Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Le nouveau film de Claire Denis, "Le Cri des gardes", avec Isaac de Bankolé et Matt Dillon, adapté de la pièce de Bernard-Marie Koltès, "Combat de nègre et de chiens", avait tous les atouts pour plaire. Mais nous restons à la porte, froids et déçus. Faut-il en accuser un texte trop théâtral ? Ce qui est sûr, c'est que quelque chose, ici, n'a pas su s'incarner.
Ainara, 17 ans, annonce un jour à ses proches qu’elle envisage sérieusement la vocation religieuse. Dans cette famille de la petite bourgeoisie espagnole, l’annonce est comme une trouée de mystère et d’incongruité, occasionnant toutes les réactions : inquiétude, dépit, respect apparent, révolte. "Les dimanches", réalisé par Alauda Ruiz de Azúa et récompensé de la Coquille d’or au Festival du cinéma de San Sebastián, prend tout le monde à revers, croyants et incroyants, dans cette histoire de jeune fille amoureuse du Christ, nous signifiant ainsi, qu’au-delà des idéologies, des chapelles, reste à la fin, l’intériorité sacrée des personnes, contre laquelle on ne peut rien, contre laquelle on ne doit rien.
Dernier jour à Gérardmer 2026 : le palmarès tombe, les débats s’enflamment et les salles se remplissent une dernière fois avant la fermeture du festival. Entre l’inventivité débridée de Junk World, la tension psychologique de Mother’s Baby, l’atmosphère glaciale de Cadet, l’énergie nerveuse de Redux Redux et une sélection de courts-métrages particulièrement inspirée, cette ultime journée condense tout ce qui fait le charme du festival : surprises, déceptions, émerveillements et discussions passionnées.
Pour cette troisième journée du Festival de Gérardmer 2026, les salles se remplissent enfin, la neige persiste et les films rivalisent d’audace. De la catharsis bouleversante de The Thing with Feathers à l’hilarante sauvagerie de The Weed Eaters, en passant par la poésie naturaliste de Planètes, l’humour cruel d’Alter Ego et l’hommage à Neil Marshall avec Centurion, le festival déploie une palette de tons et de genres d’une rare richesse.
Le deuxième jour du Festival de Gérardmer 2026 s’ouvre sous la neige et dans une ambiance encore calme, avant l’arrivée du gros des festivaliers. Entre compétition, hors‑compétition, focus Joko Anwar et rétrospective “Bas les masques”, la journée nous fait voyager d’un village autrichien oppressant à un hôtel lynchien, d’une malédiction indonésienne à deux classiques du cinéma fantastique.
Le Festival International du Cinéma Fantastique de Gérardmer lance sa 32ᵉ édition sous la neige et avec un programme chargé : une trentaine de films en compétition, des hommages (Neil Marshall, Joko Anwar, Olga Kurylenko) et une rétrospective sur les masques. Voici nos impressions sur les premières projections, entre déception (Nervures), surprise (Don’t Leave the Kids Alone) et chef-d’œuvre intemporel (The Invitation).
Avec "Magellan", Lav Diaz déconstruit le mythe de l’explorateur et dépasse le récit décolonial simpliste. Par un dispositif fragmentaire et contemplatif, le cinéaste interroge la violence coloniale, l’ambiguïté morale des conquêtes et l’impossibilité mélancolique de la rencontre entre les mondes.
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.