Anne Schneider

No nos moverán, de Pierre Saint Martin Castellanos : la vengeance, à l’aune d’une vie

Armé de son premier long-métrage de cinéma, No nos moverán (4 décembre 2024), Pierre Saint Martin Castellanos frappe les esprits avec un film de vengeance en noir et blanc à l’héroïne paradoxale, qui manifeste hautement la belle vitalité du cinéma mexicain.

À l’ombre de l’Abbaye de Clairvaux, d’Eric Lebel : « Clairvaux, abbaye dont on a fait une bastille » (V. Hugo)

Réalisateur et producteur très actif, le documentariste Eric Lebel tourne sa caméra vers un lieu mythique, l’Abbaye de Clairvaux. « À l’ombre de l’Abbaye de Clairvaux » est un documentaire passionnant, qui nous permet de franchir la clôture de ce lieu très ceint…

Les Belles Créatures de Gudmundur Arnar Gudmundsson : les enfants des toits

Le réalisateur islandais Gudmundur Arnar Gudmundsson, caméra braquée sur l’âge adolescent, nous livre un deuxième long-métrage traversé de bruit et de fureur, mais aussi d’une immense tendresse cachée.

Saravah (1969) de Pierre Barouh : pas de « samba sans tristesse »…

En ces temps de rigidité et de raidissement communautariste, ressort un très salutaire documentaire de Pierre Barouh, « Saravah » (1969), qui chante la possibilité d’un métissage aussi heureux que réussi.

Chien blanc : les luttes anti-racistes, d’une autobiographie à l’autre

Avec Chien blanc (2024), Anaïs Barbeau-Lavalette signe son quatrième long-métrage et adapte au cinéma l’œuvre homonyme de Romain Gary. Un questionnement essentiel sur l’acceptation de l’autre jusque dans son altérité la plus radicale.

Averroès et Rosa Parks : la psychiatrie confrontée à elle-même, via le face-à-face patient / soignant

Pour la troisième fois dans sa riche et diverse filmographie documentaire, Nicolas Philibert se penche, avec « Averroès et Rosa Parks », sur le monde de la psychiatrie. En résulte un documentaire captivant, qui s’ouvre sur un clin d’œil visuel à « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975).

Un Jeune Chaman, de Lkhagvadulam Purev-Ochir : un jeune homme à la croisée des mondes

Premier long-métrage de la réalisatrice mongole Lkhagvadulam Purev-Ochir, Un Jeune Chaman accompagne l’itinéraire du héros à la lisière des mondes qu’il côtoie. Une réalisation sensible et fascinante.

Le Monde est à eux de Jérémie Fontanieu : la licorne et le dragon

Rares sont les feel-good movies qui traitent de l’Education Nationale et ce ne sont pas Entre les murs (2008), La Vie scolaire (2019) ou, dernièrement et outre-Rhin, La Salle des profs(2023) qui en auront offert l’exemple. Raison de plus pour ne pas bouder son plaisir devant ce bienheureux ovni, qui plane délicieusement à contre-courant, Le Monde est à eux(2023), de Jérémie Fontanieu.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.