Berenice Thevenet

Pulse : 120 Battements par minutes

Verlaine définissait la poésie comme « de la musique avant toute chose ». La réalisatrice finlandaise Aino Suni réinvente le geste du poète. Son premier long-métrage Pulse est une petite bombe rythmée par des couleurs pop et acidulées. De quoi séduire la nouvelle génération.

Requiem for a dream : Voyage au bout de l’enfer

Le nouveau millénaire s’ouvre sur une bombe cinématographique. Elle s’appelle Requiem for a dream. Le détonateur se nomme quant à lui Darren Aronofsky. Voilà dix ans que le réalisateur a débuté dans le septième art. Son premier court-métrage Supermarket Sweep sort en 1991. Il faudra sept ans au jeune cinéaste pour réaliser premier long – sobrement intitulé Pi – qui s’inscrit dans la veine du thriller paranoïaque. En adaptant le roman éponyme de Hubert Selby Jr, Darren Aronofsky change de registre tout en conservant les codes du film à suspense.

Titanic : L’amour comme vecteur d’empowerment

En 1997, Titanic sortait dans les salles. Le film de James Cameron allait bouleverser toute une génération de spectateur.trice.s. Vingt-cinq ans après, rien n'a changé. L'oeuvre culte de James Cameron continue de nous émouvoir. Pourtant, le film pâtit d'une réputation pour le moins ambiguë. On voit en lui aussi bien un chef-d'oeuvre qu'un long-métrage fortement stéréotypé.

La Passagère : Voyage au bout de l’enfer

La Passagère. Sans doute n’avez-vous jamais entendu parler de ce film sorti en 1963 et réalisé par le cinéaste polonais Andrzej Munk. L’oeuvre fut pourtant présentée au Festival de Cannes en 1964 dans la prestigieuse Sélection Officielle. Depuis silence ou presque. Jamais la grand-messe du cinéma n’a jugé bon de le projeter en version restaurée. Peut-être fallait-il attendre soixante ans pour revoir le film dans les salles ? Peut-être devions-nous attendre cette date fatidique du 25 janvier 2023 pour accepter de se confronter à un épisode de l’Histoire (qu’on préférait oublier) ?

Comparer Monique Wittig et Violette Leduc : l’impossible gageure ?

Aborder l’écriture du corps lesbien peut, à première vue, s’avérer périlleux tant le sujet semble être complexe. L’objectif n’est certes pas de verser dans un discours naturaliste, qui établirait une sorte de typologie déplacée, si ce n’est nulle et non avenue. En s’intéressant à des œuvres qui restent encore trop largement sous-estimée, voire invisibilisée par l’histoire littéraire officielle, nous pouvons être à même de proposer une réflexion autour de la manière dont ces autrices évoquent la de revenir sur les romans Thérèse et Isabelle et Le Corps Lesbien, respectivement écrits par Violette Leduc et Monique Wittig.

La Guerre de Miguel : Soi-même comme un autre

Vous avez sans déjà entendu parler du biopic. Vous savez, c’est ce genre cinématographique qui consiste à raconter la vie d’une personne ayant réellement existé. Aujourd’hui, on parle davantage de sa petite-sœur l’autofiction. Quelle est-elle ? Elle renvoie à un genre littéraire qui consiste à injecter à l’autobiographie – le fait de raconter sa vie à la première personne – des éléments ouvertement romancés. Au premier abord, le documentaire La Guerre de Miguel semble être un combo des trois genres sus-cités.

« Nom » de Constance Debré : On ne choisit pas sa famille

« Mon nom est personne ». Cette phrase ne vous dit peut-être rien (ou presque). Prononcée par un certain Ulysse à un cyclope un peu trop curieux (et naïf), la formule qui a fait des émules jusque dans le western spaghetti – My Name is nobody (1973) – avec Terence Hill (non ce n’est pas une blague) atterri aujourd’hui dans les mailles du nouveau roman de Constance Debré

Joyland : Un œuvre qui met en joie

Joyland s’affirme comme un réquisitoire glaçant sur la transphobie et l’homophobie qui règnent dans la société pakistanaise actuelle. Le cinéaste rappelle, de manière subtile, sans misérabilisme, que l’une et l’autre tuent encore aujourd’hui.

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Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

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