Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Le roman de Marguerite Gautier de George Cukor (1936)

La dame aux camélias de Dumas fils a été adaptée une trentaine de fois toutes oeuvres confondues (opéra, ballet, télévision,...) dont une vingtaine rien qu'au cinéma. Bien que la version de Baz Luhrmann avec Moulin Rouge semble être la plus fidèle au livre et au ballet de John Neumeier, celle-ci a toujours été décrite comme une libre (mais sublime) adaptation. C'est donc l'oeuvre de George Cukor qui va retenir toute notre attention. La raison ? Greta Garbo.

Le diable au cœur  : Les Visiteurs du soir

Célébrer la liberté de la France face au joug Nazi : il fallait oser. Marcel Carné et Jacques Prévert l'ont fait. Le film s'appelle Les Visiteurs du soir. Composée d'une fine équipe de comédiens, l'œuvre impose le genre du fantastique merveilleux au cinéma, tout en s'autorisant à être furieusement politique.

Winchester 73, d’Anthony Mann

Attaques indiennes ou scènes de saloon, concours de tir et duel final, tous les ingrédients du western sont réunis dans ce grand classique, Winchester 73, dont la véritable star est une carabine d'exception, objet de toutes les convoitises.

Revoir Les Enfants du paradis en 2021

Les Enfants du paradis est un film fondateur qui n'a cessé d'inspirer de nombreuses productions cinématographiques et télévisuelles actuelles. Avec Carné à la réalisation, Prévert au scénario et le trio Arletty, Pierre Brasseur et Jean-Louis Barrault pour la comédie, le film avait tout les ingrédients pour devenir un chef-d'œuvre du cinéma mondial.

Un tramway nommé Désir (1951) d’Elia Kazan : le masque hideux des passions humaines

Cet immense classique symbolise une transmission entre deux formes d’art, le cinéma permettant l’épanouissement d’une œuvre théâtrale, ce qui se traduisit en particulier par le jeu de Marlon Brando et Vivien Leigh, inoubliables pour les cinéphiles du monde entier. La confluence des dialogues et de la performance des comédiens en fait une œuvre intemporelle, aussi renversante et bouleversante aujourd’hui qu’il y a 70 ans.

« Two-Lane Blacktop » de Monte Hellman : de l’ombre à la lumière

Si « Two-Lane Blacktop », film de Monte Hellman, n'a pas su obtenir le succès espéré lors de sa sortie en salles en 1971, cinquante ans plus tard, le film est considéré par certains comme l'un des films cultes des années 1970.

Le Sabre du mal : l’épopée du rônin fou

Dans la lignée du film Harakiri, de Masaki Kobayashi (etécrit par le même scénariste, Shinobu Hashimoto, Le Sabre du mal est un chanbara (film de sabre japonais) présentant un personnage de rônin fou, hanté par la violence, habité par un Tatsyua Nakadaï impressionnant.

Quand Patrick Dewaere faisait sa série noire

Série noire est un uppercut cinématographique. Le genre de films qui ne laissent pas le public indemne. L'œuvre est hybride, tour à tour polar, thriller, drame policier et histoire d'amour sur fond de violence sociale et de banlieue pavillonnaire dortoir. Patrick Dewaere qui interprète le rôle principal choc et brille de son aura légendaire.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.