Winchester 73, d’Anthony Mann

Réalisé en 1950 par Anthony Mann, Winchester 73 est un incontournable du western. Non seulement il bénéficie de l’interprétation parfaite de James Stewart mais il s’appuie sur un scénario astucieux qui permet au réalisateur de convoquer les grands thèmes et lieux du genre.

Deux stars

Winchester 73 commence de la manière la plus classique qui soit avec l’arrivée de deux cavaliers dans une petite ville. Sauf qu’au lieu de s’intéresser à la banque (pour peu qu’ils fussent des hors-la-loi), au saloon (comme le ferait tout cow-boy) ou au bureau du shérif (s’ils étaient chasseurs de primes), ces deux étrangers stationnent, émerveillés, devant une vitrine. L’objet de leur enthousiasme ? Une carabine ! Mais pas n’importe laquelle. Un modèle unique de Winchester, la « Une sur mille » ainsi nommée car fabriquée en nombre très limité et dotée d’une précision exceptionnelle. C’est elle la véritable star du film. Ce Stradivarius des carabines, premier prix d’un concours organisé par la ville, attire les meilleurs tireurs de la région. Et c’est l’un d’eux que Lin McAdam (James Stewart) espère trouver là.

Un scénario circulaire

Plus que les deux « stars », c’est en réalité le scénario qui offre au film sa singularité. Signé Borden Chase, un des meilleurs scénaristes hollywoodiens, il organise l’intrigue autour d’un schéma circulaire. En effet, la carabine tant convoitée va  changer plusieurs fois de propriétaire générant une course poursuite à travers le pays. Ce scénario circulaire confère à l’histoire sa dynamique mais elle permet aussi à Anthony Mann de convoquer la plupart des lieux ou des figures emblématiques du western, du joueur de poker au bad guy en passant par les indiens et les tuniques bleues.

 Duels et dualité

Ce sont les personnages secondaires qui donnent toute leur saveur à ces westerns des années 40/50. Avec des dialogues à la hauteur. Tel le pote et complice de McAdam, Frankie High-Spade « avec un trait-d’union, je m’assois dessus quand je suis fatigué ! », ou le très malin Joe Lamont intraitable au poker ou encore le très impulsif Waco (excellent Dan Duryea). Le film met en scène, précisément, l’affrontement entre deux mondes :  d’un côté celui de la justice incarné par le shérif Wyatt Earp, ou par McAdam lui-même, en quête du meurtrier de son père ; de l’autre celui de la violence et du vice. Une dualité qu’illustre l’alternance des scènes de nuit, nombreuses, et des scènes de jour. Quant au duel final, dans un décor à la géométrie toute symbolique, il achève de la plus belle façon qui soit ce superbe western.

Bande-annonce :

Fiche technique :

  • Titre original : Winchester ’73
  • Réalisation : Anthony Mann
  • Scénario : Robert L. Richards (en) et Borden Chase d’après Big Gun de Stuart N. Lake
  • Photographie : William H. Daniels
  • Montage : Edward Curtiss
  • Musique : Joseph Gershenson et Walter Scharf (non crédité)
  • Direction artistique : Bernard Herzbrun et Nathan Juran
  • Décors : A. Roland Fields et Russell A. Gausman
  • Costumes : Yvonne Wood
  • Producteur : Aaron Rosenberg
  • Société de production : Universal Pictures
  • Société de distribution : Universal Pictures
  • Pays d’origine : Drapeau des États-Unis États-Unis
  • Langue originale : anglais
  • Format : Noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — Son : Mono (Western Electric Recording)
  • Genre : Western
  • Durée : 92 minutes (h 32)
  • Dates de sortie :
    • Drapeau des États-Unis États-Unis : 7 juin 1950 (première à New York), puis 12 juillet 1950
    • Drapeau de la France France : 31 août 1951

 

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