Inscrit24 avril 2023
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else-film-festival-gerardmer2024
Au Festival de Gérardmer 2024, deux films se disputent les faveurs de nos critiques : Else de Thibault Enim, une œuvre hypnotique où les corps se métamorphosent au gré d'une épidémie énigmatique, et The Wailing de Pedro Martín-Calero, un thriller d'épouvante captivant jouant sur l'angoisse du visible et de l'invisible. Entre expériences visuelles saisissantes et explorations métaphysiques, cette sélection témoigne d’un cinéma audacieux, prêt à défier les conventions pour réinventer la peur et le mystère.
Parmi les films en compétition, Azraël fascine par son absence totale de dialogue, questionnant l’importance du langage dans un monde post-apocalyptique. Oddity revisite le home invasion avec une précision millimétrée, tandis que Rumours, signé Guy Maddin et les frères Johnson, mêle satire politique et surréalisme. Hors-compétition, Companion et In vitro explorent les dérives de la déshumanisation et du clonage. Des œuvres qui marquent par leur originalité et leurs thématiques puissantes.
Arnaud Desplechi-film-spectateurs-critique
Desplechin confie comment le septième art l’a façonné, de sa fascination pour Shoah de Claude Lanzmann à l’épiphanie devant Les 400 coups. Ce parcours personnel, empreint d’idolâtrie envers le cinéma, révèle une quête plus profonde : retrouver cette "enfance perdue du regard", mêlant innocence et créativité avertie. Au final, Spectateurs ! ne parle pas seulement de cinéma, mais de la vie elle-même, et de notre manière, en s’enfermant dans une salle obscure, de chercher à mieux la comprendre.
Grand-Tour-film-avis-cinema
Dans son dernier film, prix de la mise en scène à Cannes, Miguel Gomes nous propose un voyage autour de l'Asie, mais un voyage impossible, car désespérant d'en capter quelque chose de vrai. Mêlant une histoire pétrie d'imaginaire orientaliste, pour ne pas dire coloniale, à des captations du monde asiatique contemporain, Grand Tour nous raconte son échec et, au fond, le nôtre : l'échec d'un Occident qui a cru révéler le globe, mais au prix de la rencontre avec l'Autre.
jure-numero2-clint-eastwood-film-critique
Clint Eastwood, avec une maîtrise incontestable, nous plonge dans les méandres d'un procès où les apparences sont trompeuses et les vérités cachées. Juré n°2 transcende le simple récit judiciaire pour dévoiler une fresque humaine où chaque personnage est un miroir déformant de la réalité. À travers ce film, Eastwood continue d'explorer la complexité de la condition humaine, oscillant entre tragédie et ambiguïté, nous invitant à questionner notre propre perception du bien et du mal.
misericorde-alain-guiraudie-critique-film
Guiraudie, avec "Miséricorde", poursuit son exploration du désir et de ses puissances de rêve, au sein des décors les plus quotidiens, à partir des corps les moins sexualisables a priori. Ici, une dimension religieuse, pratiquement inédite, bien que profondément ancrée chez le cinéaste, vient encore densifier son propos, en proposant aux impasses reconnues du désir (potentiellement violent, non-réciproque) une forme de sublimation et, donc, de préservation de celui-ci, contre les puissances de mort qui le menacent, aussi bien de l’extérieur (la norme sociale) que de l’intérieur.
Que-notre-joie-demeure-film-critique-film
Huit ans après l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, Cheyenne Caron offre avec Que notre joie demeure un double portrait du vieux curé assassiné et de son assassin. Discrètement hagiographique, le film est aussi généreux en ce qu’il donne toute sa place, avec respect et empathie, au jeune auteur de l’attentat ainsi qu’à sa famille. Plein de tendresse et de véracité, attaché à raconter ses personnages à travers leur quotidien à la fois le plus banal et le plus significatif, le film de Cheyenne Caron peine cependant à laisser rentrer, dans une histoire qui pourtant y invitait, le monde et l’outre-monde, l’Histoire et Dieu, et à dépasser ainsi parfois l’anecdote et le simple hommage.
semaine-sainte-film-critique
Dans une campagne isolée du XIX°siècle, en Roumanie, un aubergiste juif aussi prospère que méprisé, décide de licencier son domestique chrétien après une énième provocation. Les fêtes de Pâques approchent. Le domestique menace son dorénavant ex-employeur d’un vague attentat sur lui et sa famille, annoncé pour le dimanche. Dès lors, une hostilité sourde semble se répandre autour de l’aubergiste. Devient-il fou ou sont-ils tous prêts à le pendre ? Cette coalition invisible aux profonds relents antisémites, va, au rythme lent de la vie quotidienne, sans spectaculaire, dévorer progressivement de peur le cœur de l’aubergiste.
festival-gerardmer2024-Sleep-film-jason-Yu
Dernier jour à Gérardmer. A l’aube, la montagne est presque rose. Le soleil persiste. Nous plions bagages. Juste le temps de voir encore quelques films, et nous voilà repartis. Voici donc le dernier article, avant un autre qui paraîtra dans quelques temps et qui, après décantation, reviendra sur le festival dans son ensemble. Au programme de ce jour : Sleep, La Damnée, Vampire humaniste cherche suicidaire consentant, It's a Wonderful Knife et les courts-métrages en sélection. A quoi nous ajoutons, pour le plaisir, un petit article sur deux grands films en rétrospective : Dracula de Coppola, et Nosferatu de Murnau.
Film-RESVRGIS-festival-gerardmer-2024
Troisième jour à Gérardmer. La brume a laissé place à un soleil éclatant. Les salles obscures sont pourtant pleines et la foule semble ravie. Et pour cause : de belles découvertes aujourd’hui, avec Resvrgis , un film de loup-garou italien, Roqya, une histoire de chasse sorcière dans une banlieue française, et The Seeding, un conte diabolique sur la paternité, entre le redneck et le folk-horror.