Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Auréolé de l'Ours d'Or au festival de Berlin, Touch Me Not de la réalisatrice Adina Pintilie est une découverte des plus déconcertantes. Entre fiction et documentaire, cette étude sur le désir, le corps et ses traumatismes dénote par sa mise en scène froide. Et même si la réalisatrice a du mal à se détacher de son dispositif pour bien filmer les corps, elle arrive au contraire à faire s'exprimer les émotions de personnes qui n'ont qu'une seule envie : se sentir libre d'appartenir à ce monde.
En 1974 sortait Les Valseuses, film sulfureux et interdit aux moins de 18 ans au départ. Retour sur l"un des premiers grands rôles de Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, mais également ceux de Miou-Miou et Isabelle Huppert, qui ont du mal à rivaliser en libertinage face à une Jeanne Moreau bouleversante.
Merci Patron ! allie intelligemment le fond et la forme, en nous offrant un film pour les cinéphiles grâce à son histoire, sa mise en scène, et une leçon politique, morale sur l'emploi, l'argent, et le cinéma.
Inárritu réalise avec Babel, un film au scénario habile, porté par une B.O somptueuse signée Ryuichi Sakamoto
La parole et le sacré
Sorti en 2003, 21...
Moins définitif que son chef d'oeuvre Martyrs, Ghostland est le nouveau film choc et traumatisant de Pascal Laugier. Une expérience filmique bien trop rare dans les salles obscures, non seulement pour un film d'horreur mais aussi pour un film français. LE film à voir de ce mois de mars.
La Party, de Blake Edwards, est devenu une des références de la comédie burlesque. La mise en scène précise et innovante, le jeu sur les regards, la satire sociale et le génie de Peter Sellers contribuent à en faire un des chefs d’œuvre du genre.
The Art Life nous montre que David Lynch n’est pas qu’un simple cinéaste. C’est même le contraire : cet artiste iconoclaste et éclectique, étudiant parfois indigeste et inintéressant, est venu au cinéma par le plus grand des hasards, par sa volonté perpétuelle de nouveauté et d’expérimentation.
La mauvaise réputation des films originaux sortis sous la bannière Netflix n'est pas infondée quand on se remémore bon nombre de navets qui inondent la plateforme. Cependant, alors que Roma d'Alfonso Cuaron va bientôt dévoiler toute sa splendeur, c'est le dernier film de Jeremy Saulnier, Hold The Dark, qui marque la rétine par sa violence abstraite et sa description haineuse de l'Amérique.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.