Berenice Thevenet

La Conspiration du Caire : James Bond au pays des pharaons

La Conspiration du Caire creuse la veine politique de Tarik Saleh. Cinq ans après Le Caire confidentiel, le réalisateur retourne dans la capitale égyptienne. Cette fois, nous ne sommes plus dans un commissariat de quartier, mais dans la plus grande Université islamique du monde. L'enjeu est pourtant resté le même. Si le réalisateur dénonce la corruption qui règne dans les plus hautes sphères, il critique également le détournement politico-religieux de la connaissance.

Feu follet : l’art de pomp(i)er

Comédie musicale barrée, récit dantesque d'une histoire d'amour sensuelle et poétique, sur fond de fantaisie drôlesque. Voici ce que l'on pourrait dire de Feu follet - si l'on se risquait à le présenter. Inclassable et hybride, le film de João Pedro Rodrigues s'affirme comme un joyeux foutoir cinématographique. Et ce pour notre plus grand plaisir !

Everything everywhere all at once : le charme discret du grand n’importe quoi

Everything Everywhere all at once s'annonce comme la grosse surprise de 2022. C'est un peu le film que tout le monde attendait. Imaginez Michel Gondry qui rencontrerait John McTiernan. Cela ferait-il des étincelles ? Daniel Kwan et Daniel Sheinert ont relevé le pari de créer un blockbuster qui, sans renier les codes du genre, les renouvelle en optant pour un romantisme assumé qui vrille du côté de la poésie pure. Un pur bijou de fantaisie à voir absolument.

Rashōmon : Usual suspect au pays du soleil levant

Il y a soixante-dix ans, un cinéaste japonaise encore peu connu triomphait au Festival de Venise. Il s'appelle Akira Kurosawa. Avec Rashomon, ce dernier rentre dans l'histoire du cinéma mondial en imposant une oeuvre aussi philosophique que dérangeante.

Master of None : L’amour (n’)est (plus) dans le pré

Master of None rappelle à qui mieux mieux que les sitcoms peuvent être comiques et politiques. La troisième et dernière saison propose, en effet, des personnages lesbiens éloignés des stéréotypes d'usage. À la clé: une série de qualité qui propose une réflexion de fond (sans jamais laisser de côté la forme).

Les Nuits de Mashhad : Le(s) démon(s) de minuit

Les Nuits de Mashhad fait partie de ces films qui vous hantent. Le genre d'oeuvre coup de poing dont on se remet difficilement. En revenant sur l'une des affaires criminelles les plus médiatisées d'Iran, Ali Abbasi conçoit une oeuvre qui alterne entre le thriller social et le documentaire politique sur la condition des femmes (de tous les pays). Nécessaire.

Peter Von Kant : Chronique des années de b(r)aise

François Ozon s'essaye, de nouveau, à l'exercice périlleux de l'adaptation littéraire. Cette fois, il s'attaque au cinéma du grand Fassbinder en adaptant sur grand écran Les Larmes amères de Petra van kant. Le résultat est mitigé tant le film interroge, alternant entre le mélo superficiel et le "too much" assumé.

La Maman et la Putain : le diable par la queue

La Maman et la Putain est un chef-d'oeuvre aussi déroutant qu'obsédant. Longtemps introuvable, le film de Jean Eustache ressort ce mois-ci dans les salles obscures. Un évènement à ne manquer (sous aucun prétexte) tant cette oeuvre regorge de moments d'anthologies cinématographiques, comiques, érotiques et philosophiques.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.