The Leftovers, épisodes 1 et 2 de la saison 3 : Séries Mania 2017

Avec les deux premiers épisodes diffusés au Grand Rex lors de l’ouverture du Festival Séries Mania, la fin de The Leftovers s’annonce aussi intense émotionnellement que les deux premières saisons et laisse présager un final épique, voire apocalyptique.

Si le début de la saison 2 en avait déstabilisé plus d’un, avec une scène d’ouverture se déroulant à l’âge de pierre, suivi d’un nouveau générique aux consonances country et d’un épisode centré sur de nouveaux personnages, la saison 3 nous renvoie dans la ville familière de Miracle. Aussi appelée Jarden, cette ville du Texas de 9 261 habitants où la famille Garvey s’était réfugiée, avait été épargnée de la soudaine disparition du 14 octobre. Néanmoins, quelque chose a changé. Dans la salle, des éclats de rire se font entendre à de multiples reprises. Si The Leftovers a toujours revendiqué une touche d’humour (parfois grinçante, souvent ironique), elle n’avait cependant jamais fait ouvertement rire. C’est donc sur une note résolument légère, du moins en surface, que débute cette troisième et dernière saison.

A Miracle donc, on retrouve Kevin Garvey qui est de nouveau chef de police. Kevin semble sincèrement heureux, riant à pleines dents, un visage lumineux, il plaisante avec son fils qui travaille désormais à ses côtés. Cela semble presque incongru de voir ces personnages d’habitude si tourmentés et détruits psychologiquement, si insoucieux et détendus.
Mais cette tension latente et cette attente du pire que décrit si bien la série de Damon Lindelof va refaire petit à petit surface. Car cette légèreté qu’on observe en ce début de saison représente la dernière étape pour les personnages. Des protagonistes tellement brisés (et on notera la justesse de chaque acteur dont la performance bouleverse), tellement perdus, qu’ils se laissent aller dans cette dernière ligne droite. Nora prend des décisions radicales sans même y réfléchir. Matt, lui, voit en Kevin une sorte de nouveau Jésus dans lequels il fonde tous ses espoirs. Et cette absurdité, ce non-sérieux ambiant détiennent une signification plus profonde et présagent d’un revirement de situation explosif, en témoignent certaines scènes dont la violence et la dureté inouïes sortent de nulle part, effaçant brusquement les sourires sur nos visages.

Comme à son habitude, la série énigmatique amène de suite de nouveaux questionnements et garde cette ambiance lynchienne onirique si singulière et si dépaysante qui nous met dans le même état de confusion et d’alerte que les personnages. C’est à nouveau tout en métaphore que The Leftovers s’adresse à nous, nous poussant à nous questionner sur la mort, mais surtout la vie puisque la principale question, comme l’a si bien dit Max Richter (compositeur de la série), est “comment les personnages (autrement dit nous) parviennent à se lever et à continuer de vivre ?”. Usant de symboles et de métaphores, The Leftovers laisse alors au spectateur le choix, la liberté, d’interpréter les épisodes comme bon lui semble, selon ses croyances et sa vision personnelle du monde.

Difficile donc de décrire et d’analyser ce que nous avons vu durant cette avant-première tant la série nous parle en messages codés que nous ne parvenons pas encore à décrypter totalement. Nous dirons juste qu’il était question de kangourous, de chiens ministres de l’agriculture et bien d’autres bizarreries poétiques qui nous posent des questions existentielles cachées entre autres derrière un sandwich au beurre de cacahuète à moitié mangé.
Quant à savoir si nous aurons des réponses concrètes à la fin de la série, rien n’est moins sûr. (Mais encore une fois, il est probable que nous-mêmes en détenions les réponses).

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The Leftovers, saison 3 : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=L9w0sz5y83k&feature=youtu.be

The Leftovers, saison 3  : Fiche Technique

Créateurs : Damon Lindelof, Tom Perrotta
Réalisateur: Mimi Leder
Interprétation: Justin Theroux (Kevin Garvey), Amy Brenneman (Laurie Garvey), Margaret Qualley (Jill Garvey), Chris Zylka (Tommy Garvey), Christopher Eccleston (Matt Jamison), Carrie Coon (Nora Durst), Regina King (Erika Murphy), Kevin Carroll (John Murphy), Jovan Adepo (Michael Murphy)
Scénaristes: Damon Lindelof, Jacqueline Hoyt.
Producteurs exécutifs: Damon Lindelof, Tom Perrotta, Mimi Leder, Tom Spezialy, Peter Berg.
Co-producteurs exécutifs: Gene Kelly, Jacqueline Hoyt, Albert Berger, Ron Yerxa. Scénaristes: Damon Lindelof, Jacqueline Hoyt.
Genre : Drame
Chaîne d’origine : HBO
Format : 10 x 50 minutes

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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