Abdellatif Kechiche signe avec Mektoub, My Love : Canto Due le deuxième volet de sa trilogie inspirée du roman La Blessure, la vraie. Entre sensualité, désir et fidélité au texte, le film nous replonge dans l’été 1994 à Sète, aux côtés d’Amin, Ophélie et Tony, dans une fresque où la lumière se teinte d’ombre et de perplexité.
Fatih Akin revient à ses meilleures intuitions. Sur l’île d’Amrum, en 1945, un enfant cherche à discerner le bien du mal, entre guerre, conte et quête de miel. Une fable nuancée, portée par la lumière grise de la mer du Nord et les silences d’un monde en ruine.
Santino a 11 ans. Il vit, apprend, s’attache et se détache sous un chapiteau itinérant. Dans L’Enfant du cirque, Julia Lemke et Anna Koch filment son quotidien nomade, entre bêtes, famille et école éphémère. Un documentaire sensible sur les cercles qui protègent et les liens qui voyagent.
En 1992, trois femmes turques périssent dans un incendie criminel à Moelln. Des lettres de soutien affluent, mais ne seront jamais remises. Martina Priessner suit la quête des survivants, entre mémoire confisquée et vérité entravée. Un documentaire d’archives et de silences, où le cinéma devient acte de justice.
"Sad jokes", de l’acteur, auteur et réalisateur Fabian Stumm, est un film qui ne ressemble à nul autre. Naissance d’un style, d’une signature. Fabian Stumm a en effet beaucoup à dire. Et à montrer.
Sound of falling, de Mascha Schilinski, film crépusculaire et sombre, qui suit le destin de quatre jeunes filles, à quatre générations successives. Fulgurant.
La nouvelle adaptation cinématographique du roman fleuve de Cao Xueqin, monument de la littérature chinoise du XVIIIème siècle, Le Rêve dans le pavillon rouge (2024), de Hu Mei, révèle aux spectateurs français ce que serait l’équivalent d’un cinéma hollywoodien venu de Chine.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.