Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Qui veut la peau de Roger Rabbit ? Quand le cartoon se fait philosophe

Que reste-t-il de Roger Rabbit trente-cinq ans après sa sortie dans les salles ? Des images d'enfance pour les uns, une découverte voire une déception pour les autres, face à une oeuvre multi (re)diffusée à la télévision, objet culte d'une époque révolue. De toute évidence, qu'on l'aime ou non, l'oeuvre continue aujourd'hui de faire sens.

Mortelle randonnée : Je vous salue Marie

Mortelle randonnée est sûrement le thriller le plus pessimiste du cinéma français. Ceci s'explique peut-être par son histoire. En mettant en scène un détective qui se prend d'affection pour une tueuse en série, en qui il voit sa fille disparue, Claude Miller et Michel Audiard tapait dans le mille (du désespoir cinématographique). L'oeuvre, aujourd'hui culte, a pourtant longtemps souffert d'une mauvaise réputation. Ceci s'explique par le caractère volontairement art et radical du film. L'équipe technique a, en effet, composé une oeuvre unique en son genre, situé aux confins du film (très) noir et du film fantastique, le tout saupoudré d'un soupçon d'humour caustique. Un chef-d'oeuvre à (re)voir de toute urgence.

Pépé le Moko : Rock in the Casbah

Quand on pense au réalisme poétique, on entrevoit tout de suite les films de Marcel carné et Jacques Prévert à l'image des Enfants du paradis (1945) ou des Visiteurs du soir (1942). Pourtant, ces classiques ne doivent pas nous faire oublier les autres chefs-d'œuvre de ce courant cinématographique. Pépé le Moko en fait partie. La première collaboration artistique entre Julien Duvivier et Henri Jeanson mérite d'être (re)vue aujourd'hui.

« Péché mortel » de John M. Stahl, ou l’amour fou

Grand succès de l'années 1945, « Péché mortel » est un film culte qui allie un travail d'une grande précision concernant sa forme à un travail remarquable sur son propos.

Journal intime, de Nanni Moretti

Nanni Moretti nous invite à une triple balade dans ce film atypique. A vespa dans les rues de Rome, en bateau du côté des Îles Eoliennes et de médecin en médecin dans une course contre la maladie. Un regard sensible souvent ironique et une belle déclaration d'amour à la vie.

Outsiders : Coppola contre la nostalgie d’une certaine Amérique

Longtemps plongé dans l’ombre de Rusty James, film-frère tourné et sorti presque simultanément, The Outsiders est un film à re-considérer, en particulier à la lumière du nouveau montage sorti en 2005 et qui propose plus de vingt minutes supplémentaires. Francis Ford Coppola signe ici un film qui vaut beaucoup plus que le simple « vivier de futures vedettes » auquel il a longtemps été réduit, un film sombre et désabusé sur l’Amérique des années 60.

« Hors la Vie » de Maroun Baghdadi, ou les limbes de l’existence

« Hors la Vie », film de Maroun Baghdadi, reste l'un des films libanais les plus célèbres. Récipiendaire du Prix du jury à Cannes, le même prix qui fut décerné à Nadine Labaki en 2018, l'œuvre de Baghdadi est cruciale, dans son fond comme dans sa forme.

Akira Kurosawa décrit une humanité prise Entre Le Ciel et l’enfer

A travers une histoire de kidnapping et de demande de rançon, Akira Kurosawa livre un film dense et complexe, à la forte tension dramatique. A la fois enquête policière et description sociale, Entre Le Ciel et l'enfer est un des grands films du cinéaste japonais.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.