Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.
"Résurrection" de Bi Gan, présenté à Cannes, mêle rêverie bouddhiste et histoire du cinéma dans une fresque ambitieuse. Virtuosité formelle, références savantes et puissance visuelle composent un film-rêve fascinant mais inégal, dont la beauté hypnotique interroge les limites émotionnelles et narratives du cinéma comme songe.
Le cinéma présente souvent les cowboys comme des héros solitaires, des hommes en souffrance qui peinent à subsister au sein d'un monde à la dérive. En s'attachant à l'histoire d'un père qui a déjà tout perdu, "Rebuilding" dresse le portrait de cowboys déracinés, privés de leur terre et de leur raison d'être. Un beau drame qui redonne foi en l'avenir.
"The Shadow’s Edge" marque le retour en grâce de Jackie Chan dans un polar d’action nerveux signé Larry Yang. Entre filature, tension autour de la surveillance et cascades inventives, le film réunit un trio marquant avec Tony Leung Ka-fai et Zhang Zifeng. Un remake énergique où se confrontent tradition, modernité et un spectacle d’action généreux.
L'Arte Kino Festival présente 12 films européens tout au long du mois de décembre. L'occasion de soutenir et de rendre visible, et de manière gratuite, le cinéma d'auteur européen. Parmi la sélection, le très beau film lituanien "Remember to blink" d'Austėja Urbaitė qui explore la question de l'adoption, de l'identité et da différence culturelle avec douceur et cruauté à la fois.
"Jone Sometimes" de Sara Fantova est un film sensible sur le passage à l’âge adulte, porté par l’introspection d’une jeune femme durant la Semana Grande à Bilbao. Entre amitiés, amour, doutes et liens familiaux fragiles, ce récit d’été mêle douceur, silences et souvenirs en formation, capturant l’intensité éphémère de la jeunesse avec pudeur et justesse.
Avec son univers animalier foisonnant, coloré, son duo lapin-renard attachant, son humour et son enquête policière trépidante, sur fond d'un beau message d'intégration et de tolérance, "Zootopie" figure parmi les meilleurs films Disney des années 2010. Dix ans plus tard, nous retrouvons Judy et Nick dans une nouvelle intrigue mettant en danger l'avenir de la cité cosmopolite. Malgré un goût de déjà-vu et un récit moins bien rythmé que son prédécesseur, "Zootopie 2" offre une aventure divertissante grâce à son monde étendu.
Kaouther Ben Hania choisit d'évoquer la tragédie de Gaza à travers le cas d'une petite fille coincée dans une voiture, secourue par le Croissant rouge palestinien. Un traitement sans recul qui ne tarde pas à enfermer le spectateur dans une émotion obligatoire. Déplaisant.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.