Joseph Leonard

Le Cri des gardes : Combat de théâtre et de cinéma

Le nouveau film de Claire Denis, "Le Cri des gardes", avec Isaac de Bankolé et Matt Dillon, adapté de la pièce de Bernard-Marie Koltès, "Combat de nègre et de chiens", avait tous les atouts pour plaire. Mais nous restons à la porte, froids et déçus. Faut-il en accuser un texte trop théâtral ? Ce qui est sûr, c'est que quelque chose, ici, n'a pas su s'incarner.

Les dimanches : À quoi rêvent les jeunes filles ?

Ainara, 17 ans, annonce un jour à ses proches qu’elle envisage sérieusement la vocation religieuse. Dans cette famille de la petite bourgeoisie espagnole, l’annonce est comme une trouée de mystère et d’incongruité, occasionnant toutes les réactions : inquiétude, dépit, respect apparent, révolte. "Les dimanches", réalisé par Alauda Ruiz de Azúa et récompensé de la Coquille d’or au Festival du cinéma de San Sebastián, prend tout le monde à revers, croyants et incroyants, dans cette histoire de jeune fille amoureuse du Christ, nous signifiant ainsi, qu’au-delà des idéologies, des chapelles, reste à la fin, l’intériorité sacrée des personnes, contre laquelle on ne peut rien, contre laquelle on ne doit rien.

Gérardmer 2026 : Des Kazakhs possédés, des voyages interdimensionnels et une dépression post-partum

Dernier jour à Gérardmer 2026 : le palmarès tombe, les débats s’enflamment et les salles se remplissent une dernière fois avant la fermeture du festival. Entre l’inventivité débridée de Junk World, la tension psychologique de Mother’s Baby, l’atmosphère glaciale de Cadet, l’énergie nerveuse de Redux Redux et une sélection de courts-métrages particulièrement inspirée, cette ultime journée condense tout ce qui fait le charme du festival : surprises, déceptions, émerveillements et discussions passionnées.

Gérardmer 2026 : Veuf éploré, Stoners anthropophages, Pissenlits survivalistes et French Dreamer envieux

Pour cette troisième journée du Festival de Gérardmer 2026, les salles se remplissent enfin, la neige persiste et les films rivalisent d’audace. De la catharsis bouleversante de The Thing with Feathers à l’hilarante sauvagerie de The Weed Eaters, en passant par la poésie naturaliste de Planètes, l’humour cruel d’Alter Ego et l’hommage à Neil Marshall avec Centurion, le festival déploie une palette de tons et de genres d’une rare richesse.

Gérardmer 2026 : les vertiges de la maternité et le poids des origines, en toutes langues, allemande, anglaise et indonésienne

Le deuxième jour du Festival de Gérardmer 2026 s’ouvre sous la neige et dans une ambiance encore calme, avant l’arrivée du gros des festivaliers. Entre compétition, hors‑compétition, focus Joko Anwar et rétrospective “Bas les masques”, la journée nous fait voyager d’un village autrichien oppressant à un hôtel lynchien, d’une malédiction indonésienne à deux classiques du cinéma fantastique.

Gérardmer 2026 : Des vieux inquiétants, des enfants hantés et des trentenaires qui ne vont plus très bien non plus

Le Festival International du Cinéma Fantastique de Gérardmer lance sa 32ᵉ édition sous la neige et avec un programme chargé : une trentaine de films en compétition, des hommages (Neil Marshall, Joko Anwar, Olga Kurylenko) et une rétrospective sur les masques. Voici nos impressions sur les premières projections, entre déception (Nervures), surprise (Don’t Leave the Kids Alone) et chef-d’œuvre intemporel (The Invitation).

Magellan : l’art du point de vue

Avec "Magellan", Lav Diaz déconstruit le mythe de l’explorateur et dépasse le récit décolonial simpliste. Par un dispositif fragmentaire et contemplatif, le cinéaste interroge la violence coloniale, l’ambiguïté morale des conquêtes et l’impossibilité mélancolique de la rencontre entre les mondes.

Résurrection : L’inattrape-rêve

"Résurrection" de Bi Gan, présenté à Cannes, mêle rêverie bouddhiste et histoire du cinéma dans une fresque ambitieuse. Virtuosité formelle, références savantes et puissance visuelle composent un film-rêve fascinant mais inégal, dont la beauté hypnotique interroge les limites émotionnelles et narratives du cinéma comme songe.

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Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.

Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.