Anne Schneider

Inchallah un fils, d’Amjad Al Rasheed : en Jordanie, naître femme ou n’être pas

Premier long-métrage d’un réalisateur jordanien prometteur, Amjad Al Rasheed, Inchallah un filsaborde frontalement la question de la place et des droits dévolus à la femme dans une société patriarcale phagocytée par la religion.

La Mère de tous les mensonges, d’Asmae El Moudir : le cinéma comme « endroit où l’indicible peut être dit »

Premier long-métrage de la réalisatrice marocaine Asmae El Moudir, La Mère de tous les mensonges explore le passé douloureux du Maroc à travers une enquête familiale ouvrant sur une reconstitution minutieuse des lieux, qui deviennent alors le terreau fertile des souvenirs et de la parole. Un documentaire où l’intime et le politique se nouent de façon passionnante.

Pierre Feuille Pistolet : de la possibilité d’une île, mobile…

Premier long-métrage d’un jeune réalisateur polonais, Maciek Hamela, Pierre Feuille Pistolet documente de façon saisissante la guerre en Ukraine et nous embarque à bord d’un van d’évacuation sanitaire, conduit par le réalisateur lui-même…

MMXX : quatre histoires de parole et d’écoute, au temps du Covid

Le nouveau long-métrage du réalisateur roumain Cristi Puiu entend se pencher sur 2020, MMXX, en chiffres romains, l’année du Covid et des confinements successifs, pour y sonder l’incommunicabilité humaine tout en prenant le pouls, plutôt malade, de sa société.

Invasion Los Angeles : testostérone dévoyée à tous les étages

En 1989, Carpenter sortait son treizième long-métrage, qui passe souvent pour le plus politique de sa filmographie. En réalité, le simplisme domine, mâtiné de virilité mal pensée et d’une érotisation de la violence dont l’époque n’a nul besoin…

Un Pont au-dessus de l’Océan : quand l’amitié entre les peuples cesse d’être un rêve constamment repoussé

Qui connaît les Osages ? C’est pourtant vers cette tribu amérindienne d’Oklahoma que nous entraîne le fascinant documentaire de Francis Fourcou, sur les pas d’une ancienne amitié née en novembre 1829 et liant ce peuple aux Occitans de Montauban.

Lost in the night : la mémoire n’est pas soluble dans l’eau

Le cinquième long-métrage d’Amat Escalante, Lost in the night, nous entraîne dans l’univers de violence propre au réalisateur mexicain, mais la critique d’un mode de fonctionnement politique s’entortille de façon intéressante à un drame familial, lui aussi approché sans que le réalisateur et scénariste se départisse de son regard social.

Un Automne à Great Yarmouth : écartèlements

Le réalisateur portugais Marco Martins nous livre, avec Un Automne à Great Yarmouth, un sixième long-métrage complexe et fascinant, qui entrecroise avec art les intrigues et les genres cinématographiques.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.