Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Pluie noire (1989) de Shōhei Imamura : les indésirables

Si Pluie noire marque un tournant important dans le parcours du metteur en scène, on y retrouve son attachement à des personnages en marge, qui ne trouvent pas (plus) leur place dans une communauté cruelle et insensible. Imamura poursuit ainsi, dans une forme totalement renouvelée, son entreprise de déconstruction d’une certaine image du Japon véhiculée par le cinéma classique.

Retour vers le passé : splendeurs d’Universal sur LaCinetek

Depuis quelques jours, LaCinetek propose un retour vers le passé à travers une sélection de quelques classiques des studios Universal. Si les films choisis sont différents les uns des autres, tous sont devenus cultes à travers les époques, chacun à leur manière. L'occasion de voir ces classiques du cinéma, populaire ou plus indépendant.

Ponette : la petite fille et la mort

Une fillette de 4 ans, Ponette, refuse le décès de sa maman et attend son retour. Dans ce film qui fit polémique, Jacques Doillon aborde le sujet de la mort au cinéma du point de vue des enfants. Malaise pour certains, grâce pour les autres, Ponette est un film bouleversant qui agite des émotions contradictoires.

L’arbre, le maire, la médiathèque… et la nature, bordel ?!

Le maire d'un petit village de Vendée souhaite édifier un complexe culturel dans un pré communal. Mais c’est sans compter sur la résistance de l’instituteur, prêt à tout pour sauver un arbre centenaire menacé par ce projet pharaonique.

Salé sucré, une chronique familiale et gastronomique d’Ang Lee

La carrière d’Ang Lee est un travail d'équilibriste, le cinéaste étant partagé entre Taïwan et les États-Unis, mais aussi entre des films à grand spectacle et des films plus intimistes. Salé sucré appartient à cette dernière catégorie, plus précisément aux chroniques familiales que le cinéaste taïwanais sait toujours narrer avec subtilité et bonheur.

Trois Samouraïs hors-la-loi, de Hideo Gosha, entre film d’action et drame social

Sorti en 1964, presque dix ans après Les Sept Samouraïs de Kurosawa et deux ans après Harakiri de Masaki Kobayashi, Trois Samouraïs hors-la-loi se place sous l'influence de ces deux monuments. Pour son premier film, Hideo Gosha réalise une oeuvre sombre et violente.

Festen : défête de famille

Quand on voit Festen pour la première fois, on prend un poing dans la gueule et c'est sans doute pour cela qu'il reste l'un des meilleurs films du réalisateur Thomas Vinterberg.

Down By Law, de Jim Jarmush : Jack, Zack & Bob

Petit bijou de cinéma, divertissant pour les yeux et plaisant à l'oreille, Down by law peut se lire comme une fable dédiée au pouvoir du langage. Avec un casting parfait : Roberto Benigni, Tom Waits et John Lurie, les deux derniers signant par ailleurs la bande originale.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.