Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.
Restauré en 4K, "L’Œuf de l’Ange" de Mamoru Oshii révèle toute la puissance mystique et contemplative de ce film culte. Entre visions gothiques, silence habité et quête de sens, cette œuvre rare explore la foi, le doute et la beauté fragile d’un monde en ruine. Une expérience poétique et hors du temps qui continue de hanter le cinéma.
"Reedland", premier long métrage de Sven Bresser, transforme un paysage rural en espace mental où se mêlent solitude, désir latent et malaise collectif. Entre thriller détourné, portrait psychologique et fable sensorielle, le film explore la fragilité d’un homme et d’une communauté en mutation, portée par une atmosphère dense et une forte identité visuelle.
"Hell in Paradise", de Leïla Sy, transforme un décor de rêve en piège oppressant où Nina, venue fuir son passé, se heurte à un système injuste et patriarcal. Sous le soleil trompeur des Maldives, le film dévoile la violence invisible, la solitude et la résistance fragile d’une femme que le paradis cherche à faire taire.
Abdellatif Kechiche signe avec Mektoub, My Love : Canto Due le deuxième volet de sa trilogie inspirée du roman La Blessure, la vraie. Entre sensualité, désir et fidélité au texte, le film nous replonge dans l’été 1994 à Sète, aux côtés d’Amin, Ophélie et Tony, dans une fresque où la lumière se teinte d’ombre et de perplexité.
Le cinéaste peint, avec un plaisir cinématographique assumé mêlant sens du spectacle et intrigue ciselée, la compromission progressive d’une star du cinéma avec le régime autoritaire qui a décidé d’en faire sa marionnette. S’il n’atteint pas les sommets des deux premières œuvres, le film confirme néanmoins le goût très sûr de Saleh et le talent de son casting dominé par le charismatique Fares Fares.
Edgar Wright réinvente "Running Man" en un blockbuster vibrant, satirique et intensément moderne. Entre action frénétique, critique acerbe de la société du spectacle et performance habitée de Glen Powell, le film offre une dystopie nerveuse et inventive, qui interroge notre époque saturée d’images sans sacrifier le divertissement.
"Trans Memoria" de Victoria Verseau révèle un voyage intime où transition, mémoire et deuil s’entrelacent. Entre archives, paysages désertés et poésie visuelle, le film explore des identités en mouvement, hantées par les absences mais portées par la résilience. Un documentaire sensible qui interroge ce que signifie devenir soi et habiter un corps en transformation.
Pour son premier long-métrage, Isabelle Carré adapte son roman autobiographique et nous plonge dans les souvenirs de son adolescence, marquée par un séjour en pédopsychiatrie à l’hôpital Necker dans les années 80. À travers le personnage d’Elizabeth, incarnée par la jeune Tessa Dumont Janod, elle évoque avec pudeur les fragilités de l’enfance, les liens d’amitié, les rêves d’évasion et les failles familiales. En parallèle, Elizabeth adulte revient sur les lieux, devenue animatrice d’ateliers de théâtre pour enfants en souffrance. Une œuvre intimiste et onirique, portée par une mise en scène délicate et un regard engagé sur la santé mentale des jeunes.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.