Séries Mania : American Gods, la nouvelle expérience de Bryan Fuller

Ce lundi 17 avril a été présentée en exclusivité française la nouvelle série développée par Bryan Fuller et Michael Green, American Gods, d’après le roman éponyme de Neil Geiman qui vous dévoile les coulisses mystiques de ce monde où règnent des rivalités entre anciens et nouveaux dieux.

Synopsis : Quand Shadow Moon sort de prison, il fait la rencontre du mystérieux Mr. Wednesday. Laissé à la dérive depuis la mort de sa femme, Shadow est engagé comme garde du corps par Mr. Wednesday. Il se retrouve alors dans un monde mystérieux où la magie devient réelle, où les anciens Dieux craignent l’obsolescence, le pouvoir grandissant des divinités modernes, et où Mr. Wednesday rassemble une armée pour reconquérir sa gloire passée.

Comme pour I’m dying up here, le festival Series Mania a demandé à ne pas dévoiler l’intrigue de l’épisode. La possibilité d’écrire sur le show avait tout de même été trouvée. Mais ici, la description des éléments visuels – entre autres choses réfléchies dans l’écrit d’I’m dying up here – de la série dévoilera forcément des détails du récit. L’article tachera toutefois d’obéir à la demande du festival et de Starz/Amazon.

Thomas Destouches l’a rappelé lors de sa présentation du show, il aura fallu six ans afin qu’American Gods puisse se jouer devant nos regards et dans nos oreilles, soit un très long développement pour que les spectateurs puissent vivre la nouvelle expérience audiovisuelle de Bryan Fuller, co-créée avec Michael Green ici. On retrouve David Slade du côté de la réalisation du pilote après celle de plusieurs épisodes de la précédente œuvre télévisuelle de Fuller, Hannibal, sur laquelle Slade avait déjà signé le pilote.

Justement, ceux qui avaient su s’immerger dans Hannibal, ou se laisser dépasser par le show tortueux de Fuller pour mieux en être imbibés, se retrouveront pleinement dans American Gods. Fuller, avec Slade, a poursuivi son travail visuel : des images explicitant la chair ; des gros plans sur des objets ou détails, tels des natures mortes révélant toujours plus qu’on ne le croit le monde présenté ici : on peut penser à la pièce d’or, cet objet artificiel dont la provenance intéresse l’humain Shadow Moon qui ne saisira pas que la pièce est liée au divin ; on pense au sang, ce liquide filmé dans un ralenti lui donnant une certaine corporéité, rappelant sans cesse la nature fragile et instable de l’humain, tout de chair et d’os… Du travail d’étalonnage aux scènes de « trip » où le héros subit des cauchemars et fait face à une nouvelle créature symbole – le cerf noir laisse place à une vache aux yeux incandescents (voir l’image de couverture) –, Fuller a décidemment muri son univers – thématique, visuel, sonore, narratif – avec Hannibal. On notera à ce propos une formidable scène d’anthropophagie divine, qui apporte une nouvelle dimension au cannibalisme déjà énormément travaillé par le créateur/showrunner. Il faut aussi dire qu’on retrouve à la musique Brian Reitzell – aussi compositeur sur Hannibal (et le film 30 jours de nuit de Slade) – et ses bandes-son imbibées de mystères, de ténèbres et parfois de terreur, travaux sonores qui participent pleinement à l’expérience mise en place par Fuller, avec Green et Slade rappelons-le.

Ci-dessous le générique d’American Gods.

https://www.youtube.com/watch?v=1Ow1qPRIs8A

Arrive un autre point très cher à l’univers de Fuller mais peut-être plus rare et noir dans sa série sur Hannibal le cannibale, l’humour. Car American Gods est drôle. L’humour y est certes noir, acide, peut-être dérangeant, mais est bien là.

Il est d’ailleurs formidablement servi dans des scènes fantasques et plutôt dérangeantes par la distance créée avec le spectateur par rapport à l’étrangeté d’une séquence, et vis-à-vis d’excès de violence. Enfin l’humour sera là lors de moments habités par une certaine gravité non pas tournée en ridicule mais avec laquelle une distance sera en effet créée. La drôlerie de l’épisode était aussi servie par son casting, notamment Ian McShane (Deadwood ; Scoop), toujours impeccable.

L’épisode présenté marquait l’entrée de Shadow Moon et des spectateurs – qui en savent autant que lui pour peu qu’ils ne connaissent pas le roman – dans un monde étrange, dérangeant et captivant, drôle et terrible… American Gods s’impose comme l’un des nouveaux shows à suivre absolument. Rendez-vous fin avril pour sa diffusion sur Amazon Prime Video.

Bande-Annonce : American Gods

https://www.youtube.com/watch?v=3awG5wEE7LU

Fiche Technique : American Gods – pilote

Créateurs/showrunners : Bryan Fuller, Michael Green
Réalisateur : David Slade
Interprétation : Ricky Whittle, Ian McShane, Emily Browning, Pablo Schreiber
Compositeur : Brian Reitzell
Production : Fremantle Media North America
Distribution : Fremantle Media International
Diffusion : Starz (Etats-Unis) ; Amazon Prime Video (France)

Etats-Unis – 2017

Festival

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