Les Braises de Thomas Kruithof, avec Virginie Efira, s’impose comme un film social français sur les gilets jaunes. Très sage et évitant la caricature, il laisse pourtant un goût d’ennui poli malgré une mise en scène sobre.
Avec "Une bataille après l’autre", Paul Thomas Anderson signe une fresque foisonnante mêlant révolution armée, fable politique, figures de super-héros et pulsions métaphysiques. Entre anachronisme assumé, satire radicale et mouvement perpétuel, le film interroge nos mythes modernes et la vitalité explosive de toute action humaine.
"L'Aventura" de Sophie Letourneur explore avec finesse et authenticité la richesse du quotidien familial en vacances, mêlant humour discret, émotions profondes et moments simples. Le film capture la complexité des relations humaines à travers des instants sensibles où le banal révèle la vérité et la fragilité des liens entre parents et enfants.
Le film s’enlise dans une démonstration didactique, où chaque scène, trop lisse, semble plaider la cause de l’autisme plutôt que d’en incarner la vitalité désordonnée. On y cherche en vain la friction du réel, noyée sous les bonnes intentions.
Un Cronenberg dernier cru, dont on croit ressortir déçu et dont on finit par se retrouver hanté. Ainsi se souvient-on combien sa mise en scène est subtile et originale, et les effets qu'elle produit si puissant, et combien ses épigones, croyant devoir multiplier les images subjuguantes, sont encore très loin de l'égaler. Car c'est toujours à pas de loup que Cronenberg sait nous intégrer dans ses fantasmes de cauchemar.
Entre tension feutrée et ironie mordante, The Insider de Steven Soderbergh joue avec les codes du thriller d’espionnage pour mieux les détourner. Derrière une enquête haletante sur la trahison et la manipulation, le film révèle en creux un drame conjugal où l’intime et le politique s’entrelacent. Avec une mise en scène précise et un récit subtilement décalé, Soderbergh brouille les pistes et transforme la traque d’un agent double en une réflexion sur le couple et la confiance.
Au Festival de Gérardmer 2024, deux films se disputent les faveurs de nos critiques : Else de Thibault Enim, une œuvre hypnotique où les corps se métamorphosent au gré d'une épidémie énigmatique, et The Wailing de Pedro Martín-Calero, un thriller d'épouvante captivant jouant sur l'angoisse du visible et de l'invisible. Entre expériences visuelles saisissantes et explorations métaphysiques, cette sélection témoigne d’un cinéma audacieux, prêt à défier les conventions pour réinventer la peur et le mystère.
Parmi les films en compétition, Azraël fascine par son absence totale de dialogue, questionnant l’importance du langage dans un monde post-apocalyptique. Oddity revisite le home invasion avec une précision millimétrée, tandis que Rumours, signé Guy Maddin et les frères Johnson, mêle satire politique et surréalisme. Hors-compétition, Companion et In vitro explorent les dérives de la déshumanisation et du clonage. Des œuvres qui marquent par leur originalité et leurs thématiques puissantes.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.