Resident Evil (2026) : adaptation parfaite pour un excellent film

Non, mais c’est quoi ça ? Vous faites un film Resident Evil. Où est Leon ? Où est Chris ? Et Claire ? Et pourquoi on a un nouveau personnage ? Et pourquoi l’action ne se déroule pas en 1998 ? Et pourquoi… Oh, fermez-la un peu, pour voir ? Zack Cregger n’a pas seulement signé un excellent film. Il n’a pas seulement signé la meilleure adaptation de la saga de Capcom à ce jour. Il a signé la meilleure adaptation d’un jeu vidéo de l’histoire, n’en déplaise aux fans incapables d’accepter une vision créative différente de la leur. Oui, après huit échecs, on la tient, notre adaptation de Resident Evil !

L’art de comprendre un univers

Pourquoi ce petit coup de gueule envers certains ? Après tout, ce n’est pas grave, de ne pas aimer un film. Évidemment que non. En revanche, difficile de pardonner le flot de haine et de menaces que Zack Cregger a reçu en pleine figure. Non, ce n’est pas grave si aucun des personnages de la saga culte n’est présent. Ce n’est pas grave si l’histoire se passe à notre époque. Ce n’est pas grave si l’action se déroule en hiver. Pourtant, le réalisateur des excellents Barbares et Évanouis (ce titre français, je ne m’en remets toujours pas…) s’est presque excusé de proposer une histoire originale, vaincu et abattu par la violence de très nombreuses personnes, que je n’appellerai pas fans. Pourtant, après avoir terminé les neuf opus principaux, remakes inclus, et quelques opus secondaires (Code Veronica et les deux jeux Revelations), un constat s’impose à la sortie du film : Cregger est un amoureux transi de la licence et il le démontre à chaque instant.

Adapter un univers, ce n’est pas prendre des personnages et les insérer là pour faire joli, ou reprendre les événements des jeux. Pourquoi les huit tentatives d’adaptation de Resident Evil ne fonctionnent-elles pas, si c’était aussi simple ? Parce qu’aucune de ces œuvres n’a jamais compris l’essence de la saga créée par Capcom. Oui, on rêve tous d’une belle adaptation de RE4 ou du premier épisode. Oui, on aimerait voir un projet live action qui respecte Léon. Mais non, en choisissant de livrer son histoire, Zack Cregger a rappelé ce qu’était Resident Evil, à la toute base : un individu ou un groupe d’individus, lâchés au milieu de l’enfer. C’est la gestion des ressources, la peur à chaque virage, à chaque porte. Ce sont des énigmes, des allers-retours. C’est un petit tour dans un labo d’Umbrella, avec les punchlines qui vont avec. Ça aussi, comment peut-on reprocher au film d’avoir de l’humour, quand chaque cinématique des jeux contient une vanne ? Tout est là, ici, sans temps mort et sans s’essouffler, durant 1 h 30.

Welcome to Raccoon City… mais cette fois, c’est bien !

Mieux encore, en proposant un nouveau protagoniste parfaitement lambda, le réalisateur tend presque une manette au spectateur. Bryan (formidablement interprété par Austin Abrams), c’est le joueur, quand il lance la partie, avec un minuscule inventaire et des compétences proches de zéro. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui me font adorer, à titre très personnel, le personnage d’Ethan Winters, que les fans connaissent bien. Tout est là pour instaurer une ambiance et une tension. Non, Bryan ne sait pas utiliser une arme, il ne sait pas démarrer une voiture avec les fils et ne sera boosté que par une seule chose : l’instinct de survie. On suffoque avec lui, à chaque virage, à chaque porte ouverte, le film s’aidant d’une photographie et d’un sound design aux petits oignons. Le tout est boosté par une mise en scène millimétrée qui prouve encore une fois que l’horreur, ça se maîtrise.

On rit aussi, beaucoup. On rit du malheur de notre protagoniste, mais aussi de certaines décisions stupides qu’il prend au cours de son périple. Pourtant, rien n’est bête. On se dit que dans telle ou telle situation, on aurait fait pareil, d’autant qu’il regrette certains choix presque aussitôt. Certains regretteront une fin qu’ils pourraient juger très abrupte ou quelques concepts introduits, mais pas ou mal expliqués, mais rien de vraiment grave, tant la proposition demeure sincère. Dommage, la haine et la pression des réseaux sociaux auront eu raison de Zack Cregger, qui refuse de reprendre le flambeau si on lui proposait. Peut-être que les excellents retours, presse comme spectateurs, pourront y changer quelque chose, comme ultime rappel que le bruit des réseaux ne représentera jamais la réalité. D’ici là, foncez !

Resident Evil (2026) – bande-annonce

Resident Evil (2026) – fiche technique

Réalisation : Zach Cregger
Scénario : Zach Cregger et Shay Hatten, d’après le jeu vidéo Resident Evil de Capcom
Interprètes : Austin Abrams, Paul Walter Hauser, Zach Cherry, Kali Reis
Photographie : Dariusz Wolski
Montage : Joe Murphy
Musique : Hays Holladay, Ryan Holladay
Décors : Tom Hammock
Costumes : Caroline Fahrer
Producteurs délégués : Robert Bernacchi, Nicole Brown, Victor Hadida
Producteur : Robert Kulzer, Roy Lee, Asad Qizilbash, Carter Swan, Miri Yoon
Sociétés de production : Columbia Pictures, Constantin Film, PlayStation Productions, Vertigo Entertainment
Pays de production : États-Unis, Allemagne
Société de distribution France : Metropolitan Filmexport
Durée : 1h29
Genre : Épouvante-horreur, Science-fiction, Thriller
Date de ressortie : 16 septembre 2026

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4

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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