Tout le monde aime Jeanne bouscule les codes de la comédie romantique en imposant un mélange des genres qui déconstruit les normes narratives traditionnelles. En partant systématiquement du point de vue de son héroïne, Céline Devaux fait du female gaze un outil esthétique qui réinvente les codes d'un cinéma (devenu quelque peu sclérosé).
Goutte d'or évoque un sujet de société dont parlent peu les médias actuels: celui du sort que la société réserve aux mineur.e.s immigré.e.s. L'oeuvre de Clément Cogitore parvient à éviter le misérabilisme usuel autant que le discours alarmiste (et raciste) en construisant une intrigue centrée autour de l'amour filial.
Le nouveau film de Mark Jenkin - Enys Men - est un film d'horreur pas comme les autres. Avec lui, la contemplation de la nature côtoie une inquiétante étrangeté ambiguë. Celle-ci (ré)interroge les codes du cinéma de genre autant que la nature des images vues à l'écran.
Mariupolis 2 est une oeuvre posthume de Mantas Kvedaravicius. Le réalisateur renouvelle l'approche documentaire de la guerre en proposant une vision (décentrée) de celle-ci qui (re)donne voix et chair aux population civiles.
Metsurin Tarina signe les premiers pas, derrière la caméra, du cinéaste finlandais Mikko Myllylahti. L'oeuvre est située aux confins de divers genres, entre humour noir, symbolisme finlandais et éclectisme érudit. Si le film ne convainc pas toujours, il engage, cependant, son public à (s')interroger à propos du sens qu'il veut (bien) donner aux images (de cinéma).
Evoquer la vie d'un acteur tel que Patrick Dewaere paraît être une impossible gageure. Comment ne pas, en effet, tomber dans le sempiternel cliché de l'écorché vif ? Le nouveau documentaire d'Alexandre Moix - Patrick Dewaere, mon héros - aurait pu s'affirmer comme le film qui déconstruit les clichés qui collent à la peau de l'acteur. Malheureusement, les nombreux parti-pris auxquels se livre le cinéaste, peinent à proposer un nouveau discours sur le comédien.
Comment parler de la vie de Romy Schneider sans tomber dans le cliché du "destin brisé" ? Lucie Cariès résout aisément ce dilemme en (re)donnant la parole à l'actrice. Le documentaire réussit, ainsi, le tour de force d'évoquer l'intime et le général, en évoquant la trajectoire d'une femme qui fut à elle seule, le miroir d'une époque.
Coupez ! est une oeuvre (d)étonnante. Les premières minutes du film en déconcerteront plus d'un.e tant Michel Hazanavicius s'ingénie à brouiller les pistes entre réalité et fiction. Le cinéaste propose en somme une adaptation comiquement barrée de Ne Coupez Pas ! en s'offrant le luxe de proposer un remake réussi non dépourvu de réflexion philosophique.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.