Deux destins se croisent alors : celui d’un père à la recherche de son enfant et celui d’un journaliste à la recherche de sa femme, disparue après avoir enquêté sur ce trafic d’êtres humains. De là, le film, jusqu’ici presque intégralement dramatique, effectue un virage semi-comique qui pourra déstabiliser. On citera particulièrement le climax, véritable explosion de savoir-faire, peut-être trop en décalage par rapport au ton que proposait l’intrigue jusqu’ici.

De là à bouder son plaisir ? Absolument pas. Les réalisateurs Kenji Tanigaki et Kensuke Sonomura, eux-mêmes experts en arts martiaux et chorégraphes de combat, livrent une proposition phénoménale et rarement vue au cinéma. Bien sûr, qui dit combats dit combattants. Vous connaissez déjà sûrement Yayan Ruhian, déjà à l’œuvre en tant qu’antagoniste quasi invulnérable dans The Raid et sa suite. Vous reconnaîtrez peut-être Joe Taslim, vu dans les deux derniers Mortal Kombat dans le personnage de Sub-Zero. Quant à Xie Mao, notre protagoniste muet, il est exceptionnel, et nul doute que ce projet devrait lui ouvrir des portes.

Chaque affrontement a été soigné et pensé au millimètre, pour offrir au spectateur le plus de sensations possibles. Pacifiste au premier abord, notre papa de l’année se transforme rapidement en machine à tuer pour récupérer sa fille. On bascule alors dans une fusion jubilatoire entre le John Wick, où notre héros trucide une horde d’adversaires avec ce qui lui tombe sous la main (avec un fort penchant pour le marteau), et The Raid, où chaque impact se fait avec une fluidité et une brutalité inégalées. C’est violent, c’est sanglant, on adore. Les gamers seront également ravis de voir quelques références au jeu vidéo, comme un personnage ressemblant fortement à une Brute : ce colosse ultra-massif, plus fort et résistant que les ennemis basiques. Sans trop en dire, vous devriez adorer chacune de ses apparitions, bien que l’une d’entre elles tire un peu trop sur la durée. Bon, puis il y a aussi le grand méchant… disons qu’il a le mérite d’exister, sauvé par ses compétences hors normes qui assurent le spectacle. Bref, du quasi tout bon.

The Furious – bande-annonce

The Furious – fiche technique

Titre original : Huo zhe yan
Réalisation : Kenji Tanigaki
Scénario : Mak Tin-shu, Lei Zhilong, Shum Kwan-sin, Frank Hui
Interprètes : Mo Tse, Joe Taslim, Yang Enyou, Jeeja Yanin, Brian Le, Joey Iwanaga, Yayan Ruhian
Photographie : Meteor Cheung
Montage : Chris Tonick
Musique : Elliot Leung, Olivia Xiaolin, Flying Lotus
Producteurs : Bill Kong, Frank Hui, Shan Tam
Sociétés de production : Edko Films, Zhejiang Hengdian Film, XYZ Films
Pays de production : Hong-Kong
Société de distribution France : Metropolitan FilmExport
Durée : 1h53
Genre : Action, Arts martiaux, Thriller
Date de sortie : 10 juin 2026

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Festival

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
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